2025
Le LAPA mutualise entre l’IRAMAT et le NIMBE un plateau technique de plusieurs instruments analytiques de recherche ayant également vocation à accueillir des personnels d’autres laboratoires du périmètre francilien Le MEB est un équipement clé dans ce plateau analytique. Outre ses caractéristiques intrinsèques pour l’imagerie électronique à relativement fort grossissement, il est équipé d’un système EDX couplé qui permet la détection automatisée de particules ou de zones spécifiques (par contraste chimique ou d’électrons rétrodiffusés). Cette caractéristique permet le dosage en très grande série (jusqu’à plusieurs milliers par objets) des micro inclusions piégées dans les métaux du patrimoine ou l’étude ultrarapide et statistique d’hétérogénéités dans les différentes parties de ce système hétérogène que constitue le métaux anciens (en incluant leurs produits de corrosion). Afin de maintenir opérationnelles, les chaines opératoires des méthodologies de détermination de la provenance et de datation des métaux ferreux, mais également d’offrir un appareil optimisé pour l’analyse des métaux et de leurs produits d’altération est envisagée l’acquisition d’un nouvel équipement : un MEB haute résolution à émission de champ (FEG), avec chambre large et un système EDS haute performance (détecteur à large fenêtre) permettant l’analyse rapide et automatisée multi champs avec détection et analyse des particules.
2025
Le site archéologique de Sarazm, situé dans la province de Sughd (Tadjikistan) apparaît comme l’un des premiers centres proto-urbains dans le sud de l’Asie Centrale au 4ème et 3ème millénaires BCE. L’étude des artefacts et des restes de faune et de flore ont révélé un mode de vie fondé sur des activités agro-pastorales mais également sur les productions artisanales – métallurgie et céramique – consommatrices de matières premières. Le projet de stage de Master 2 BOISARAZM vise à étudier les modalités d’exploitation de bois pour ces productions tout comme la consommation domestique. L’analyse anthracologique permettra également de reconstituer – grâce à la détermination botanique des taxons ligneux exploités – la couverture végétale du passé et son évolution au cours du temps sous l’impact conjoint de conditions climatiques semi-arides et des activités humaines. Le stage de 4 mois permettra au stagiaire de se former aux méthodes de l’archéobotanique et plus particulièrement à celles de l’anthracologie et à se familiariser avec les principes de l’anatomie du bois.
2025
Au XVe siècle, le fonctionnement des ateliers de peintres, hérité du Moyen-Âge, repose sur la polyvalence des artisans, et la capacité de produire des œuvres de typologies extrêmement variées : retables, enluminures dans des livres d’heures ou illustrations sur papier, peintures murales, peintures sur verre, sur toile… En Provence, cette production foisonnante est représentée par un corpus d’œuvres encore existant. Il est, dans sa diversité matérielle, l’un des plus intéressants de France, et est accompagné de sources écrites livrant de précieuses informations sur la commande des œuvres. Si le style et l’iconographie de ces œuvres remarquables ont été abondamment étudiés, les techniques picturales et les matériaux employés par ces peintres restent largement méconnus, les œuvres en question ayant très peu fait l’objet d’analyses scientifiques. L’objectif sera de comprendre, au travers de l’examen des œuvres, de la réalisation de nouvelles analyses, et de l’étude des archives documentaires, les mécanismes en œuvre dans la production d’une enluminure, d’un retable, d’une peinture murale ou d’un vitrail. Nous nous poserons les questions suivantes : quelles similitudes existe-t-il entre ces différents objets, du point de vue des matières premières employées, des outils, et des techniques picturales ? Comment s’organise la formation des peintres et apprentis et comment l’atelier est-il géré pour répondre à ces diverses commandes ? Comment naît matériellement l’idée d’une œuvre, et quels procédés les peintres utilisent-ils pour fluidifier leur production ? Dans une plus large mesure, la recherche permettra de mettre en lumière les spécificités techniques des peintres provençaux, et de les comparer à celles d’autres foyers artistiques en France et à l’étranger, dans un contexte où les œuvres, les artistes et les matériaux voyagent sans cesse.
2025
Longtemps considérée par les archéologues comme la « culture mère » de la Mésoamérique, l’influence de la culture olmèque (1200-600 av. J.-C.) s’est fait ressentir sur une grande partie de l’actuel Mexique, néanmoins, la nature et diversité de ces interactions régionales restent toujours un sujet débattu. Le Bassin de Mexico, qui a été lui aussi un foyer culturel précoce, témoigne ainsi d’interactions significatives avec la région olmèque entre 1250 et 800 av. J.-C. Pour mieux comprendre la nature de ces liens, ce travail s’intéressera à deux sites emblématiques du bassin, où les productions céramiques présentent un style considéré comme olmèque : Zohapilco-Tlapacoya et Tlatilco. Il propose d’analyser leurs productions céramiques en appliquant une étude par chaînes opératoires. Afin d’avoir une perspective comparative, une collection céramique du site olmèque de San Lorenzo sera également étudiée. Les chaînes opératoires visent à caractériser les traditions techniques définies comme une manière de faire héritée et donc l’expression d’un groupe social, afin d’évaluer la présence ou l’absence de variabilité en termes de filiations d’apprentissage et sociales chez les potiers. Cette analyse implique la restitution du processus de fabrication de la céramique en identifiant, à travers des échelles d’analyse macroscopique et microscopique, les traces liées aux différentes opérations de façonnage des récipients. Des analyses pétrographiques, de fluorescence X et des radiographies seront également menées pour déterminer la provenance des céramiques et les techniques utilisées. Le corpus d’étude comprend des vases complets de Zohapilco-Tlapacoya conservés au Musée National d’Anthropologie à Mexico. Il inclut également des fragments du même site, de Tlatilco et San Lorenzo, entreposés à la Direction des Collections Archéologiques Comparatives de l’INAH à Mexico et au Musée d’Anthropologie de Xalapa, Veracruz.
2024
Généreusement donné à l’INHA en 2017, le fonds Thierry est constitué des archives de Nicole et Jean-Michel Thierry, médecins essonniens devenus spécialistes des arts de la Cappadoce, de l’Arménie et de la Géorgie médiévales. Ces archives, comprenant près de 100 000 photographies de monuments, de populations et de paysages, sont le fruit de voyages menés entre les années 1950 et 2000. Une riche documentation constituée de leurs carnets de voyage, de dossiers de recherche, de relevés ou encore de correspondances, est associée à ces photographies. Ces explorations scientifiques ont eu lieu dans plus d’une vingtaine de pays, de l’Europe de l’est jusqu’en Asie centrale, en particulier en Anatolie et dans le Caucase du sud. Le corpus sélectionné pour ce projet au sein de ce vaste fonds couvre le patrimoine artistique et architectural arménien et géorgien médiéval, dispersé entre les territoires actuels de l’Arménie, de la Géorgie, de la Turquie, de l’Azerbaïdjan et de l’Iran. Il revêt une importance considérable tant pour la recherche que pour la sauvegarde d’un patrimoine matériel en danger, notamment en raison de la dégradation ou de l’inaccessibilité actuelle d’une partie des monuments concernés, voire de leur destruction. La préservation par la numérisation de ces images est d’autant plus impérative que les supports photographiques se détériorent rapidement, alors même que des conflits géopolitiques mettent en péril les monuments qu’ils documentent. Le projet vise donc à décrire, numériser et mettre en ligne plus de 25 000 clichés, représentant plusieurs milliers de monuments et de sites archéologiques médiévaux principalement arméniens et géorgiens, intégrant parfois aussi des paysages et des habitants, afin de les mettre à disposition de toutes et tous. L’objectif est non seulement de permettre, par sa numérisation, l’exploitation scientifique d’un fonds limité par la précarité de ses supports physiques, mais aussi d’améliorer la description des images en mobilisant la communauté scientifique grâce à une plateforme d’annotation collaborative.
2024
La morphologie complexe des objets archéologiques et du patrimoine nécessite d’utiliser des outils de préparation optimisés afin d’obtenir des échantillons adaptés pour la mise en oeuvre de différentes techniques d’analyses microstructurales. Parmi celles-ci la préparation de coupe transversale est primordiale pour comprendre les mécanismes de formation, d’élaboration et d’altération des matériaux anciens. C’est pourquoi nous souhaitons acquérir une scie de découpe de précision performante et adaptable à tous types de matériaux (métal, scories, minerai, roches, verres, céramique, os…). L’objectif de ce type d’équipement est de travailler à partir d’échantillons bruts ou mis en résine. Une découpe de précision est un préalable indispensable pour obtenir un état de surface plan nécessaire à une préparation pour examen micrographique (microscopie optique, électronique à balayage) et des analyses chimiques à l’échelle micrométrique (spectroscopie dispersive en énergie, en longueur d’onde, spectroscopie Raman et infrarouge, LA-ICP-MS…), voire nanométrique sur lame mince (microscope électronique en transmission, XPS, FIB, analyses sous rayonnement synchrotron…). L’échantillon sera fixé sur une table rainurée à l’aide de différents outils de bridage adaptables aux morphologies variées des échantillons. Son positionnement sera assuré à l’aide d’une visée laser. L’équipement sera doté de différents types de meules (SiC, alumine, diamant) afin d’adapter la découpe au matériau constitutif de l’échantillon. De même il sera possible de moduler la vitesse de rotation de la scie pour limiter les échauffements lors de la coupe. L’utilisation de disque diamanté permettra en outre de limiter le trait de coupe jusqu’à 150 μm d’épaisseur afin de réduire la perte de matériau archéologique. L’équipement sera doté d’un système de refroidissement à l’eau et d’un raccordement direct à un système d’aspiration externe pour limiter l’encrassement de la scie. Enfin la découpe s’opère sous un capot fermé qui assure une utilisation en toute sécurité.
2024
Le projet consiste à réaliser les développements informatiques afin de répondre aux besoins suivants : (i) Créer une application cartographique web en code ouvert permettant de diffuser ces données vers la société capable de fonctionner sur tout type de support, d’environnement informatique et d’interface (ii) Développer une application mobile en code ouvert pour la géolocalisation, le travail collaboratif et la diffusion des données ayant trait aux ressources siliceuses utilisées pendant la Préhistoire en s’appuyant sur la solution MERGIN Maps pouvant fonctionner sur de nombreux types de dispositifs mobiles sous Android et iOs et l’extension MERGIN Maps pour le logiciel de système d’information géographique QGIS (iii) Créer la base de données à partir des deux applications développées en code ouvert. Le projet permettra la publication des données et métadonnées sous licence ouverte et les applications seront également publiées en code ouvert. L’ensemble du projet permettra ainsi de répondre aux principes FAIR en facilitant la réutilisation des outils développés et des données et métadonnées publiées, conformément aux préconisations des plans nationaux de la science ouverte.
2024
Le référentiel numérique de données chimiques CHIPS a été développé récemment par le LAPA (UMR 7065 IRAMAT et UMR 3685 NIMBE) en vue de répondre à un besoin fondamental de la communauté des archéométallurgistes : disposer de données de référence harmonisées, facilement accessibles, et associées à toutes les métadonnées analytiques nécessaires à l’évaluation de leur qualité. Ce référentiel, développé sous PostgreSQL, offre d’ores et déjà un accès ouvert aux résultats de plus de 2400 analyses chimiques associées à plus de 600 contextes archéologiques de par le monde. Nous souhaitons franchir une étape supplémentaire de développement de ce référentiel en mettant en place un ambitieux programme d’analyses chimiques globales (plus de 600 analyses prévues) dont l’objectif est de consolider une dynamique de recherche internationale autour de l’exploitation des données chimiques liées à la réduction des minerais de fer. La communauté scientifique francilienne (associant des chercheurs du CNRS, des universités Paris Panthéon-Sorbonne et Paris 8, et de l’INRAP) est particulièrement dynamique en ce qui concerne les recherches en archéométallurgie du fer. Le projet confortera le rôle moteur de cette communauté à l’échelle internationale, et confirmera ce référentiel francilien en tant que support majeur pour les recherches qui seront menées en archéométallurgie du fer dans les prochaines années.
2024
Le projet CORE a pour but d’engager un travail systématique pour produire et développer une plateforme pleinement opérationnelle des collections de référence au sein de l’UMR 8068 TEMPS. Cette plateforme réunit des collections de différentes natures (archéologiques, expérimentales, naturalistes, ethnologiques), pour lesquelles l’état des connaissances n’est pas uniforme. Le projet CORE vise justement à offrir un accès efficace et documentée de toutes les collections de référence de l’UMR 8068 TEMPS. Ceci nécessite, au préalable, la mise en œuvre d’un travail systématique pour rendre homogène l’organisation des collections dans leur dimension physique, qui implique : (1) la création d’une procédure pour identifier chaque élément au sein de tous les référentiels ; (2) la production des BDD relatives à chacune de ces collections et les publications qui s’y rattachent ; (3) le déploiement d’un agencement ergonomique des référentiels garantissant une consultation facilitée. Le projet CORE cible plusieurs publics souhaitant accéder physiquement aux collections de référence de la plateforme. En premier lieu, les chercheurs, post‐doctorants et doctorants pourront consulter ces collections, dans le but de les compléter, voire d’en créer de nouvelles, ou bien de promouvoir de nouveaux projets de recherche ou d’expérimentations collaboratifs. En deuxième lieu, ces référentiels sont destinés aux enseignants des universités Paris 1 Panthéon‐Sorbonne et Paris‐Nanterre ou des membres du DIM, intéressés par des supports pédagogiques pour leurs étudiants. Enfin, en dernier lieu, certaines collections ou parties de collection serviront de supports démonstratifs ou illustratifs à destination du grand public lors d’événements s’inscrivant dans une démarche de Science ouverte (Journées européennes de l’Archéologie ou du Patrimoine, Fête de la Science).
2024
L’atelier s’attachera à définir comment de nouveaux contenus pédagogiques, portant sur les solutions plus respectueuses des humains et de l’environnement, peuvent être insérés dans les formations destinés aux restaurateurs, physiciens, chimistes et instrumentistes en Europe. Il portera l’attention sur les nouveaux développements en matière de chimie et d’outils de prise de décision numériques. L’atelier rassemblera un panel international multidisciplinaire composé d’experts en conservation restauration verte, de spécialistes de l’enseignement et des pédagogies y compris en chimie et en sciences de l’environnement. Dans ce contexte, nous rassemblerons les principales institutions impliquées dans la formation des conservateurs restaurateurs (Courtauld, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Université d’Amsterdam) ainsi que les institutions dans lesquelles les départements scientifiques développent des activités de formation spécifiques basées sur des objectifs et des pratiques de conservation de l’art (par exemple, ENS Paris-Saclay, Université d’Amsterdam, Université de Bologne). L’atelier s’inscrit dans le cadre des activités développées par le Groupe de travail « Recherche et restauration » du DIM. Il s’inscrit également dans le cadre du consortium européen GoGreen, qui développe actuellement des solutions respectueuses de l’environnement pour protéger le patrimoine culturel. Dans le cadre de ce projet, des modules de formation seront élaborés sur le leadership écologique en conservation-restauration, la détermination des sensibilités matérielles, les traitements écologiques et leur évaluation et les outils de prise de décision écologiques.
2024
La spectroscopie infra-rouge constitue un outil puissant de caractérisation des matériaux du patrimoine, capable de fournir des informations sur les techniques de préparation aussi bien que sur leur vieillissement, et d’observer leurs composantes inorganiques autant qu’organiques, et leurs interactions mutuelles dans les matériaux composites. Le projet IRoperando est basé sur l’acquisition d’un spectromètre IR de pointe qui sera entièrement dédié aux applications « patrimoine », au LAMS et dans le cadre de collaborations entre laboratoires d’Ile-de-France. Il présente la spécificité unique d’intégrer une rampe de prétraitement in situ, permettant des traitements thermiques des échantillons sous atmosphère contrôlée (operando), et donc de reproduire les conditions de synthèse et d’évolution du monde réel.
2024
Le projet EXPOLE vise à valoriser un fonds documentaire exceptionnel lié aux expéditions polaires françaises entre 1947 et 1987, constitué des archives de Simone Weiller, secrétaire puis attachée de presse des expéditions. Ce fonds comprend des documents variés, tels que des photographies, cartes, lettres, articles de presse et objets comme des manchots empaillés, qui permettent de retracer l’histoire des expéditions menées par Paul-Émile Victor. Le projet est porté par des équipes scientifiques du LSCE et de GEOPS, en collaboration avec des institutions comme le LUMEN, l’IDHES-Evry et les Archives Nationales, afin de créer une exposition itinérante inaugurée à l’automne 2025 au LUMEN, centre de culture scientifique à Paris-Saclay. L’exposition comprendra 12 panneaux informatifs, des éléments visuels et sonores, ainsi que des objets historiques. Elle a pour but de sensibiliser le grand public aux missions scientifiques en Antarctique et de mettre en lumière les personnes moins connues ayant contribué à ces expéditions, telles que Simone Weiller. Ce projet de médiation scientifique s’inscrit également dans une volonté de renforcer les liens entre science et société en proposant un contenu accessible et immersif.
2024
L’objectif du projet ANACARB est de maintenir les capacités d’analyse isotopique à haute résolution des archives carbonatées en sciences de l’Homme et du patrimoine (Archéologie, Paléontologie, Climatologie, Paléoenvironnement, Paléobiologie) en Île-de-France et d’en améliorer les performances. Il repose sur l’acquisition d’un couplage robot préparateur de carbonates – spectromètre de masse de rapport isotopique (IRMS) pour analyser la composition isotopique du carbone et de l’oxygène (∂13C et ∂18O) à partir de faibles quantités de matière prélevées (< 20 μg) au sein des archives carbonatées. Les partenaires du projet sont issus de 9 laboratoires de recherche franciliens. Ils sont tous investis dans l’étude d’objets soit précieux ou de petites tailles, soit permettant de restituer les informations biologiques et/ou environnementales à une échelle temporelle fine. Pour cela, le prélèvement préalable de faible quantité de matière de façon séquentielle peut être nécessaire. D’autre part, ces études nécessitent généralement de grandes quantités d’analyses. Le nouveau couplage permettra : 1. de répondre aux besoins exprimés croissant d’analyse dans des domaines scientifiques variés ; 2. d’élargir sensiblement la gamme des archives pouvant être analysées ; 3. d’augmenter la résolution temporelle des applications.
2023
La caractérisation géochimique des matériaux géologiques et archéologiques est primordiale pour comprendre leur nature, origine, interactions avec l’environnement et leur évolution chimique au cours du temps. D’un point de vue analytique, cela nécessite la capacité de mesurer une grande variété d’éléments, qu’ils soient majeurs (abondance >1%), mineurs (0.1–1%) ou traces (<0.1%) avec précision et rapidité sur des échantillons relativement petits. Dans cette optique, ce projet vise à acquérir un ICP-OES (spectroscopie d’émission optique à plasma à couplage inductif) de dernière génération, permettant d’analyser en solution jusqu’à 70 éléments simultanément, en quelques minutes, avec des concentrations de quelques μg/L, sur quelques millilitres d’échantillon, quel que soit le nombre d’éléments mesurés. Cet instrument permet de mesurer des échantillons de nature variée, aussi bien liquides que solides (après digestion multi-acides ou par fusion alcaline). Il est donc bien adapté à l’analyse d’échantillons géologiques (roches, sédiments, sols, coquillages, coraux, concrétions, eau douce et salée), ainsi qu’aux matériaux archéologiques ou patrimoniaux (ossements, poteries, bijoux, peintures). L’ICP-OES sera installé au laboratoire GEOPS où il remplacera un AAS en fin de vie. Il sera géré par des personnels techniques ayant déjà une grande compétence sur les analyses de type ICP-MS et AAS et sur la préparation d’échantillons variés en salles propres. L’instrument complètera le parc instrumental existant à GEOPS et dans la plateforme PANOPLY. Ce projet est soutenu par un large consortium de partenaires franciliens, comprenant des laboratoires actifs en reconstructions paléoenvironnementales, géologie du Quaternaire, archéologie et géoarchéologie (GEOPS, LSCE, LGP, LAPA/IRAMAT, ArScAn et TEMPS). L’utilisation mutualisée de l’instrument ouvrira de nouvelles collaborations entre ces laboratoires et permettra à plusieurs laboratoires d’archéologie de développer davantage l’archéométrie et la géoarchéologie.
2023
Ouvert à l’ouest du Bassin parisien, le bassin versant de l’Eure reste encore peu étudié. Situé à l’interface de différentes cultures matérielles, il offre un cadre original dans l’étude des dynamiques de peuplement et des mécanismes d’interaction entre les sociétés et leur milieu sur la longue durée. L’utilisation des nouvelles données LiDAR HD récemment rendues disponibles par l’IGN doit concourir à reconstituer l’évolution des paysages et à reconnaître l’implantation de sites archéologiques en les insérant dans leur contexte environnemental dans une perspective géoarchéologique et de conservation du patrimoine. Objectifs du stage : (i) Réaliser, sous SIG, les traitements préliminaires des données issues des levés LiDAR HD de l’IGN sur la portion orientale de la zone d’étude en focalisant sur les milieux boisés ; (ii) Révéler les signaux microtopographiques de l’évolution des paysages due aux aménagements anthropiques et à leur abandon en testant et en appliquant des outils de géovisualisation adaptés ;(iii) Formaliser et structurer la vectorisation des anomalies et leur description géomorphologique et/ou archéologique ; (iv) Préparer la documentation de terrain à l’appui des missions de vérification et de validation in situ ; (v)Réaliser une modélisation de l’inscription géomorphologique et paysagère des vestiges anthropiques/anthropisés potentiels sur l’ensemble du secteur d’étude.
2023
L’archéométallurgie des non-ferreux en tant que discipline étudiant l’intégralité des processus de la métallurgie ancienne, de l’extraction du minerai de cuivre, d’étain, d’or ou d’argent à l’état actuel des objets archéologiques, s’est fortement structurée ces deux dernières décennies. Des progrès considérables ont été réalisés dans notre connaissance de ces processus, qu’il s’agisse de la métallurgie extractive, de l’élaboration (du minerai au métal) ou de la transformation (du métal aux objets finis), ainsi que de la biographie des produits de la métallurgie (des objets finis à leur état actuel). Cette structuration de la recherche archéométallurgique s’est accompagnée d’un certain cloisonnement. En résulte une recherche assez compartimentée entre les approches minières, archéométriques, technologiques et archéologiques d’une part, et entre Europe et Proche-Orient d’autre part. Dans une perspective d’interdisciplinarité, les différents intervenants évoqueront respectivement les questions : 1) d’extraction des minerais métalliques, 2) des lieux, des outils et des acteurs de la production métallurgique, 3) des chaînes opératoires – du métal aux produits finis et 4) des échanges et des usages des produits de la métallurgie (des contextes archéologiques au laboratoire).
2023
La 15e Rencontre internationale duWorked Bone Research Group aura lieu à Paris en mai 2024. LeWBRG est un groupe international de travail de l’International Council for Archaeozoology (ICAZ). Il réunit des archéologues et archéozoologues engagés dans l’étude des matières dures d’origine animale travaillées, du Paléolithique au Moyen âge, sur un vaste champ géographique (Afrique, Asie, Amérique, Europe, Océanie). Cette communauté participe ainsi à mieux comprendre les relations humain/animal sur le temps long, sur le plan économique, social, symbolique et par extension les relations humains/environnement. Le WBRG structure ainsi une communauté qui ne cesse de s’agrandir et œuvre à en homogénéiser les « bonnes » pratiques. Par la diversité et la richesse des participants qu’il agrège, il offre un cadre de confrontation précieux des pratiques selon les pays et les périodes chronologiques. Les rencontres bisannuelles du WBRG permettent de renforcer les liens entre chercheurs et étudiants en offrant un espace d’échanges, creuset à de nouvelles collaborations et au maintien de liens interinstitutionnels entre les pays. La thématique des « matériaux du patrimoine » est au cœur de la 15e rencontre du WBRG. Pleinement ancrées dans les sciences humaines, les thématiques de cette manifestation intègrent aussi les sciences des matériaux et sont donc à même de favoriser les échanges interdisciplinaires, mais aussi trans-chronologiques et « trans-matériaux ». Cette rencontre est ainsi structurée autour de huit sessions abordant la démarche expérimentale, les interactions entre matériaux, les structures sociales et les traditions culturelles ; les innovations et stabilités techniques ; les avancées en archéométrie et les questions d’éthique associées. Cette manifestation scientifique doit aussi favoriser les ponts intergénérationnels, raison pour laquelle une session a été pensée comme une tribune libre dédiée aux étudiants de Masters et de Doctorat. La table ronde se tiendra dans le cadre des Séances de la SPF et fera l’objet d’une publication en ligne en open access.
2023
Cette thèse vise à améliorer les connaissances actuelles sur les natures et rythmes des changements culturels et comportementaux ayant eu lieu au cours du Paléolithique inférieur en Basilicate dans le sud de l’Italie (de 780 000 ans à ~ 350 000 ans). Pour cela, ce projet ambitionne d’obtenir des données géologiques, géochimiques et chronologiques robustes pour plusieurs sites archéologiques majeurs et séquences géologiques de cette période. Alors que l’obtention de chronologies fiables pour des sites associés à l’émergence en Europe de la culture dite « acheuléenne » (industries de façonnage dont l’outil emblématique est le « biface ») constitue toujours un obstacle majeur à la compréhension des changements évolutifs du Paléolithique européen dans sa globalité, la région de la Basilicate de par sa géologie, constitue un laboratoire unique à l’échelle européenne, propice au développement d’approches multidisciplinaires. Cette zone, fortement tectonique et associée à une forte activité volcanique, est propice à la conservation des vestiges (enfouissement rapide) mais aussi à leur datation. Les objectifs de la thèse sont les suivants : 1) Améliorer la datation de plusieurs sites majeurs de cette zone (Cimitero di Atella, Notarchirico et Loreto) par une approche muti-méthodes incluant des datations 40Ar/39Ar, de la téphrochronologie, des datations ESR et ESR-U/Th. 2) identifier et étudier par sédimentologie et géochronologie) d’autres localités du Paléolithique inférieur à fort potentiel archéologique mais également paléo-environnemental dans la région ; 3) caractériser d’un point de vue géochimique et géochronologique l’histoire éruptive du volcan Vulture, principale source des dépôts volcaniques datables dans cette zone et retrouvés dans les séquences archéologiques et paléo-environnementales.
2023
Les textiles andins préhispaniques sont de véritables œuvres d’art. Ils constituent aussi une source d’information unique sur les sociétés qui les ont produits, leur histoire sociale, culturelle et idéologique. Leur étude est souvent restreinte à la description des motifs et mode de tissage. Or les choix culturels qui ont présidé à l’élaboration et à la finalité des textiles (domestique, funéraire, pouvoir, etc.) concernent également la nature et l’origine de la matière première qui les constitue, et les colorants qui les ont teintés. La connaissance de ces paramètres permettrait également de restituer une part de leur valeur scientifique à des objets entrés en collections patrimoniales sans information attachée. Dans le cadre de FABRIC, le/la post-doctorant/e s’appuiera sur des approches innovantes en paléoprotéomique pour l’étude des fibres de camélidés sud-américains utilisées dans la confection des textiles de la culture Mochica de la côte nord du Pérou (100-850 apr. J.-C.). Après vérification de la qualité de préservation des kératines dans le temps, il/elle déterminera quelles espèces sauvages et/ou domestiques fournissaient les laines. Selon les espèces choisies, les artisans pouvaient disposer de ressources locales ou devaient les obtenir à travers des échanges avec les zones d’altitude. Une alternative est que les textiles étaient importés de la cordillère. Le prélèvement dans les textiles se fera en collaboration avec une restauratrice pour être le moins invasif possible. Les fibres textiles seront comparées avec des matières premières brutes issues de pièces muséales et de toisons d’animaux naturellement momifiés découvertes sur des sites archéologiques. Il/elle participera également à une première expérience d’utilisation de l’imagerie multispectrale de photoluminescence pour proposer une première identification in situ non destructive des colorants. Cette technique devra aussi permettre de reconnaitre l’altération des couleurs originales qui peut avoir des conséquences pour l’interprétation des observations visuelles des motifs.
2023
Au début du IIe millénaire de notre ère, durant l’Anomalie Climatique Médiévale et la transition vers le Petit Âge Glaciaire (ACM-PAG, 1100-1450 CE), la culture thuléenne, formation archéologique à l’origine directe des Inuit1, se développe sur les côtes du détroit de Béring et de l’Alaska. Malgré de nombreuses études archéologiques dans la région, les indicateurs climatiques locaux restent rares ce qui limite notre compréhension des interactions complexes humains-environnement à cette période clef de l’émergence de la culture Inuit. La conservation exceptionnelle des bois d’architecture thuléens dans les sols gelés de la région est pourtant propice aux études dendro-chronologiques et -climatique mais ces bois sont longtemps restés inexploités. Récemment, deux chronologies isotopiques du carbone et de l’oxygène ont été réalisées sur des bois alaskiens (935 à 1157 CE). Elles ouvrent la voie vers une interprétation paléoclimatique locale et fournissent des résultats très encourageants pour dater des bois indatables en dendrochronologie conventionnelle. Cependant, ces chronologies sont courtes (222 ans) et reposent sur un faible nombre de bois (1 à 5). Le projet IsotOk est une approche interdisciplinaire innovante pour renforcer et poursuivre dans le temps ces chronologies isotopiques en appliquant la dendrochronologie conventionnelle et la dendroisotopie à l’une des rares collections dendroarchéologiques d’Alaska : les bois d’architecture du site thuléen de Nukleet (Nord-Ouest de l’Alaska) collectés en 1949. Hébergée à l’University of Alaska Museum of the North, ces bois sont demeurés inexploité. Après un nécessaire inventaire, nous proposons de mener l’analyse dendrochronologique de 70 bois, et l’analyse isotopique de 8 d’entre eux au Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement (CEA-Saclay). Ces chronologies renouvelées permettront d’exploiter le potentiel chronométrique et paléoclimatique de ces bois d’architecture et d’affiner à une résolution annuelle notre compréhension de l’environnement changeant des « premiers » Inuit du littoral alaskien.
2022
Comme tous les milieux fluviatiles, les tufs calcaires, roches carbonatées se formant à proximité des sources ou dans les cours d’eau, sont particulièrement sensibles aux modifications environnementales, qu’elles soient liées à des changements climatiques ou à des modifications anthropiques. Au cours de l’Holocène moyen et récent, un déclin marqué de ces formations a été mis en évidence, qui serait imputé aux développements des activités humaines, notamment à la déforestation et à la pollution agricole puis industrielle des eaux, aux aménagements et à l’urbanisation. Toutefois, les mécanismes exacts de ce déclin restent largement débattus. Le projet TUFAnthrop propose donc de 1) documenter en détail la dynamique spatio-temporelle du déclin des tufs en lien avec les dynamiques d’occupation et le développement des activités humaines et 2) tracer précisément les effets de ces activités dans des séquences de référence et leur lien avec les changements environnementaux et climatiques holocènes. Les tufs sont déjà reconnus comme des archives-clés pour la reconstitution des dynamiques paléoenvironnementales et paléoclimatiques passées grâce à des approches pluridisciplinaires systématiques. Au cours de ce doctorat, de nouveaux marqueurs sédimentologiques et géochimiques appliqués à ces formations seront développés permettant d’établir les tufs calcaires comme une nouvelle archive essentielle de l’anthropisation des milieux fluviatiles et ainsi de documenter en détail les interactions homme-climat-environnement. La connaissance détaillée des mécanismes affectant le développement des tufs calcaires est par ailleurs indispensable pour la mise en place de mesures adéquates de préservation et restauration de tufs actuels.
2022
L’étude de l’armement médiéval constitue une fenêtre d’analyse de choix pour documenter la circulation des aciers, des techniques ainsi que la complexité et l’étendue des marchés européens. Si les approches matérielles interdisciplinaires menées sur les objets ont déjà montré leur efficacité pour enrichir ces réflexions historiques, leur mise en oeuvre par les sciences archéologiques nécessite souvent la réalisation de prélèvements, rarement autorisés dans le cas de pièces muséales. Afin d’y remédier, ce projet propose une approche méthodologique inédite couplant les analyses structurales (répliques métallographiques, DRX sous rayonnement synchrotron) et de compositions (quantification du carbone et du phosphore par LIBS et dosage de la composition en trace des inclusions non métallique par LA-ICP-MS) peu ou non-invasive sur un lot de pièces d’armures choisies, dans le but d’évaluer de manière représentative la nature et l’origine des fournitures de métal à l’échelle de chaque objet. Les données recueillies participeront à l’élaboration d’un référentiel étendu sur les alliages ferreux employés dans le domaine de l’armement médiéval qui permettra d’éclairer les gestes techniques et les procédés de fabrication, de cibler les provenances des matériaux et la qualité de la mise en oeuvre, et ouvriront la voie à des études interdisciplinaires de grande envergure dans ce domaine.
2022
L’adoption durable de la sédentarité par des chasseurs-cueilleurs à la fin du Paléolithique est un tournant majeur des sociétés humaines qui dès lors inventent une nouvelle forme d’habitat, de nouveaux modes de circulation et d’interaction avec le milieu et une nouvelle façon d’être au monde. C’est dans le Natoufien ancien du Levant (13 100-11 600 av. J.-C.) qu’apparaissent les toutes premières maisons rondes à murs de pierres regroupées en hameaux. L’un des plus remarquables est celui d’Eynan Mallaha, en Galilée, occupé pendant près de 2500 ans. La maison la plus ancienne et la plus massive de ce site, reconstruite à plusieurs reprises, a fait l’objet d’un enregistrement archéologique exemplaire entre 1961 et 1976. Cela permet aujourd’hui un retour sur l’analyse spatiale et diachronique, grâce à des outils et des questionnements scientifiques qui ont largement évolué. Ce projet post-doctoral a pour ambition de reconstituer l’organisation de cet espace domestique durable où un minimum de 5 sols et 3 phases de construction (abris 131-51-62) se superposent. Aujourd’hui, les outils numériques et statistiques permettent, à partir du traitement et de l’analyse des archives archéologiques, de réunir efficacement l’ensemble des données produites sur les objets mobiliers et les éléments architecturaux qui constituent cette succession d’évènements. L’objectif est d’abord de mieux définir les périodes d’occupation successives, l’alternance entre vivants et défunts qui partagent cet espace, les phases d’abandon, de restauration et de reconstruction. D’autre part, il s’agit de comprendre la structuration de cet espace : aires d’activité, de repos ou de passage ; placement, circulation et interactions des objets utilitaires et symboliques ; gestion des déchets. Une synthèse comparative permettra de proposer des hypothèses quant aux modalités de construction et d’usage de l’espace et leur transmission au fil des générations, d’en discuter la stabilité et d’identifier ainsi les repères structurant l’espace domestique de ces jeunes sociétés sédentaires.
2021
L’acquisition d’un granulomètre à diffraction laser dernière génération équipé de deux unités de dispersion en voie liquide permettant d’analyser la distribution en taille des particules organiques et inorganiques composant des échantillons de nature variée (sols, sédiments, aérosols…) permettra de répondre de façon précise et adaptée aux exigences et attentes de plusieurs communautés scientifiques du DIM Matériaux anciens et patrimoniaux s’intéressant à la compréhension d’un certains nombres de processus et de mécanismes dans les domaines des géosciences, des sciences de l’environnement et des sciences humaines. Le granulomètre visé permettra de répondre à des problématiques fondamentales telles que la reconstruction de paléo-environnements ou de contextes paléo-climatiques, en s’intéressant plus particulièrement aux relations « Homme-Climat » sur différentes échelles de temps. L’instrument et les unités de dispersion associées permettront de réaliser des analyses optimisées et reproductibles de grandes séries d’échantillons aux quantités de matériel non limitées (quelques grammes) et de micro-quantités (quelques mg). L’acquisition de cet instrument est complémentaire des techniques de caractérisation minéralogique (microscopie électronique et de force atomique, microspectroscopie FTIR, diffractomètre à rayons X…) et d’analyses géochimiques élémentaires ou isotopiques plus spécifiques (XRF, MC-ICP-MS…) dont dispose la plateforme analytique PANOPLY de l’Université Paris-Saclay.
2021
MalLab(1) est un projet d’équipement pour le laboratoire de la composante de recherche Préservation des Biens Culturels de l’HiCSA, installée depuis septembre 2021 dans le centre Malher. Dotée de nouveaux espaces (cinq ateliers de restauration et un laboratoire), la composante souhaite développer des outils méthodologiques à mettre à disposition des professionnels de la conservation-restauration. Publiés en ligne sous forme de fiches thématiques ou de guide pratique, ces documents se proposent d’aider le conservateur-restaurateur dans l’élaboration de son diagnostic et la constitution de sa documentation. Dans un premier temps, s’appuyant sur l’expérience de chantiers de restauration en cours, il s’agit d’établir des protocoles de prises de vue adaptés à l’analyse d’images avec des logiciels spécialisés afin d’évaluer et de quantifier les changements physiques des biens culturels dans le temps ou en cours de traitement ainsi que des protocoles de caractérisation de sels responsables d’altération cohésive à destination des restaurateurs de peinture et de sculpture notamment. Dans ce but, la composante PBC souhaite réunir un ensemble de petits équipements d’observation et de captation d’images nécessaires à l’établissement de ces protocoles. Ces derniers requièrent l’hébergement de logiciel sur des ordinateurs offrant les capacités de stockage et de résolution d’image suffisantes. La sélection de ce matériel repose sur des critères qui prennent en compte la réalité de l’exercice d’un conservateur-restaurateur installé comme indépendant : aisance de manipulation, transportabilité et accessibilité financière.
2021
L’objectif du projet RIOCAS est d’accroître les capacités et les performances analytiques de la dendro-isotopie en Ile-de-France. Il consiste en l’acquisition d’un spectromètre de masse de rapport isotopique (IRMS) couplé à un analyseur élémentaire Haute température (TC/EA) pour analyser la composition isotopique de l’oxygène, du carbone, de l’azote et du soufre (_18O, _13C, _15N et _34S) dans la cellulose, le bois et d’autres matières organiques végétales. Les partenaires du projet, issus de 7 laboratoires de recherche franciliens et d’un bureau d’études, prévoient d’utiliser le TC/EA – IRMS dans plusieurs chantiers d’envergure. Entre autres projets, ils envisagent de réaliser une reconstitution dendro-isotopique du climat médiéval en Ile-de-France et d’évaluer le potentiel de la dendro- anthracologie en paléoclimatologie, à partir des bois calcinés de Notre-Dame de Paris. Ils mettront également à profit les gains de productivité et de fiabilité offerts par ce nouvel équipement, pour explorer le potentiel de l’approche isotopique en paléobotanique et palynologie. Les bases de données qui en découleront, seront ouvertes à la communauté scientifique pour des applications pluridisciplinaires. Enfin, ce nouvel équipement permettra des développements novateurs ouvrant vers de nouvelles thématiques dans le domaine environnemental.
2021
Soutenu par le DIM Matériaux anciens et patrimoniaux, le projet Consortium Reconnaissance d’Écriture Manuscrite des Matériaux Anciens (CREMMA) entreprend de fonder un service de mise à disposition de ressources serveur et documentaire pour favoriser l’accessibilité à la reconnaissance d’écriture manuscrite (REM). Dans ce contexte, le CREMMA met à disposition des laboratoires et projets partenaires, pour pouvoir à terme l’ouvrir à d’autres projets candidats, un accès à l’outil open-source eScriptorium/kraken sur des serveurs permettant l’entraînement de modèles performants. Pour accompagner l’ouverture et la mise à disposition de ce service, documenter au profit des futurs utilisateurs les questions posées par l’utilisation du serveur, les problèmes rencontrés, les solutions trouvées, et fournir sous forme de manuels, ateliers et formations un retour d’expérience utile aux futurs utilisateurs dans le cadre du DIM, Inria et l’ENC recrutent un chef de projet (post-doc) pour 18 mois. Il s’appuie pour ce faire sur un corpus d’études dont la constitution met en oeuvre un partenariat avec la BnF.
2021
Avec la croissance économique des XIIe-XIIIe s., les objets du quotidien en alliage à base de cuivre se diffusent progressivement dans toute l’Europe sous la forme d’accessoires du vêtement, de vaisselles de table et de cuisine. Ce projet propose de les examiner sous l’angle de leur matérialité, à travers une double lecture : celle de la composition des alliages (en lien avec leur statut, leur diffusion, leur représentation sociale, les modes de consommation et les choix des artisans) et celle des marqueurs que constituent les éléments traces et ultratraces. Son objectif est de comprendre, d’une part, les contraintes guidant le choix des compositions d’alliages dans les ateliers (axe 1) et, d’autre part, d’identifier les différents circuits d’approvisionnements en matières premières, qu’il s’agisse de cuivre neuf ou d’alliages recyclés, ces derniers constituant une part importante des métaux utilisés dans les ateliers (axe 2). Pour la période médiévale, les connaissances actuelles sur l’exploitation des mines de cuivre sont trop partielles pour envisager de relier la matière des objets aux gisements et de dresser une carte de provenance. L’ambition de ce deuxième axe innovant est de contourner ce verrou méthodologique en mettant en évidence des aires de diffusion et de circulation du cuivre plutôt que des provenances situées (les mines), et ce en identifiant des éléments traces et ultratraces discriminants. Une attention particulière sera portée à l’intensité du recyclage, et à la vie des objets d’un point de vue anthropologique, révélant les différents moyens de récupération et de réutilisation du métal dans les ateliers. Ces approches s’accompagnent d’une réflexion méthodologique transversale (axe 3) sur la façon de croiser les données des différents champs disciplinaires (archéologie, archéométrie, histoire). Cette réflexion a pour ambition de pouvoir être appliquée à d’autres contextes chrono-culturels pour lesquels le croisement de sources est possible et pertinent.
2021
Malgré plus de 60 ans de recherches et de foisonnement de publications, l’émergence de l’agriculture continue à fasciner chercheurs spécialisés et grand public. Au gré de nouvelles découvertes, un processus qu’on croyait initialement relativement simple et linéaire s’avère en réalité infiniment plus riche et complexe, fait d’enchevêtrements de facteurs environnementaux, biologiques et culturels. Grâce à un corpus de restes archéobotaniques unique et à l’accès à d’importantes collections de plantes vivantes et desséchées, le présent projet propose de revisiter les premiers champs cultivés au monde, apparus au Proche-Orient il y a plus de 10 000 ans. Deux problématiques en particulier seront traitées : la diversité taxonomique et morphologique des blés à l’origine de l’agriculture et la diffusion des économies agricoles vers l’est, au-delà des premiers foyers du Croissant fertile. Le projet postdoctoral, dont la thématique est située à cheval entre bio-archéologie, archéologie et Sciences du Vivant, rassemble des acteurs d’établissements publics (MNHN, CNRS, INRAE) et privé de recherche (Arvalis) ainsi que des chargés de collections patrimoniales (Herbier national).
2021
Ce projet de recherche postdoctorale porte sur la géographie culturelle des populations de chasseurs collecteurs nomades de la fin de la période glaciaire. Ce moment est marqué par de profondes modifications environnementales qui ont inexorablement eu pour conséquence le développement de nouveaux enjeux territoriaux et économiques et donc une refonte globale des identités, des interactions sociales et des modalités d’occupation de l’espace. Le projet propose d’étudier les constructions territoriales et les réseaux sociaux des groupes humains ayant occupés le Bassin parisien à la fin du Magdalénien (13 000 BP) au travers d’une analyse fine des matériaux utilisés dans les productions d’objets de parure. La valeur identitaire universelle de ces derniers explique qu’ils aient été particulièrement utilisés dans les relations sociales et les phénomènes d’échange. Coquilles fossiles et roches tendres noires (également appelées « lignites ») sont parmi les matériaux privilégiés dans les productions de parures magdaléniennes. Or, en étant liés à un âge géologique et/ou à un biotope précis, ces matières ont des origines géographiques restreintes que l’on peut reconnaître. Afin de pouvoir relier les supports utilisés pour la parure à leur(s) source(s), cette recherche s’appuiera sur la constitution de référentiels actualistes (malacologiques et pétrographiques) et la réalisation d’analyses physiques permettant une caractérisation fine des matières utilisées. Les résultats obtenus fourniront des informations inédites sur les choix opérés pour acquérir les matériaux destinés à la parure (exploitation des ressources locales vs apports extrarégionaux) et permettront ainsi de mettre en évidence le dynamisme des connexions interrégionales dès cette période ancienne.
2021
Le projet photIFAN vise à réévaluer l’importance et à enclencher un processus de conservation et de valorisation du patrimoine photographique hérité de l’IFAN, l’Institut Français d’Afrique Noire (1936-1960). Alors que l’IFAN a joué un rôle majeur dans le développement de la recherche scientifique en Afrique de l’Ouest au XXe siècle (sciences naturelles, humaines et sociales), les images produites dans le cadre de l’ambitieuse politique photographique de l’Institut durant la période coloniale, couvrant toute l’ancienne Afrique Occidentale Française, sont aujourd’hui mal identifiées et peu utilisées. Disséminées entre la France et l’Afrique, elles constituent un patrimoine visuel unique et de précieuses sources historiques, à la fois pour les chercheurs (histoire contemporaine, études africaines), mais également pour les sociétés qu’elles représentent. L’objectif du projet est de relever les défis que présente ce patrimoine, à la fois quant à sa matérialité et à sa spatialité, mais également quant aux questions épistémologiques, voire éthiques et politiques, qu’il soulève, en tant que patrimoine colonial. Le projet va d’abord permettre de cartographier les corpus existants en France et en Afrique de l’Ouest. Ensuite, en s’appuyant sur la collaboration des institutions patrimoniales partenaires, il donnera accès à une partie des images via la création d’une plateforme en ligne. Parallèlement, un outil de recherche numérique sera élaboré afin de renouveler la manière d’analyser et de mobiliser les documents photographiques. Enfin, la réflexivité qui sous-tendra la réalisation du projet, contribuera à stimuler une réflexion critique et épistémologique au sein de la communauté scientifique et patrimoniale sur les enjeux postcoloniaux des patrimoines.
2021
Le DIM Matériaux anciens et patrimoniaux de la Région Île-de-France en partenariat avec l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne organisent la journée « Recherche et restauration – histoires, pratiques et perspectives » le 22 septembre de 09h à 17h30. La journée a pour but d’identifier des outils, des instruments pratiques et des processus, qui seraient en mesure de favoriser une meilleure articulation entre recherche scientifique et restauration du patrimoine.
2020
Le projet vise à doter la plateforme d’analyse structurale et élémentaire macro-faisceau (100_m) du LAPA d’un détecteur de rayons X de nouvelle génération dit à comptage de photon afin de remplacer un équipement arrivant en fin de vie. La rapidité d’acquisition des images de diffraction, liée à un rapport signal sur bruit multiplié au moins par 3 par rapport au scanner de plaques images photosensibles, ainsi que la possibilité de l’interfacer à un ordinateur, en font un équipement de haute performance pour l’analyse structurale du matériel archéologique et du patrimoine. De plus, il permettra l’acquisition d’un grand nombre de clichés de diffraction sur des temps très courts pour des études statistiques par exemple.
2020
Le projet Archéologie et Lumière Structurée – ARLUS a pour objet de faire monter en puissance le volet 3D de la plateforme Archéoscopie de la MSH Mondes, en l’ouvrant à la numérisation 3D par lumière structurée. Ce volet, actuellement dédié à la restitution 3D par photogrammétrie, sera ainsi en mesure d’accroître son offre en matière d’acquisition et d’exploitation de données 3D et en matière de formation. Ces nouveaux équipements, deux scanners mobiles à lumière structurée, avec leurs ordinateurs associés, offriront de nouvelles perspectives de recherche et de valorisation pour les membres des laboratoires SHS et leurs étudiants. Ils interviendront dans de nombreux programmes de recherche interdisciplinaires pour répondre à des problématiques archéologiques, des problématiques de conservation et de valorisation de vestiges anciens comme plus récents, mais aussi à des problématiques méthodologiques.
2020
En 2015, le pôle Conservation-Restauration (PCR) du mqB-JC a initié une campagne d’identification des résidus de pesticides, à partir de tests microchimiques. Ces « spots-tests » ont montré leurs limites car seuls l’arsenic, le mercure et le plomb sont détectables. À ce jour environ 2 000 objets ont été testés, ce qui est insuffisant pour assurer la manipulation des collections en toute sécurité puisque 50 % des 370 000 objets ethnographiques sont constitués en partie ou en totalité de matériaux organiques susceptibles d’avoir été soumis à l’action de pesticides. L’objectif premier de l’acquisition d’un spectromètre à fluorescence X (FX) portable est d’augmenter la cadence et la fluidité des mesures, et de permettre aux agents ainsi qu’aux prestataires de se protéger adéquatement en cas de contamination par des produits toxiques. Le laboratoire de l’INP est sollicité par les élèves restaurateurs pour des expertises sur les matériaux et leurs altérations avant restauration ou pour des études techniques relatives à la connaissance des matériaux d’artistes et à la matérialité des oeuvres. Dans cette perspective, l’accès à un spectromètre dont la mise en place ne nécessite pas la mobilisation complète d’un local permettrait de faciliter la réponse offerte aux questions des étudiants. Les travaux de recherches conduits dans le laboratoire ArScAn nécessitent la caractérisation chimique de grandes séries de mobiliers archéologiques de nature différente (pierre, céramique, métal, etc.) et les sols archéologiques nécessitent une analyse chimique rapide des matériaux. Pour cette raison nous nous associons à cette demande d’achat d’un spectromètre de type TRACER 5i. Le laboratoire AOrOc regroupe des disciplines de l’archéologie sur des aires chronologiques depuis la protohistoire celtique jusqu’au bas empire, et sur des espaces géographiques partant de l’Europe occidentale à l’Asie centrale. Les thématiques sur les artefacts sont donc très nombreuses, abordant à la fois la manufacture des objets, leur style et leur origine et leurs modes de diffusion. Les analyses non destructives effectuées par spectrométrie à FX contribueront à la connaissance des produits de fouilles.
2020
La caractérisation des matériaux archéologiques à différentes échelles d’observation (oeil nu, microscopie optique, MEB), nécessite très régulièrement la réalisation de prélèvements de blocs sciés avec des surfaces polies et la réalisation de lames minces (30 microns d’épaisseur). La réalisation de blocs, blocs indurés et lames minces est indispensable à la caractérisation pétrographique des artéfacts (silex, céramiques, terres cuites, métal, …) et des stratigraphies archéologiques (prélèvements de blocs pour la réalisation d’analyses micromorphologiques). En complément des analyses pétrographiques, ces blocs et lames minces peuvent faire l’objet d’analyses géochimiques (cartographie élémentaire de la surface par MEB, spectrométrie…). Suite à l’acquisition d’une « Rectilame » (arasement et rectification de lames minces) acquise en 2020 sur des crédits CNRS, l’UMR 7041 ArScAn souhaite acquérir l’ensemble des machines (polisseuse, tronçonneuse débiteuse compact de paillasse et stand d’enrobage et d’imprégnation) afin d’avoir une chaine complète de réalisation de blocs sciés et de lames minces. Ce matériel, qui sera installé dans le laboratoire de géoarchéologie géré par l’Equipe « Archéologie environnementale » de l’UMR ArScAn, sera à disposition des chercheurs de l’ensemble des unités de recherche de la MSH Mondes (UMR Trajectoires, UMR ArchAm, UMR Pré-Tech). Il sera également utilisé par des étudiants de Master en archéologie, de l’université de Paris 1 Panthéon Sorbonne, dans le cadre d’un module de ce Master. Ce projet s’insère donc dans une double dynamique de recherche et d’enseignement, soutenue par l’UMR 7041 et par l’USR de la MSHM.
2020
Le projet Consortium Reconnaissance d’Écriture Manuscrite des Matériaux Anciens (CREMMA) vise la création d’un service de mise à disposition de ressources serveur pour favoriser l’accès à la reconnaissance d’écriture manuscrite (REM). Le CREMMA met à disposition des laboratoires et projets partenaires un accès à l’outil open-source eScriptorium sur des serveurs permettant l’entraînement de modèles performants. À terme, ce service est ouvert à des projets extérieurs, validés par le consortium au regard de la disponibilité du service. Durant le temps du projet (2 ans), les laboratoires partenaires du consortium mettent à disposition des jeux de données issues de matériaux divers (manuscrits médiévaux et modernes, supports muraux, etc.) dans des langues et des écritures différentes (latin, ancien français, chinois, vietnamien, français, etc.). Ces premiers jeux de données permettront de proposer des premiers modèles pour de nouveaux projets, et faciliteront l’utilisation des services de REM. Par ailleurs, le projet aura soin de produire une documentation essentielle à l’accueil et la formation de futurs nouveaux utilisateurs.
2020
Le développement de techniques de mesures non-destructives de plus en plus fines a fait émerger le besoin d’une caractérisation de plus en plus précise, et sur des surfaces toujours plus importantes, du proche sous-sol. AOrOC souhaite se doter d’un système radar multi-antennes et à bas bruit (nouvelle génération à échantillonnage temps réel), tracté éventuellement par un véhicule, qui prendra le relai des radars mono-voie existants et permettra l’auscultation du proche sous-sol sur de grandes surfaces avec une meilleure résolution spatiale inférieure au décimètre. Ces données sont en effet devenues obligatoires pour l’optimisation de l’implantation des zones de fouilles programmées ainsi que pour l’étude des centres-villes actuels. Couplées aux données des scanners laser terrestres pour la restitution des bâtiments (matériel de la plateforme Plemo3D de Sorbonne Université ou d’AOrOC), elles permettent d’obtenir un modèle complet du patrimoine visible et invisible. En zone urbaine, cet enjeu patrimonial se double d’un enjeu d’inventaire pour les collectivités territoriales de tous les réseaux enterrés présents (DT-DICT) comme montré par notre expérience pilote sur la Grand’Place de Bruxelles en mai 2018. Les travaux de recherches conduits dans le laboratoire ArScAn visent à la connaissance du contexte géomorphologique des sites archéologiques en particulier dans le Bassin Parisien. Le couplage de la cartographie radar avec les moyens plus traditionnels (tarière et panneau électrique) permet d’aborder les conditions de taphonomie des sites. Enfin, le laboratoire METIS s’est orienté vers la prospection systématique d’édifices patrimoniaux, généralement en contexte urbain, avec de nombreuses collaborations. Les données acquises dans le cadre du projet seront rendues publiques sur la plateforme de cartographie collaborative Chronocarto que gère AOrOC au niveau de PSL.
2020
L’acquisition d’un diffractomètre de rayons X équipé d’un module de micro_diffraction permettra de répondre de façon précise et adaptée aux exigences et attentes de plusieurs communautés scientifiques s’intéressant aux sciences de l’environnement, biologie, archéologie, géologie ou sciences humaines. Le diffractomètre de rayons X visé doit permettre de répondre à des problématiques fondamentales et appliquées telles que la compréhension des processus d’altérations et de préservation des matériaux patrimoniaux et au sein des différents compartiments de la zone critique (e.g., sols, sédiments), l’étude de bio_minéraux et leur croissance, la compréhension des processus diagénétiques, la reconstruction de paléoenvironnements (e.g., état d’aridité des sols), ou encore l’étude des liens entre matières premières et objets archéologiques (e.g., sources et voies de commerce). L’instrument permettra de réaliser des analyses optimisées et reproductibles sur de grandes séries d’échantillons (passeur automatique) et sur des quantités de matériels très limitées (quelques mg à quelques centaines de _g) ou des zones d’objets spatialement contraintes de quelques dizaines de _m grâce au module de micro_diffraction. L’acquisition de cet instrument s’inscrit en parfait complément des techniques de caractérisation minéralogique non_destructrices dont dispose la plateforme PANOPLY (microscopies électronique et de force atomique, microspectroscopie FTIR, etc.) et en amont de techniques géochimiques plus spécifiques (par ex LA_ICP_MS_HR).
2020
L’incendie de Notre-Dame de Paris a livré un mobilier métallique exceptionnel, notamment une grande quantité de clous en fer forgé de diverses tailles (du cm à plusieurs dizaines de cm) dans les parties les plus anciennes de la charpente (nef et chœur). L’étude de ces vestiges métalliques est entreprise dans les cadre des réflexions du GT Métal du chantier CNRS/MCC Notre-Dame, qui voit la collaboration étroite entre trois équipes de recherches aux compétences complémentaires (ARSCAN, LAPA et LRMH). Le projet de stage propose de se concentrer sur le mobilier du chœur, plus homogène car moins perturbé par la chute de la flèche,et en particulier sur les éléments forgés, jamais encore étudiés en détail pour une charpente ancienne.Il vise à réaliser un inventaire morphotypologique des clous dans un objectif d’identification des types utilisés et de leurs usages, afin de les caractériser, de les quantifier et de les replacer dans la chronologie de la charpente. Le référentiel ainsi créé sera rapproché des données connues de la charpente de Notre-Dame (études de R. Fromont et C. Trentesaux) et des rares publications existantes sur les clous (travaux de C. How notamment). Ce travail de typologie posera enfin les bases d’une approche matérielle suivant les méthodologies développées en collaboration avec le LAPA, avec l’analyse métallographique d’une sélection de clous visant à déterminer la qualité du matériau, sa mise en forme, sa provenance et la datation de certains renforts.
2020
NumArchAm est un projet de valorisation portant sur les fonds documentaires issus des missions archéologiques françaises menées dans les Amériques depuis 1973. Débuté en 2019, une procédure de gestion électronique a été élaborée et 3 fonds (999 diapositives) traités et mis en ligne sur la « Base documentaire du laboratoire Archéologie des Amériques » avec leurs métadonnées Dublin Core et Nakala. Ce premier ensemble correspond à 20 % du total du matériel patrimonial à intégrer à la base, et près de dix autres fonds (± 5000 diapositives) nécessitent un traitement similaire. Le stagiaire aura la responsabilité du processus de numérisation et d’indexation de quatre fonds photographiques : deux mexicains (Chupícuaro et Barajas, ±2000), un guatémaltèque (la Joyanca, ±800) et un amazonien (Equateur et Guyane, ±500). Il mènera différentes activités impliquant le plan de nommage, la numérisation, le traitement des images, le renommage systématique, la structuration des données et des métadonnées en vue de leur versement sur Nakala et de leur traitement par lots. Ce stage permettra au candidat de développer ses connaissances en gestion numérique et dématérialisée de documents ainsi qu’en indexation et interopérabilité (thesaurus Pactols). Il aura aussi l’opportunité de traiter des fonds inédits et d’être confronté aux problématiques de valorisation des fonds patrimoniaux (intégrité et pérennisation des données, contextualisation, droits d’image et question d’accès).
2020
L’approche pluridisciplinaire valorisée à travers les différents axes de recherche du DIM Matériaux anciens et patrimoniaux implique notamment les conservateurs-restaurateurs du patrimoine. En effet, leur rôle est essentiel, que ce soit pour comprendre les matériaux employés par les artistes, l’évolution matérielle des objets et des œuvres d’art, les différents types d’altérations qui touchent les objets du patrimoine, ou les analyses et interventions qui peuvent être menées sur ces objets. Toutefois, la complexité du statut professionnel du conservateur-restaurateur peut rendre son implication dans des projets de recherche publics limitée. Bien que différentes réflexions aient été menées ces dernières années, notamment sur la profession d’un point de vue sociologique, sur le développement des compétences de recherche dans le cadre des formations de conservateurs-restaurateurs, ou sur l’encouragement d’activités de recherche conduites de façon mutualisée avec des laboratoires tels que le C2RMF ou les équipes du CRC, on peut se demander si des évolutions sur l’implication des restaurateurs dans la recherche ont pu être constatées par les professionnels eux-mêmes et comment ces derniers verraient une possible meilleure implication. L’étude qui sera menée a pour objectif d’une part d’établir un état des lieux de la culture de la recherche en conservation-restauration, et d’autre part, de s’appuyer sur les discours des acteurs de la profession, à travers une enquête basée sur des entretiens, pour identifier les conditions qui favoriseraient une meilleure implication dans des projets de recherche.
2019
Le projet PAMUD vise à doter la communauté francilienne des paléométallurgistes d’une Plateforme d’Acquisitions MUlti-Dimensions (2D, 2.5D et 3D). Le terme paléométallurgiste est ici à prendre au sens le plus large puisque les champs d’études représentés au sein du consortium vont de l’extraction des matières premières à la conception du produit fini et les domaines d’intervention de la fouille archéologique aux prélèvements en laboratoire. Pour rappel, le consortium ici réuni regroupe trois entités aux tutelles diverses, le DIM comptant une dizaine de laboratoires concernés par l’archéométallurgie. Les outils photographiques (2D), d’imagerie de transformation par réflectivité (2.5D) et de modélisation tridimensionnelle (3D) étant aujourd’hui indispensables à la conduite de ces études, le projet PAMUD se propose de les fournir au travers d’un plateau basé au LAPA/NIMBE doublé d’un laboratoire de campagne. Mis au service du consortium porteur de ce projet, et à plus large titre à la communauté francilienne, ce matériel apportera un soutien déterminant à la communauté scientifique.
2019
L’étude fonctionnelle des outillages et de leur rôle dans les économies, de la Préhistoire à l’Antiquité, se base sur la combinaison de plusieurs analyses archéométriques. Fondée sur des référentiels expérimentaux et ethnographiques, la tracéologie reconstitue le fonctionnement des outillages (geste, mode d’action, matières transformées) à partir des traces d’utilisation microscopiques générées par les activités humaines sur les outillages en pierre, os, céramique, métal, etc. Le projet MEGAmicro vise à l’acquisition d’un microscope métallographique à statif modulable pour l’observation d’objets de grandes dimensions et de poids importants, qui constituent des contraintes logistiques fortes. L’acquisition de cet équipement en microscopie doit permettre la poursuite du perfectionnement de l’étude tracéologique de tout un pan de la culture matérielle : outils lithiques (meules, haches polies, grandes lames), outillages en matières dures animales, céramiques entières, sous_produits de métallurgie et outils métalliques, supports gravés, et de tout autre type d’artefacts de grandes dimensions permettant d’éclairer l’économie et les pratiques rituelles des sociétés anciennes. Les laboratoires franciliens d’archéologie disposent de compétences importantes en tracéologie à l’échelle européenne. L’acquisition d’un équipement utilisable au plus près des lieux d’étude du matériel archéologique difficilement déplaçable permettra de diversifier l’offre de formation à la tracéologie, et de créer de nouveaux protocoles d’analyse des résidus en lien avec les autres disciplines archéométriques dans le cadre d’une approche systémique des analyses fonctionnelles des outillages préhistoriques.
2019
Le projet Huma3D a pour objectif de doter les laboratoires CHCSC, DYPAC, la Plateforme géomatique de l’EHESS et le programme ArcheoFab d’Arscan d’un Laser Scanner 3D permettant la finalisation de projets de recherche en cours dans le domaine des études culturelles et patrimoniales. Cet équipement permettra également le développement conjoint de projets interlaboratoires portant sur des espaces ou de lieux du patrimoine culturel ou naturel nécessitant une modélisation 3D. Ces projets seront développés dans le cadre du réseau des laboratoires du DIM MAP en interaction étroite avec les dispositifs de formation par la recherche, pilotés dans le cadre des laboratoires à destination des étudiants avancés de niveaux Master et Doctorat.
2019
L’équipe « Archéologies environnementales » de l’UMR 7041 ArScAn souhaite enrichir sa collection faunique de référence composée aujourd’hui d’une centaine de squelettes de mammifères, de poissons et d’oiseaux. Le coût important des squelettes recherchés (bouquetin, bison, loutre…) ne peut être supporté par l’UMR seule et rend difficile le développement de cette collection. Il est pourtant indispensable pour les spécialistes de l’équipe « Archéologies environnementales » et d’autres UMR de disposer d’une collection plus complète et adaptée aux ensembles archéologiques étudiés, en termes d’espèces des différentes périodes et en termes d’individus (sexe/âge). Par ailleurs, le laboratoire d’archéozoologie de l’équipe est à présent régulièrement utilisé pour les TD et stages pratiques dispensés aux étudiants de Paris I Panthéon-Sorbonne et de Nanterre Université. Ce projet s’insère donc dans une double dynamique de recherche et d’enseignement, soutenue par l’UMR 7041 et par l’USR de la MAE.
2019
Aujourd’hui, la combinaison de plusieurs méthodes d’imagerie est devenue indispensable pour répondre à des questions et problématiques scientifiques toujours plus poussées, posées par l’archéologie. La microscopie corrélative permet de créer une passerelle entre la microscopie optique et les méthodes analytiques offertes par la microscopie électronique en combinant les données obtenues au microscope optique avec la résolution du MEB ; ceci grâce à une reconnaissance automatique au MEB, des zones d’intérêts définies au microscope optique et inversement. Les applications sont nombreuses pour l’étude des matériaux anciens anthropiques ou naturels, caractérisation technique et fonctionnelle des objets archéologiques en roches ou sédiment meuble induré, matières osseuses, métal ; identification des processus taphonomiques ; détermination structurale des écofacts (graines, grains d’amidon, pollens, charbons, coquillages, etc.). Le projet Microscopie corrélative pour les matériaux anciens – MICMAC vise à proposer pour les laboratoires de sciences humaines et sociales d’Ile-de-France en lien avec les sciences des matériaux et les sciences de l’environnement, un système de microscopie corrélative pour l’étude des vestiges archéologiques. Le système que nous souhaitons acquérir comprend un microscope optique motorisé capable de travailler en réflexion et en transmission, une caméra et un logiciel d’imagerie et de mesures pour l’acquisition d’images 3D et relevés topographiques, un logiciel pour la microscopie corrélative et un porte-échantillon dédié. Il sera installé au sein de la plateforme ArchéoScopie de la Maison Archéologie & Ethnologie, René-Ginouvès (MAE), dédiée à l’analyse microscopique des vestiges anthropiques et naturels, qui dispose déjà d’un microscope électronique à balayage (MEB) conventionnel à pression variable couplé à un détecteur EDS. Cette plateforme, unique pour les laboratoires SHS, sera alors en mesure de répondre à de nouveaux besoins analytiques déjà diagnostiqués et d’accroître une nouvelle fois les compétences techniques de la plateforme notamment en matière d’acquisition de données qualitatives et quantitatives.
2019
Le projet Optiman a pour objectif l’analyse par microscopie numérique Hirox des états de surface du patrimoine mobilier archéologique daté entre -2,7 millions d’années et la fin du XVe siècle. L’étude par observation optique du mobilier archéologique national portera autant sur l’examen non-invasif des matières et des matériaux constitutifs de l’objet archéologique, que sur la caractérisation de ce dernier aux plans taphonomique, taxinomique et biographique. En fédérant deux unités complémentaires constituées d’archéologues et de conservateurs en Archéologie, le projet proposera à la fois un renouveau dans la dynamique de recherche des marqueurs des activités et des savoir-faire de l’homme et des sociétés du passé, et de nouvelles actions de remédiations et de valorisation d’un patrimoine unique en Île-de-France intéressant toutes les générations. L’apport du projet résidera dans les nouvelles possibilités offertes par l’imagerie à large champ de vision et résolution élevée en temps d’acquisition ultra-rapide, sans avoir à changer d’instrumentation entre échelles macro- et microscopique (1x à 2500x). Ceci permettra le rendu cartographique full HD (2D, 3D) des modifications de surface (fabrication, usure, incrustation, altération) afin de rendre compte des modes d’anthropisation du support animal, végétal ou minéral, que celui-ci ait été au préalable transformé (métal, céramique, verre) ou non (roche, os). En travaillant à la fois sur la structure interne de la matière, la morphologie générale de l’objet, inclus les traces et les traitements à l’origine de l’aspect des œuvres et des résidus qui y sont éventuellement restés accolés, le projet s’inscrira à l’interface entre sciences humaines, archéométriques et études paléo-environnementales. Et il aura de larges implications muséales et iconographiques dans l’identification, l’interprétation et la pérennisation du mobilier archéologique fondées sur l’analyse du patrimoine national préservé en Île-de-France, au musée d’Archéologie nationale.
2019
L’acquisition d’un système de réflectographie MIR 10 NEW s’inscrit dans la continuation du projet PictOu dédié à l’étude de la pratique picturale de Jean-Baptiste Oudry. Ce dernier a reçu le soutien du DIM Matériaux anciens et patrimoniaux en 2018 par le financement d’un contrat postdoctoral. Les procédés du peintre, le choix de ses matériaux et de ses outils, ont jusqu’ici été définis par extrapolation de ses conférences, Sur la manière d’étudier la couleur et Sur la pratique de la peinture, prononcées à l’Académie royale de Peinture et de Sculpture le 7 juin 1749 et le 2 décembre 1752. Énoncés à la fin de sa carrière, ces textes rendent compte de son expérience de praticien, mais également d’une profonde connaissance des œuvres de ses contemporains et de ses prédécesseurs. Il accorde une attention particulière à leur évolution matérielle arguant l’importance des choix techniques de l’artiste pour leur bonne conservation. Le programme travaille à l’analyse de la production du peintre. Dans un second temps, les résultats sont confrontés à ses écrits afin de mesurer l’intégration de ses constats dans sa propre pratique. La poursuite du projet impliquant notamment de nouveaux partenariats avec des institutions françaises et internationales nous amène aujourd’hui à développer le panel d’outils à même d’approfondir un examen matériel des œuvres in situ. La composante de recherche PBC dispose d’ores et déjà d’un équipement d’observation et d’enregistrement que le système de réflectographie infrarouge viendrait compléter. On évaluera notamment la nature et la qualité des dessins sous-jacents et l’éventuelle présence de repentirs. Notre champ d’expertise ainsi développé, il nous sera possible de participer à d’autres projets de recherche portant sur l’étude technique de peintures de chevalet ou murales. L’outil retenu permet d’enregistrer des images ; celles-ci viendront nourrir la documentation générée par les projets ; elles seront libres de droit et gratuitement accessibles pour les différents partenaires.
2019
Depuis une quinzaine d’années, la partie caucasienne de la collection Morgan du musée d’Archéologie nationale (MAN, Saint-Germain-en-Laye) a fait l’objet de travaux systématiques et a donné lieu à plusieurs travaux universitaires. La réévaluation de cette collection est à l’origine du programme NABIALLA (The Necropolises of Azerbaijan during the Bronze and Iron Ages in the Lenkoran and the Lerik Areas) qui s’est déroulé de 2012 à 2016 sous la direction de Michèle Casanova, professeur d’archéologie orientale à l’université de Lyon-2, Christine Lorre, conservateur de la collection d’archéologie comparée du MAN et Abuzar Alakparov, chercheur à l’Institut d’Archéologie et d’Ethnographie (ANAz, Bakou). Avec l’appui du laboratoire CNRS UMR 7041 – ArScAn, le musée d’Archéologie nationale souhaite accueillir en octobre-novembre 2019, Monsieur Hamid FAHIMI, archéologue protohistorien spécialiste de l’âge du Fer en Iran, demeurant actuellement en Allemagne. M. FAHIMI sera chargé d’achever l’étude du corpus céramique du Talyche iranien, entamée en 2016 dans le cadre du programme NABIALLA, dans le but d’augmenter le référentiel d’étude de la production céramique datant de la transition Bronze-Fer du sud-ouest de la mer Caspienne. Cette étude donnera lieu à un catalogue de la collection et sera publiée soit sous format papier, soit sous format numérique (RMN-GP). Ce projet se situe en cohérence avec d’autres actions de valorisation du patrimoine archéologique de la zone du Nord-Ouest iranien en cours de réalisation (actes du colloque Rivages de la Caspienne en préparation, site web Grands sites archéologiques).
2019
La journée d’études vient clore le projet PaintItBlue, financé par une allocation post-doctorale du DIM Matériaux anciens et patrimoniaux pour l’année 2018/2019. A vocation interdisciplinaire, construit au carrefour entre les sciences humaines et sociales et les sciences physico-chimiques, et internationale, cette journée d’études explorera les histoires artistiques, chimiques et sociales de la couleur au XVIIIe siècle et, surtout, leurs intersections. Que se passe-t-il lorsque les couleurs des artistes sont considérées comme des substances interdisciplinaires ? Quelles relations existe-t-il, par exemple, entre les propriétés physico-chimiques d’une couleur, sa valeur économique et ses qualités esthétiques ? Comment ces matériaux pourraient-ils mettre en dialogue histoires des arts, histoires de gestes et de techniques, histoires des mondes de l’art ? S’inspirant de l’injonction de l’anthropologue Tim Ingold à « suivre les matériaux », cette journée de rencontres voudrait suivre les traces de la couleur bleue (comme matériau) à travers les mondes croisés de l’art, de la science, de la technologie et du commerce tout au long du XVIIIe siècle.
2019
La 12e édition des colloques de l’Association Française pour l’étude du Quaternaire (AFEQ) se tiendra au campus Condorcet à Aubervilliers du 3 au 5 février 2020. Cette manifestation biannuelle rassemble des communautés scientifiques internationales et interdisciplinaires (géographes, archéologues, climatologues, géologues, physiciens etc.) dont les recherches portent sur l’étude du Quaternaire. Ces trois journées seront l’occasion de présenter et de discuter à la fois des résultats et des avancées méthodologiques des recherches récentes s’intéressant aux interactions entre les climats, les environnements, les communautés biologiques et les populations humaines à différentes échelles spatio-temporelles. La programmation de sept sessions, aux thématiques et aux problématiques variées, permettra de réaffirmer la pluralité de ces recherches et de leurs liens étroits avec les enjeux sociétaux actuels (risques, ressources, aménagements, biodiversité etc.).
2019
Le projet Analyse des éléments en TRAces dans les Matériaux Anciens et Patrimoniaux (ATRAMAP) propose à la communauté du DIM-MAP une nouvelle méthode d’analyse chimique élémentaire couplant ablation laser et spectrométrie de masse (LA-ICP-MS) pour l’analyse de traces et ultratraces dans une large gamme de matériaux d’intérêt patrimonial dont notamment pigments, verres, métaux, scories métallurgiques, terres cuites, roches, et matières dures animales. La technique n’est pas disponible actuellement dans le champ des laboratoires « sciences du Patrimoine » de la région francilienne, or de nombreuses publications en France et à l’étranger montrent clairement qu’elle joue un rôle déterminant pour le développement de nouvelles problématiques liées à la connaissance des matériaux anciens (provenance, caractérisation fine des techniques, relations à l’environnement, altération des matériaux, etc.). Le spectromètre de masse en tandem ICP-MS-MS (dit aussi à triple quadripôle) couplé à un laser à excimère ArF (193 nm) et une cellule d’ablation la plus grande et la plus polyvalente possible, permettra d’analyser tout type d’échantillon solide sans procédure de préparation complexe, sur une gamme d’éléments très large (de la masse 7, lithium à la masse 238, uranium) avec une sensibilité exceptionnelle (meilleure que le ppm). La grande résolution latérale (quelques microns) et en profondeur du laser permettra de traquer inclusions, dépôts et revêtements ténus. Le nouvel appareil offrira un complément appréciable aux techniques disponibles en Île-de-France, dont notamment les techniques d’imagerie chimique proposées par NEW AGLAE et le synchrotron SOLEIL (par exemple PUMA) : profondeur sondée importante, accès aux ultra-traces (dont terres rares), profilage, et même mesure de certains rapports isotopiques.
2019
Ce projet porte sur des questions épistémologiques et historiographiques fondamentales concernant la naissance et l’essor d’une Préhistoire à la française héritée d’André Leroi-Gourhan, et ce, à travers une recherche conduite autour d’un gisement archéologique fouillé depuis la fin du XIXe siècle et fréquenté depuis des siècles : les grottes d’Arcy-sur-Cure (Yonne). Il s’inscrit dans une vaste étude anthropologique comportant à la fois une enquête ethnographique et la réalisation d’un documentaire mettant en valeur les archives audiovisuelles des fouilles de ce site (1950-1963). Ce site archéologique est l’un des rares gisements du Bassin parisien couvrant une chronologie très vaste où la transition entre l’homme de Neandertal et les hommes modernes a pu être mise en évidence. Celui-ci compte une quinzaine de grottes et d’abris et a livré des occupations multistratifiées du Paléolithique moyen au Paléolithique final. La diversité des vestiges conservés autant que la présence d’un art pariétal offrent un contexte de recherche rare pour les préhistoriens qui y travaillent encore aujourd’hui. Ce site est également à la croisée d’une pluralité d’autres acteurs comme le musée municipal d’Avallon, qui diffuse les connaissances scientifiques au grand public tout en insufflant une nouvelle dynamique sur l’actualité des recherches effectuées sur le site. Arcy-sur-Cure offre donc un contexte historique et social riche où chaque acteur est aujourd’hui susceptible de produire et transmettre à son tour d’autres régimes de connaissances sur le patrimoine matériel des lieux. Qu’en est-il réellement ? De quelle façon ce passé a-t-il été produit et comment est-il reproduit aujourd’hui ? Les enjeux de cette recherche interdisciplinaire reposent donc sur une collaboration étroite entre deux sciences de l’homme – anthropologie et archéologie – tout en intégrant les acteurs du patrimoine et de la valorisation d’un site archéologique d’exception.
2019
Malgré son climat aride et son exposition à de nombreux aléas naturels (séismes, tsunamis, phénomène El Niño, etc.), le littoral péruvien est occupé depuis au moins 12 000 ans. Les sociétés côtières y ont été particulièrement exposées à des phénomènes de forte magnitude, auxquels elles ont dû faire face, et à d’importantes évolutions du milieu littoral aux temporalités multiples (déplacement du trait de côte, modifications des écosystèmes, etc.). Dans ce contexte, les sociétés ont su développer des stratégies de subsistance originales et s’adapter aux contraintes naturelles et à la disponibilité de la ressource. Espace désertique et aride d’une surface avoisinant les 20 000 km2, le désert de Sechura conserve des vestiges archéologiques exceptionnels. À son extrémité nord-ouest, dans la baie de Nunura, le site de Huaca Grande a livré une séquence d’occupation couvrant plus de 1000 ans de l’histoire locale (400-1450 apr. J.-C. environ). Les travaux géoarchéologiques en cours ont mis en évidence le haut potentiel de cette séquence archéologique pour reconstituer les activités pratiquées au sein des sites et connaître les ressources naturelles exploitées par les groupes humains au cours de cette période. Ces informations détaillées à l’échelle du site nécessitent toutefois d’être contextualisées et complétées par une étude pluridisciplinaire menée à une échelle plus large, qui puisse documenter le cadre dans lequel les occupations humaines ont évolué. Le projet CEPOSE vise à entreprendre une nouvelle approche paléogéographique plurisdisciplinaire dans ce secteur peu connu de la côte péruvienne pour reconstituer les changements environnementaux et climatiques qui l’ont affecté durant les deux derniers millénaires ; ceci afin de comprendre les effets de ces changements sur les sociétés humaines. L’objectif final étant de mieux connaître les relations Homme/milieux dans cette région aux conditions actuelles contraignantes.
2019
Le projet CorpusTim vise à étudier les carrières et matériaux antiques du site de Thamugadi et de ses environs. Il s’agit de réaliser un répertoire complet des carrières par une série de prospections ciblées dans un rayon de 30 km autour du site, puis de créer une base de données dans laquelle seront regroupées les caractéristiques lithologiques, minéralogiques, physicochimiques, et isotopiques des roches exploitées durant l’antiquité. L’étude archéologique des traces d’extraction et des modules de blocs extraits, combinée aux caractérisations géochimiques, conduira d’une part à une meilleure identification des matériaux et de leur provenance et d’autre part à une bonne compréhension des logiques de construction des architectures anciennes et du rapport qu’entretenait la cité avec son territoire et ses ressources naturelles. Il s’agit d’un atlas de données archéologiques, archéométriques et photogrammétriques des roches exploitées localement durant l’antiquité. Il servira de modèle pour les autres sites archéologiques de la région, et de référentiel pour les futures restaurations à Timgad. Sa contribution à la mise en valeur et à la protection de ce patrimoine sera assurée par la mise en ligne d’un webSIG rendant accessible à tous les modèles 3D et les éléments de la base de données. Cette étude s’appuie sur un partenariat interdisciplinaire et international fondé sur un consortium francilien et étranger entre des laboratoires d’archéologie, de géosciences, d’archéologie du bâti et de géomatique. L’association de ces domaines disciplinaires constitue une approche novatrice pour les études archéologiques de la région. Les protocoles qui seront mis en place dans ce cadre pourront servir de référence à de futures études des matériaux de construction des sites antiques à l’échelle locale, nationale et internationale.
2019
Le Tigray, région du nord de l’Éthiopie, recèle un grand nombre de sites creusés dans la roche, témoins de l’époque médiévale. Toutefois, ces monuments sont difficiles à dater, car peu de sources écrites les mentionnent, et rares sont les mobiliers en bois ayant fait l’objet de datation carbone 14. Ils semblent avoir été creusés entre le VIIe siècle et le XIIIe siècle et sont quasiment les seules sources pour comprendre les communautés villageoises de cette époque d’un point vue social et culturel. Le projet Troglopie vise à étudier la matérialité de ces monuments rupestres éthiopiens, le plus souvent des églises aujourd’hui, pour mettre en lumière les phénomènes de christianisation de l’Éthiopie entre les VIe et XVe siècles. Il questionne également les processus de transmission ou de non-transmission des techniques de creusement rupestre sur le temps long dans la mesure où la pratique rupestre est encore vivace dans cette région. Il s’agit de partir d’une étude technique des monuments, associée à l’analyse des propriétés de la roche tout en menant des enquêtes ethnoscientifiques pour mettre en lumière les méthodes de creusement et les adaptations aux contraintes environnementales et culturelles. Plus largement, le projet souhaite identifier ceux qui creusaient la roche en Ethiopie et comment les techniques et les monuments ont évolué jusqu’à nos jours. Le projet met en oeuvre une méthodologie pluridisciplinaire mobilisant la tracéologie, la géologie, l’histoire, l’hydrogéologie, la géotechnique et les ethnosciences pour répondre à quatre questions : où ont été creusées les églises rupestres par rapport aux spécificités géologiques ? Quelles sont les techniques mises en oeuvre pour les réaliser ? Qui sont les acteurs de ces chantiers ? Y a-t-il une évolution des techniques de creusement qui permettrait de caractériser les communautés par le prisme d’une pratique troglodytique ?
2019
Ouvert à l’ouest du Bassin parisien, le bassin versant de l’Eure présente une occupation humaine plurimillénaire. A l’interface de différentes cultures matérielles, l’Eure apparaît comme un espace archéologique clef pour comprendre les dynamiques de peuplement et la structuration des territoires, ainsi que les mécanismes d’interaction entre les sociétés et leur milieu sur la longue durée. La mise en œuvre d’une approche géoarchéologique et paléoenvironnementale doit permettre de mieux cerner les grandes étapes de l’évolution des paysages et de reconnaître et insérer les sites archéologiques dans leur contexte environnemental passé et présent, et ainsi optimiser l’approche archéologique et de conservation du patrimoine. Objectifs et description de la mission : 1/ A échelle large : délimiter et cartographier les divers niveaux de terrasses alluviales le long de la vallée de l’Eure à l’aide de MNT à haute résolution (RGE Alti), des cartes géologiques existantes et 3 des publications anciennes, afin d’en évaluer le potentiel géoarchéologique et paléoenvironnemental. 2/ A échelle moyenne (section médiane de la vallée) : établir les liens spatiaux et temporels entre les niveaux de terrasses cartographiés et les sites ou vestiges archéologiques connus, dans une perspective taphonomique. 3/ A échelle locale (terrasse de Guainville) : étudier le signal paléoenvironnemental d’une coupe de référence à travers une analyse stratigraphique, sédimentologique et géochronologique des dépôts.
2019
Le projet Troglopie s’attache à alimenter notre connaissance de l’histoire médiévale de la région du Tigray, à travers l’étude des églises rupestres creusées dans la roche de ces hauts plateaux éthiopiens. La recherche d’Anaïs Lamesa, post-doctorante DIM Matériaux anciens et patrimoniaux, se concentrera sur les conditions techniques, économiques et sociales de l’édification de ces monuments par l’étude d’un site en particulier. Le film que nous nous proposons de réaliser passera par une rencontre physique avec ce site porteur d’une mémoire vivante. Nous irons tourner sur place pour capter l’identité forte de ces lieux, pour en rencontrer les acteurs (Moine, fidèles, ouvriers) et interroger la pierre à travers le travail de tracéologie d’Anaïs. Nous souhaitons transmettre au spectateur, à la fois, une perception sensible des lieux et une compréhension des enjeux de cette aventure scientifique. Nous avons le souci de restituer de manière pédagogique les acquis du processus de recherche en utilisant des outils infographiques. Nous nous appuierons sur une modélisation 3D de l’église réalisée par l’équipe d’IGECAV, partenaire du projet Troglopie, pour raconter l’évolution du monument dans le temps ou expliciter sa structure. Par des séquences d’animations, nous pourrons évoquer de manière visuelle et concrète les analyses effectuées à partir des traces de creusement dans la roche. Ce film sera, à l’instar de la démarche de la chercheuse, une aventure documentaire dont la narration se confondra avec celle d’un voyage sur une terre lointaine et méconnue.
2018
Le projet vise à doter la communauté francilienne s’intéressant aux métaux du patrimoine (une dizaine de laboratoires dans le DIM, dont un consortium de 5 laboratoires réunis dans le cadre de la thèse QUALIFE financée par le DIM Matériaux anciens et patrimoniaux et de l’ANR BROGLASEA), d’un appareil permettant de cartographier la microdureté des métaux. Cet appareil fournira des données essentielles sur le comportement mécanique des matériaux anciens et sera le seul en ile de France entièrement dédié à la recherche sur les matériaux anciens.