Géographie-Cités · Unité mixte
Géographie-cités
Rattachement
Thématiques
Pas encore de présentation publiée pour cette structure.
4 740
Publications HAL
107
Chercheurs
23
Projets
Tutelles
Université Panthéon-Sorbonne Paris 1, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales Paris, Centre national de la recherche scientifique, Université Paris Cité
Localisation
Aubervilliers
Création
1998
Direction
Denis ÉRIC
Identifiants pérennes
Références de cette unité dans les référentiels publics : elles servent à la recouper avec d’autres sources, et ne changent pas quand le nom change.
Domaines
Part des publications HAL par domaine
Géographie
3 703
Architecture, aménagement de l'espace
643
Histoire
319
Histoire, Philosophie et Sociologie des sciences
261
Sociologie
251
Méthodes et statistiques
175
Science politique
131
Economies et finances
128
Archéologie et Préhistoire
114
Démographie
96
Mots-clés fréquents : paris team, com, ehgo, cria, acl, couv, france, patrimoine, geography, géographie
Chercheurs
107 personnes ayant publié depuis 2022
Projets
23 projets
2025
Ce projet étudie les trajectoires de résilience des réfugiés statutaires LGBT+ en France et au Royaume-Uni, notion proposée pour désigner la capacité différenciée des individus à surmonter une bifurcation biographique et ses répercussions sur leurs conditions d’existence, telle que cette capacité évolue dans le temps et dans l’espace. Le projet met en perspective la situation des réfugiés avec celles de jeunes LGBT+ non-migrants en rupture familiale et ayant connu le sans−abrisme et celles de migrants LGBT+ non réfugiés. Il s'agit de tester l'hypothèse de continuités d'expériences qui invitent à chercher d'autres variables plus saillantes que le fait d'être réfugié dans la compréhension des trajectoires de résilience et de leur variation, en interrogeant à la fois l’ensemble des caractéristiques sociales des individus mais aussi le rôle de leur contexte de résidence (commune rurale, ville petite et moyenne, grande ville). En déployant une perspectivement doublement comparative, en termes d’espaces et de groupes, le projet fait l’hypothèse que le cas de personnes LGBT+ en déplacement permet de repenser les modes de distinction habituelle des migrations et des mobilités.
2025
Le projet OCEANLINKS ambitionne de remonter aux sources des stations marines et de retracer les relations qui se sont établies entre elles au fil du temps pour lier les océans et les savoirs à l’échelle mondiale. Il s’inscrit dans le contexte de la Décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques. C'est un projet de géographie considérant les relations scientifiques comme type de relations internationales qui se tissent sur le temps long, et comme témoins des transformations politiques, économiques et environnementales intervenues dans le monde depuis la fin du XIXème siècle. Les stations marines y sont envisagées comme les points nodaux d’une infrastructure mondiale de production et de circulation des savoirs, résiliente sur la longue durée, dont nous étudions la structuration et les dynamiques. Trois grands axes sont considérés : 1. LOCALISATIONS : les logiques et les effets de localisation des stations marines sur leur développement ; 2. INTERACTIONS : les connexions et circulations entre stations par-delà les frontières ; 3. SAVOIRS : les dynamiques de régionalisation et spécialisation associées aux savoirs sur les mers et l'océan. Chaque axe est décliné en sous-études permettant d’articuler différentes échelles géographiques et de croiser différentes sources. L’axe LOCALISATIONS pose la question de l’influence de la localisation spatiale des stations sur leur trajectoire de développement et leur longévité. L’axe INTERACTIONS interroge le rôle des évènements et de la situation géopolitique internationale sur la reconfiguration des relations scientifiques privilégiées au cours du temps. L’axe SAVOIRS explore la relation entre la localisation des stations, les zones d’étude couvertes et les thématiques de recherche privilégiées. Par les méthodes d'analyse spatiale convoquées, l’attention pour le changement, les relations internationales et la résilience aux événements mondiaux, OCEANLINKS s'inscrit dans l’axe ANR « Sociétés et territoires en transition ».
2024
Le projet PREcare regroupe des chercheurs et enseignants-chercheurs en géographie (géographie sociale et urbaine, analyse spatiale), études démographiques et urbanisme et aménagement, et des représentants de Croix Rouge Mobilités. Il a pour objectif d’apporter une contribution théorique et opérationnelle à l’analyse de la précarité dans les villes petites et moyennes françaises, et à celle des actions solidaires (publiques, associatives ou informelles), mises en œuvre pour accompagner les plus fragiles. Dans quelle mesure les situations de précarité dans les villes petites et moyennes présentent-elles ou non des spécificités ? En quoi sont-elles largement invisibilisées ? Quels sont les dispositifs d'accompagnement des plus précaires mis en œuvre aux côtés ou en dehors de l'action publique ? Le projet se fonde sur trois principales hypothèses : 1. La précarité dans les villes petites et moyennes s’accentuerait ces dernières années et présenterait des logiques spatiales à appréhender aux échelles inter- et intra-urbaines ; 2. Il s’agirait d’un phénomène assez largement invisibilisé, face à des discours et des actions misant avant tout sur l’attractivité résidentielle et économique ; 3. Les villes petites et moyennes, en raison notamment de liens d’interconnaissances facilités, seraient marquées par un rôle central du monde associatif et de formes plus informelles de solidarités locales mises en œuvre à destination des plus précaires. En articulant analyses statistiques et cartographiques nationales et locales, entretiens semi-directifs sur le terrain et élaboration d’un documentaire vidéo, le projet PREcare ambitionne d’apporter une contribution théorique et opérationnelle à l’analyse de la précarité dans les villes petites et moyennes. Il s’inscrit au cœur de l’axe D7 Sociétés et territoires en transition et contribuera à la compréhension de la complexité des situations de précarité dans les villes petites et moyennes, de l’échelle nationale à l’échelle locale, et aux actions mises en œuvre face à la division sociale de l’espace dans des horizons non métropolitains. Il répond à une forme demande locale et nationale concernant l’appréhension des situations de précarités dans ces territoires et des stratégies d’action mises en œuvre. L'équipe dispose d'une bonne connaissance du cadre des villes petites et moyennes et d’une solide expérience dans la maitrise des méthodes quantitatives (bases de données, indicateurs multivariés) et qualitatives (entretiens semi-directifs, réalisation de documentaires scientifiques). Les questions relatives à la précarité et aux solidarités locales ont émergé à partir de premiers travaux de terrains exploratoires réalisés à Ruffec et à Angoulême (Charente). Elles se sont articulées à de premières analyses statistiques menées à l’échelle nationale et à des échanges avec des acteurs hors du monde universitaire, ayant émis la volonté de participer aux réflexions de l’équipe de recherche : la Croix-Rouge française et l’Agence Nationale de la Cohésion des Territoires. L’enjeu du projet est, d'une part, de proposer une mesure fine et une différenciation des situations de précarité dans les villes petites et moyennes de l'échelle nationale (outre-mer inclus) à l'échelle intra-urbaine (communes-centres et aires urbaines). L’objectif est d'analyser, d’une part, les pratiques et représentations des populations en situation de précarité et, d’autre part, les types d'actions destinées à les accompagner, que ce soit dans le cadre de l’action publique, de l’investissement associatif ou encore de formes de solidarités familiales. Le projet se structure en quatre workpackages (WP) : WP1. Mesurer la précarité et les solidarités dans les villes petites et moyennes ; WP2. Appréhender les expériences sociales et spatiales de la précarité ; WP3. Analyser les actions solidaires face à la précarité ; WP4. Rendre visible la précarité et les solidarités dans les villes petites et moyennes.
2024
MIXTAPES (méthodes et données MIXTes pour l'Analyse des Pratiques d'Ecoute en Streaming) est un laboratoire commun à l'UMR Géographie-cités et à Deezer. Il s'inscrit dans la continuité du PRCE ‘RECORDS' (2020-24) qui a consolidé une collaboration continue depuis 2017 entre les deux partenaires. Laboratoire pluridisciplinaire dédié à l'étude des dynamiques de consommation de contenus sur les plateformes de streaming, il hébergera des recherches qui visent à mesurer, analyser, modéliser la diversité sociale et spatiale des écoutes et des goûts, la circulation des œuvres à l’ère numérique, ou encore les relations entre les préférences déclarées par les personnes dans les enquêtes et leurs consommations de musique au quotidien. Pour ces études, MIXTAPES s’appuiera sur des protocoles expérimentaux qui ont été conçus collaborativement par les partenaires ces dernières années. Ces protocoles associent, dans le respect du RGPD et de l'anonymat des enquêté.e.s, données d’écoute sur Deezer et données d'enquête. Depuis 2019, ces protocoles ont été déployés pour conduire des enquêtes auprès de dizaines de milliers d’utilisateurs/trices de Deezer en France. Il s’agira d’internationaliser ces protocoles d’enquêtes pour réaliser des études comparatives à l’échelle européenne, dans plusieurs autres pays dans lesquels Deezer est un acteur important de la diffusion musicale. Sur le plan méthodologique, les recherches menées dans MIXTAPES étendront celles menées par les deux partenaires ces dernières années, en expérimentant de nouvelles façons de collecter et combiner des sources d’information hétérogènes sur les écoutes et les goûts des personnes. Sur le plan thématique, les recherches porteront sur la géographie des écoutes à l’échelle mondiale, sur l’évolution des goûts et des écoutes au cours de la vie, et sur la transmission familiale des goûts musicaux. Les corpus constitués par ces recherches expérimentales permettront à Deezer d'innover dans les fonctionnalités de navigation et de recommandation de contenus. Elles permettront également à Deezer de mieux valoriser ses communautés d’utilisateurs en constituant un panel, sur le modèle des panels internet soutenant la recherche en sciences sociales. Pour le CNRS, MIXTAPES représente une opportunité de pouvoir alimenter des recherches fondamentales issues de différentes disciplines avec un matériau empirique documentant au niveau le plus fin les consommations individuelles de musique et de podcasts au quotidien. Un tel accès pérenne par la recherche publique à des données individuelles, longitudinales et anonymisées de consommation effective de contenus culturels, est à ce jour sans précédent en France. Après une période de montage administratif et juridique planifiée au second semestre 2024, le laboratoire commun démarrera ses activités début 2025.
2023
Depuis le début du XXIe siècle, un certain nombre de villes-centres de métropoles européennes ont vu, selon des intensités différentes et des modalités variées, leur population diminuer, alors même qu’à l’échelle de leurs agglomérations respectives elles continuaient de gagner des habitants. Ces dynamiques divergentes contribuent à reconfigurer les rapports entre centres et périphéries et conduisent à nuancer l’idée selon laquelle les métropoles seraient systématiquement des espaces privilégiés de croissance. Elles amènent à interroger, par ailleurs, les stratégies déployées par les pouvoirs publics locaux dans ce contexte territorial bien particulier. Paris et Madrid, deux métropoles-capitales de l’Ouest de l’Europe peu étudiées sous cet angle, connaissent des baisses de population importantes, alors que les deux métropoles font preuve de dynamisme démographique et d’attractivité économique. Les deux villes-centre sont, en outre, marquées par un processus de vieillissement. La part de personnes âgées s'avère bien plus importante que dans les communes périphériques. Ce projet entend ainsi étudier les mutations sociodémographiques de Paris et Madrid depuis 2010 ainsi que les enjeux pour l’action publique qui en découlent. Il s’agit, dans un premier temps, 1) d’étudier, par le biais d’analyses statistiques et cartographiques, la portée et les logiques spatiales de ces changements ainsi que les effets socio-spatiaux de ce processus (vieillissement, vacance, mutation de l’offre de services, etc.). Il s’agit, dans un deuxième temps, 2) d’analyser, par le biais d’analyses qualitatives, les répercussions de ces transformations sur celles et ceux (et notamment sur les personnes âgées) qui, par choix ou par contrainte, restent dans la capitale en questionnant la manière dont elles et ils résistent, subissent ou profitent des mutations à l’œuvre. Nous tâcherons enfin, 3) d’interroger la façon dont les pouvoirs publics traitent (ou non) ces évolutions sociodémographiques et quelle(s) sont les échelle(s) de gouvernance privilégiées (commune, métropole, communauté autonome/région, état central).
2023
Alors que des sociétés villageoises voisines, autrefois séparées par la frontière interallemande, sont aujourd'hui reliées par un réseau dense de mobilités et partagent les mêmes bassins d’emploi et la même stabilité sociale et économique, il est frappant de constater qu'elles ne coopèrent guère au-delà du travail et ne nouent pas de liens sociaux profonds ou d'amitié. Ce projet vise à éclairer ce paradoxe en saisissant et en analysant les expériences de vie, les pratiques sociales et les visions du monde des habitant·es de l'ancienne zone frontalière, qui séparait deux États idéologiquement ennemis. Nous prenons ainsi appui sur la proximité spatiale des sociétés villageoises le long de l'ancienne frontière interallemande pour interroger les effets de la séparation des deux États allemands ainsi que les processus de transformation, multiples et souvent asymétriques, qui ont accompagné la Réunification et dont les répercussions opèrent encore aujourd'hui. Le choix de trois sites d’enquête à cheval sur l'ancienne frontière permettra d'analyser les changements qui affectent à la fois l'Est et l'Ouest et de réexaminer, dans une perspective critique, la nature des processus en cours depuis 1989, interprétés dans la littérature tantôt en termes de « convergence », d’ « intégration » ou, plus récemment, de « co-transformation ». Le choix de « revisiter » des villages qui ont déjà fait l'objet de travaux de recherche dans les années 1990 confèrera une épaisseur temporelle originale à nos analyses. Nous mobiliserons une démarche ethnographique, complétée par des méthodes statistiques et cartographiques, afin de retracer la dissolution et le franchissement des frontières, ainsi que leur réaffectation et leur redéfinition. Le croisement réfléchi de trois approches disciplinaires (anthropologie sociale, sociologie et géographie) appliquées aux mêmes sites d'enquête nous permettra d’explorer plus particulièrement trois dimensions qui viendront expliquer l'émergence d'une frontière fantôme entre ces espaces sociaux, en dépit de la disparition des obstacles territoriaux et économiques : l'organisation de leur vie sociale et l'évolution des liens sociaux, familiaux et intergénérationnels (WP2), les ancrages territoriaux, les pratiques de mobilité et les aspects relationnels liés aux expériences de formation et d'emploi (WP3) ainsi que les rapports au politique et les formes d'engagement (WP4). En accord avec des considérations éthiques et de transfert, la valorisation (WP5) s'adressera tant au milieu académique qu’aux sociétés locales, qui seront invitées à participer au tournage d'un documentaire réalisé par une équipe professionnelle.
2022
LimSpaces propose une lecture renouvellé des sociétés d’Ukraine et de Moldavie qui semblent s’être installées dans une instabilité politique et sociale durable aux portes mêmes de l'Union européenne. L’originalité du projet consiste à ne pas les considérer comme des versions périphériques du modèle européen mais à s’intéresser aux effets microsociaux de leur position "entre-deux", entre les sphères d’intervention occidentales et russes. Le projet prend ainsi le contre-pied d’une vision ordinaire qui fige ces sociétés dans des altérités culturelles et historiques ; il les analyse dans une perspective située et relationnelle, centrée sur les acteurs. Le projet a trois objectifs. Sur le plan empirique, il doit produire une lecture compréhensive de ces sociétés à partir de l’étude de stratégies quotidiennes dans les situations de haute incertitude en contextes « entre-deux ». Il veut éclairer les manières dont les acteurs orientent leur choix pour subvenir à leurs besoins, pour entreprendre, pour se former ou se projeter dans l’avenir, en dépit de l’instabilité des allégeances géopolitiques et des champs politiques. Sur le plan théorique, le projet mobilise le concept de liminalité pour approcher en termes dynamiques les concepts français d’« espace entre-deux » et allemand de « Zwischenraum ». La labilité de ce type d’espace permet d’enrichir les études microsociales du quotidien en les dégageant de leur présentisme et en les situant dans le mouvement permanent et créatif de réinterprétation de l’expérience et des attentes au fil des recompositions de l’espace politique. Sur le plan académique, il contribue à décloisonner les approches françaises et allemandes dans le champ des études centre-est européennes ; il permet de développer des réseaux transnationaux en vue d’un projet européen ; il assure une mission de formation à la recherche pour de jeunes chercheurs. La recherche repose sur une importante collecte de données qualitatives originales (entretiens, observations ethnographiques, études cartographiques) intégrant 3 équipes partenaires ayant une solide expérience de ces terrains. Elle repose sur des enquêtes conduites sur 12 sites, y compris dans les territoires séparatistes, en Transnistrie et aux frontières des républiques de Donetsk et de Lougansk. Le projet explore les imaginaires et les stratégies que différents types d’acteurs (simples habitants, commerçants sur les marchés, entrepreneurs, parents d’élèves, étudiants) emploient pour s’adapter (axe A) ou pour échapper (axe B) aux incertitudes d’une position liminale. L’axe C, transversal, organise la coordination et la valorisation de la recherche. Nous visons une meilleure compréhension des sociétés ukrainienne et moldave. C’est une condition nécessaire à l’ajustement des politiques européennes de voisinage et de gestion des migrations. Plus largement, nous voulons contribuer à pluraliser les pensées de l’Europe sur elle-même, sur ses habitants, sur son histoire et ses territoires.
2021
L'état de santé résulte d'interrelations complexes entre comportements individuels et caractéristiques des contextes dans lesquels nous vivons. Le projet vise à explorer les effets d’un programme d’aménagement urbain à la fois sur l’exposition environnementale (qualité de l’air, bruit, transport, paysage alimentaire), les comportements de santé (alimentation, activité physique et sédentarité) et la santé. A partir d’une expérimentation locale in situ, nous recueillerons et analyserons des données individuelles et contextuelles pour évaluer les changements tout au long du réaménagement du canal Saint-Denis. Le projet s’appuie sur un consortium qui réunit des géographes, épidémiologistes, experts en physique de l'atmosphère, urbanistes et acteurs opérationnels permettant une approche interdisciplinaire. Les résultats aideront à définir les politiques de santé et d’aménagement.
2021
Dans les travaux scientifiques ainsi que dans les arrangements politiques, la résilience est devenue un qualificatif incontournable pour décrire la capacité de résistance des libanais aux différentes crises qui ont impacté le Liban. Peu d’études se sont attachées à activer la dimension territoriale de ces crises, en particulier la crise sanitaire. Pourtant c’est bien dans les déploiements territoriaux multiscalaires que se jouent les dynamiques socio-économiques et que s’impose la mise en place d’un système de gestion des risques efficace et durable. Le projet DITES se saisit de la question de la résilience dans une approche systémique pour saisir tous les échelons de la gouvernance, de l’Etat aux citoyens. Il a pour objectif de réévaluer et de proposer des modalités de coopération entre les échelons territoriaux pour définir des modes de gouvernance qui permettraient d’anticiper et de s’adapter aux différentes crises. La gouvernance est ici appréhendée par les rôles et les responsabilités des acteurs à différentes échelles d’action, étatiques ou non-étatiques, aux niveaux nationaux et locaux et participant à assurer le bon déroulement, la continuité et la pérennité des activités. Pour ce faire, DITES initie une identification inédite des mobilités qui s’effectuent entre les territoires, qui ont perduré ou émergé pendant la pandémie. DITES défrichera aussi les politiques publiques dans la mise en place d’associations et de réseaux entre les territoires. DITES ambitionne ainsi de saisir les partenariats complexes de la gouvernance étatique avec celle des pratiques ordinaires, entre normes publiques et leur accommodation avec les autres acteurs (municipalités et société civile) pour davantage d’efficience et de légitimité au quotidien. C’est bien le rôle des aménageurs, géographes, architectes et urbanistes d’alerter sur les enjeux de la prise en compte des fonctionnements des territoires pour mieux comprendre les faits en période de crises. Ces professionnels sont les plus à même de proposer des modes de gouvernance inclusifs afin que les recommandations préconisées par les élus soient au plus proches du terrain et conduisent à une plus grande adhésion des populations aux mesures mises en œuvre. Un document-guide sera élaboré pour proposer un plan d’action pour des villes et des territoires résilients.
2020
Ce projet vise à réaliser la première étude d'envergure des relations entre création graphique, design et sciences humaines et sociales, de 1950 à aujourd'hui. L'essor de la visualisation de données et des technologies d’imagerie place désormais le design et la visualité au coeur de tous les domaines de la connaissance, avec des implications fondamentales pour l’épistémologie scientifique. Le Laboratoire de graphique de Jacques Bertin fut un acteur majeur de ce mouvement au croisement de l’innovation graphique et des sciences sociales telles qu'elles se sont réinventées, notamment en France, au XXe siècle. Son étude sera fondée sur l'exploitation, la mise à disposition numérique de deux riches fonds d'archives et une approche interdisciplinaire impliquant et contribuant à nourrir les convergences actuelles entre design, humanités numériques et sciences sociales, y compris dans ses réflexions sur les nouveaux outils de patrimonialisation et valorisation des archives visuelles.
2020
LimSpaces propose une lecture renouvellé des sociétés d’Ukraine et de Moldavie qui semblent s’être installées dans une instabilité politique et sociale durable aux portes mêmes de l'Union européenne. L’originalité du projet consiste à ne pas les considérer comme des versions périphériques du modèle européen mais à s’intéresser aux effets microsociaux de leur position "entre-deux", entre les sphères d’intervention occidentales et russes. Le projet prend ainsi le contre-pied d’une vision ordinaire qui fige ces sociétés dans des altérités culturelles et historiques ; il les analyse dans une perspective située et relationnelle, centrée sur les acteurs. Le projet a trois objectifs. Sur le plan empirique, il doit produire une lecture compréhensive de ces sociétés à partir de l’étude de stratégies quotidiennes dans les situations de haute incertitude en contextes « entre-deux ». Il veut éclairer les manières dont les acteurs orientent leur choix pour subvenir à leurs besoins, pour entreprendre, pour se former ou se projeter dans l’avenir, en dépit de l’instabilité des allégeances géopolitiques et des champs politiques. Sur le plan théorique, le projet mobilise le concept de liminalité pour approcher en termes dynamiques les concepts français d’« espace entre-deux » et allemand de « Zwischenraum ». La labilité de ce type d’espace permet d’enrichir les études microsociales du quotidien en les dégageant de leur présentisme et en les situant dans le mouvement permanent et créatif de réinterprétation de l’expérience et des attentes au fil des recompositions de l’espace politique. Sur le plan académique, il contribue à décloisonner les approches françaises et allemandes dans le champ des études centre-est européennes ; il permet de développer des réseaux transnationaux en vue d’un projet européen ; il assure une mission de formation à la recherche pour de jeunes chercheurs. La recherche repose sur une importante collecte de données qualitatives originales (entretiens, observations ethnographiques, études cartographiques) intégrant 3 équipes partenaires ayant une solide expérience de ces terrains. Elle repose sur des enquêtes conduites sur 12 sites, y compris dans les territoires séparatistes, en Transnistrie et aux frontières des républiques de Donetsk et de Lougansk. Le projet explore les imaginaires et les stratégies que différents types d’acteurs (simples habitants, commerçants sur les marchés, entrepreneurs, parents d’élèves, étudiants) emploient pour s’adapter (axe A) ou pour échapper (axe B) aux incertitudes d’une position liminale. L’axe C, transversal, organise la coordination et la valorisation de la recherche. Nous visons une meilleure compréhension des sociétés ukrainienne et moldave. C’est une condition nécessaire à l’ajustement des politiques européennes de voisinage et de gestion des migrations. Plus largement, nous voulons contribuer à pluraliser les pensées de l’Europe sur elle-même, sur ses habitants, sur son histoire et ses territoires.
2019
Les approches actuelles des statistiques publiques, de l’aménagement urbain et des transports pour mesurer la présence des personnes, les mobilités et l’utilisation du sol reposent sur des données classiques (recensement, enquêtes, comptages de trafic, etc.) considérées isolément ou complétées d’informations géospatiales (cartes, images satellite, occupation de l’espace, etc.). Ces sources donnent l’illusion de structures spatiales statiques car elles ne les renseignent que ponctuellement. Les données numériques, ouvrent des perspectives d’analyse dynamique à des niveaux de précision géographique et temporelle très fins, et offrent aux acteurs le potentiel de gérer plus efficacement leurs ressources, prérequis indispensable à un développement durable des territoires. L’information extraite peut ainsi enrichir les origines et destinations des déplacements en étiquetant les zones en fonction de la fréquence et de l'heure, estimer les zones de résidence et de travail et assigner des buts aux déplacements. Des bénéfices sont attendus pour calibrer au plus juste les équipements et les services, en matière de tourisme, dans les services d’urgences, la gestion des risques sanitaires, les réserves d’eau, la collecte et le traitement des déchets, les services de mobilité, les transports. Cependant, les données numériques prises isolément sont partielles et biaisées et leur capacité à saisir des phénomènes urbains complexes est encore réduite. Leur combinaison à d’autres données classiques et numériques (téléphonie, billettique) permettra de tirer parti des atouts de chaque source. MobiTIC nait du souhait d’une collaboration rapprochée entre les acteurs afin de définir, élaborer et mettre en œuvre, dès le niveau le plus fin, la méthodologie pour collecter, exploiter les données de signalisation du réseau mobile fines, les combiner avec les sources classiques, pour produire des indicateurs, modèles et analyses, pertinents et qui respectent les règles de confidentialité. MobiTIC ambitionne de produire des indicateurs de présence et de mobilités des personnes, pertinents, fiables, représentatifs et fréquemment mis à jour, en combinant données numériques et traditionnelles. Ces indicateurs produits à des résolutions spatiales et temporelles fines éclaireront les décisions des acteurs locaux pour un développement durable des territoires et ouvriront de nouvelles opportunités de recherche sur les dynamiques spatiales et sociales. MobiTIC entre en résonance avec les priorités stratégiques de l’Etat 2019, à l’interface entre sciences humaines et sociales et intelligence artificielle. MobiTIC vise à produire une cartographie dynamique d’indicateurs de présence à plusieurs échelles spatiales sur l’ensemble du territoire. Cette cartographie de la population présente et ses mobilités serviront à caractériser les lieux, à différencier les usages de l’espace des populations, à mesurer les effets des inégalités sociales et territoriales, en zoomant sur certains groupes/lieux d’intérêt pour l’action publique (quartiers prioritaires de la ville, QPV, périurbains, centre-villes, polarités périphériques). L’organisation fonctionnelle des systèmes urbains décrite à l’aide de ces nouvelles informations conduira à de nouvelles modélisations et sera confrontée aux zonages en vue de les faire évoluer. MobiTIC ambitionne également de fournir une estimation des indicateurs de mobilité à une fréquence plus élevée que celle des enquêtes, ce qui permettra un suivi rapproché des évolutions de la mobilité des personnes et des politiques de mobilité durable visant à les infléchir. Les indicateurs spatio-temporels ainsi obtenus serviront à mesurer l’impact des événements sur les pratiques de mobilité et conduiront à développer un outil d’aide à la décision pour l’appui aux politiques publiques (basé sur des systèmes multiagents) permettant des évaluations ex-ante par simulation. La ville de Rennes sera le terrain d’étude pour le volet Mobilités de ce projet.
Provenance des données
Sources : RNSR (MESR), Annuaire de l’établissement, HAL. Données consolidées le 27/10/2026. Une erreur ? Elle se corrige dans la source d’origine (HAL, RNSR, annuaire) ; voir comment.