ANR · 2012
PERIMARGE — Périphéries, marges : interpréter les relations aux centres dans la mondialisation.
Dans un contexte de mondialisation, la croissance laissait espérer une réduction des inégalités territoriales par l’intégration des périphéries à la dynamique des lieux centraux. Cependant, un grand nombre d’espaces se distinguent toujours des centres par les mauvaises conditions de vie de la majorité de la population, auxquelles s’ajoutent souvent la violence des affrontements entre les acteurs, l’amplitude des spoliations et les dégradations de l’environnement. Ces espaces et les conflits qui s’y déroulent sont parfois devenus une menace pour la stabilité de gouvernements nationaux. Comment comprendre la multiplication de tels espaces ? Nous considérons qu’il faut avant toute chose en étudier le fonctionnement. Nous pouvons pour cela utiliser le modèle centre-périphérie, à condition de le revisiter. Le modèle centre-périphérie, tel qu’il a été formalisé par A. Reynaud dans les années 1980 à partir de l’analyse de la dissymétrie des flux, a permis dans les décennies passées de mieux comprendre la création et la reproduction des inégalités entre les lieux. Dans ce modèle, le centre se constitue classiquement par le biais d’un processus historique où domination politique et économique se renforcent mutuellement. La périphérie dépendante pourvoit le centre en ressources, sans bénéficier de flux de biens et de capitaux en retour, ou perd ses habitants, dans une indifférence d’autant plus grande qu’elle est située loin des regards. Une des forces de ce modèle est qu’il pouvait rendre compte d’inégalités spatiales d’échelles diverses, quartiers d’une ville, régions d’un pays ou pays du monde. Par ailleurs, il a permis à A. Reynaud de différencier des types de périphéries, en fonction de la nature, de l’intensité et de la combinaison des flux qui les reliaient au centre. Depuis une trentaine d’années, la mondialisation a complexifié ce schéma. Elle atteint en effet tous les espaces de la planète, les sort de leur invisibilité, y amène investissements, nouveaux acteurs, nouvelles normes. Notre hypothèse est que ces nouveaux flux conduisent à une reconfiguration des asymétries spatiales entre centres et périphéries et laissent entrevoir l’émergence de nouveaux types d’espaces. Un modèle graphique interprétatif qui intégrera les flux entre les centres et les périphéries comme le modèle d’A. Reynaud, tout en prenant en compte leur plus grande diversité, permettra de comprendre et faire comprendre les situations de ces espaces. Leur originalité par rapport aux périphéries décrites dans les années 1980 nous conduit à les désigner par le terme de marges mondialisées. Nous partirons d’un modèle provisoire élaboré à partir des connaissances que nous pourrons réunir sur les flux reliant les marges aux centres dans la mondialisation, les participants apportant leur expertise sur les types de flux dont ils dominent l’étude. La robustesse de ce modèle sera testée en collectant des données relatives aux flux sur des territoires déjà étudiés par les membres du projet et qui seront abordés au prisme de la méthodologie et des objectifs communs. Nous intégrerons ensuite ces données à des bases, qui nous permettront de confronter le modèle initial à la réalité des flux entrant et sortant des marges, afin de l’améliorer. Ces résultats seront finalement diffusés. S’il s’agit bien d’une recherche fondamentale, ses conclusions pourront aider les sociétés locales et nationales à comprendre les modes d’insertion de leurs espaces dans la mondialisation et à concevoir les stratégies de développement spécifiques qu’elles peuvent mettre en œuvre, à partir de diagnostics mieux étayés théoriquement.
Structures participantes de Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Provenance des données
Sources : scanR. Données consolidées le 27/10/2026. Une erreur ? Elle se corrige dans la source d’origine (HAL, RNSR, annuaire) ; voir comment.