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383 projects, most recent first. Page 7 of 7.

ANR

2012

EINSA — L’État et les Institutions face à la Sorcellerie dans l'Afrique contemporaine. Violence, justice et droits de l'Homme

Dans certaines régions d’Afrique, les « affaires de sorcellerie » et la chaîne de violences qui conduit du soupçon, ou de la rumeur, à l’accusation publique jusqu’au passage à l’acte (meurtre, lynchage), prennent aujourd’hui une dimension alarmante. Loin d’être une dimension exotique ou anachronique des crises sociétales africaines, ces faits mettent en cause le fonctionnement de l’État et de ses institutions dans le contexte de la modernité. De l’espace villageois à l’espace urbain, de l’espace privé à l’espace public, l’exploitation médiatique et politique de ces flambées de violences accusatrices leur confère un caractère quasi épidémiologique. La fluidité du phénomène est accentuée par le fait qu’on n’a plus à faire à des accusations socialement circonscrites et régulées, exutoires des tensions sociales liées aux clivages connus (hommes/femmes, vieux/jeunes, parents/alliés, riches/pauvres). La dérégulation normative liée en partie au désengagement de l’État installe l’insécurité et l’incertitude au cœur de la vie sociale et atteint les rapports intrafamiliaux, les relations de voisinage et de cohabitation, les interactions d’âge, de générations et de genre, et plus globalement l’économie morale des entreprises et la légitimité des institutions. Face aux politiques d’exorcisme d’une « justice populaire » souvent exercée par les jeunes des villages ou des quartiers, les institutions et leurs dispositifs judiciaires, policiers et sanitaires font appel aux recours du traitement judiciaire et des thérapies religieuses : de la criminalisation des sorciers à la victimisation des ensorcelés en souffrance. Les ambiguïtés sont toujours les mêmes qu’il s’agisse de la qualification des « faits », de l’identité des accusateurs ou de la réversibilité des places occupées (ensorcelé/sorcier). L’étonnante récurrence des affaires de sorcellerie va néanmoins de pair avec l’émergence de nouveaux acteurs et de nouvelles formes de sorcellerie. Les « tradi-praticiens » représentent un nouveau type de médiateurs proches des élites lettrées et des cercles du pouvoir, et ne sont pas très éloignés des nouveaux pasteurs guérisseurs qui se proposent de « purifier l’espace public ». Les alternatives entre justice coutumière et justice pénale, entre conjuration familiale et politique du pardon, entre sanction juridique ou guérison divine, se sont quelque peu brouillées. Le fait que les accusations visent les plus vulnérables (femmes, jeunes déscolarisés ou au chômage, malades du sida, « enfants sorciers », migrants) confirme le processus de « déparentalisation » et de « dévillagisation » des affaires de sorcellerie, ce qui explique les passages à l’acte qui font l’évènement médiatique, ignorant les procédures de recours et de médiation sociale. Dans certains pays se met en place une véritable institutionnalisation de l’action anti-sorcière au sein des instances sécuritaires de l’appareil d’État. Ces affaires de violence sorcellaire appellent une approche comparative régionale tenant compte des systèmes coutumiers de régulation sociale et des procédures judiciaires des cours de justice des divers pays de l’Afrique centrale, mais aussi « glocale » qui insère les enjeux de ces affaires dans le jeu politique local et national (juges, leaders politiques, journalistes) ; et enfin une approche pluridisciplinaire des processus d’hybridation cognitive des catégories médicales, juridiques ou religieuses. Les chercheurs confrontés à ces affaires ont une responsabilité d’acteurs et sont interpelés comme les juges et les médecins par ces processus de pénalisation et de médicalisation, sinon de politisation de la sorcellerie. L’enjeu n’est pas tant celui de l’irrationalité d’un systèmes de croyances ni seulement celui d’une modernité insécurisée sur le plan spirituel, mais celui de la caution morale apportée à des « procès de sorcellerie » qui passent par la diabolisation de l’autre et la négation des droits de la personne humaine.

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2012

POLICRE — Politique de la concurrence, marchés publics, et régulation: De la théorie à la pratique

Les économies contemporaines en Europe sont en constante recherche de moyens pour accélérer la croissance et obtenir un développement économique durable. Dans ce contexte, les politiques publiques jouent un rôle crucial ; Parmi elles, on s’intéresse plus particulièrement à la politique de la concurrence qui est dédiée au contrôle du comportement des entreprises et à la régulation des entreprises et des marchés publics qui est conçue pour organiser des secteurs spécifiques. Reconnaitre l'importance de l'intervention publique comme un déterminant majeur de la croissance n'est qu'un point de départ. Réaliser de bonnes politiques publiques nécessite surtout la supervision d'une autorité publique qui met en œuvre des mécanismes efficaces en vue de réglementer le comportement des entreprises. Comment ces outils devraient être conçus et mis en œuvre fait l’objet actuellement d’un important débat économique. Au cours des 30 dernières années, la littérature portant sur l'économie industrielle a proposé des règles théoriques aux chercheurs sur la façon dont les marchés devraient être organisés et régulés afin de maximiser le bien-être social. Très peu de tests empiriques de ces théories ont été cependant proposés. Le but de ce projet de recherche est de tenter de combler le fossé entre la théorie et la réalité, afin que les outils des économistes puissent être compris et utilisés par les praticiens. Ce projet a quatre objectifs principaux : (i) proposer des orientations qui aident à séparer les modèles réglementaires qui représentent la réalité économique d'une industrie de ceux qui décrivent les mécanismes optimaux vers lesquels l'organisation de l'industrie devrait tendre (analyse positive contre analyse normative), (ii) proposer des méthodologies originales microéconomiques, statistiques et économétriques qui permettent de représenter les caractéristiques des marchés étudiés, (iii) recueillir des données et construire des bases de données originales qui seront exploitées dans ce projet en cours et pourront être utiles dans les futures recherches, et (iv) obtenir des résultats qui sont utiles pour les praticiens. Pour illustrer la variété des problèmes à résoudre, nous pouvons poser les questions suivantes : dans quelle mesure les règles de la concurrence sur les marchés affectent-elles les décisions des entreprises à améliorer leur productivité et leur efficacité? Est-ce que la concurrence garantit des prix faibles pour les consommateurs? Quelles sont les conditions d'efficacité de la concurrence pour le marché? Comment les relations entre les gouvernements et les entreprises doivent-elles être organisées dans les partenariats public-privé? Comment les règles optimales de régulation devraient-elles être conçues afin de maximiser le bien-être social? Les régulateurs sont-ils suffisamment compétents, sophistiqués et bienveillants pour mettre en œuvre les règles optimales de régulation? Devrait-on autoriser les fusions entre entreprises dans les industries où la concurrence pour le marché est utilisée? Ce sont juste quelques exemples de questions pour lesquelles une démarche impliquant des économistes travaillant dans différents domaines tels que l'organisation industrielle, la théorie des contrats, la politique de la concurrence, et l’économétrie appliquée est d'un intérêt majeur. L'université Paris 1, PSE, et GREMAQ offrent un ensemble de talents reconnus dans ces disciplines et le premier objectif de ce projet est d'unir les forces à l'intérieur d'une équipe autour de ces questions, qui nous semblent importantes à la fois en termes de recherche et de politiques publiques.

ANR

2012

ENPRESA — Entreprise, Négoce et PRoduction en Europe (XIV-XVIIe siècles). La compagnie SAlviati

Le recours aux archives d’entreprises pour la recherche sur l’histoire économique des XIVe - XVIIe siècles est resté jusqu’à présent marginal, tant en raison de la difficulté et de la dispersion des sources que de l’isolement des chercheurs. ENPrESa propose l’organisation d’une enquête collective, regroupant une quinzaine de chercheurs et quatre établissements ou unités de recherche autour d’une documentation encore sous-exploitée, les archives Salviati conservées à l’École normale supérieure de Pise. Cet ensemble de quelques milliers de registres et de documents des XIVe - XVIIe siècle a jusqu’à présent découragé les chercheurs par l’abondance des informations qu’il contient et en raison des difficultés que soulève la prise en compte de plusieurs dizaines de séries comptables complètes. Il s’agira, à partir d’une première exploration du fonds, qui permettra de repérer les sources pertinentes, d’organiser quatre enquêtes sur des thèmes pour lesquels les informations sont abondantes, inédites et susceptibles de renouveler les connaissances acquises. Une approche, qui portera en priorité sur la documentation relative à la place lyonnaise, cherchera à mettre en évidence les normes comptables et les pratiques marchandes qu’elles traduisent. Au-delà des formes de la mise en registre, c’est la dynamique du commerce européen qui sera en question, en particulier à travers le problème du change monétaire et de son évolution, depuis le XIVe siècle. Une deuxième enquête s’intéressera aux espaces du négoce, tels que les sources des différentes sociétés Salviati permettent de les observer. On privilégiera alors les décennies 1440-1460, avec les registres des compagnies de Londres, de Bruges, de Lisbonne, de Pise et de Florence, ainsi que la première moitié du XVIe siècle, époque où les archives des compagnies lyonnaises seront complétés par celles de Pise, Florence, Anvers, Venise, Naples. Une troisième enquête portera sur les produits textiles, tant du point de vue de leur production (le fonds a conservé les archives de plus de trente sociétés de production) que de leur commercialisation. Seront privilégiés les secteurs de la laine, de la soie et des teintures. La dernière enquête portera sur le commerce des produits du sud de la Méditerranée, observé en particulier à partir des registres des compagnies de Lisbonne et de Constantinople. On visera des objectifs multiples : une cartographie du fonds et un inventaire de ses documents les plus importants : correspondances, registres mémoriaux, traités techniques etc. L’édition de certains de ces registres est d’ores et déjà prévue. Un deuxième résultat sera la mise en évidence, pour les périodes couvertes par l’enquête, du réseau d’affaire de la famille Salviati, à travers une approche prosopographique de ses acteurs, hommes ou femmes : titulaires, associés, salariés, clients, conjoints. On pourra ainsi poser en termes nouveaux la question du mode de fonctionnement des entreprises familiales : réseaux hiérarchisés au service des détenteurs du capital ou simple regroupement de compagnies, concurrentes ou partenaires selon les cas. La motivation de ce programme réside dans la possibilité, très exceptionnelle, de rassembler autour d’un fonds unique et d’une série de questions cohérentes et collectivement définies un groupe de chercheurs habitués à l’exploitation des documents d’entreprise. Soulignons, en particulier, l’intérêt que représente la participation de jeunes docteurs et de doctorants qui terminent leur thèse, pour lesquels sont prévus deux contrats post-doctoraux. Ils permettront à leurs titulaires de participer pleinement à l’enquête et d’accroître leurs compétences et leur notoriété. Pour les porteurs du projet, au moment où dans toutes les universités du monde se joue la survie des études d’histoire économique des périodes préindustrielles, les retombées en termes de formation des jeunes chercheurs sont tout aussi importantes que les acquis en terme de connaissance.

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2012

SOMBRERO — SOciologie du Militantisme, Biographies, REseaux, Organisations

SOMBRERO travaille la question des conséquences biographiques de l’engagement. Comment les trajectoires des activistes se forment-elles? Question à laquelle nous voudrions répondre en insistant sur la question de savoir à quoi conduisent les engagements plutôt qu’à celle, plus conventionnelle, de savoir ce qui détermine l’engagement. Il s’agit donc de comprendre comme la participation peut avoir une influence continue, en redéfinissant ou en modifiant représentations et comportements individuels. En d’autre mots, nous considérons que toute participation, qu’elle que soit son intensité ou sa durée, put avoir des effets en terme de socialisation secondaire. D’un point de vue théorique, nous nous inscrivons dans un modèle processuel et multi niveau des parcours de vie, ce que nous appellons une sociologie des “carrières militantes”. Nous commencons par identifier des individu.e.s ayant été politiquement actif.ve.s dans les années 1970 (de l’immédiat après 68 à 1981) dans trois “familles de mouvements” (la mouvance féministe, les syndicats ouvriers et les organisations d’extrême gauche) et dans cinq villes de province (Marseile, Lyon, Lille, Nantes et Rennes). Nous produisons d’abord une cartographie la plus précise possible des champs multi organisationnels locaux dans les années 1970, puis nous conduisons une série de 500 histoires de vie auprès d’ex militants, en associant l’entretien de la constitution d’un calendrier de vie que nous traiterons au moyen d’une “analyse de séquence”. Un tel design de recherche nous permettra de reconstruire les parcours de vie en articulant les niveaux micro (idiosyncrasies), meso (socialisaiton secondaire par l’engagement) et macro (contextes local et national) de l’analyse.

ANR

2012

Metascience — Métaphysique de la science : niveaux, individus et dispositions à l’aune de la science actuelle

L’objectif du projet Metascience est de contribuer de manière significative à la métaphysique des sciences à partir d’une analyse détaillée de concepts clés dans les sciences expérimentales actuelles, au premier rang desquelles la physique, la biologie et la psychologie. Le but de la « métaphysique des sciences » est l’analyse des concepts fondamentaux qui structurent la recherche scientifique, comme les notions d’individu, de cause, ou de disposition. Notre stratégie peut être comprise par opposition à la perspective aujourd’hui dominante en métaphysique qui procède pour l’essentiel par pure analyse conceptuelle. Cette stratégie de recherche philosophique est défendue de manière explicite sous l'appellation de « métaphysique descriptive » (due à Strawson 1959) : son objectif est de rendre explicite la structure conceptuelle sous-jacente au sens commun, à partir de l’analyse conceptuelle des propositions du langage ordinaire et des intuitions qu’elles expriment. Cette approche structure, par exemple, une partie importante des recherches sur la causalité. Dans la mesure où le sens commun ignore le savoir scientifique, s’il n'y est pas carrément opposé, la science n’a pas de rôle à jouer dans la réalisation de la tâche de la métaphysique descriptive. Ce projet propose un type d’investigation métaphysique totalement différent. Notre intérêt principal ne réside pas dans l’analyse de la structure conceptuelle qui sous-tend le sens commun, mais dans la mise au jour de la structure conceptuelle sous-jacente aux théories et à la pratique scientifiques. Dans l’exacte mesure où la science va souvent à l’encontre du sens commun, notre choix d’adopter comme principal critère d’adéquation d'une proposition métaphysique l’accord avec la science, inscrit notre approche dans la perspective de ce que Strawson appelle la « métaphysique révisionniste ». En effet, nous suggérons que les sciences expérimentales peuvent offrir une « image du monde », qui peut fort bien entrer en conflit avec l’image du monde de tout un chacun, fondée principalement sur nos perceptions et intuitions. Pour prendre un seul exemple, si le concept d’individu à l’œuvre en biologie inclut dans l’organisme individuel tous les microorganismes qui vivent en symbiose avec lui alors que le sens commun les exclut, nous ignorerons la suggestion de ce dernier et prendrons au sérieux le premier. Plus généralement, notre projet a pour objectif d’analyser les concepts scientifiques à l’œuvre dans la science. L’analyse de tels conflits est cruciale pour notre projet. La caractéristique la plus originale de ce projet est notre approche pluridisciplinaire vis-à-vis des sciences expérimentales : notre objectif est d’analyser différents concepts métaphysiques cruciaux en évaluant le rôle qu’ils jouent dans la structuration et la justification des activités scientifiques dans plus d’une discipline. À de très rares exceptions près, pratiquement toute la recherche en métaphysique des sciences prend en considération seulement une science, la plupart du temps la physique. À l’opposé, nous pensons que comparer les rôles qu’un même concept joue dans différentes sciences pourrait permettre de mettre au jour sa structure et ses caractéristiques fondamentales d’une manière plus pertinente qu’une analyse qui reste limitée à une discipline unique. Le projet Metascience est structuré autour de trois axes. Notre stratégie consiste en l’analyse du rôle que jouent trois notions clés dans les sciences expérimentales d’aujourd'hui : 1) les niveaux de réalité, 2) les objets ou individus, et 3) les dispositions. À partir de cette analyse, nous souhaitons tirer des conclusions quant à la structure de la réalité telle que se la représente la science, sur les possibles conflits entre la représentation scientifique du monde et la vision du monde de sens commun, ainsi que sur la constitution de notre système conceptuel.

ANR

2012

E-PIGRAMME — Epigraphie et Muséographie : Edition numérique et valorisation de la collection des inscriptions grecques du Louvre

La collection des inscriptions grecques conservées au Musée du Louvre s’est constituée au hasard des acquisitions, confiscations, dons et transferts depuis l’époque de Louis XIV ; elle comprend environ 600 documents répartis sur à peu près 10 siècles, depuis le VIe s. av. J.-C. jusqu’au IVe s. ap. J.-C. Compte tenu de la variété chronologique, géographique et thématique des textes et de l’originalité intrinsèque de bon nombre de leurs supports — stèles, éléments architecturaux, statues et autres objets votifs etc. —, l’intérêt scientifique et patrimonial de cet ensemble est incontestable. Mais il constitue également un échantillon idéal pour la réalisation d’un prototype éditorial innovant, susceptible de bénéficier d’une visibilité assurée tout à la fois par la diffusion sur le web de plusieurs sites reliés, destinés à des usages et des publics différents, et par une présentation muséographique renouvelée d’une partie de la collection dans les salles du musée. Le programme E-PIGRAMME, Epigraphie et Muséographie : Edition numérique et valorisation de la collection des inscriptions grecques du Louvre soumis aujourd’hui à l’ANR correspond à la phase de « mise en production », enrichie de nouvelles dimensions, d’un projet d’édition électronique qui fut présenté au jury international de l’Institut Universitaire de France et avalisé par la nomination à l’IUF de Michèle Brunet comme membre Senior fin 2009. Le consortium à l’intersection de la philologie, de l’histoire de l’art, de l’archéologie et de l’histoire ancienne, constitué afin de réaliser cette publication numérique originale s’accompagnant d’une nouvelle muséographie, réunit quatre partenaires : deux laboratoires de recherche, l’UMR 5189 Histoire et Sources des Mondes Antiques (HiSoMA), coordonnateur, et l’UMR 8210 Anthropologie et Histoire des Mondes Antiques (ANHIMA), le Département des Antiquités Grecques Etrusques et Romaines du Musée du Louvre (DAGER) et l’École française d’Athènes (EfA). Notre démarche commune s’ancre dans une double conviction : les disciplines d’érudition que sont l’épigraphie et l’histoire de l’art antiques ont toute leur place dans la dynamique actuelle des Humanités Numériques, qui permet la circulation et l’échange des savoirs à une échelle inédite ainsi que l’ouverture à d’autres publics que celui des seuls spécialistes. Mais l’arrivée du numérique dans l’édition scientifique reconfigure toute la chaîne de production éditoriale et nécessite une transposition des savoir-faire académiques dans de nouveaux processus professionnels : c’est pourquoi les innovations induites par l’outil électronique sont une occasion optimale pour développer une recherche sur les modalités techniques, les contours et la forme à donner à la publication numérique des inscriptions grecques. De fait, le recours à ce nouveau moyen d’édition et de diffusion offre l’opportunité d’analyser les inscriptions dans toutes leurs dimensions, dans une approche qui ne dissocie plus le texte de son support ni des contextes d’exposition, restituant ainsi à ces documents leur double qualité d’écrits/écritures ostentatoires et d’ouvrages d’art. Une telle recherche expérimentale ne peut être réalisée qu’en étroite concertation avec la petite communauté internationale des Digital Classicists, qui sera de ce fait bien représentée dans notre comité de suivi scientifique. Mais il est tout aussi essentiel d’inscrire cette entreprise dans une activité de formation en lien direct avec le réseau d’expertise et de collaborations internationales qu’elle concourt à concrétiser. Pour cela, l’EfA constitue un cadre parfaitement adéquat, car en fournissant la garantie d’une certaine pérennité au-delà du terme du programme, elle lui procure une validation institutionnelle et encourage aussi les développements futurs de l’édition numérique en épigraphie grecque, en prenant l’initiative d’un colloque destiné à jeter les bases effectives d’une collaboration internationale dans ce domaine.

ANR

2012

FABRIQ‘AM — La fabrique des « patrimoines »: mémoires, savoirs et politique en Amérique indienne aujourd’hui

Les processus diversifiés de “mise en patrimoine” d’éléments culturels, matériels et immatériels, deviennent depuis plusieurs années l’un des moyens par lesquels les groupes amérindiens recherchent une visibilité et une reconnaissance dans un paysage social et politique marqué aujourd’hui dans la plupart des pays américains par le multiculturalisme institué en mode de gouvernance. Les phénomènes de patrimonialisation culturelle, amplement étudiés ailleurs (surtout en Amérique du nord) sont moins connus pour les espaces méso et sud américains et encore moins pour les sociétés amérindiennes. Au sein de ces groupes, les conceptions de ce qui doit se conserver ou s’oublier, les manières de transmettre les connaissances et les savoirs, les modes d’historicité semblent bien souvent aller à l’encontre de l’idée même de la patrimonialisation telle qu’on l’entend dans le monde européano-centré. Par ailleurs, suivant des médiations et des formes d’inculcation de schèmes formulées en dehors des sociétés amérindiennes, celles-ci transforment aujourd’hui certaines de leurs pratiques quotidiennes en éléments d’un patrimoine culturel objectivable, transmissible et conservable. Ces procédures sont globalement liées à un discours procédant par objectivation, essentialisation et ethnicisation des cultures indigènes. Les formes de transmission mémorielle des sociétés amérindiennes et minorisées ont alors une double dimension. D’une part, elles se construisent dans une matrice culturelle et sociale locale qui leur est propre. D’autre part, elles sont aussi, pour beaucoup, désormais investies au sein d’un monde globalisé en tant que ressources mobilisables pour conforter une identité collective, voire de nouvelles formes d’indianité. L’analyse des configurations patrimoniales que l’on peut observer sur le terrain demande alors une élucidation de ces formes d’imposition et d’adaptation mais aussi la compréhension de la manière dont les acteurs indigènes ont su, en retour, se réapproprier un droit à construire un discours propre sur leur culture et à l’instituer comme source d’une affirmation identitaire. Pour comprendre les diverses déclinaisons du processus de patrimonialisation culturelle dans la trentaine de sociétés amérindiennes étudiées dans ce projet, l’enquête se développera selon trois angles d’analyse complémentaires : • les régimes de temporalité, d’historicité (au sens large) et de savoir ; • la “fabrique” des patrimoines, leur construction sociale et leurs usages politiques ; • les logiques institutionnelles et les formes locales de gouvernance multiculturelle. La vingtaine d’anthropologues rassemblés dans ce projet sont engagés de longue date sur les terrains étudiés, couvrant un vaste échantillonnage de situations locales et de réponses diverses données au processus global de la patrimonialisation culturelle. Le projet, résolument comparatif, ne s’attache pas à dresser une typologie des similitudes et des différences entre les formes de mise en patrimoine mais plutôt à comparer des représentations catégorielles, des cadres, des relations, des processus de construction de sens et de composition des discours. À travers l’étude de la patrimonialisation culturelle, prise comme révélatrice de jeux d’acteurs, de stratégies de définition de soi et de construction du politique, l’enjeu est d’aborder deux phénomènes étroitement associés : d’une part, il s’agit d’appréhender les modalités de l’insertion des sociétés amérindiennes dans la modernité et leur capacité à l’investir, en mettant au jour les formes de cohabitation et de composition de régimes de savoirs et d’historicité générés à travers la patrimonialisation ; d’autre part, à travers l’analyse de ce processus, le projet entend éclairer la genèse et des développements contemporains des configurations multiculturelles qui caractérisent l’espace politique des régions méso et sud américaine.

ANR

2012

AmGames — Ambiguité en théorie des jeux: le rôle de l'incertitude dans les interactions stratégiques.

L'incertitude joue un rôle crucial dans les conflits stratégiques, soit sous la forme d'incertitude sur l'environnement ou alors sous la forme d'incertitude sur les stratégies jouées. Dans de nombreuses situations, il n'est pas possible de modéliser cette incertitude via un modèle probabiliste; on dit alors que les agents font face à de l'incertitude Knightienne ou de l'ambiguïté: la distribution de probabilité des résultats n'est pas parfaitement connue des agents. Dans les conflits stratégiques, nous avons souvent des variables telles que l'expérience passée, la communication avant le jeu, ou encore des normes culturelles qui influencent l'équilibre du jeu mais ne sont pas directement capturées par les paiements du jeu. Il est donc important d'introduire cette incertitude ou ambiguïté dans l'analyse des conflits stratégiques. Le projet entend développer une théorie générale de la prise en compte de l'incertitude (objective) dans les interactions stratégiques. Deux thèmes principaux seront développés. Premièrement, dans les conflits stratégiques il est souvent important de créer de l'incertitude car l'adversaire serait sinon en mesure d'utiliser l'information parfaite sur le comportement du joueur concerné. Traditionnellement, cette incertitude a été modélisée via des outils probabilistes, tels que des dés ou des roulettes. Dans des situations réelles, on peut penser qu'une panoplie plus vaste de moyens de créer de l'incertitude existe. Ceci est certainement le cas dans la littérature sur les négociations. Nous nous appuyons sur des avancées récentes de théorie de la décision qui permettent de modéliser cette incertitude pour explorer les conséquences sur les prédictions d'équilibre en théorie des jeux. Deuxièmement, l'environnement lui même peut être ambigüe. Les joueurs n'ont pas d'informations probabilistes sur le jeu réellement joué, le type de leurs adversaires etc. Dans des environnements réels, l'information est souvent rare et ne permet pas une évaluation probabiliste de ces éléments. Comment cette incertitude influe-t-elle sur les stratégies d'équilibre? Est-il possible de paramétrer l'ensemble des équilibres par le degré d'ambiguïté de l'environnement? Le but du projet est de développer une théorie complète de ces situations, incluant les fondements en théorie de la décision et les fondements épistémiques, ainsi que la théorie en forme extensive. Nous étudierons aussi des applications de la théorie à des situations telles que des jeux de communication ou des jeux de négociations. Nous ferons également des expériences pour tester les prédictions théoriques en laboratoire.

ANR

2012

PERIMARGE — Périphéries, marges : interpréter les relations aux centres dans la mondialisation.

Dans un contexte de mondialisation, la croissance laissait espérer une réduction des inégalités territoriales par l’intégration des périphéries à la dynamique des lieux centraux. Cependant, un grand nombre d’espaces se distinguent toujours des centres par les mauvaises conditions de vie de la majorité de la population, auxquelles s’ajoutent souvent la violence des affrontements entre les acteurs, l’amplitude des spoliations et les dégradations de l’environnement. Ces espaces et les conflits qui s’y déroulent sont parfois devenus une menace pour la stabilité de gouvernements nationaux. Comment comprendre la multiplication de tels espaces ? Nous considérons qu’il faut avant toute chose en étudier le fonctionnement. Nous pouvons pour cela utiliser le modèle centre-périphérie, à condition de le revisiter. Le modèle centre-périphérie, tel qu’il a été formalisé par A. Reynaud dans les années 1980 à partir de l’analyse de la dissymétrie des flux, a permis dans les décennies passées de mieux comprendre la création et la reproduction des inégalités entre les lieux. Dans ce modèle, le centre se constitue classiquement par le biais d’un processus historique où domination politique et économique se renforcent mutuellement. La périphérie dépendante pourvoit le centre en ressources, sans bénéficier de flux de biens et de capitaux en retour, ou perd ses habitants, dans une indifférence d’autant plus grande qu’elle est située loin des regards. Une des forces de ce modèle est qu’il pouvait rendre compte d’inégalités spatiales d’échelles diverses, quartiers d’une ville, régions d’un pays ou pays du monde. Par ailleurs, il a permis à A. Reynaud de différencier des types de périphéries, en fonction de la nature, de l’intensité et de la combinaison des flux qui les reliaient au centre. Depuis une trentaine d’années, la mondialisation a complexifié ce schéma. Elle atteint en effet tous les espaces de la planète, les sort de leur invisibilité, y amène investissements, nouveaux acteurs, nouvelles normes. Notre hypothèse est que ces nouveaux flux conduisent à une reconfiguration des asymétries spatiales entre centres et périphéries et laissent entrevoir l’émergence de nouveaux types d’espaces. Un modèle graphique interprétatif qui intégrera les flux entre les centres et les périphéries comme le modèle d’A. Reynaud, tout en prenant en compte leur plus grande diversité, permettra de comprendre et faire comprendre les situations de ces espaces. Leur originalité par rapport aux périphéries décrites dans les années 1980 nous conduit à les désigner par le terme de marges mondialisées. Nous partirons d’un modèle provisoire élaboré à partir des connaissances que nous pourrons réunir sur les flux reliant les marges aux centres dans la mondialisation, les participants apportant leur expertise sur les types de flux dont ils dominent l’étude. La robustesse de ce modèle sera testée en collectant des données relatives aux flux sur des territoires déjà étudiés par les membres du projet et qui seront abordés au prisme de la méthodologie et des objectifs communs. Nous intégrerons ensuite ces données à des bases, qui nous permettront de confronter le modèle initial à la réalité des flux entrant et sortant des marges, afin de l’améliorer. Ces résultats seront finalement diffusés. S’il s’agit bien d’une recherche fondamentale, ses conclusions pourront aider les sociétés locales et nationales à comprendre les modes d’insertion de leurs espaces dans la mondialisation et à concevoir les stratégies de développement spécifiques qu’elles peuvent mettre en œuvre, à partir de diagnostics mieux étayés théoriquement.

ANR

2012

JEANVI — Jean VI Cantacuzène (ca 1295-1383) : Byzance entre Islam et Occident

Le projet JEANVI consiste à publier une traduction française intégrale et annotée des Histoires de l’empereur et moine byzantin Jean VI Cantacuzène (1295/96-1388), une source fondamentale pour la compréhension de l’histoire de l’Europe orientale au XIVe siècle, et d’autre part à publier une biographie thématique du même empereur rédigée par une jeune génération d’historiens spécialisés dans la période tardive de l’Empire byzantin, dite paléologue (1261-1453). Ce travail s’appuie sur la découverte importante faite à l’automne 2010 d’une traduction intégrale en 956 pages des Histoires de Jean VI que légua en 1977 son auteur, le célèbre byzantiniste français et professeur de Sorbonne Rodolphe Guilland (1888-1981), à l’Institut français des études byzantines (IFEB) et qui était demeurée jusqu’à ce jour inconnue, mais qu'il faut prendre le temps de réviser et d'annoter. Les trois volumes édités seront les suivants : Jean VI Cantacuzène : Byzance entre l'Islam et l'Occident, I. Histoires. Traduction intégrale par Rodolphe Guilland (†) éditée et annotée sous la direction d’Olivier Delouis, 2 vol. Jean VI Cantacuzène : Byzance entre l'Islam et l'Occident, II. Empereur et moine. Biographie thématique dirigée par Olivier Delouis, 1 vol. Note: Ce projet a déjà été présenté à l'ANR en 2011. Le document déposé a pris compte du jugement favorable du rapporteur et intégré ses remarques. Par ailleurs, de nombreux points ont été améliorés, notamment en terme de valorisation et de collaborations internationales. Les ajouts significatifs sont précédés d'un avertissement en gras dans le document scientifique.

ANR

2012

MobiClimEx — Dynamique des mobilités quotidiennes et résidentielles face aux extrêmes hydrométéorologiques en contexte de changement climatique

Le projet MobiClimEx se positionne sur la question de l’exposition humaine face aux événements extrêmes, en particulier le cas des crues rapides en région Méditerranéenne. La région du Gard est choisie comme région cible. La notion d’exposition intègre des relations complexes entre la mobilité des populations et la dynamique de l’événement hydrométéorologique. Notre ambition est d’aborder cette question sur un continuum d’échelles de temps et d’espace. On s’intéressera à la mobilité quotidienne à l’échelle locale, et à la mobilité résidentielle liée à l’évolution de l’occupation des sols sur plusieurs décennies. Notre objectif est de comprendre les interactions entre les facteurs environnementaux et les facteurs sociétaux pour ces gammes d’échelles. Les méthodologies d’analyse et les concepts développés s’appuieront sur l’analyse du temps présent (1960 – 2010). Ces développements seront menés dans une perspective d’évaluer l’évolution de l’exposition en climat futur (2020 – 2050) à l’issue de la fin du projet MobiClimEx.

ANR

2012

MAKARA — La société face aux changements de « qualité » des eaux de surface (France, XIXè-XXè siècles)

La Directive Cadre Européenne sur l’eau a contribué à modifier en profondeur le regard porté sur nos eaux, leur gestion et leurs vulnérabilités. Ce projet qui mobilise historiens, géographes, politologues, juristes, sociologues, géochimistes, hydrologues et ingénieurs, a pour ambition de revisiter le concept de qualité des systèmes hydriques selon une approche pluri-disciplinaire, alliant sciences environnementales et sciences de l’environnement, c’est-à-dire analyse des discours et descriptions de l’état du milieu, afin de comprendre comment la notion de qualité a été définie par de multiples acteurs au cours des XIXe et XXe siècles, mais aussi quelle en est sa part socialement construite, quelles sont les ruptures ou les changements dans la conception de la qualité, et comment la société a réagi à ces changements « réels » ou socialement construits. Perceptions, réglementations et observations du milieu sont les trois piliers conceptuels de Makara. Ils sont nécessairement à la source car sans eux, il n’y a pas d'objectivisation possible, et ils sont indispensables dans l'aboutissement comme moyens d'évaluation des politiques menées. L'analyse historicisée de ces trois piliers est ainsi un fil directeur qui permet à la fois d'évaluer les relations homme-milieu telles qu'elles sont idéalisées par la société et de contextualiser les volontés et aboutissements des politiques, d'évaluer les lenteurs, les blocages et les accélérations. Les terrains étudiés sont les bassins hydrographiques tels que définis par la loi de 1964, et plus particulièrement les bassins de la Seine, de la Loire et du Rhône, ainsi que la Bretagne, ce qui permettra de considérer des échelles spatiales et des peuplements humains très variés (1000 à 100 000 km2 ; 20000 à 17M habitants). Le projet comprend deux autres niveaux englobant ces trois piliers : une approche par études de cas relatives à des problèmes identifiés (produits chimiques, altération biologique, …) dont l’analyse fine permettra, pour chacun de ces cas, de mettre en évidence des décalages entre les approches des trois premiers thèmes. Une synthèse qui inclura une généralisation de l’étude des décalages entre perceptions, réglementations et mesures. Une montée en généralité sera effectuée à trois niveaux : (i) la Commission Internationale pour la Protection des eaux du lac Léman, commission transfrontalière franco-suisse mise en place en 1962, qui oblige la France à se confronter à des exigences de qualité plus élevées que celles qu’elle appliquait jusque-là (ii) Le cas de la DCE. Son articulation avec la vision française de la qualité des eaux, son impact sur l’harmonisation européenne des politiques de gestion des eaux. (iii) Une mobilisation de la connaissance d’autres terrains par les chercheurs impliqués dans le programme pour tenter de dégager des grandes lignes à l’échelle des grands systèmes hydrologiques occidentaux. L’objectif est d’arriver à une histoire de la qualité de l’eau des milieux qui mette en avant des trajectoires variées, des perceptions des changements de la qualité dont la genèse n’est pas toujours en relation avec ce que la mesure de la qualité déclare, des qualités définies par des réglementations qui ne reprennent qu’une part de ce qui était exprimé dans les discours et qui n’intègrent que difficilement les mesures sur le terrain, des mesures qui ne permettent que partiellement de répondre aux exigences des réglementations. On essaiera également de mettre en évidence l’évolution historique de ces décalages, les formes de convergence et de différentiations entre les terrains étudiés, le rôle des configurations et des types de pressions à différentes échelles (locales, régionales, nationales, ..), ou l’influence de la publicisation plus ou moins forte des débats.

ANR

2012

FRUGAL — Les figures rurales de l'urbain généralisé au filtre des mobilités durables

Les figures rurales de l’urbain généralisé au filtre des mobilités durables Comment les espaces de faible densité, qu’ils participent du rural ou du périurbain selon les catégories de l’INSEE, peuvent-ils contribuer, à leur manière, au développement de territoires globalement plus durables ? La présente proposition de recherche postule que, à côté et en complément des figures compactes, denses et diversifiées de l’urbain aggloméré, existent les « figures rurales d’un urbain généralisé ». La problématique se pose ainsi de la manière suivante : de quelle manière peut-on faire participer les espaces de faible densité au projet de la «mobilité durable » ? Une approche en positif des espaces de faible densité Il s’agit de dépasser l’approche « en négatif » de ces espaces de faible densité, « en creux par rapport à l’urbain » comme l’exprimait le groupe de travail portant sur la « Structuration de l’espace rural : une approche par les bassins de vie » (INSEE, SCEES l’IFEN, et la DATAR, 2003). Deux recherches menées par certains membres de notre équipe dans le cadre du PUCA et du PREDIT sur un échantillon de territoire situés entre pôles urbains ont permis de faire émerger certains enseignements qui confortent la pertinence de cette approche : isotropie relative du semis des agrégats bâtis et faibles distances les séparant, distribution dense des services . Des potentiels de proximité existent et sont autant d’éléments favorables aux modes de déplacement alternatifs à l’automobile ou à de faibles kilométrages automobiles. Pourtant, ces mobilités alternatives sont souvent un impensé de l’aménagement rural ou périurbain. Partant de ces premiers acquis méthodologiques, nous proposons d’élargir le champ de cette démarche à l’échelle du territoire métropolitain et d’explorer les caractéristiques spécifiques de ces espaces peu denses sur quatre plans : • au plan morphologique de la dispersion des agrégats bâtis (petite ville, bourgs, villages, hameaux), de la configuration des réseaux qui les desservent et du maillage des trames verte et bleue ; • au plan sociodémographique de la distribution des populations, des emplois et des services au sein de ce semis d’agrégats bâtis, afin de déceler l’accessibilité potentielle aux différentes ressources ; • au plan des pratiques de mobilité effectives qui seront reconstituées à partir de travaux statistiques et d’entretiens. Il s’agit de faire ressortir et d’expliquer la « teneur en proximité » de ces territoires ; • enfin, au plan des politiques locales d’aménagement aux différentes échelles de gouvernance et de planification et des dynamiques économiques propres à ces territoires. La synthèse de ces quatre plans permet de faire émerger des systèmes territoriaux différenciés et de déterminer leurs capacités à contribuer au développement de mobilités plus durables. Cette exploration s’appuiera sur l’analyse d’une quinzaine de « prélèvements » (« carrés » de cinquante kilomètres de côté). Ces « carrés», situés en France métropolitaine, recouvriront la diversité des paysages et des héritages ruraux (pays bocager, d’openfield, pays méditerranéen, moyenne montagne). Les termes de l’équation d’une mobilité durable en milieu peu dense L’objectif est de proposer une lecture renouvelée des potentialités de ces espaces peu denses, aujourd’hui considérés comme des territoires perdus pour la mobilité durable. Leur dynamisme démographique actuel est parfois même considéré comme dommageable du point de vue du développement durable. Le but est donc de préciser les termes de l’équation d’une mobilité durable en milieu peu dense. Il s’agit de fournir des outils d'analyse et d’aide à la décision d’aménagement, construits à partir des variables territoriales apparues comme déterminantes dans les pratiques de mobilité (dispersion des établissements humains, distribution des services, configuration des maillages viaires, organisation des transports collectifs, systèmes locaux de production, etc.).

ANR

2011

PRIVILEGES — Les privilèges économiques en Europe, XVe-XIXe siècles: étude quantitative et comparative

Dans le contexte d’une attention croissante portée aux institutions dans le champ des sciences humaines et sociales (économie, droit, sociologie, histoire…) et d’un intérêt renouvelé pour le thème des origines de la croissance et de la domination européennes à l’échelle du système monde, il apparaît crucial de s’intéresser à une institution, celle des privilèges, qui a structuré pendant toute l’époque moderne l’activité économique dans l’ensemble des territoires et des États européens. Le privilège, entendu comme attribution temporaire d’un espace d’action dans le domaine économique, apparaît comme une ressource pour les États, les collectivités et les individus, un cadre à l’intérieur duquel se sont affirmées des réalités diverses, des corporations de métiers aux grandes compagnies de commerce, des premières formes de propriété intellectuelle de l’inventeur aux entreprises capitalistes industrielles ou de services. De fait, si la capacité des souverains à édicter des normes générales et abstraites pour l’ensemble des sujets est le trait par lequel s’affirme les États modernes, le processus d’assujettissement à une loi générale et un jus commune est loin d’être achevé et général. Dans l’Europe de l’Ancien Régime, celle des sociétés d’ordres, il n’existait, en fait, pratiquement pas de statut général, mais une multiplicité de droits particuliers portés par le privilège, qui ne saurait donc être juridiquement une exception, et ne sera perçu comme tel, jus singulare par opposition au jus commune, qu’à la faveur de la montée en puissance de la notion d’égalité en droit et d’une conception de la loi comme ensemble de normes abstraites applicables à tous. Or, aucun recensement quantitatif n’a jamais été tenté de ces privilèges économiques, que ce soit à une échelle nationale ou européenne. Le but de ce projet est de combler cette lacune, en repérant, comptabilisant et classant les privilèges dans un certain nombre de territoires européens considérés comme significatifs : la France, l’Angleterre, les aires germanique et italienne. Dans ces deux derniers espaces, un choix d’entités politiques et économiques significatives a été fait : la Saxe et Augsbourg pour l’aire germanique, la République de Venise, l’Etat florentin, le Piémont et le duché de Mantoue pour l’aire italienne. La période prise en compte va du XVe au premier XIXe siècle : l’ancienneté des privilèges et leur ancrage dans les réalités socio-politiques médiévales, ainsi que l’acte de naissance du privilège d’invention en 1474 à Venise justifient la délimitation amont du projet. En aval, la permanence des privilèges dans une partie de l’aire germanique après l’épisode napoléonien, en France où le droit issu de la Révolution en assume la réalité sous certaines figures et conditions, en Angleterre où les Patents ne font l’objet d’une réforme qu’en 1852, dans les différents Etats italiens enfin, justifie l’enjambement de la période révolutionnaire et l’inclusion du premier XIXe siècle dans le projet. C’est là un point important de ce projet : ne pas considérer que la Révolution française introduit de facto et de jure une rupture brutale dans les processus et les institutions économiques, mais en explorer la nature et la réalité. L’enjeu du projet PRIVILEGES est clair : il s’agit de comprendre, dans la longue durée de l’existence de cette institution, la manière dont celle-ci contribue à la mobilisation et l’allocation des ressources, à quelles attentes et buts poursuivis elle répond du côté des acteurs et du côté de la puissance publique, et quelles dynamiques économiques, entrepreneuriales, spatiales, elle a contribué à impulser ou à porter.

ANR

2011

Groundwater ARENA — Analyse de la résilience des nouvelles formes d'agricultures irriguées à partir des eaux souterraines au Maghreb

L'utilisation intensive des ressources souterraines (1000 km3/an) a permit le développement d'une économie agricole dynamique et porteuse de richesse la "groundwater economy". Cependant ce développement a de nombreuses conséquences environnementales : le tarissement des ressources souterraines, la dégradation de la qualité des eaux, la dégradation des sols et des milieux aquatiques. En fonction de la taille des aquifères et l'intensité des prélèvements d'eau, les tarissements des nappes vont jusqu'à 5m/an. Or plus de 10% de la production alimentaire repose sur des ressources souterraines surexploitées. Seule une minorité des surexploitations concerne les nappes fossiles (30 km3/an). Ce projet de recherche analysera la vulnérabilité et les capacités d'adaptation de la "goundwater economy" qui représente un système socio-écologique où les dynamiques sociales et biophysiques sont intimement liées. En effet la groundwater economy combine deux systèmes complexes : 1) le système aquifère où les processus de recharge et d'écoulement naturels se combinent aux processus anthropiques de prélèvements par forage et de ré-infiltration par irrigation; 2) le système social où l'économie générée par l'irrigation provient des agriculteurs eux-mêmes suivant leur capacité d'initiative, d'investissement et de gestion. Le projet tiendra compte de deux types de changement global : 1) le changement climatique et ses impacts sur la ressource; 2) les pressions anthropiques sur les aquifères pour l'agriculture irriguée. L'objectif du projet est de développer une approche intégrée pour analyser la vulnérabilité et les capacités d'adaptation de la groundwater economy au Maghreb face aux changements environnementaux, économiques et sociaux. Nous nous focaliserons sur trois territoires irrigués sur trois aquifères de taille moyenne et grande au Maghreb. Le projet analysera les facteurs perturbateurs qui peuvent impacter négativement les capacités des systèmes aquifères ainsi que les sociétés et les territoires dont la richesse dépend et les possibles adaptations aux changements globaux.. Pour atteindre ces objectifs, des avancées scientifiques seront obtenues sur les dimensions suivantes : la construction d'un cadre conceptuel pour interdisciplinaire pour pouvoir construire un dialogue et un débat parmi différents scientifiques et acteurs autour de la capacité d'adaptation de la groundwater economy, 2) la groundwater economy sera analysée sur trois types de ressources souterraines, selon un gradient de ressource fossile à une ressource totalement renouvelable. L'enjeu méthodologique sera de replacer les concepts de mitigation ou d'adaptation face à caractère renouvelable ou no de la ressource en eau souterraine, 3) le caractère informel de la groundwater economy rend les approches classiques de la GIRE non opérationnelles et nous oblige à trouver une nouvelle voie pour tenir compte de l'incapacité actuelle des politiques publiques pour mettre en œuvre des processus d'adaptation ou de mitigation.

ANR

2011

HYPOTHESES — Le raisonnement hypothétique dans la théorie de la démonstration.

Le raisonnement sous hypothèse, ou raisonnement hypothétique, est un concept clé de la logique. Alors que le projet précédent, encore en cours, étudiait certaines de ses principales propriétés logiques et sémantiques, celui-ci s’en tient au point de vue de la théorie de la démonstration. Ce recentrement rend la collaboration des équipes française et allemande encore plus étroite, puisque l’orientation précédente s’enrichit de nouveaux aspects qui renforcent cette orientation. Le projet principal (MP, i.e. Master Project), auquel tous les participants contribuent, a pour objet le format des systèmes représentant la gestion des hypothèses et les concepts clés de la sémantique déflationniste. Cette ligne directrice se décline alors selon quatre sous-projets (IP, i.e. Individual Project) :1) Preuve et vérité, 2) taxinomie des calculs pour le raisonnement hypothétique d’un point de vue épistémologique, 3) recherche d’un cadre général pour penser dans leur unité ces différents systèmes logiques, 4) recherches historiques sur le développement de ces systèmes de représentation.

ANR

2011

ROXIANA — Recherches archéologiques sur les assemblages métalliques et céramiques du bassin de l'Oxus à la vallée de l'Indus durant la période protohistorique.

Le projet a pour but de confronter pour la première fois, et dans un cadre chrono-géographique étendu, les assemblages céramiques et métalliques des régions centrasiatiques et de l’Indus-Balochistan (bassins de l’Oxus et de l’Indus) du Chalcolithique à l’âge du Fer (Ve-Ier mill. avant J.-C.). La question des interactions culturelles et matérielles entre les régions localisées au Nord et au Sud de l’Hindu-Kush est depuis longtemps débattue grâce aux découvertes réalisées en contextes proto-urbains et urbains sur de nombreux sites d’Asie centrale, d’Afghanistan ou du Pakistan. Toutefois, les observations n’ont été réalisées le plus souvent qu’à partir de pièces isolées remarquables en pierre ou en métaux précieux et de tessons de poterie exceptionnels. Or, les fouilles entreprises depuis plusieurs décennies par les équipes françaises (CNRS-MAEE) et allemandes (DAI) spécialisées sur ces régions ont permis de réunir une très large documentation. A partir de cette dernière, ont été élaborées d’importantes typo-chronologies permettant d’aborder la question échanges de matériaux, de technologies et de formes sous un jour entièrement nouveau et à différentes échelles. Dans cette optique, le projet franco-allemand est fondé sur une approche méthodologique innovante visant à croiser ces données typo-chonologiques à un vaste programme d’analyses archéométriques. Il prendra ainsi en compte une large sélection raisonnée d’échantillons (plusieurs centaines) de poterie et d’objets métalliques provenant de 25 sites majeurs, conservés dans des collections existantes auxquelles l’équipe a accès, en Europe et en Asie. Grâce à la collaboration de laboratoires d’analyses français et allemands reconnus et complémentaires, il reposera sur plusieurs approches particulièrement efficaces pour les études comparatives et de provenance. Pour le métal : la spectrométrie (MC-ICP-MS) et l’analyse par activation neutronique et, lorsque la taille des échantillons le permettra, la métallographie, en vue de déterminer la composition chimique et isotopique des échantillons, d’identifier d’éventuelles sources d’approvisionnement et de caractériser la technologie des alliages. Les résultats permettront : 1) de définir des groupes de métaux, 2) d’identifier des réseaux d’échanges pour le métal et 3) de préciser les interrelations dans les transferts de technologie. Pour la poterie, trois approches principales seront développées : la fluorescence X (XRF) et la spectrométrie (ICP-MS) pour la caractérisation chimique des vases, la pétrographie et les observations macroscopiques pour la caractérisation technique du corpus. Il s’agira de reconstituer les techniques de fabrication (mise en forme, traitement de surface, décorations peintes) et de définir le degré d’innovation, d’élaboration et de complexité des productions étudiées. Le traitement de l’ensemble des résultats des analyses, réalisé conjointement, permettra d’obtenir des données comparatives : 1) à une échelle locale (hétérogénéité des productions vs. homogénéité ; productions exogènes vs. endogènes) et 2) à une échelle régionale et macro-régionale (région vs. une autre région). Sont attendues : une définition de « provinces »/régions céramiques et/ou métallurgiques, en termes de formes et de technologies ; une meilleure compréhension des évolutions et transferts techniques au cours du temps ; et enfin une délimitation des différentes phases successives d’interrelations (phénomènes d’emprunts ou d’imitation, matérialisation et fluctuation des réseaux d’échanges) au sein de l’immense « sphère d’interactions » observée en Asie moyenne à la période protohistorique. L’interprétation des avancées en termes de technologies et d’échanges et leur signification seront également discutées pour répondre à de vastes questions historiques concernant la circulation des matériaux, des biens et des idées et de possibles migrations de populations à l’échelle régionale et extrarégionale (études comparatives avec l’Iran et la Mésopotamie).

ANR

2011

TRANSNAT — La transculturalité des espaces nationaux. Processus de traduction, figures de médiation et effets socioculturels des transferts littéraires en Europe (France, pays germaniques et hispaniques principalement)

Le projet présenté par les deux équipes s’assigne trois objectifs complémentaires : 1) Etablir une comparaison systématique des échanges culturels de l’espace francophone et de l’espace germanophone avec les autres espaces linguistiques ouest-européens à travers une étude quantitative et qualitative d’un certain nombre de vecteurs de la traduction ou de la présence de textes issus des autres cultures relevant principalement des belles lettres, du théâtre ou de l’analyse critique. 2) Reconstituer à la fois l’ampleur des échanges, leur variation dans le temps, dans l’espace social et dans l’espace européen, et établir la sociologie des acteurs de cet échange (traducteurs/trices, éditeurs, milieux théâtraux, animateurs de revue, prescripteurs de lecture, institutions de transmission et de conservation des écrits). 3) Les deux équipes ont choisi de coupler le travail en extension (analyses quantitatives à partir de bibliographies, catalogues, répertoires, index de revues) et en intensité (études ciblées de certains genres, de certains types de livres ou d’auteurs, de certains groupes en charge du transfert et de la traduction). Les deux premiers volets de l’enquête porteront sur la mesure du phénomène de traduction et sur le degré d’intérêt et de réceptivité exprimé pour les œuvres étrangères (du milieu du XVIIIe siècle au début du XXe siècle), et s’appuieront sur des corpus bibliographiques, des corpus de périodiques littéraires et d’encyclopédies. Cette première approche sera complétée par des études de cas et par des approches plus qualitatives sur les différents acteurs de l’importation d’œuvres étrangères, traducteurs et traductrices, journalistes et critiques, éditeurs, libraires et autres intermédiaires, sur lesquels auront aussi été collectées des données de type biographique et institutionnel. Pour le théâtre, on partira des programmes effectifs d’un certain nombre de théâtres de villes de référence ce qui permettra de situer dans l’espace social et national le processus d’importation d’œuvres d’origine étrangère. Pour compléter l’étude de la réception et de l’espace de circulation des textes traduits on s’attachera, en dernier lieu, à l’analyse de la composition d’un certain nombre de bibliothèques privées dont on a conservé les catalogues ayant appartenu à la noblesse ou à la bourgeoisie cultivée entre 1760 et 1910. Au terme de ces différentes enquêtes conjointes on espère : 1. Etablir une cartographie culturelle des flux et circulations des biens culturels et une sociographie des intermédiaires culturels. 2. Mettre à la disposition de la communauté scientifique internationale des banques de données et des publications communes prévues pour proposer la synthèse des résultats et des comparaisons permettant une modélisation globale des processus de traduction et de réception des textes littéraires d’origine étrangère.

ANR

2011

REFEMA — Le rôle économique des femmes en Mésopotamie ancienne

Dans une société fondée sur la tradition comme l'était la société mésopotamienne, dans laquelle les fonctions productrices et la gestion du patrimoine étaient très clairement réparties, les femmes jouaient un rôle fondamental dans la production des produits de la vie quotidienne. Dans certains cas, leur rôle dépasse les simples besoins de la cellule familiale et s'intègre dans la production des grands organismes ou dans les circuits commerciaux. Elles sont aussi un élément essentiel pour la conservation et la transmission des richesses et du patrimoine. Les sources écrites du Proche-Orient mésopotamien, administratives, juridiques, économiques, documentent abondamment ce rôle économique des femmes sur une très longue durée de la fin du IIIème millénaire avant notre ère jusqu'à la fin du Ier. Alors que le rapport des femmes au monde du travail a changé de manière spectaculaire dans la France et le Japon contemporains, il est d'autant plus intéressant d'examiner comment dans un passé très ancien, et dans une civilisation très conservatrice, on peut analyser les différents aspects du rôle économique des femmes. L'étude projetée s'articule autour de trois thèmes: 1) «la femme dans la famille»: examiner le rôle économique des femmes dans le groupe familial (activités, productions, diversification, hiérarchie interne). 2) «la femme et l'économie externe»: prendre en compte des systèmes particuliers de production tels que les ateliers féminins des grands organismes palatiaux et religieux mésopotamiens ou la production textile domestique à finalité commerciale des femmes de marchands assyriens au début du IIème millénaire av. n. è. 3) «femme et patrimoine»: étudier le rapport entre la situation sociale et l'autonomie financière chez les femmes de notables et le rôle des femmes dans la transmission des patrimoines privés Chacun de ces thèmes sera examiné pendant la durée du projet (36 mois) sur une période chronologique large, en fonction des documentations écrites disponibles, par tous les participants, japonais et français des deux groupes de recherche. Cette étude donnera lieu à cinq ateliers de travail mutuels: trois au Japon, deux en France, et un colloque final à Paris, présentant la synthèse de ces ateliers et élargissant le débat. Mlle Yoko Wataï, bilingue en japonais et en français, sera plus spécialement chargée du rassemblement, du suivi et de la diffusion des résultats en France et au Japon, pendant la durée du projet.

ANR

2011

ARTLAS — Atlas électronique d'histoire de l'art

, Cette demande de financement a pour objet de permettre le développement et la mise en ligne d’un atlas électronique d’histoire de l’art, à partir d’un portail cartographique d’applications dites SIG (systèmes d’information géographiques). Cet atlas, ébauché en 2010 à la suite de plusieurs années de recherches sur les questions d’internationalisation artistique et de représentation cartographique, doit présenter, à l’échelle internationale, nationale et locale, mais aussi dans l’étude de la création artistique, non seulement les localisations d’objets artistiques, mais aussi l’impact des logiques spatiales et cartographiques sur l’histoire des arts. Les arts sont ici entendus au sens large : beaux-arts (peinture, sculpture, arts graphiques, architecture), arts décoratifs, cinéma et musique. ARTLAS doit contribuer à la constitution d'une histoire globale des arts. Un premier volet doit, sur deux années, cibler l’atlas sur les XIXe et XXe siècles. Les deux années suivantes seront consacrées à l’extension chronologique de l’atlas, pour les périodes moderne et médiévale. À terme, le projet devrait parvenir à s’autofinancer, à partir de contributions d’équipes de recherches intéressées par l’utilisation de cartes en histoire de l’art, et d’un retour sur investissement que permettrait la fabrication de cartes animées pour divers acteurs culturels : musées, galeries, collectivités territoriales… La demande de financement concerne 1/ la finalisation technique et scientifique de l’atlas, à partir des techniques géoinformatiques des SIG ; 2/ sa promotion scientifique par un colloque et une publication de livre ; 3/ la construction d’un site web et la publication d’un ouvrage papier constitué des meilleures cartes de l’atlas électronique. Ce projet est porté depuis 2009 par une équipe pluridisciplinaire de jeunes chercheurs venus en majorité de l’histoire de l’art mais aussi de l’histoire, la sociologie, l’économie, la géographie, des études cinématographiques, les lettres et des langues étrangères. Initié par Béatrice Joyeux-Prunel, maître de conférences aux départements d’histoire et Histoire et Théorie des arts de l’ENS Ulm, chercheur à l’Institut d’histoire moderne et contemporaine (IHMC, UMR 8066), il est au cœur d’une collaboration entre les départements littéraires de l’ENS (Histoire et Théorie des Arts, Géographie, Histoire, Sciences sociales, Langues et Littératures étrangères) et pousse ses ramifications vers ses départements scientifiques (Mathématiques et Informatique en particulier). Plus de la moitié des acteurs d’ARTLAS viennent cependant d’institutions extérieures, universités françaises et étrangères : les universités de Paris I, Paris IV, Paris III Sorbonne Nouvelle, Paris XIII, Paris Ouest Nanterre, Lille III, Tours et Rouen, l’INHA, l’EHESS, Sciences Po Paris, la BNF, Manchester University, la Scuola Normale Superiore di Pisa, la Freie Universität Berlin, l’Université Libre de Bruxelles, le Courtauld Institute de Londres, Columbia University et Purdue University (USA).

ANR

2008

CAUSAPROBA — Causation, Probability

Causation, in particular in its connection to probability, has emerged as one of the most active fields in philosophy of science and its neighboring fields. Still, the current state of research is incomplete; central issues are starting being tackled only in the recent years or are even not really in the focus. The joint project wants to inquire four such issues: When precisely does a specific event or fact actually cause another event or fact? (As opposed to: what are causal laws?) How precisely are “this-worldly” mechanistic conceptions of causation related to “other-worldly” counterfactual conceptions? How can we have causation on different (micro and macro) levels and how then do the levels relate? And in which sense are causal relations features of objective reality? Whereas the first three subprojects engage in various details of the foundations of causal theorizing, the fourth subproject deepens the philosophical background of the current discussions. All subprojects have their own topic; but they are interrelated, and they will immensely profit from mutual cooperation. Together they will considerably promote the current state of research. For all subprojects, the role of probability is of vital importance; so, probabilistic methodology will be a further uniting component of the joint project. The IHPST and the Philosophy Department of the University of Konstanz are leading institutions for philosophy of science in their countries and have a long-standing cooperation. Thus they create optimal presuppositions For a successful implementation of the joint project.