IDHE.S · Unité mixte
Institutions et dynamiques historiques de l'économie et de la société
Thématiques
L'IDHES-Evry est un pôle de l'IDHE.S (UMR 8533.CNRS), aux côtés des centres de Paris 1 Sorbonne,Paris 8, Paris-Ouest Nanterre La Défense, et de l'École Normale Supérieure de Cachan. Sa vocation est d¿organiser, de produire et de promouvoir toute la recherche en histoire économique, sociale et des techniques. Cela concerne les 3 périodes historiques : médiévale, moderne et contemporaine.
Texte : scanR
5 433
Publications HAL
94
Chercheurs
13
Projets
Tutelles
Université Panthéon-Sorbonne Paris 1, Université d'Evry-Val d'Essonne, Université Paris Nanterre, Université Vincennes-Saint Denis Paris 8, Ecole normale supérieure Paris-Saclay, Centre national de la recherche scientifique, Université Paris-Saclay
Localisation
Nanterre
Création
1998
Identifiants pérennes
Références de cette unité dans les référentiels publics : elles servent à la recouper avec d’autres sources, et ne changent pas quand le nom change.
Domaines
Part des publications HAL par domaine
Histoire
1 957
Sociologie
1 901
Economies et finances
471
Droit
186
Science politique
183
Histoire, Philosophie et Sociologie des sciences
79
Gestion et management
69
Géographie
50
Education
42
Etudes sur le genre
38
Mots-clés fréquents : travail, histoire, syndicalisme, france, domaine 2 - savoirs, archives, sociologie, colonialisme, genre, domaine 1 - travail
Chercheurs
94 personnes ayant publié depuis 2022
Projets
13 projets
2024
Le projet EXPOLE vise à valoriser un fonds documentaire exceptionnel lié aux expéditions polaires françaises entre 1947 et 1987, constitué des archives de Simone Weiller, secrétaire puis attachée de presse des expéditions. Ce fonds comprend des documents variés, tels que des photographies, cartes, lettres, articles de presse et objets comme des manchots empaillés, qui permettent de retracer l’histoire des expéditions menées par Paul-Émile Victor. Le projet est porté par des équipes scientifiques du LSCE et de GEOPS, en collaboration avec des institutions comme le LUMEN, l’IDHES-Evry et les Archives Nationales, afin de créer une exposition itinérante inaugurée à l’automne 2025 au LUMEN, centre de culture scientifique à Paris-Saclay. L’exposition comprendra 12 panneaux informatifs, des éléments visuels et sonores, ainsi que des objets historiques. Elle a pour but de sensibiliser le grand public aux missions scientifiques en Antarctique et de mettre en lumière les personnes moins connues ayant contribué à ces expéditions, telles que Simone Weiller. Ce projet de médiation scientifique s’inscrit également dans une volonté de renforcer les liens entre science et société en proposant un contenu accessible et immersif.
2023
La pratique d’une activité physique (AP) stagne voire régresse en Europe, posant d’importants problèmes de santé publique (INSERM, 2019). Dans ce contexte, les objets connectés et applications de sport et d’activité physique (ASAP) semblent tomber à point nommé pour stimuler la pratique, tant auprès de la population générale (sédentaire ou active) que pour les personnes vivant avec des affections chroniques. Des promesses sont associées à ces dispositifs numériques conçus autour de trois leviers motivationnels centraux : objectiver l’évolution de ses performances pour ajuster l’intensité des séances ; bénéficier d’encouragements au sein de communautés d’utilisateurs ; rendre agréable une AP souvent appréhendée comme une souffrance. Pour autant, le recours aux ASAP ne constitue pas une lame de fond. Socialement différencié, il concerne surtout les hommes déjà sportifs, et moins les personnes à qui une AP est recommandée (notamment dans une perspective de santé). Plusieurs études pointent par ailleurs un taux élevé d’abandon, une fois la phase de découverte terminée. D’autres travaux montrent les visages pluriels des « sportifs connectés » : adaptant les prescriptions des ASAP, ils ignorent certaines fonctionnalités et s’adonnent à des usages sélectifs. Le numérique n’agit donc pas comme un agent providentiel de changement. Pour que ses usages deviennent pérennes, la technologie doit être encastrée dans un ensemble de pratiques, contraintes et habitudes, ce qui requiert un certain nombre d’alignements entre les perspectives initiales des éditeurs d’ASAP et des contextes sociaux « réinnovant » à partir de manières spécifiques de faire et de penser. Cet accommodement est en fait réciproque : l’industrie du self tracking associe de plus en plus les usagers ciblés pour calibrer les ASAP et favoriser un attachement durable. La littérature se focalise sur l’engagement, les usages et l’expérience des ASAP. Tout en approfondissant cette facette, le projet se focalise sur les ajustements mutuels entre éditeurs d’ASAP et cibles, en liant les « adoptations » côté usagers et les déclinaisons sectorielles côté offre. En particulier, nous observerons la circulation des dispositifs numériques entre trois secteurs correspondant à la fois aux principaux débouchés ciblés par les éditeurs d’ASAP et aux aires d’expertise des partenaires scientifiques : loisir sportif ; APA pour malades chroniques ; sport au travail. L’objectif consistera à 1) analyser les agencements construits au sein de chaque secteur ; 2) identifier les requalifications opérées à leur intersection au terme de pivots stratégiques ; 3) relever, au terme d’études centrées sur les usages de ces applications, les conditions dans lesquelles les appropriations d’une ASAP se trouvent facilitées ou entravées. Il s’agit donc d’observer la réception des solutions (par les utilisateurs ciblés, clients, acteurs intermédiaires et/ou prescripteurs), et, symétriquement, les stratégies de déploiement de dispositifs numériques affinés entre différents secteurs. Au-delà du double regard, l’originalité consiste à s’intéresser aux infléchissements procédant de cette rencontre entre deux dynamiques : des évolutions de solutions initialement pensées dans une logique sectorielle ; des besoins spécifiques émanant de publics dont rien ne garantit qu’ils adopteront ces ASAP « sur mesure ». Pour mener à bien ce projet, le consortium dispose d’un solide réseau de partenaires socio-économiques (entreprises de la sport tech, associations, acteurs publics) au sein de chaque secteur. Ceux-ci ont donné leur accord pour partager leur expertise, relater leurs expériences et ouvrir leurs organisations au regard des chercheurs : mise à disposition de data, réalisation d’entretiens pour cerner le développement et les déclinaisons des ASAP. Ils sont aussi fortement en attente de résultats et d’études d’usages (côté bénéficiaires) permettant d’optimiser leur positionnement stratégique.
2023
Le projet cherche à analyser, sur longue durée (XVIIe -XXIe siècles), en France, la place et le rôle des femmes dans les activités de « direction d’entreprise », à partir de secteurs économiques actuellement féminisés. Il part du constat que malgré la progression de la mixité au travail et la féminisation de nombreuses activités professionnelles, le monde des dirigeants économiques, qu’il s’agisse des dirigeants salariés, des administrateurs ou des chefs de petites ou grandes entreprises, reste très majoritairement masculin. La perspective de longue durée vise à étudier la variation historique des normes et régimes de genre et de leurs effets, dans le cadre de contextes économiques et juridiques changeants. Il examine les contraintes juridiques qui pèsent sur l’exercice d’une fonction dirigeante par les femmes et leur évolution de la fin du XVIIème au XXIème siècle. En articulant sociologie économique, sociologie des élites, sociologie du travail de direction prises sous l’angle de l’histoire des entreprises, de l’histoire du droit (droit des affaires et droit civil) et de l’histoire du genre, il contribue de façon originale au renouveau de l’histoire de la présence des femmes dans les fonctions dirigeantes des entreprises et au réexamen des différences de genre dans le contrôle du capital. Il développe une hypothèse inédite consistant à analyser la valeur des dirigeant.es, au sens de crédit et confiance accordée à un agent économique lui permettant d’obtenir une position et un statut dans les relations économiques, au prisme du genre. Il articule pour cela valeur construite par le droit, par les arrangements conjugaux et familiaux et par les dimensions symboliques du genre. Il participe à l’analyse des inégalités sociales et économiques liées au genre, des processus d’inclusion et d’exclusion des femmes du contrôle des affaires économiques, et de l’identification des difficultés d’accès aux droits pour les femmes.
2021
Ce projet étudie, du point de vue historique, les processus de patrimonialisation dont les mathématiques ont fait l’objet, du XVIIIe au XXe siècle, via des supports imprimés rassemblant ce qu'il vaut la peine de conserver des savoirs mathématiques (encyclopédies, dictionnaires spécialisés ou généralistes, œuvres complètes de mathématiciens, collections de traités et de manuels) ou destinés à rassembler et répertorier une partie des savoirs déjà produits (bibliothèques, répertoires bibliographiques). En étudiant ces processus dans le temps long et dans une perspective d’histoire sociale et culturelle mobilisant les échelles locales, nationales et internationales, il vise à comprendre ce qui fait patrimoine en mathématiques à une époque et pour une communauté données, comment il est fait patrimoine par sélection, appropriation, adaptation des savoirs et des pratiques, et comment on mobilise un patrimoine pour pratiquer les mathématiques, pour construire l’identité d’un groupe ou pour légitimer la discipline. La période étudiée (du XVIIIe au XXe siècle) et la large échelle géographique (France, Grande-Bretagne, Etats-Unis, Italie) permet d’inscrire ce processus dans la longue durée et de prendre en compte la diversité des logiques sociales qui président à la constitution de patrimoines mathématiques (milieux professionnels, enseignement, grand public). Le projet s'appuie sur une réflexion sur les humanités numériques, comme outil de patrimonialisation mais aussi comme outil de recherche pour les travaux en SHS et comme outil de communication permettant à un large public d’avoir accès à une partie de plus en plus importante du patrimoine culturel et scientifique. La création et l’animation d’une plateforme numérique permet ici de tirer parti de ces possibilités, mais aussi de faire revivre et de faire connaître à un large public, notamment enseignant, des pans méconnus du patrimoine mathématique, Le projet aborde la patrimonialisation des mathématiques suivant trois problématiques complémentaires, dans lesquelles se conjuguent analyses quantitatives et approches par cas: - Dynamiques patrimoniales et communautés: Le projet vise à identifier et à répertorier, notamment au moyen d’une base de connaissances bibliographiques et biographiques, des ensembles patrimoniaux variés selon les époques et les espaces géographiques et/ou socio-professionnels. Il s’appuis pour cela sur une des dictionnaires et encyclopédies spécifiquement dédiées aux mathématiques ainsi que l'insertion des mathématiques dans des publications de ce type destinées à des communautés spécifiques (ingénieurs, artisans, femmes, etc.) ou à un large public, en France comme à l'étranger, - Patrimonialisation par sélection et accumulation: supports, lieux et acteurs Le projet propose également d'écrire une histoire par en bas des formes de patrimonialisation des mathématiques, visant à restituer les interactions des logiques individuelles, collectives et institutionnelles, pour comprendre les processus de constitution de patrimoines (sélection, contraintes, classement, inventaires), les enjeux de ces initiatives (préservation, transmission, délimitation de domaines) et leurs usages (apprentissage, construction de nouveaux savoirs, mémoire). - Légitimation patrimoniale et mémoire des mathématiques. En s’appuyant sur une étude fine des trajectoires patrimoniales de savoirs mathématiques particuliers, le projet permettra de mettre au jour les modes de légitimation de ce qui constitue, dans un espace social donné, de « bons » savoirs et de « bonnes » pratiques, les réactualisations par l'usage que cette légitimation permet et les formes d'oubli qu'elle induit. L'examen des postérités des acteurs et actrices des mathématiques conduira à interroger les processus de construction de généalogies et de filiations, et le rôle des « figures mathématiciennes » dans la construction de valeurs et identités associées aux mathématiques.
2021
Compter en situation coloniale. Croisant les approches disciplinaires et les échelles d’analyse, le projet étudie la production des statistiques dans les territoires africains de l’empire français, du début du XIXe siècle aux indépendances des années 1960. Il informe à la fois sur la gouvernance coloniale et ses transformations et sur les rapports de force et les inégalités qu’elle véhicule ; il éclaire le jeu des acteurs, publics et privés, colonisateurs et colonisés, qui, en métropole et dans les territoires utilisent ces indicateurs, participent à leur production ou bien refusent d’y contribuer. Plus largement, et même si elle s’arrête aux statistiques économiques (activité, production, prix, travail), l’enquête éclaire à la fois l’empire des chiffres en colonie et l’impact de l’expérience coloniale sur la production des statistiques. En reconstituant l’histoire institutionnelle, sociale et intellectuelle de leur production, en s’arrêtant aux matériaux bruts, aux coulisses des enquêtes et à la construction des catégories statistiques nous entendons montrer combien le chiffre est structurant, comment il fait lien et comment, en classant, il hiérarchise et exclut. Il s’agit ainsi de préciser en quoi le fait de compter, de tenir des comptes si l’on est producteur ou de fabriquer des statistiques si l’on est administrateur, est une manifestation du pouvoir. L’enquête informera plus avant sur les spécificités du gouvernement en situation coloniale, en soulignant les formes d’autonomie des acteurs présents sur le terrain, les tensions qui les opposent, et en précisant si – et comment – les statistiques ont pu constituer une « technologie de la distance ». Nos travaux interrogeront également les inévitables approximations, dissimulées sous la rigueur du nombre, qui entretiennent l’illusion d’un savoir-pouvoir chez les administrateurs et dans les milieux économiques coloniaux, participant au « colonial gaze », au prisme déformant et déformé que les administrations ont des territoires colonisés, et plus largement de leur propre pouvoir. Au bout du compte, l’enquête permettra de mieux comprendre ce que compter veut dire, d’interpréter les conventions statistiques et comptables en situation coloniale, et de montrer comment et en quoi l’empire des nombres éclaire le processus de colonisation.
2020
Le financement des entreprises par les actions marque l’époque moderne, et touche des secteurs entiers de l’économie. Les premières sociétés par actions s’inspirent au début du XVIIe siècle en France des modèles venus d’Angleterre et des Provinces-Unies. Le projet ACTIMOD est un projet d’histoire sociale qui grâce à une base de données sur les actionnaires identifiés participant aux différentes sociétés doit permettre de voir les caractéristiques sociales et culturelles de l’actionnariat en France et son évolution, et de mettre en évidence un groupe d’investisseurs actifs qui pèse sur les choix économiques et politiques de l’Etat et annonce les groupes d’influence de l’époque contemporaine. Ils sont une des clés de la compréhension des mutations économiques qui se produisent à la fin de la période moderne.
2020
L’institutionnalisation des dispositifs signalant la vertu des entreprises, ordinairement placés sous le label de la « Responsabilité Sociale des Entreprises », est une dimension centrale des mutations actuelles du capitalisme. Alors que la RSE est le plus souvent étudiée sous l’angle des discours et des instruments, ce projet offre une perspective inédite sur le « capitalisme responsable » en partant de l’étude ses managers, de leurs activités de travail et de leur milieux professionnels. En plaçant le regard sur les professionnel·les de la RSE, le programme de recherche ProVirCap poursuit une triple ambition théorique : 1/ éclairer la recomposition des frontières entre marché, État et société civile ; 2/ comprendre les reconfigurations du professionnalisme dans les entreprises globalisées ; 3/ saisir la manière dont les hiérarchies de genre travaillent la face vertueuse du capitalisme. Porté par un consortium de neuf chercheur·es reconnu·es pour leurs travaux sur différents champs associés à la RSE, le projet se nourrit du croisement de plusieurs perspectives d’analyse : sociologies du travail, des professions, de l’économie et des organisations, sociologie politique, sciences de gestion et études sur le genre. Le protocole d’enquête articule méthodes qualitatives (entretiens, observations) et quantitatives (webscraping de CV, enquête par questionnaire), et repose sur un double regard comparatif : entre sous-champs managériaux associés à la RSE (développement durable, investissement responsable, diversité et qualité de vie au travail, droits humains, mécénat, éthique) et entre cas nationaux (France, États-Unis, Espagne). Le dialogue étroit avec un comité d’expert·es international et interdisciplinaire viendra renforcer l’inscription du projet dans le champ transnational d’analyse du capitalisme responsable. La diffusion des résultats auprès des professionnel·les du secteur, au-delà du monde scientifique, permettra de promouvoir l’apport des sciences sociales dans un champ particulièrement réceptif aux échanges avec le monde académique, contribuant ainsi à alimenter les réflexions autour de la transformation du capitalisme – une question qui, dans le contexte de la crise du Covid-19, apparaît encore plus cruciale pour les sociétés contemporaines.
2020
Pendant la plus grande partie du XXe siècle s'est affirmé un mouvement dynamique en faveur de la démocratie industrielle, notion recouvrant un large éventail de significations, de la démocratie interne aux syndicats à la co-détermination (dans l'atelier, l'entreprise, l'industrie, l'économie nationale), en passant par la négociation collective. Dès l'origine, dans la plupart des pays européens, les syndicats ont joué un rôle majeur dans la promotion théorique et la gestion concrète de la démocratie sur le lieu de travail. Aujourd'hui, cependant, les choses apparaissent différentes. Si des exemples de démocratie dans l'entreprise existent, les formes d'organisation hiérarchiques dominent et la démocratie organisationnelle ne suscite peu d'écho dans les médias et le débat public. Le déclin de la notion est en partie lié à celui du syndicalisme et aux transformations de la production, mais aussi à l'hégémonie, depuis des décennies, d'une conception libérale (par opposition à sociale) de la démocratie politique, laquelle suppose une séparation stricte entre les sphères politique et économique. Ces dernières années, des signes indiquent toutefois un regain d'intérêt. Des publications universitaires fleurissent à nouveau, dans des disciplines diverses : théorie politique, sciences sociales et politiques, histoire, théorie juridique, économie, gestion et psychologie du travail. Une nouvelle directive européenne "relative à l'établissement du principe de la démocratie au travail, dans le capital et dans tous les domaines de la vie économique" vient d'être rédigée, et l'Institut syndical européen promeut activement l'idée auprès de ses partenaires nationaux. Dans ce projet, nous souhaitons enquêter sur l'histoire de cette notion, avec ses hauts et ses bas, au prisme de l'histoire conceptuelle et de l'histoire sociale, en explorant la manière dont elle a été façonnée par les discours académiques et non académiques, par les pratiques et les luttes sociales, en nous concentrant sur deux acteurs institutionnels principaux - le monde universitaire et les syndicats - et en étudiant leurs interactions, leurs influences mutuelles et leurs trajectoires. Cette approche est justifiée par la nature de notre objet. Premièrement, bien que l'importance des universitaires dans la théorisation de la Workplace democracy soit peu contestable, le rôle spécifique joué par les différentes disciplines est largement sous-étudié (manque de communication entre champs disciplinaires, grande variabilité de l'objet). Deuxièmement, les syndicats ont joué un rôle majeur, mais historiquement variable, dans les luttes en faveur de la démocratie au travail. Dans le même temps, à côté du monde universitaire, ils ont, avec leurs institutions de recherche, été le plus important producteur de connaissances dans ce domaine. Troisièmement, syndicats et monde universitaire ont constamment interagi, s'influençant mutuellement de multiples façons qui n'ont guère été étudiées.
2019
Ce projet de recherche porte sur les migrations en provenance des départements d’outre-mer (DOM) depuis la deuxième moitié du XXe siècle, dans le but de saisir conjointement les logiques institutionnelles organisant et encadrant ces migrations et les logiques individuelles et familiales des migrants qui s’emparent de ces dispositifs tout autant qu’ils sont contraints par eux. Les DOM ont connu un destin particulier à l’époque de la décolonisation de l’Empire français : quand d’autres territoires colonisés sont devenus des Etats-nations indépendants, ces territoires ont été pleinement assimilés à l’Etat français à partir de 1945 par la départementalisation. Ce destin à part confère aux dynamiques et politiques migratoires concernant ces départements un intérêt particulier. Internes à une entité nationale, ces migrations ont été organisées par une agence créée par l’Etat français dans les années 1960, dans un but conjoint de politique de main d’œuvre et de neutralisation des mouvements indépendantistes . Ce projet s’inscrit également dans l’étude des pratiques transnationale et des circulations. Tout en étudiant le poids relatif de l’action publique sur les trajectoires sociales de migrants et leurs apparentés, il s’agit aussi d’étudier ces migrations à partir des trajectoires des migrants eux-mêmes, dans un contexte de défis démographiques importants pour ces territoires.
2018
Le DIM Matériaux anciens et patrimoniaux organise une journée thématique autour de son axe « Usages, réflexivité, archives » : « Suivre le patrimoine à la trace ». L’événement aura lieu le 29 mars 2019 (9h – 17h) aux Archives Nationales, site de Pierrefitte-sur-Seine. En rassemblant historiens, historiens de l’art, sociologues, anthropologues et conservateurs, nous nous demanderons comment « suivre la patrimoine à la trace » et, plus précisément, comment les sciences humaines et sociales, en lien avec les sciences expérimentales, contribuent à l’identification, l’interprétation et la conservation des traces du passé inscrites dans les matériaux anciens et patrimoniaux.
2017
Notre projet vise à examiner, à partir d’un secteur économique majeur - celui du bâtiment à l’époque moderne -, le mécanisme de l’expertise : comment la langue technique régulatrice des experts s’impose à la société, comment leur compétence se convertit en autorité, voire parfois en « abus d’autorité » ? L’existence d’un fonds d’archives exceptionnel (AN Z1J) qui conserve l’ensemble des procès-verbaux d’expertise du bâtiment parisien de 1643 à 1792 nous permet de lancer une enquête pluridisciplinaire d’envergure sur la question de l’expertise qui connaît, à partir de 1690, un tournant particulier. En effet, les experts, autrefois uniquement gens de métiers, se divisent en deux branches exerçant deux activités concurrentes, parfois complémentaires : l’architecture et l’entreprise de construction. La base de notre travail consistera d’abord à établir parallèlement deux corpus : d’une part, un dictionnaire prosopographique des 234 experts exerçant de 1690 à 1790 ; d’autre part, l’inventaire et l’analyse des procès-verbaux d’expertise sur la même période. Au regard de l’immensité du fond, nous travaillerons sur un groupe de près de 10000 expertises par le biais d’un sondage au 1/10e sur les dix années de 1696 à 1786, espacées chacune de 10 ans. Chaque expertise sera inventoriée, indexée, numérisée et analysée dans le détail. L’ensemble fera l’objet d’une étude sérielle sur le siècle parcouru, mais surtout d’un travail approfondi sur son contenu. Deux questions seront résolues : 1° Comment la décision de l’expert se prend-elle ? Quels savoirs y sont convoqués ? 2° Comment ces experts parviennent à innover dans domaine de leur compétence ? Le projet correspond au moins à trois enjeux contemporains. Le premier concerne le rapport au risque et à l’innovation sociale. Comment affronter des situations à risque permet d’innover techniquement, voire socialement ? La confrontation à des incertitudes ouvre des possibilités de résoudre des conflits entre des communautés opposées. Tenant compte de la partition des fonctions d’experts, la mission d’expertise se différencie-t-elle selon la qualité de son auteur ? Les experts en viennent, souvent grâce à l’expertise, à innover dans le champ d’activité qui est le leur. Ainsi, pourquoi l’expertise induit-elle l’innovation ? Le second concerne la part du droit dans la prise de décision démocratique. Comment le droit peut-il servir entre les mains de non-juristes ? La diffusion des principes du droit dans la vie citoyenne permet un usage de ces derniers dans la vie publique mais également dans des domaines de la vie privée. Dans le cadre de notre projet, comment et pourquoi des experts, non juristes mais au fait du droit, argumenteront en droit et persuaderont le juge de leur position ? Le troisième concerne la régulation des valeurs de biens. Quels critères faut-il mettre en avant pour échafauder une hiérarchie des choses ? Une stricte normalisation objective de ces critères peut ne pas apparaître souhaitable face aux lois du marché qui par leur rigueur nécessiteraient un contrebalancement de règles subjectivées. Précisément, comment les experts du bâtiment ont-ils mis en place les critères objectifs et subjectifs d’estimation de la valeur des biens immobiliers ? Rejoignant l’idée d’« abus d’autorité » de l’expert, le fait que plusieurs types de savoirs, et plusieurs groupes sociaux, partagent l’expertise, diminuerait-il le risque d’abus d’autorité et au-delà le risque technique en général ? Les résultats de cette recherche seront présentés dans une base de connaissances collaborative accueillie sur un site dédié sur lequel l’ensemble des corpus seront accessibles à la communauté des chercheurs. L’analyse d’exempla fera l’objet d’une éditorialisation particulière sous forme d’exposition virtuelle pour le grand public. La synthèse de nos résultats sera consignée dans un ouvrage et deux rencontres nationale et internationale viendront clore le projet.
2017
L’objectif de ce projet de recherche est de comprendre le processus de fabrique des innovations que connaissent les politiques publiques dans des situations d’incompréhension et d’incertitude majeures. Pour cela, nous nous proposons d’étudier empiriquement la façon dont le Ministère de l’Economie et des Finances et plus largement l’ensemble des acteurs qui contribuent à l’élaboration de la politique économique ont appréhendé et réagi à la crise des « subprimes » de 2007 ainsi qu’à l’ensemble des crises qui vont lui succéder. A partir d’une enquête sur la trajectoire des propositions au sein des arènes politico-administratives, il s’agit ainsi de saisir la manière dont les principaux acteurs fabricant de politiques publiques, confrontés à des situations pour lesquelles ils ne disposent ni d’énoncé explicatif, ni de recettes disponibles, se mettent à en élaborer de nouveaux et à construire autour d’eux un accord suffisamment large pour les faire adopter.
Provenance des données
Sources : RNSR (MESR), scanR, Annuaire de l’établissement, HAL. Données consolidées le 27/10/2026. Une erreur ? Elle se corrige dans la source d’origine (HAL, RNSR, annuaire) ; voir comment.