ANR · 2021
NilesEarth — Conservation et mise en valeur de l'architecture de terre des sites archéologiques de la vallée du Nil
Depuis la naissance de l'égyptologie au XIXe siècle, puis de la soudanologie, l'intérêt des spécialistes travaillant sur les sociétés anciennes de la vallée du Nil s'est principalement porté sur les édifices en pierre, tandis que les constructions en terre n'ont été étudiées que dans leurs manifestations les plus monumentales (murs d'enceinte) ou complexes (voûtes et dômes). Ainsi, les efforts de conservation menés jusqu’à présent, ont aussi été presque exclusivement réservés à ces architectures en pierre. Pourtant, la terre a été le principal matériau de construction en Égypte et au Soudan dès les plus hautes époques et jusqu’à l’époque contemporaine et, en tant que tel, il fait l’objet d’un important regain d’intérêt depuis plusieurs années. De surcroît, les autorités égyptiennes et soudanaises exigent de plus en plus d’actions spécifiques pour préserver et présenter au public cette facette importante de leur patrimoine culturel. Ce constat a donné lieu à de premières tentatives de conservation. Cependant, ces travaux de consolidation, parfois liés à des propositions de reconstruction partielles, sont souvent discutables tant en termes de durabilité que d'authenticité. Les problèmes rencontrés sont multiples. Tout d'abord, lors des fouilles, pour la bonne identification des structures et la caractérisation des matériaux et des techniques de construction. Puis après la fouille, pour la préservation des vestiges mis à jour et qui restent souvent exposés. Enfin, pour assurer la visibilité et la bonne compréhension de leur nature et de leur valeur historique. L'objectif du projet Nile’s Earth est de définir des solutions pertinentes pour répondre à la demande croissante d'une meilleure conservation et valorisation des architectures de terre des sites archéologiques de la vallée du Nil. Pour ce faire, il proposera des compléments d’intervention, pendant et juste après la fouille et, à plus long terme, des actions spécifiques pour la conservation et la présentation au public. Ces solutions impliquent de nouvelles méthodologies et pratiques à expérimenter et à développer : identification et caractérisation; protocoles d'enquête sur l'état des sites; techniques de restauration; conservation préventive pendant les fouilles; entretien régulier et modalités de planification et de gestion des sites. Le projet rassemble des spécialistes de disciplines complémentaires : Égyptologues, architectes, archéologues, archéobotanistes, géomorphologues, conservateurs et physiciens. Le projet exploitera le potentiel des connaissances fournies par les études architecturales et l’archéologie, combinées à des études géomorphologiques, des analyses géotechniques, archéométriques et archéobotaniques effectuées sur des échantillons de terres et de briques provenant de plusieurs sites en Égypte et au Soudan. Ces derniers sont bien répartis sur le territoire étudié et représentatifs de ses divers environnements (désert, vallée, marges de l'Égypte, côte méditerranéenne). Cette approche pluridisciplinaire permettra d'obtenir une connaissance précise de la variété des matériaux et des différentes techniques de construction utilisées. L'étude d’expériences de conservation récentes qui a conduit au projet sera approfondie grâce à des missions sur le terrain et à des tests in situ. Les résultats des recherches récentes sur la conservation de l'architecture en terre menées sur des sites archéologiques dans la péninsule arabique, en Iran et en Asie centrale seront également utilisées par le projet. Une conférence internationale sera organisée à mi-parcours (2023). L'ambition ultime est de publier une synthèse des résultats scientifiques du projet qui restera longtemps une référence dans le domaine. Celle-ci comprendra deux volumes, l'un sur les techniques de construction et l'architecture en terre, et l'autre sur l'approche méthodologique et les techniques de conservation à long terme de ce patrimoine exceptionnel.
Structures participantes de Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Provenance des données
Sources : scanR. Données consolidées le 27/10/2026. Une erreur ? Elle se corrige dans la source d’origine (HAL, RNSR, annuaire) ; voir comment.