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383 projects, most recent first. Page 5 of 7.

ANR

2019

i3.MesopOil — i3/šamnum: huiles végétales et graisses animales dans les anciennes sociétés urbaines de Syro-Mésopotamie – Production, distribution et consommation

Les huiles et les graisses (sumérien i3, akkadien šamnum) répondent aux besoins humains fondamentaux au même titre que la nourriture, le logement et les vêtements : car les substances grasses sont indispensables pour protéger la peau, surtout dans un climat aride. L'importance de l'huile et de la graisse pour une société humaine se reflète surtout dans le chef-d'œuvre de la littérature mésopotamienne, l'épopée de Gilgamesh : après avoir mangé du pain et bu de la bière, l'homme sauvage Enkidu est devenu un humain civilisé après avoir été lui-même oint. L'onction comme pratique quotidienne est bien connue des sources cunéiformes, et l’archéologie a mis au jour des récipients spéciaux utilisés pour l’huile en grand nombre. Bien que l'huile soit l'un des produits transformés les plus courants en Syro-Mésopotamie, comme la bière, le pain ou le vin, elle n'a jamais été considérée dans son contexte social et culturel. Ce projet évalue la documentation épigraphique exceptionnelle qui est disponible, comprenant surtout des archives administratives de 2500 à 1600 av. J.-C., et examine toutes sortes de graisses animales (matière grasse du lait, saindoux, etc.) et d'huiles végétales (sésame, olive, rarement amandes) qui y sont attestées. S'appuyant sur des études antérieures portant sur des aspects spécifiques de leur terminologie, de leur production, de leur circulation et de leur utilisation, ce projet vise à fournir une description cohérente et innovante des étapes successives ("chaîne opératoire") de la production à la consommation dans son ensemble, approche qui n'a pas été encore systématiquement adoptée pour ces périodes. En particulier, l'énorme corpus administratif des débuts de la Syro-Mésopotamie nous renseigne sur la gestion de l’huile dans les centres urbains et constitue une source très riche pour étudier les procédures économiques dans leur contexte social et historique. Le projet se concentre sur les informations concernant les qualités de l'huile et sur les quantités de ce produit indiquées dans la documentation. Cette approche ouvre la voie à l’utilisation des données provenant de sources textuelles dans les recherches archéologiques, archéométriques et archéobotaniques. Les deux porteurs sont spécialistes des textes administratifs, de leur terminologie et des aspects quantitatifs. Ce projet permet de combiner l'expertise de documents sumériens (Âge du Bronze ancien) de l'équipe allemande avec celle de l'équipe française concernant les documents paléo-babyloniens (Âge du Bronze moyen) et s’appuie sur les compétences interdisciplinaires de partenaires pour les données céramiques, archéométriques, archéologiques, archéozoologiques et archaébotaniques. Deux autres types d’études sont intégrés dans ce projet et en constituent des éléments essentiels : une étude archéologique des oléagineux et une analyse des résidus lipidiques des céramiques du sud de l'Irak. L'expertise numérique est fournie par le groupe IT de la LMU de Munich.

ANR

2019

GENDAR — La portée explicative du darwinisme généralisé: vers des critères pour des explications évolutionnaires hors de la biologie

Ces dernières décennies dans plusieurs champs extérieurs à la biologie les chercheurs ont commencé à interpréter les phénomènes en termes évolutionnaires, et à utiliser des concepts et modèles évolutionnaires pour les décrire et les expliquer. Mais alors que de réelles explications évolutionnaires des phénomènes non-biologiques avanceraient évidemment notre connaissance, il semble souvent que les interprétations évolutionnaires construites dans certains de ces champs ne constituent pas de bonnes explications scientifiques. Il est ainsi naturel de vouloir clarifier les conditions sous lesquelles le darwinisme peut tenir le rôle d’un cadre explicatif à buts pluriels, ou d’un paradigme unifiant qui pourrait amener réunir divers champs d’étude intra- et extrabiologiques. Cette enquête épistémologique repose sur une présupposition métaphysique que les divers phénomènes et systèmes que l’on étudie dans les programmes de recherche ‘évolutionnaires’ instantient tous les mêmes processus basiques (i.e., l’évolution darwinienne) et qu’on peut ainsi en rendre compte selon le même schème explicatif - soit une forme nucléaire de théorie darwinienne qui devrait être spécifiée au cas par cas pour chaque application. Le projet GenDar évalue dans quelle mesure ces conceptions épistémologiques et ces assomptions métaphysiques sont satisfaites. Entrepris par une équipe de philosophes des sciences à Paris et Hanovre, avec l’appui de collaborateurs extérieurs biologistes ou chercheurs en sciences sociales dans des champs concernés par les théories darwiniennes, GenDar aborde cette question avec le but de déterminer la portée explicative de la théorie darwinienne. Il traite quatre questions: (1) Y a-t-il un coeur de principes, concepts, etc. qui a été maintenu au long du développement de la théorie évolutionnaire darwinienne ? (2) Y a-t-il une manière privilégiée de formuler le coeur du darwinisme ? (3) Si la théorie évolutionnaire darwinienne promeut de bonnes explications de phénomènes dans des champs de recherche extra-biologiques dont beaucoup sont significatifs pour notre compréhension et notre structuration des sociétés où nous vivons (éthique, psychologie, médecine, sociologie, etc.), qu’impliquerait donc pour la société et la vie humaine un usage de la pensée darwinienne dans ces domaines ? Structuré en 3 tâches - formalismes mathématiques, concepts métaphysiques et conséquences sociales/éthiques -, GenDar examinera les formulations mathématiques et conceptuelles du Darwinisme, la métaphysique des processus et des entités darwiniens, et l’interface entre darwinisme généralisé et problèmes éthiques/sociaux. En abordant ces questions, le projet vise à clarifier les risques épistémiques et sociaux - mais aussi les promesses - d’une application de la pensée évolutionnaire hors sciences de la vie.

ANR

2019

IMAGEUN — Au miroir de la politique européenne de voisinage : Explorer les imaginaires géographiques d'une macro-région

L’Union européenne traverse une phase de profonde restructuration spatiale et sociale: son territoire s’est élargi grâce à l’adhésion de 14 pays de l’Europe orientale et méridionale depuis 2004; elle s'est dotée d'une nouvelle constitution sous la forme du traité de Lisbonne; elle tente de faire face à une grave crise financière et à la montée deu nationalismes autoritaires dans et autour de celle-ci; et enfin risque de connaître la perte d’un membre pour la première fois de son histoire. Le voisinage de l’UE subit au même moment de profondes transformations. Non seulement parce que le «voisinage» peut se modifier par l'adhésion ou la sécession (Brexit). Mais aussi en raison de changements géopolitiques, tels que le conflit en Ukraine, les effets des révolutions arabes (Syrie, Libye) et les nouvelles stratégies de puissance de la Turquie, de la Russie, de l’Iran ou de l’Arabie Saoudite. La forme socio-spatiale de l'ensemble de la macro-région qui entoure l'UE, souvent appelée le «voisinage européen», a donc considérablement changé. Au-delà de l'UE et de ses voisins, les équilibres du monde qui semblaient stables au niveau macro-régional, sont en pleine mutation. Ces transformations du découpage macro-régional du Monde et les significations changeantes de «l'Europe», de l'UE et des relations avec ses «voisins» sont au centre de ce projet. Dans ce contexte, nous proposons d'explorer les imaginaires géographiques de la forme socio-spatiale de cette macro-région et des espaces d'interaction qui s'y trouvent, en nous concentrant sur cinq pays clés dans et autour de l'UE (France, Allemagne, Turquie, Tunisie et Royaume-Uni). ) et en explorant trois corpus d'analyse géopolitique (dans les systèmes d'enseignement supérieur, parmi les acteurs politiques et dans les médias qui façonnent l'agenda). Ce faisant, nous intégrerons les compétences nationales et théoriques complémentaires des chercheurs impliqués et contribuerons aux débats universitaires contemporains sur la macro régionalisation du Monde, l'européanisation, la forme socio-spatiale de l'Union européenne, son identité et son rôle international mais aussi les macro-régionalisations concurrentes qui se développent à l’intérieur de l’espace d’étude constitué par l’UE et les pays voisins. Plus concrètement, nous poursuivons deux ambitions principales. En premier lieu, réaliser une étude comparative des imaginaires géographiques dominants de cinq pays à travers l’étude de trois niveaux d'analyse géopolitique décisifs pour la formation de macro-régions imaginaires. Deuxièmement, et en plus des résultats académiques, nous souhaitons travailler activement avec les citoyens et acteurs macro-régionaux.. En tant que telle, la collaboration avec d’autres chercheurs, groupes de réflexion, acteurs politiques et journalistes est un élément essentiel et durable de ce projet, qui assurera une large visibilité publique des résultats grâce à l’inclusion de ces citoyens et acteurs dans le processus de recherche.

DIM Ile-de-France

2019

PAMUD — Plateforme d’Acquisitions MUlti Dimensions

Le projet PAMUD vise à doter la communauté francilienne des paléométallurgistes d’une Plateforme d’Acquisitions MUlti-Dimensions (2D, 2.5D et 3D). Le terme paléométallurgiste est ici à prendre au sens le plus large puisque les champs d’études représentés au sein du consortium vont de l’extraction des matières premières à la conception du produit fini et les domaines d’intervention de la fouille archéologique aux prélèvements en laboratoire. Pour rappel, le consortium ici réuni regroupe trois entités aux tutelles diverses, le DIM comptant une dizaine de laboratoires concernés par l’archéométallurgie. Les outils photographiques (2D), d’imagerie de transformation par réflectivité (2.5D) et de modélisation tridimensionnelle (3D) étant aujourd’hui indispensables à la conduite de ces études, le projet PAMUD se propose de les fournir au travers d’un plateau basé au LAPA/NIMBE doublé d’un laboratoire de campagne. Mis au service du consortium porteur de ce projet, et à plus large titre à la communauté francilienne, ce matériel apportera un soutien déterminant à la communauté scientifique.

DIM Ile-de-France

2019

MEGAMICRO — Equipement microscopique à statif modulable pour objets de grandes dimensions

L’étude fonctionnelle des outillages et de leur rôle dans les économies, de la Préhistoire à l’Antiquité, se base sur la combinaison de plusieurs analyses archéométriques. Fondée sur des référentiels expérimentaux et ethnographiques, la tracéologie reconstitue le fonctionnement des outillages (geste, mode d’action, matières transformées) à partir des traces d’utilisation microscopiques générées par les activités humaines sur les outillages en pierre, os, céramique, métal, etc. Le projet MEGAmicro vise à l’acquisition d’un microscope métallographique à statif modulable pour l’observation d’objets de grandes dimensions et de poids importants, qui constituent des contraintes logistiques fortes. L’acquisition de cet équipement en microscopie doit permettre la poursuite du perfectionnement de l’étude tracéologique de tout un pan de la culture matérielle : outils lithiques (meules, haches polies, grandes lames), outillages en matières dures animales, céramiques entières, sous_produits de métallurgie et outils métalliques, supports gravés, et de tout autre type d’artefacts de grandes dimensions permettant d’éclairer l’économie et les pratiques rituelles des sociétés anciennes. Les laboratoires franciliens d’archéologie disposent de compétences importantes en tracéologie à l’échelle européenne. L’acquisition d’un équipement utilisable au plus près des lieux d’étude du matériel archéologique difficilement déplaçable permettra de diversifier l’offre de formation à la tracéologie, et de créer de nouveaux protocoles d’analyse des résidus en lien avec les autres disciplines archéométriques dans le cadre d’une approche systémique des analyses fonctionnelles des outillages préhistoriques.

DIM Ile-de-France

2019

HUMA3D 2.0 — Humanités en 3D 2.0

Le projet Huma3D a pour objectif de doter les laboratoires CHCSC, DYPAC, la Plateforme géomatique de l’EHESS et le programme ArcheoFab d’Arscan d’un Laser Scanner 3D permettant la finalisation de projets de recherche en cours dans le domaine des études culturelles et patrimoniales. Cet équipement permettra également le développement conjoint de projets interlaboratoires portant sur des espaces ou de lieux du patrimoine culturel ou naturel nécessitant une modélisation 3D. Ces projets seront développés dans le cadre du réseau des laboratoires du DIM MAP en interaction étroite avec les dispositifs de formation par la recherche, pilotés dans le cadre des laboratoires à destination des étudiants avancés de niveaux Master et Doctorat.

DIM Ile-de-France

2019

CoFaRé — Collection Faunique de Référence

L’équipe « Archéologies environnementales » de l’UMR 7041 ArScAn souhaite enrichir sa collection faunique de référence composée aujourd’hui d’une centaine de squelettes de mammifères, de poissons et d’oiseaux. Le coût important des squelettes recherchés (bouquetin, bison, loutre…) ne peut être supporté par l’UMR seule et rend difficile le développement de cette collection. Il est pourtant indispensable pour les spécialistes de l’équipe « Archéologies environnementales » et d’autres UMR de disposer d’une collection plus complète et adaptée aux ensembles archéologiques étudiés, en termes d’espèces des différentes périodes et en termes d’individus (sexe/âge). Par ailleurs, le laboratoire d’archéozoologie de l’équipe est à présent régulièrement utilisé pour les TD et stages pratiques dispensés aux étudiants de Paris I Panthéon-Sorbonne et de Nanterre Université. Ce projet s’insère donc dans une double dynamique de recherche et d’enseignement, soutenue par l’UMR 7041 et par l’USR de la MAE.

DIM Ile-de-France

2019

MICMAC — Microscopie corrélative pour l'étude des matériaux anciens

Aujourd’hui, la combinaison de plusieurs méthodes d’imagerie est devenue indispensable pour répondre à des questions et problématiques scientifiques toujours plus poussées, posées par l’archéologie. La microscopie corrélative permet de créer une passerelle entre la microscopie optique et les méthodes analytiques offertes par la microscopie électronique en combinant les données obtenues au microscope optique avec la résolution du MEB ; ceci grâce à une reconnaissance automatique au MEB, des zones d’intérêts définies au microscope optique et inversement. Les applications sont nombreuses pour l’étude des matériaux anciens anthropiques ou naturels, caractérisation technique et fonctionnelle des objets archéologiques en roches ou sédiment meuble induré, matières osseuses, métal ; identification des processus taphonomiques ; détermination structurale des écofacts (graines, grains d’amidon, pollens, charbons, coquillages, etc.). Le projet Microscopie corrélative pour les matériaux anciens – MICMAC vise à proposer pour les laboratoires de sciences humaines et sociales d’Ile-de-France en lien avec les sciences des matériaux et les sciences de l’environnement, un système de microscopie corrélative pour l’étude des vestiges archéologiques. Le système que nous souhaitons acquérir comprend un microscope optique motorisé capable de travailler en réflexion et en transmission, une caméra et un logiciel d’imagerie et de mesures pour l’acquisition d’images 3D et relevés topographiques, un logiciel pour la microscopie corrélative et un porte-échantillon dédié. Il sera installé au sein de la plateforme ArchéoScopie de la Maison Archéologie & Ethnologie, René-Ginouvès (MAE), dédiée à l’analyse microscopique des vestiges anthropiques et naturels, qui dispose déjà d’un microscope électronique à balayage (MEB) conventionnel à pression variable couplé à un détecteur EDS. Cette plateforme, unique pour les laboratoires SHS, sera alors en mesure de répondre à de nouveaux besoins analytiques déjà diagnostiqués et d’accroître une nouvelle fois les compétences techniques de la plateforme notamment en matière d’acquisition de données qualitatives et quantitatives.

DIM Ile-de-France

2019

OPTIMAN — Observations optiques par microscopie numérique confocale (lumière blanche) pour l’étude des états de surface du patrimoine mobilier

Le projet Optiman a pour objectif l’analyse par microscopie numérique Hirox des états de surface du patrimoine mobilier archéologique daté entre -2,7 millions d’années et la fin du XVe siècle. L’étude par observation optique du mobilier archéologique national portera autant sur l’examen non-invasif des matières et des matériaux constitutifs de l’objet archéologique, que sur la caractérisation de ce dernier aux plans taphonomique, taxinomique et biographique. En fédérant deux unités complémentaires constituées d’archéologues et de conservateurs en Archéologie, le projet proposera à la fois un renouveau dans la dynamique de recherche des marqueurs des activités et des savoir-faire de l’homme et des sociétés du passé, et de nouvelles actions de remédiations et de valorisation d’un patrimoine unique en Île-de-France intéressant toutes les générations. L’apport du projet résidera dans les nouvelles possibilités offertes par l’imagerie à large champ de vision et résolution élevée en temps d’acquisition ultra-rapide, sans avoir à changer d’instrumentation entre échelles macro- et microscopique (1x à 2500x). Ceci permettra le rendu cartographique full HD (2D, 3D) des modifications de surface (fabrication, usure, incrustation, altération) afin de rendre compte des modes d’anthropisation du support animal, végétal ou minéral, que celui-ci ait été au préalable transformé (métal, céramique, verre) ou non (roche, os). En travaillant à la fois sur la structure interne de la matière, la morphologie générale de l’objet, inclus les traces et les traitements à l’origine de l’aspect des œuvres et des résidus qui y sont éventuellement restés accolés, le projet s’inscrira à l’interface entre sciences humaines, archéométriques et études paléo-environnementales. Et il aura de larges implications muséales et iconographiques dans l’identification, l’interprétation et la pérennisation du mobilier archéologique fondées sur l’analyse du patrimoine national préservé en Île-de-France, au musée d’Archéologie nationale.

DIM Ile-de-France

2019

RIR-Peint — Sous la peinture. Etude des dessins sous-jacents et des repentirs dans la peinture française moderne par système de réflectographie infrarouge mobile

L’acquisition d’un système de réflectographie MIR 10 NEW s’inscrit dans la continuation du projet PictOu dédié à l’étude de la pratique picturale de Jean-Baptiste Oudry. Ce dernier a reçu le soutien du DIM Matériaux anciens et patrimoniaux en 2018 par le financement d’un contrat postdoctoral. Les procédés du peintre, le choix de ses matériaux et de ses outils, ont jusqu’ici été définis par extrapolation de ses conférences, Sur la manière d’étudier la couleur et Sur la pratique de la peinture, prononcées à l’Académie royale de Peinture et de Sculpture le 7 juin 1749 et le 2 décembre 1752. Énoncés à la fin de sa carrière, ces textes rendent compte de son expérience de praticien, mais également d’une profonde connaissance des œuvres de ses contemporains et de ses prédécesseurs. Il accorde une attention particulière à leur évolution matérielle arguant l’importance des choix techniques de l’artiste pour leur bonne conservation. Le programme travaille à l’analyse de la production du peintre. Dans un second temps, les résultats sont confrontés à ses écrits afin de mesurer l’intégration de ses constats dans sa propre pratique. La poursuite du projet impliquant notamment de nouveaux partenariats avec des institutions françaises et internationales nous amène aujourd’hui à développer le panel d’outils à même d’approfondir un examen matériel des œuvres in situ. La composante de recherche PBC dispose d’ores et déjà d’un équipement d’observation et d’enregistrement que le système de réflectographie infrarouge viendrait compléter. On évaluera notamment la nature et la qualité des dessins sous-jacents et l’éventuelle présence de repentirs. Notre champ d’expertise ainsi développé, il nous sera possible de participer à d’autres projets de recherche portant sur l’étude technique de peintures de chevalet ou murales. L’outil retenu permet d’enregistrer des images ; celles-ci viendront nourrir la documentation générée par les projets ; elles seront libres de droit et gratuitement accessibles pour les différents partenaires.

DIM Ile-de-France

2019

MORGAN 2 — Etude et réévaluation scientifique du corpus céramique du Talyche iranien conservé au MAN (Saint-Germain-en-Laye)

Depuis une quinzaine d’années, la partie caucasienne de la collection Morgan du musée d’Archéologie nationale (MAN, Saint-Germain-en-Laye) a fait l’objet de travaux systématiques et a donné lieu à plusieurs travaux universitaires. La réévaluation de cette collection est à l’origine du programme NABIALLA (The Necropolises of Azerbaijan during the Bronze and Iron Ages in the Lenkoran and the Lerik Areas) qui s’est déroulé de 2012 à 2016 sous la direction de Michèle Casanova, professeur d’archéologie orientale à l’université de Lyon-2, Christine Lorre, conservateur de la collection d’archéologie comparée du MAN et Abuzar Alakparov, chercheur à l’Institut d’Archéologie et d’Ethnographie (ANAz, Bakou). Avec l’appui du laboratoire CNRS UMR 7041 – ArScAn, le musée d’Archéologie nationale souhaite accueillir en octobre-novembre 2019, Monsieur Hamid FAHIMI, archéologue protohistorien spécialiste de l’âge du Fer en Iran, demeurant actuellement en Allemagne. M. FAHIMI sera chargé d’achever l’étude du corpus céramique du Talyche iranien, entamée en 2016 dans le cadre du programme NABIALLA, dans le but d’augmenter le référentiel d’étude de la production céramique datant de la transition Bronze-Fer du sud-ouest de la mer Caspienne. Cette étude donnera lieu à un catalogue de la collection et sera publiée soit sous format papier, soit sous format numérique (RMN-GP). Ce projet se situe en cohérence avec d’autres actions de valorisation du patrimoine archéologique de la zone du Nord-Ouest iranien en cours de réalisation (actes du colloque Rivages de la Caspienne en préparation, site web Grands sites archéologiques).

DIM Ile-de-France

2019

PaintItBlue-Event — Bleu. L'intersection des mondes de la couleur au XVIIIe siècle

La journée d’études vient clore le projet PaintItBlue, financé par une allocation post-doctorale du DIM Matériaux anciens et patrimoniaux pour l’année 2018/2019. A vocation interdisciplinaire, construit au carrefour entre les sciences humaines et sociales et les sciences physico-chimiques, et internationale, cette journée d’études explorera les histoires artistiques, chimiques et sociales de la couleur au XVIIIe siècle et, surtout, leurs intersections. Que se passe-t-il lorsque les couleurs des artistes sont considérées comme des substances interdisciplinaires ? Quelles relations existe-t-il, par exemple, entre les propriétés physico-chimiques d’une couleur, sa valeur économique et ses qualités esthétiques ? Comment ces matériaux pourraient-ils mettre en dialogue histoires des arts, histoires de gestes et de techniques, histoires des mondes de l’art ? S’inspirant de l’injonction de l’anthropologue Tim Ingold à « suivre les matériaux », cette journée de rencontres voudrait suivre les traces de la couleur bleue (comme matériau) à travers les mondes croisés de l’art, de la science, de la technologie et du commerce tout au long du XVIIIe siècle.

DIM Ile-de-France

2019

Q12 — 12e édition des colloques « Quaternaire» de l’AFEQ

La 12e édition des colloques de l’Association Française pour l’étude du Quaternaire (AFEQ) se tiendra au campus Condorcet à Aubervilliers du 3 au 5 février 2020. Cette manifestation biannuelle rassemble des communautés scientifiques internationales et interdisciplinaires (géographes, archéologues, climatologues, géologues, physiciens etc.) dont les recherches portent sur l’étude du Quaternaire. Ces trois journées seront l’occasion de présenter et de discuter à la fois des résultats et des avancées méthodologiques des recherches récentes s’intéressant aux interactions entre les climats, les environnements, les communautés biologiques et les populations humaines à différentes échelles spatio-temporelles. La programmation de sept sessions, aux thématiques et aux problématiques variées, permettra de réaffirmer la pluralité de ces recherches et de leurs liens étroits avec les enjeux sociétaux actuels (risques, ressources, aménagements, biodiversité etc.).

DIM Ile-de-France

2019

ATRAMAP — Analyse des éléments en TRAces dans les Matériaux Anciens et Patrimoniaux

Le projet Analyse des éléments en TRAces dans les Matériaux Anciens et Patrimoniaux (ATRAMAP) propose à la communauté du DIM-MAP une nouvelle méthode d’analyse chimique élémentaire couplant ablation laser et spectrométrie de masse (LA-ICP-MS) pour l’analyse de traces et ultratraces dans une large gamme de matériaux d’intérêt patrimonial dont notamment pigments, verres, métaux, scories métallurgiques, terres cuites, roches, et matières dures animales. La technique n’est pas disponible actuellement dans le champ des laboratoires « sciences du Patrimoine » de la région francilienne, or de nombreuses publications en France et à l’étranger montrent clairement qu’elle joue un rôle déterminant pour le développement de nouvelles problématiques liées à la connaissance des matériaux anciens (provenance, caractérisation fine des techniques, relations à l’environnement, altération des matériaux, etc.). Le spectromètre de masse en tandem ICP-MS-MS (dit aussi à triple quadripôle) couplé à un laser à excimère ArF (193 nm) et une cellule d’ablation la plus grande et la plus polyvalente possible, permettra d’analyser tout type d’échantillon solide sans procédure de préparation complexe, sur une gamme d’éléments très large (de la masse 7, lithium à la masse 238, uranium) avec une sensibilité exceptionnelle (meilleure que le ppm). La grande résolution latérale (quelques microns) et en profondeur du laser permettra de traquer inclusions, dépôts et revêtements ténus. Le nouvel appareil offrira un complément appréciable aux techniques disponibles en Île-de-France, dont notamment les techniques d’imagerie chimique proposées par NEW AGLAE et le synchrotron SOLEIL (par exemple PUMA) : profondeur sondée importante, accès aux ultra-traces (dont terres rares), profilage, et même mesure de certains rapports isotopiques.

DIM Ile-de-France

2019

ANTHROP'ARC — De la production du savoir scientifique à l'appropriation sociale du passé - Le cas des fouilles du gisement paléolithique à Arcy-sur-Cure (Yonne)

Ce projet porte sur des questions épistémologiques et historiographiques fondamentales concernant la naissance et l’essor d’une Préhistoire à la française héritée d’André Leroi-Gourhan, et ce, à travers une recherche conduite autour d’un gisement archéologique fouillé depuis la fin du XIXe siècle et fréquenté depuis des siècles : les grottes d’Arcy-sur-Cure (Yonne). Il s’inscrit dans une vaste étude anthropologique comportant à la fois une enquête ethnographique et la réalisation d’un documentaire mettant en valeur les archives audiovisuelles des fouilles de ce site (1950-1963). Ce site archéologique est l’un des rares gisements du Bassin parisien couvrant une chronologie très vaste où la transition entre l’homme de Neandertal et les hommes modernes a pu être mise en évidence. Celui-ci compte une quinzaine de grottes et d’abris et a livré des occupations multistratifiées du Paléolithique moyen au Paléolithique final. La diversité des vestiges conservés autant que la présence d’un art pariétal offrent un contexte de recherche rare pour les préhistoriens qui y travaillent encore aujourd’hui. Ce site est également à la croisée d’une pluralité d’autres acteurs comme le musée municipal d’Avallon, qui diffuse les connaissances scientifiques au grand public tout en insufflant une nouvelle dynamique sur l’actualité des recherches effectuées sur le site. Arcy-sur-Cure offre donc un contexte historique et social riche où chaque acteur est aujourd’hui susceptible de produire et transmettre à son tour d’autres régimes de connaissances sur le patrimoine matériel des lieux. Qu’en est-il réellement ? De quelle façon ce passé a-t-il été produit et comment est-il reproduit aujourd’hui ? Les enjeux de cette recherche interdisciplinaire reposent donc sur une collaboration étroite entre deux sciences de l’homme – anthropologie et archéologie – tout en intégrant les acteurs du patrimoine et de la valorisation d’un site archéologique d’exception.

DIM Ile-de-France

2019

CEPOSE — Changements environnementaux et réponses des populations dans le désert de Sechura à l'Holocène récent

Malgré son climat aride et son exposition à de nombreux aléas naturels (séismes, tsunamis, phénomène El Niño, etc.), le littoral péruvien est occupé depuis au moins 12 000 ans. Les sociétés côtières y ont été particulièrement exposées à des phénomènes de forte magnitude, auxquels elles ont dû faire face, et à d’importantes évolutions du milieu littoral aux temporalités multiples (déplacement du trait de côte, modifications des écosystèmes, etc.). Dans ce contexte, les sociétés ont su développer des stratégies de subsistance originales et s’adapter aux contraintes naturelles et à la disponibilité de la ressource. Espace désertique et aride d’une surface avoisinant les 20 000 km2, le désert de Sechura conserve des vestiges archéologiques exceptionnels. À son extrémité nord-ouest, dans la baie de Nunura, le site de Huaca Grande a livré une séquence d’occupation couvrant plus de 1000 ans de l’histoire locale (400-1450 apr. J.-C. environ). Les travaux géoarchéologiques en cours ont mis en évidence le haut potentiel de cette séquence archéologique pour reconstituer les activités pratiquées au sein des sites et connaître les ressources naturelles exploitées par les groupes humains au cours de cette période. Ces informations détaillées à l’échelle du site nécessitent toutefois d’être contextualisées et complétées par une étude pluridisciplinaire menée à une échelle plus large, qui puisse documenter le cadre dans lequel les occupations humaines ont évolué. Le projet CEPOSE vise à entreprendre une nouvelle approche paléogéographique plurisdisciplinaire dans ce secteur peu connu de la côte péruvienne pour reconstituer les changements environnementaux et climatiques qui l’ont affecté durant les deux derniers millénaires ; ceci afin de comprendre les effets de ces changements sur les sociétés humaines. L’objectif final étant de mieux connaître les relations Homme/milieux dans cette région aux conditions actuelles contraignantes.

DIM Ile-de-France

2019

CorpusTim — Corpus archéologique et archéométrique des carrières et des matériaux de construction des sites antiques de la région de Timgad (Est algérien)

Le projet CorpusTim vise à étudier les carrières et matériaux antiques du site de Thamugadi et de ses environs. Il s’agit de réaliser un répertoire complet des carrières par une série de prospections ciblées dans un rayon de 30 km autour du site, puis de créer une base de données dans laquelle seront regroupées les caractéristiques lithologiques, minéralogiques, physicochimiques, et isotopiques des roches exploitées durant l’antiquité. L’étude archéologique des traces d’extraction et des modules de blocs extraits, combinée aux caractérisations géochimiques, conduira d’une part à une meilleure identification des matériaux et de leur provenance et d’autre part à une bonne compréhension des logiques de construction des architectures anciennes et du rapport qu’entretenait la cité avec son territoire et ses ressources naturelles. Il s’agit d’un atlas de données archéologiques, archéométriques et photogrammétriques des roches exploitées localement durant l’antiquité. Il servira de modèle pour les autres sites archéologiques de la région, et de référentiel pour les futures restaurations à Timgad. Sa contribution à la mise en valeur et à la protection de ce patrimoine sera assurée par la mise en ligne d’un webSIG rendant accessible à tous les modèles 3D et les éléments de la base de données. Cette étude s’appuie sur un partenariat interdisciplinaire et international fondé sur un consortium francilien et étranger entre des laboratoires d’archéologie, de géosciences, d’archéologie du bâti et de géomatique. L’association de ces domaines disciplinaires constitue une approche novatrice pour les études archéologiques de la région. Les protocoles qui seront mis en place dans ce cadre pourront servir de référence à de futures études des matériaux de construction des sites antiques à l’échelle locale, nationale et internationale.

DIM Ile-de-France

2019

Troglopie — Troglodytisme en Éthiopie : étudier une société par ses techniques

Le Tigray, région du nord de l’Éthiopie, recèle un grand nombre de sites creusés dans la roche, témoins de l’époque médiévale. Toutefois, ces monuments sont difficiles à dater, car peu de sources écrites les mentionnent, et rares sont les mobiliers en bois ayant fait l’objet de datation carbone 14. Ils semblent avoir été creusés entre le VIIe siècle et le XIIIe siècle et sont quasiment les seules sources pour comprendre les communautés villageoises de cette époque d’un point vue social et culturel. Le projet Troglopie vise à étudier la matérialité de ces monuments rupestres éthiopiens, le plus souvent des églises aujourd’hui, pour mettre en lumière les phénomènes de christianisation de l’Éthiopie entre les VIe et XVe siècles. Il questionne également les processus de transmission ou de non-transmission des techniques de creusement rupestre sur le temps long dans la mesure où la pratique rupestre est encore vivace dans cette région. Il s’agit de partir d’une étude technique des monuments, associée à l’analyse des propriétés de la roche tout en menant des enquêtes ethnoscientifiques pour mettre en lumière les méthodes de creusement et les adaptations aux contraintes environnementales et culturelles. Plus largement, le projet souhaite identifier ceux qui creusaient la roche en Ethiopie et comment les techniques et les monuments ont évolué jusqu’à nos jours. Le projet met en oeuvre une méthodologie pluridisciplinaire mobilisant la tracéologie, la géologie, l’histoire, l’hydrogéologie, la géotechnique et les ethnosciences pour répondre à quatre questions : où ont été creusées les églises rupestres par rapport aux spécificités géologiques ? Quelles sont les techniques mises en oeuvre pour les réaliser ? Qui sont les acteurs de ces chantiers ? Y a-t-il une évolution des techniques de creusement qui permettrait de caractériser les communautés par le prisme d’une pratique troglodytique ?

DIM Ile-de-France

2019

TAIEGAr — Les terrasses alluviales de l'Eure : pour une approche géoarchéologique

Ouvert à l’ouest du Bassin parisien, le bassin versant de l’Eure présente une occupation humaine plurimillénaire. A l’interface de différentes cultures matérielles, l’Eure apparaît comme un espace archéologique clef pour comprendre les dynamiques de peuplement et la structuration des territoires, ainsi que les mécanismes d’interaction entre les sociétés et leur milieu sur la longue durée. La mise en œuvre d’une approche géoarchéologique et paléoenvironnementale doit permettre de mieux cerner les grandes étapes de l’évolution des paysages et de reconnaître et insérer les sites archéologiques dans leur contexte environnemental passé et présent, et ainsi optimiser l’approche archéologique et de conservation du patrimoine. Objectifs et description de la mission : 1/ A échelle large : délimiter et cartographier les divers niveaux de terrasses alluviales le long de la vallée de l’Eure à l’aide de MNT à haute résolution (RGE Alti), des cartes géologiques existantes et 3 des publications anciennes, afin d’en évaluer le potentiel géoarchéologique et paléoenvironnemental. 2/ A échelle moyenne (section médiane de la vallée) : établir les liens spatiaux et temporels entre les niveaux de terrasses cartographiés et les sites ou vestiges archéologiques connus, dans une perspective taphonomique. 3/ A échelle locale (terrasse de Guainville) : étudier le signal paléoenvironnemental d’une coupe de référence à travers une analyse stratigraphique, sédimentologique et géochronologique des dépôts.

DIM Ile-de-France

2019

Des traces de mémoire et d'histoire — Des traces de mémoire et d'histoire

Le projet Troglopie s’attache à alimenter notre connaissance de l’histoire médiévale de la région du Tigray, à travers l’étude des églises rupestres creusées dans la roche de ces hauts plateaux éthiopiens. La recherche d’Anaïs Lamesa, post-doctorante DIM Matériaux anciens et patrimoniaux, se concentrera sur les conditions techniques, économiques et sociales de l’édification de ces monuments par l’étude d’un site en particulier. Le film que nous nous proposons de réaliser passera par une rencontre physique avec ce site porteur d’une mémoire vivante. Nous irons tourner sur place pour capter l’identité forte de ces lieux, pour en rencontrer les acteurs (Moine, fidèles, ouvriers) et interroger la pierre à travers le travail de tracéologie d’Anaïs. Nous souhaitons transmettre au spectateur, à la fois, une perception sensible des lieux et une compréhension des enjeux de cette aventure scientifique. Nous avons le souci de restituer de manière pédagogique les acquis du processus de recherche en utilisant des outils infographiques. Nous nous appuierons sur une modélisation 3D de l’église réalisée par l’équipe d’IGECAV, partenaire du projet Troglopie, pour raconter l’évolution du monument dans le temps ou expliciter sa structure. Par des séquences d’animations, nous pourrons évoquer de manière visuelle et concrète les analyses effectuées à partir des traces de creusement dans la roche. Ce film sera, à l’instar de la démarche de la chercheuse, une aventure documentaire dont la narration se confondra avec celle d’un voyage sur une terre lointaine et méconnue.

ANR

2018

DIGUES — DIGUES (Digues, Interactions, Gestion, Usages, Environnement et Scénarios) : quelles transitions des systèmes d'endiguement maritimes et fluviaux au 21e siècle en France, entre usages, paysage, nature et protection ?

DIGUES (Digues, Interactions, Gestion, Usages, Environnement et Scénarios) : quelles transitions des systèmes d'endiguement maritimes et fluviaux au 21e siècle en France, entre usages, paysage, nature et protection ? La France est à un tournant des relations que la société entretient avec ses digues maritimes et fluviales sur un linéaire de 9000 km. Longtemps considérée comme un objet technique de défense contre les eaux, la digue est aujourd'hui perçue selon un paradigme incorporant aussi les usages, la nature et le paysage. A partir de 2018, les collectivités locales prendront en charge la compétence de protection contre les inondations. Accompagner les acteurs locaux dans ce contexte changeant revient à entrecroiser de multiples enjeux et à réfléchir à des orientations variées de gestion des digues, parfois nouvelles en France, oscillant entre fermeture et ouverture, rehaussement et abaissement, artificialisation et renaturation. Cela oblige à considérer l'ensemble du système d'endiguement, i.e. la digue et le territoire endigué qu'elle protège. Nous avons comme objectif majeur l'établissement de propositions nouvelles relatives au devenir des digues et l'évaluation des conditions de faisabilité et d'acceptabilité de ces propositions. Celles-ci pourront prendre diverses orientations, souvent combinables, dans les domaines de la défense dure ou douce contre les eaux, de la gestion de la végétation, de la fréquentation et de la patrimonialisation. Ces propositions et leurs conditions seront livrées sous forme de scénarios de transition des systèmes d'endiguement. À partir de scénarios situés, établis en milieu fluvial (Loire, Marais Poitevin, Seine & Marne) et côtier (Dives, Veys, Authie), nous construirons des scénarios génériques et reproductibles au moyen de méthodes interdisciplinaires d'étude et de facilitation, mais aussi d'une collaboration avec les acteurs locaux et d'échanges de bonnes pratiques avec des ingénieurs anglais et zélandais. Du fait du défi qu'elle suppose, la construction même de ces scénarios constituera un objectif scientifique. Un 3e objectif consistera à tester des outils aidant à construire les scénarios : le jeu de rôle, la médiation paysagère, la comparaison et l'histoire. En termes de résultats, nous serons en mesure de caractériser les trajectoires possibles des systèmes d'endiguement et d'évaluer leurs degrés d'acceptabilité en fonction des types de population et de milieux, des enjeux concernés, des orientations possibles et de méthodes de facilitation. Nous pourrons aussi évaluer le caractère durable des systèmes d'endiguement dans les territoires, systèmes non plus considérés comme de purs objets techniques mais intégrant plusieurs dimensions. Le projet aidera, enfin, à consolider la présence de la France dans le débat européen sur les digues, montrant qu'elle peut porter une réflexion nouvelle sur les conditions d'acceptabilité de solutions innovantes, définies au moyen d'une approche non uniquement économique ou sécuritaire. Trois verrous seront à lever. Nous veillerons à ne pas transformer en handicap la diversité des sites, des discours et des approches en pratiquant la transversalité et en prévoyant des temps de croisement des résultats et d'élaboration des scénarios. Il s'agira de lever des verrous sociopolitiques en cas de crise hydrologique majeure ou face à une enquête ou des scénarios évoquant des techniques peu acceptées : il nous faudra faire comprendre que nos scénarios sont des propositions scientifiques dénuées d'a priori, et non des obligations. In fine il faudra passer de scénarios situés à des scénarios génériques. Ils seront reproductibles car nous déterminerons quelles variables conduisent en théorie à quel scénario, et quels scénarios sont envisageables dans un territoire, et à quelles conditions. MOTS-CLEFS : digue, paysage, scénarios, approche multi-acteurs, interactions écosystèmes/sociosystèmes, gestion durable. PARTENAIRES : LGP, LAREP, PRODIG, LADYSS, CRH, LIENSs

ANR

2018

ATOLLS — Archipels, Territoires et mObilités famiLiaLeS

L’objectif de cette proposition est d’analyser la durabilité de l’organisation territoriale polynésienne en se focalisant sur les migrations, les familles et les politiques. En s’appuyant sur l’examen de l'organisation des familles, de leurs ancrages et des trajectoires de mobilité des individus qui les composent, nous souhaitons identifier les mécanismes à l’origine de la mobilité ou au contraire de l’ancrage des populations sur le territoire polynésien. Dans ce territoire archipélagique, notre objectif est d’évaluer le rôle de l’implantation des services publics (éducation, santé, transports), des zones de développement économique, plus généralement de l’organisation territoriale soutenue par l’ensemble des politiques sur les dynamiques de peuplement. Il conviendra aussi de prendre en compte la position de ce territoire de l’Océanie en lien avec d’autres espaces (l’Hexagone, la Nouvelle Calédonie, l’Asie, la Nouvelle-Zélande, l’Australie, le Canada, etc.) destinations potentielles en particulier des mobilités d’éducation et de santé. La Polynésie française est ici envisagée comme un système de peuplement réticulaire où les espaces intermédiaires n’existent pas. Il s’agit d’un espace ouvert où le réseau familial et ses solidarités permettent de franchir l’insularité. Un espace dont le solde migratoire négatif s’accentue et où l’on observe une polarisation intense dans la « métro-pôle » locale (l’île de Tahiti et sa capitale Papeete) où se situe le hub portuaire et aéroportuaire. Mais aussi un espace constitué de 118 îles regroupées en 5 archipels et réparties sur un territoire vaste comme l’Europe dont les îles les plus éloignées sont séparées de près de 2000 km. Le développement économique et la concentration de services publics dans la capitale expliquent la densification de la zone urbaine de Papeete au cours des 50 dernières années. Cette concentration a abouti aujourd’hui à une importante crise du logement doublée d’une crise économique pouvant être à l’origine du reflux vers les archipels, observé actuellement. Le rôle et l’implantation des services publics (éducation, santé, transports) soumis à l’obligation de continuité territoriale doivent alors faire preuve d’une forte résilience dans une société ou près d’un individu sur deux a changé de logements en l’espace de cinq ans. Ce projet présente une occasion unique d’analyser la durabilité des systèmes territoriaux à partir d’une triple entrée : les lieux et les territoires ; les familles et les liens ; les individus et leur parcours. Les analyses envisagées, qu’elles soient quantitatives ou qualitatives, vont donc explorer les fonctionnements familiaux, les dispositifs publics et les caractéristiques individuelles qui permettent de transcender l’insularité. Autrement dit, l’analyse multi scalaire envisagée permettra de comprendre le tiraillement qui peut exister entre l’accès aux services, les solidarités familiales, les ancrages territoriaux et plus généralement le maintien de populations sur un territoire si vaste. Porté par une équipe pluridisciplinaire (géographes, démographes, sociologues, statisticiens et politiste), notre projet repose sur un double partenariat avec l’UMR SAGE de l’université de Strasbourg et UMR IDEES de l’université de Rouen et l’Institut de statistique de Polynésie française (ISPF) qui participe au projet dans le cadre de différentes collectes déjà programmées et financées (l’enquête emploi 2018, l’enquête sur la famille, le logement et les relations à distance en 2019). Ce projet, original à bien des égards, articule collecte et analyse de matériaux quantitatifs et qualitatifs. Il s’inscrit dans un renouveau des questions autour de la famille et propose une analyse quantitative inédite sur un territoire jusque-là peu décrit. Il permet plus généralement de réinterroger les travaux sur la durabilité des territoires à partir d’un archétype géographique.

ANR

2018

SyndiQuAf — Syndicalisme au quotidien en Afrique

Ce projet réunissant huit chercheurs (anthropologues, historiens, politistes) propose d'étudier le syndicalisme depuis la période coloniale dans trois pays : le Burkina Faso, le Sénégal et le Soudan. Objet peu étudié, le syndicalisme constitue pourtant un prisme privilégié par lequel étudier les évolutions des mondes du travail, de la place du salariat dans les sociétés, du rapport entre les travailleurs et l’État et les employeurs. Laboratoire des réformes économiques libérales et des politiques d'austérité, le continent africain offre des perspectives permettant de "déprovincialiser" l'étude du salariat et des syndicats. L'originalité de notre approche repose sur notre volonté d'aborder la fabrique du syndicalisme dans sa quotidienneté, par "le bas", sans normativité, à rebours d'une littérature sur le syndicalisme africain encore dominée par les tropismes ouvriéristes et progressistes. Trois axes guideront notre recherche : syndicalisme et travail, syndicalisme et politique, syndicalisme et identités. En étudiant par équipe différents secteurs professionnels, sur plusieurs pays d’études (qui débordent l’Afrique francophone), ce projet est porteur d’un vrai comparatisme et d’une réelle pluridisciplinarité d’approche du syndicalisme africain.

ANR

2018

Fintech — Technologie et (dès)intermédiation financière

Notre projet de recherche vise à explorer le rôle du crowdfunding dans l’intermédiation financière, à savoir, le rôle des plateformes de crowdfunding par les prêts et par les actions. Depuis la crise financière, ces plateformes sont parfois perçues comme une opportunité pour introduire plus de concurrence dans l’industrie bancaire, qui est considérée comme concentrée, inefficace et opaque. En même temps, ces nouveaux entrants pourraient présenter des problèmes similaires à ceux des banques traditionnelles avec la présence de la sélection adverse et des problèmes d’agence. L’objectif de ce projet consiste à explorer les différences entre les intermédiaires financiers traditionnels et alternatifs afin de comprendre à quelles conditions ces nouveaux acteurs pourraient améliorer l’efficacité et la stabilité de l’intermédiation financière. Le marché français mérite notre attention pour deux raisons. Premièrement, la France accueille le plus grand marché de crowdfunding en Europe continentale. Deuxièmement, la Banque de France a récemment ouvert “Open data room” qui permet aux chercheurs d’avoir accès aux données détaillées sur les entreprises et leurs relations bancaires. Ces données confidentielles et fermées aux chercheurs ne sont pas accessibles aux Etats-Unis et Angleterre. Dans la partie théorique du projet, nous modéliserons la concurrence entre une grande banque et une petite plateforme de prêt. Nous supposons qu’une plateforme possède une meilleure technologie pour résoudre des problèmes d’asymétrie d’information et est, donc, capable de prêter aux entreprises plus risquées. L’objectif de notre analyse est de comprendre si la concurrence entre les banques et les plateformes améliore les conditions de crédit pour les emprunteurs et les rendements financiers des investisseurs. En outre, nous analyserons l’impact du cadre réglementaire (i.e. les exigences en capital, la réglementation des taux des dépôts) sur les conditions de crédit. Dans la partie empirique du projet, nous continuerons à explorer la concurrence entre les banques et les plateformes et entre les plateformes elles-mêmes. Premièrement, nous étudierons les problèmes de sélection adverse liés au fait que les plateformes accueillent les emprunteurs rejetées par les banques. Nous modéliserons la décision de l’emprunteur de postuler pour un prêt via une plateforme, ce qui nous permettra de comprendre si les banques et les plateformes sont en concurrence pour les mêmes emprunteurs ou si les plateformes prêtent aux emprunteurs exclus du financement bancaire. Deuxièmement, nous évaluerons la technologie de l’intermédiation des plateformes en testant si elles réussissent à alléger les contraintes de crédit des PME et à améliorer leur performance. Nous explorerons également les différentes mécanismes de la formation des taux d’intérêt sur les plateformes et comparerons les conditions de financement entre les banques et les plateformes de crowdfunding. Finalement, nous étudierons la valeur ajouté de plateformes de crowdfunding par les actions pour tester l’existence de la sagesse des foules. L’objectif ultime de notre projet est de proposer un guide de réflexion qui puisse servir aux régulateurs. La première étape consistera à répertorier, en collaboration avec l’OCDE, l’ensemble des pratiques réglementaires des pays de l’OCDE. La régulation devrait protéger les consommateurs, traiter des problèmes d’agence inhérents à l’intermédiation financière, prendre en compte des considérations de concurrence et de stabilité financière.

ANR

2018

MOQAT — Mondialisation, Qualité des Produits et Marche du Travail

La libéralisation du commerce était au cœur des réformes structurelles des dernières décennies. Les effets microéconomiques de l'ouverture commerciale sur la compétitivité des entreprises et les marchés du travail ont fait l'objet d'une grande attention récemment. Les travaux récents (Verhoogen, 2008, Khandelwal, 2010) mettent en évidence des stratégies alternatives de compétitivité des prix pour améliorer l'efficacité des entreprises dans un monde globalisé: les entreprises peuvent augmenter leurs parts de marché à l'étranger en améliorant la qualité de leurs produits. Nos travaux récents montrent que la libéralisation des échanges incite les entreprises à améliorer la qualité des biens intermediaires étrangers pour améliorer la qualité des produits finis exportés (Bas et Strauss-Kahn, 2015). Sur le marché du travail, la littérature a montré que les chocs commerciaux induisent d'importants ajustements du marché du travail qui ont des conséquences sur la distribution des revenues et sur l’emploi (Autor et al., 2013). Ce programme de recherche propose plusieurs projets pour comprendre les mécanismes en jeu. Réalisant des analyses microéconométriques théoriquement fondées sur des données détaillées au niveau produit-entreprise pour plusieurs pays, ce programme de recherche explore les effets hétérogènes du commerce international sur la performance des entreprises, la qualité de la valorisation et la demande d'emploi. Les deux premiers projets portent sur le rôle de la qualité des produits sur les prix et la demande finaux, d'une part, et sur l'impact de la valorisation des biens intermediaires importés sur l'innovation des produits et l'emploi des différentes qualifications, d'autre part. Les deux autres projets examinent la relation entre l'exposition des entreprises aux marchés internationaux et les différents résultats sur le marché du travail national, tels que la volatilité des travailleurs de différentes qualifications et les différences entre le genre dans le statut professionnel. Le dernier projet étudie l'impact de l’allocation des ressources sur la compétitivité externe et étudie si les entreprises qui optimisent leur utilisation de la main-d'œuvre sont plus compétitives sur les marchés internationaux. La principale contribution de ce programme de recherche à la littérature est d'examiner les différentes façons dont les entreprises peuvent améliorer leur compétitivité hors prix dans un monde globalisé et ses effets sur la demande de main-d'œuvre. Les projets de recherche proposés sont innovants de plusieurs façons. Tout d'abord, tous les projets partagent une ambition commune: ils visent à identifier la relation causale entre le commerce international, la performance des entreprises et les résultats du marché du travail reposant sur des microdonnées très détaillées et des stratégies économétriques originales: variations des chocs commerciaux exogènes. Deuxièmement, l'analyse empirique est toujours guidée théoriquement. Tous les projets ont proposé un cadre théorique qui rationalise les mécanismes en jeu et les implications théoriques qui seront testées. Troisièmement, les thèmes de recherche de chaque projet sont nouveaux et originaux et visent à contribuer à la littérature de plusieurs façons: (i) il n'existe aucune preuve de l'impact hétérogène des réductions tarifaires sur les prix à l'exportation en fonction de la qualité du produit au niveau micro ii) aucun travail n'a exploré la relation entre l'amélioration de la qualité des intrants étrangers et le changement technique biaisé des entreprises; iii) il y a un manque des études sur l'impact des exportations des entreprises sur la volatilité de l'emploi iv) on sait peu de choses sur l'impact de la libéralisation du commerce sur l'emploi informel en fonction du genre et des professions et (v) il existe peu de preuves au niveau microéconomique sur la relation entre hétérogénéité des entreprises, compétitivité externe et mauvaise allocation des ressources.

ANR

2018

FIRR — Infrastructure Financière: Risques et Régulation

Le projet «Infrastructure Financière: Risques et Régulation » a pour objet l'architecture des institutions financières promue à la suite de la crise financière de 2008. Notre objectif principal est d'évaluer l’efficacité, l’impact sur la stabilité du système financier et, in fine, sur l’économie de cette nouvelle architecture. Le G20 de 2009 à Pittsburgh a impulsé de profonds changements visant à corriger deux défaillances à l’origine de l'amplitude de la crise : d’une part la diffusion d'actifs incontrôlés tels que les sub-primes, des États-Unis vers la plupart des pays occidentaux à travers des chaînes d'intermédiaires non identifiés (le shadow banking), d’autre part la complexité et l’opacité des contrats reliant les institutions, tels ceux de Lehman Brothers. Pour limiter et mieux contrôler ces arrangements, les régulateurs, suivant les recommandations du G20, ont imposé l'utilisation de contreparties centrales (CCP) pour la plupart des transactions impliquant des titres dérivés, que ces transactions soient conclues sur un marché organisé ou de gré à gré entre deux parties. De plus, toutes les transactions sur dérivés sont reportées dans des registres accessibles aux régulateurs. Les contre-parties centrales, qui sont des entreprises privées, sont ainsi appelées à jouer un rôle crucial dans la prévention des perturbations de marché. Un nouveau risque se pose: tous les membres d’une contrepartie centrale sont exposés à son échec, ce qui pourrait avoir des conséquences dramatiques sur les marchés et la stabilité macroéconomique. Alors que les études sur les échanges sont vastes, les contre-parties centrales ont jusqu'à présent reçu une attention très limitée alors que de nombreux aspects sur leur régulation sont en discussion. Notre projet vise à une analyse compréhensive de l'impact des CCP sur la stabilité des marchés financiers et sur le financement de l'économie. Pour atteindre nos objectifs, nous devrons améliorer notre compréhension sur trois sujets profondément imbriqués touchant aux institutions et infrastructures financières : réglementation, comportements stratégiques et risque de contagion dit systémique. A cette fin, le projet est divisé en trois parties, traitant de la gestion des risques par les CCP et leur résolution en cas de défaut, leur impact sur les institutions financières et leur organisation, et la concurrence et les interdépendances entre les CCP et entre les régulateurs. Nous espérons que notre projet aura un impact dans trois domaines: (1) la conception d’institutions et infrastructures financières résilientes, (2) la promotion de recherches en économie financière, adoptant une approche économique aux mécanismes financiers, et (3) la diffusion auprès d’un large public de connaissances sur le fonctionnement des institutions financières pour une appréciation éclairée des risques qu’elles couvrent et font porter sur l’économie. Le projet regroupe des chercheurs experts en finance et en économie, avec des compétences empiriques et théoriques.

ANR

2018

ANG-G — Archive Numérique Géolocalisée: la collection Gaignières

ANG-G : Archive Numérique Géolocalisée : la collection Gaignières Le projet ANG-G a pour objectif de faire ouvrir une interface de cartographie exploratoire à l’étude inédite de l’une des plus riches collections documentaires jamais accumulées sur l’histoire des familles, des territoires et du patrimoine européen, médiéval et moderne. La collection Gaignières conservée en grande partie à la Bibliothèque nationale de France et à la Bodléienne d’Oxford, est l’œuvre d’un homme qui par ses méthodes de recherche et de classement offre à l’aube des Lumières une vision totalement novatrice de l’histoire et du patrimoine ancrés dans un territoire. Tout à la fois voyageur et homme de cabinet, F.R de Gaignières (1642-1715) a eu l’idée pionnière pour son temps d’entreprendre un inventaire archivistique, archéologique, artistique et sociologique de la France dans son contexte européen, voire extra-européen (jusqu’à la Chine). Quarante années durant, assisté par son dessinateur Louis Boudan et son copiste-paléographe Barthélemy Rémy, il fixe sur le papier les chartes, les monuments et les paysages alentour, soucieux de décrire un monde qui pourrait disparaître. C’est donc un portrait instantané de la moitié Nord de la France et de son patrimoine textuel et monumental (des milliers de copies de textes et plus de 7500 dessins) qu’il nous livre, vierge de toutes les destructions que les trois siècles écoulés depuis - une Révolution et deux guerres mondiales- ont engendrées. Autour du berceau territorial de la Monarchie française exploré in situ, Gaignières tisse ses réseaux érudits et acquiert manuscrits, imprimés et estampes qui documentent les provinces françaises méridionales et les royaumes étrangers. Comme en témoignera l’anglais Martin Lister en 1698 : « Il a toute l’Europe rangée par catégories ». Archiviste inspiré, Gaignières invente un système de classement conforme à sa vision encyclopédique de l’histoire en prise avec son territoire. Par un procédé de copies multiples à l’identique répondant à divers classements thématiques et un principe de renvois, il multiplie les mises en série en variant les échelles d’observation et donnant vie à sa documentation. Cette économie documentaire qui découpe, structure et relie entre eux des champs ouverts et évolutifs, confère à la copie textuelle ou au dessin un sens qui n’est jamais univoque ou exclusif. Ce faisant, sa collection augure sur bien des points nos bases de données informatiques. En dépit de la dispersion de cette exceptionnelle collection après la mort de l’antiquaire au sein des différents départements de la Bibliothèque nationale de France et à la Bibliothèque Bodléienne d’Oxford, les inventaires conservés ont permis sa reconstitution virtuelle dans un site web qui lui est dédié, Collecta. Archive numérique de la collection Gaignières. Fort de cette vision globale retrouvée, le projet ANG-G permettra de découvrir cette collection de manière inédite en offrant la possibilité de visualiser les objets étudiés sur des cartes anciennes ou récentes en faisant varier les échelles d’observation, les temporalités et les critères d’interrogation. L’élaboration de l’interface par un équipe pluridisciplinaire d’historiens, d’historiens de l’art, de géohistoriens et de designers, son adossement à la plateforme web-sémantique et géo-référencée Oronce-Fine et son volet de science participative permettront à un public diversifié de chercheurs et d’amateurs, la réappropriation de cette extraordinaire collection comme source pour la recherche et comme vecteur de connaissance du patrimoine régional, présent ou disparu.

ANR

2018

HOMES — Modéliser la maisonnée : économies et société des premières populations agricoles d'Europe continentale

Inscrit dans la dynamique de recherche sur la Household archaeology, le projet HOMES vise à modéliser l’organisation économique, anthropologique et idéelle des premières sociétés de farmers néolithiques en Europe continentale. La reproductibilité criante des formes de l’habitat de la culture Lbk (céramique linéaire dite « rubanée, 6e millénaire BC), qui s’est diffusée sur près d’un millénaire et 3000 kms à travers toute l’Europe continentale, constitue une documentation archéologique exceptionnelle à l’échelle du néolithique européen. C’est pourquoi elle suscite depuis près de 50 ans de vifs échanges au sein de la communauté des néolithiciens. Différentes théories ont été avancées pour comprendre la structuration de ces habitats, et ce qu’elle pouvait apporter à la compréhension du système social de ces premières populations d’agro-pasteurs, en adoptant un point de vue tour à tour migrationniste, démographique, économique, idéel ou social. Dans ce contexte, l’originalité du projet Homes est de proposer une modélisation integrative et systémique à très haute résolution anthropologique et spatiale, des différentes règles d’intégrations économiques et sociales à la base de l’exceptionnelle pérennité et adaptabilité de la culture rubanée. En abordant la notion de household dans ses dimensions matérielles, idéelles, individuelles et collectives à partir d’une zone atelier délibérément restreinte (la vallée de l’Aisne), le projet Homes cherche à tester à partir des données archéologiques de toutes nouvelles hypothèses sur les différents niveaux d’intégration villageoise (Hachem et Hamon 2014, Gomart et al. 2015). Il tentera de définir: (1) l’évolution de la maturité économique et de la capacité de production de maisonnées autonomes du point de vue alimentaire, (2) l’interdépendance entre maisonnées structurée autour de réseaux de réciprocité et d’une redistribution notamment artisanale, (3) l’intégration d’individus extérieurs à la communauté villageoise assurant la cohésion culturelle à une échelle supra régionale. En associant aux analyses archéologiques, archéo-zoologiques et techno-fonctionnelles à très haute résolution menées jusque-là de façon systématique, de nouvelles compétences en archéométrie (pétrographie, tomographie, analyses chimiques) et en bioarchéologie (archaeobotany, isotopes) sur un échantillonnage ciblé, le projet HOMES se donne les moyens de produire des hypothèses à large portée dans un cadre résolument pluridisciplinaire. Le projet sera structuré en 4 ateliers, dont trois ateliers thématiques et un dernier atelier de modélisation géostatistique : Atelier 1-Organisation et niveaux d’intégration des savoir-faire artisanaux, Atelier 2-Production et la consommation alimentaire, Atelier 3-Statut, vie et mort des individus, Atelier 4-Modélisation spatiale et statistique des interactions entre maisonnées. En confrontant les nouveaux scénarios mis en évidence aux hypothèses déjà proposés dans d’autres régions de l’Europe rubanée, le projet Homes interrogera la reproductibilité du système social rubané, à la fois dans le temps et dans l’espace, et tentera de comprendre si la structure sociale des rubanés du Bassin parisien s’inscrit pleinement dans une tradition voir un certain conservatisme social, hérité d’Europe centrale, ou s’il reflète plutôt une dynamique innovatrice en périphérie d’un mouvement de colonisation en perte de vitesse. En proposant une lecture dynamique, évolutive et intégrative à haute résolution des processus sociaux en jeu dans les mécanismes de néolithisation, le projet Homes vise à renouveler fondamentalement notre connaissance des règles et réseaux régissant les premières populations agricoles d’Europe.

ANR

2018

IBS — Intuitions Bolzaniennes

L'un des penseurs les plus sous-évalués du XIXeme siècle est le grand philosophe et mathematician Bernard Bolzano. Parmi les héritages philosophiques profonds que Bolzano nous a laissés, il y a le concept de 'Abfolge', ou 'fondement', qui a été ignoré par ses successeurs, mais qui connaît aujourd'hui un nouveau succès important. Le but de ce projet est de développer une théorie neo-Bolzanienne du 'fondement', en utilisant des outils formels et conceptuels contemporains. Cette entreprise a un double intérêt. Un intérêt conceptuel, car nous croyons fermément que la conception Bolzanienne a toujours beaucoup à nous apprendre; un intérêt historique, car en développant une approche neo-Bolzanienne du grounding, nous allons donner une nouvelle vie à Bolzano et ses contributions philosophiques.

ANR

2018

MAPARABIA — Cartographier l’Arabie antique, faire évoluer les connaissances et changer de paradigmes

Depuis 50 ans, le passé préislamique de la péninsule Arabique a été l’objet d’une recherche dynamique et féconde. Les données accumulées sont considérables. Toutefois, les outils permettant leur analyse et les travaux de synthèse manquent encore. C’est sur la base de ce constat que le projet MAPARABIA a été élaboré. Notre objectif est de modéliser les dynamiques territoriales et culturelles de l’Arabie antique en croisant les données archéologiques et épigraphiques, et ainsi de permettre la production d’une histoire régionale renouvelée du début du Ier mill. av. J.-C. au VIIe s. ap. J.-C. Les problématiques sous-jacentes sont multiples. Elles ont trait aux processus de peuplement en milieu aride ; aux langues et écritures tant pour leur contenu que comme marqueurs identitaires ; à l’organisation socio-politique de l’Arabie antique et à son évolution ; à la nature et à l’évolution des pratiques religieuses ; à l’adoption du judaïsme et du christianisme et à leur influence sur l’émergence de l’islam. Cette approche se veut globale et sociétale. Notre ambition est autant d’apporter un éclairage nouveau sur l’origine des sociétés de l’écrit à la période préislamique que d’étudier leur évolution jusqu’à la transition majeure que représente l’émergence de l’islam. En ce sens, le projet aborde de nombreux thèmes et enjeux définis dans le Plan d’action 2018 de l’ANR (Défi 8, axe 5 : Cultures, création, patrimoines). Le projet relève de champs disciplinaires variés : histoire, archéologie, épigraphie, linguistique, paléographie, géomatique et géographie. Pour le mener à bien, il réunit 15 chercheurs relevant de ces domaines et de 4 des principaux laboratoires se consacrant à l’Arabie antique : Orient & Méditerranée (UMR8167, Paris), Archéorient (UMR5133, Lyon), Dipartimento di Civiltà e Forme del Sapere (University of Pisa) et ISMA (CNR, Rome). Il permet d’établir un partenariat étroit entre les chercheurs français porteurs de bases de données archéologiques et épigraphiques et l’équipe italienne porteuse de la Digital Archive for the Study of pre-Islamic Arabian Inscriptions, projet phare dans le domaine des humanités numériques et de l’épigraphie. La méthode mise en œuvre consiste à réunir, homogénéiser, cartographier et analyser les données à travers une double approche, sémantique et spatiale. L’un des intérêts de cette méthode sera de visualiser dans l’espace et sur le temps long l’évolution du peuplement et des phénomènes culturels. Les processus d’émergence, de dispersion, d’acculturation, d’adoption, d’adaptation, de contraction et de déclin ainsi mis en évidence pourront être analysés en termes historiques. Le projet comporte quatre activités principales (workpackages), chacune débouchant sur un livrable défini : 1) développement d’une géobase numérique et d’un Système d’Information Géographique (SIG) en ligne consacré à l’Arabie antique ; 2) développement d’un Système d’Organisation des Connaissances (KOS) sous la forme d’un index toponymique ; 3) publication d’un Atlas historique de l’Arabie antique ; 4) développement d’un Dictionnaire thématique de l’Arabie antique en ligne. La conception d’outils pour l’analyse (SIG, KOS) et de synthèses (Atlas, dictionnaire) a pour finalité d’illustrer les récents changements de paradigmes dans l’histoire régionale et d’en susciter de nouveaux. Le projet bénéficie du soutien de la TGIR Huma-Num (hébergement, solutions logiciels, diffusion) et se conformera aux exigences de l’open access, tant pour les données que leurs publications. A l’issue du projet, tous les spécialistes de l’Arabie ancienne auront à disposition une archive pérenne et interopérable (géobase, index toponymique, dictionnaire) diffusée en ligne par le biais d’un module de cartographie et d’un dictionnaire thématique. Au-delà, l’ensemble de la communauté scientifique et un large public auront une facilité d’accès et de lecture à des données essentielles pour la compréhension des mondes anciens et des débuts de l’islam.

ANR

2018

TransPerse — Les Actes des martyrs perses entre Orient et Occident. Transmissions interculturelles et représentations au début du 5e s.

TRANSPERSE Les Actes des martyrs perses entre Orient et Occident. Transmissions interculturelles et représentations au début du 5e siècle. Le projet TRANSPERSE souhaite élaborer, par des approches pluridisciplinaires, une histoire des échanges interculturels entre la Perse et les espaces aux frontières – Caucase, milieu byzantin – jusqu’à l’Égypte et l’Occident latin, sur une période circonscrite : les règnes des Sassanides Yazdgird I et Wahram V (399-438) à partir du croisement d’une riche documentation littéraire largement inédite et inexploitée, parfois difficile d’accès ou encore mal identifiée, ayant pour support un outil numérique ouvert adressé à un large public. Les Actes des martyrs perses offrent sur cette période un témoignage exceptionnel : ces matériaux littéraires, originellement rédigés en syriaque par les communautés chrétiennes de l’empire, constituent un tout homogène et absolument unique formant un cycle sur les deux règnes. Le premier objectif est de réunir, éditer et analyser les Actes de cette période pour la première fois dans leur globalité. Le second défi, qui lui est corrélé, sera d’étudier ces Actes dans le prisme des transmissions interculturelles entre Orient et Occident. Ces recherches interdisciplinaires souhaitent contribuer à mieux comprendre le rôle essentiel des textes produits par les communautés chrétiennes de Perse dans la construction des identités au sein des sociétés de l’Orient chrétien mais aussi des territoires d’Occident : produits en Iran, ils ont été très tôt diffusés vers des espaces culturels exogènes – copte, byzantin, caucasien, arabe, éthiopien mais aussi latin. Les modalités de diffusion de ces textes martyrologiques, les échanges interculturels entre les communautés de cette vaste aire géographique restent méconnus, comme aussi la question fondamentale du rôle des milieux chrétiens orientaux lettrés, notamment en Occident, dans ces mobilités inter-textuelles. Les approches comparatives constituent un atout majeur pour percevoir ces transmissions « trans-aires ». Le troisième enjeu est de faire émerger les images de ces règnes contrastés en croisant la documentation d’autres corpus, contemporaine et postérieure, spécialement en arabe et en persan. Tout ce matériau, relevant de langues diversifiées (syriaque, grecque, arménienne, copte, éthiopienne, persane, arabe et latine), d’espaces différents et d’époques différentes, sera mis en synergie grâce à des publications originales, un colloque international, associés à la création d’un “Sourc-e-book” – une base de données ouverte centralisant l’ensemble des documents et inédits sur les quarante premières années du Ve siècle en Perse. Ce projet souhaite apporter une avancée importante à un domaine scientifique peu exploré et surtout très cloisonné, en mettant à disposition de la communauté scientifique nationale et internationale, en libre accès, un instrument de recherche novateur. La constitution d’une équipe interdisciplinaire pour la mise en œuvre de ces travaux contribuera à combler une réelle lacune, et permettra de lever deux verrous scientifiques essentiels : l’inaccessibilité de nombreux documents issus des communautés chrétiennes d’Orient du fait de leur caractère souvent inédit ; celui de la carence dans le traitement et l’analyse historique pour déterminer par exemple les processus de transfert vers les autres langues. Il s’agira aussi de contribuer à renforcer un réseau de recherche afin de susciter à l’avenir de nouvelles initiatives scientifiques sur d’autres périodes sassanides ou d’autres sources au niveau national et international. La valorisation des connaissances obtenues contribuera par ailleurs à sensibiliser le public à l’histoire des chrétiens du Proche et Moyen-Orient, aux racines pré-islamiques millénaires de ces régions. Les conflits inter-communautaires d’hier contribuent à mieux comprendre les façonnements des identités d’aujourd’hui.

ANR

2018

VICONTE — Evaluation de la confiance visuelle

La confiance visuelle fait référence à notre capacité à estimer la justesse de nos décisions en perception visuelle. Par rapport à d'autres formes de métacognition, la méta-perception a récemment suscité un sursaut d'études, sans doute parce que la perception bénéficie déjà de cadres théoriques forts. Nous avons récemment affiné ces cadres existants en proposant de distinguer clairement les évidences sensorielles de certaines «évidences de confiance» qui déterminent la décision de confiance. Le problème est maintenant de caractériser les propriétés et les conséquences de cette évidence de confiance, et c'est le but de la présente proposition. Au fur et à mesure que le nombre d'études augmente, il devient clair que la confiance visuelle n'est pas simplement une estimation bruitée de la décision perceptive, mais dépend plutôt d'un grand nombre de facteurs. Nous avons identifié quatre axes qui, selon nous, contribueront à façonner les données de confiance: (1) variabilité inter-individuelle, (2) accessibilité des tâches, (3) confiance globale et (4) apprentissage perceptif. Le but du premier axe est de comprendre quels indices sont utilisés pour la confiance, et à cette fin, nous étudierons la variabilité de confiance entre individus. Une partie de la variabilité idiosyncratique dans l'efficacité du jugement de confiance pourrait provenir d'une tentation variable d'exagérer l'impact du bruit de stimulus sur l'estimation de sa propre performance. Dans le deuxième axe, nous essaierons de comprendre ce qui dans une tâche détermine l'accessibilité à la confiance visuelle. En particulier, nous testerons l'hypothèse selon laquelle des tâches de plus haut niveau, telles que l'identification d’un visage, conduisent à une meilleure efficacité de confiance que les tâches de bas niveau, telles que détecter si deux segments sont bien alignés. L'objectif du troisième axe est de comprendre comment les individus construisent un sentiment de confiance pour une tâche dans son ensemble, et non pour un seul jugement isolé. Nous commencerons par étudier attentivement comment la confiance s'accumule au sein d'un ensemble de stimuli et comment comparer une telle confiance globale avec une seule décision. Enfin, dans le quatrième axe, nous étudierons comment l'apprentissage perceptuel bénéficie de la confiance visuelle. En particulier, nous testerons dans quelle mesure les données de confiance peuvent être considérées comme un signal d'erreur interne pouvant servir de procuration pour un feedback externe. Nous croyons qu'une meilleure compréhension de ces quatre aspects fondamentaux de l’évidence de confiance nous aidera à dériver un modèle précis et utile de la confiance visuelle, et finalement de la métacognition.

ANR

2018

SIRS-4 — Inégalités sociales de santé dans un contexte urbain à l’heure de changements socioéconomiques majeurs: étude des déterminants individuels et contextuels dans le Grand Paris

L’étude SIRS (Santé, Inégalités et Ruptures Sociales) a pour objectif d’étudier les déterminants sociaux et territoriaux de la santé dans l’agglomération parisienne. Elle inclut 3 000 personnes qui constituent un échantillon représentatif de la population adulte vivant dans Paris et la petite couronne (départements 75, 92, 93 et 94). Les personnes sont tirées au sort dans 50 quartiers (IRIS, ~ 2000 habitants), avec un suréchantillonnage des quartiers défavorisés. Dans chaque quartier 60 ménages sont sélectionnés, et un adulte est choisi au hasard dans chaque ménage. Trois vagues de recueil de données de l’étude SIRS ont déjà été réalisées en 2005, 2007 et 2010. Depuis 2010, des changements majeurs sont intervenus dans la société et dans l’agglomération parisienne : création des Agences Régionales de Santé (ARS), réalisation de travaux de rénovation urbaine visant à améliorer l’environnement bâti et mise en place des Ateliers Santé Ville pour l’amélioration de la santé des habitants dans les quartiers défavorisés. En outre, la crise économique a commencé en 2008, mais ses effets ont été particulièrement visibles à partir de 2011 et ont affecté de façon disproportionnée les personnes avec une faible situation sociale. Étant donnés les changements économiques majeurs et les modifications dans le monde du travail (augmentation de l’instabilité de l’emploi, dégradation des conditions de travail), il est important de mieux comprendre le lien entre santé et conditions de travail, en lien avec la situation sociale et familiale des individus. Par ailleurs, les populations migrantes, présentant une forte ségrégation sociale et spatiale en Ile de France, doivent faire l’objet d’une attention spécifique. Dans ce contexte, l’objectif de ce projet est d’organiser une quatrième vague de l’étude SIRS. Les thèmes de recherche suivants seront étudiés : 1/ évolution des différentiels sociaux de santé et facteurs explicatifs entre 2005 et 2018 ; 2/ santé et déterminants sociaux de la santé des populations migrantes ; 3/ effet des conditions de travail et des contraintes familiales sur la santé et différences par situation sociale et sexe ; 4/ dynamique des quartiers et effets sur la santé des habitants. Divers événements de santé seront étudiés : santé mentale et physique, comportements de santé et recours aux soins curatifs et préventifs. Nous identifierons l’ensemble des logements dans chacun des 50 quartiers de l’étude SIRS puis sélectionnerons au hasard 60 ménages par quartier. Nous conduirons ensuite des entretiens en face à face au domicile des personnes, complétés par questionnaire web. Les données seront recueillies par questionnaire (caractéristiques démographiques, socio-économiques et psychosociales, facteurs liés au travail, liens sociaux, santé et expériences spatiales), mais seront aussi obtenues à partir des bases de l’Assurance Maladie (consommation de soins des personnes) et du système d’information géographique régional et du recensement général de la population (caractéristiques contextuelles des différents quartiers de vie). Une fois les données collectées, nous calculerons des poids pour tenir compte de la méthode d’échantillonnage et redresserons nos données selon la distribution par âge et sexe de la population vivant dans Paris et la petite couronne. Les résultats du projet permettront d’améliorer la compréhension des inégalités sociales de santé, un enjeu majeur de santé publique. Le contexte dans lequel les gens vivent est étroitement lié à leur santé, et l’étude SIRS, grâce à sa conception, permettra d’étudier comment la santé, les caractéristiques sociales des individus et les caractéristiques des territoires où ils évoluent interagissent. En raison de la dimension régionale des données, le projet fournira des renseignements utiles pour informer les décideurs régionaux grâce aux contacts réguliers entre l’équipe de recherche portant le projet et l’ARS ou l’ORS Ile-de-France.

ANR

2018

WIsDHoM — Inégalités patrimoniales et dynamiques du marché du logement : Comprendre le Régime d’Inégalités Spatiales liées au marché IMMObilier (CRISIMMO)

WIsDHoM analyse la croissance des inégalités socio-spatiales dues à l’inflation des prix immobiliers. Dans la majorité des villes, les prix du logement ont crû plus vite que les revenus. L’immobilier est ainsi devenu une composante essentielle des inégalités, les ménages concentrant toujours plus leurs investissements et leur patrimoine dans ce secteur. Un PRC (CES 41, challenge B8, axe 2) est sollicité pour étudier les inégalités de revenu et de patrimoine selon une approche pluridisciplinaire (géographie, aménagement du territoire, histoire, sciences politiques, sociologie, économie) et comprendre le rôle de l’immobilier dans le renforcement des inégalités spatiales et patrimoniales. WIsDHoM réunit des experts du logement afin d’analyser le caractère systémique des inégalités liées aux dynamiques et au contexte politique et financier du marché français depuis la fin des années 1990. Les agglomérations françaises se distinguent depuis une vingtaine d’années par une hausse durable des prix doublée d’une augmentation régulière du taux de propriétaires. Cette situation qualifiée de “bulle robuste” (Timbeau, 2013) accrédite l’idée d’un nouveau régime de prix élevés (Tutin, 2013b) susceptible d’expliquer la résilience des marchés, paradoxale au vu de la dégradation du pouvoir d’achat des ménages et de la rentabilité des logements locatifs après la crise de 2008. Ce régime articule des facteurs de différents niveaux : nationaux (conditions d’accès au crédit, incitation à l’accession à la propriété, place croissante de la propriété immobilière dans les patrimoines des ménages et comme forme de protection se substituant aux systèmes de protection sociale), et locaux (politiques de stimulation du marché et différenciation spatiale des prix de l’immobilier). L’ambition du projet WIsDHOM consiste à saisir les interactions entre la dynamique locale des prix, les inégalités et les politiques menées. La variabilité des prix des logements, dépendant d’un certain nombre de conditions locales, détermine à la fois le tri social des propriétaires immobiliers, les conditions de (dé)valorisation du patrimoine des ménages, et les opportunités immobilières pour les acteurs locaux, publics ou privés. En retour ces éléments influencent les conditions de marché. C’est l’étude spatialisée de cet effet d’auto-renforcement qui constitue le cœur du projet. Afin de restituer la spatialisation de ce régime d’inégalités, l’étude s’appuie sur trois cas à trois niveaux de la hiérarchie urbaine : Paris, Lyon et Avignon. L’analyse empirique consiste en une approche multiscalaire pour saisir l’articulation entre les politiques nationales, locales et les stratégies des ménages. Notre programme scientifique se décline en trois axes : 1) une analyse approfondie de la construction sociale des marchés locaux du logement par les acteurs publics et privés dans les trois agglomérations retenues 2) L’analyse spatiale des inégalités d’accès à la pierre à partir de bases de données désagrégées (transactions immobilières, fiscalité, crédit immobilier, cadastre) ;3) Une enquête ménages sur les stratégies patrimoniales dans nos trois terrains, visant à mettre en évidence d’une part les formes d’enrichissement et de vulnérabilisation liées à la propriété immobilière et, d’autre part, la façon dont ces stratégies (réhabilitations de logements, bimby, nimby, etc.) peuvent avoir des répercussions sur les politiques locales de l’habitat. L’expertise pluridisciplinaire de l’équipe en matière d’enquête et de traitement des données permettra de relever le défi de l’intégration de sources jamais traitées conjointement jusqu’ici.

ANR

2018

AMIAF — ''Aliéné mental'' et ''indigène''. Histoire juridique d'une double discrimination de statut en Afrique française (Fin XIXe siècle-1960)

Le projet de recherche AMIAF se propose de réaliser une enquête historico-juridique ayant pour objet les discours et les pratiques juridico-administratifs qui président à la construction et au fonctionnement du statut de l’« aliéné indigène » dans les territoires africains colonisés par la France, entre les deux dernières décennies du XIXe siècle et 1960. Dans le discours du droit colonial, l’altérité constitutive de l’« indigène » – fondée sur des considérations ethniques et justifiant le clivage entre le « citoyen français » et le « sujet français » – se double d’une différence supplémentaire qui touche à la sphère de la pathologie mentale. Cette étude se propose d’interroger les enjeux (politiques, économiques et sociaux) et les effets découlant de la double discrimination de statut, produite à l’intersection des catégories d’« indigène » et d’« aliéné », tout au long de la colonisation française en Afrique. À cette fin, cette recherche se compose de deux volets. Le premier vise à détecter les éléments qui permettent aux juges et aux administrateurs de classer les individus, originaires du continent africain, parmi « aliénés ». Il s’agira d’étayer l’hypothèse suivant laquelle, en situation coloniale, les éléments dont les juristes et les administrateurs s’emparent pour classer l’indigène comme aliéné émanent essentiellement de l’observation du corps et des réponses comportementales des individus. Le deuxième veut interroger l’usage de savoirs extra-juridiques utilisés dans les discours et dans les pratiques juridico-administratives pour cerner l’« esprit indigène » et pour opérer une distinction entre le « normal » et le « pathologique ». En faisant attention aux changements intervenus aux différents moments de la présence française en Afrique, ainsi qu’aux spécificités des différents territoires africains colonisés, il sera question de faire ressortir les enjeux du choix des acteurs institutionnels de mobiliser certaines connaissances sur le psychisme et d’en écarter d’autres. En raison de la nature même de l’objet d’étude, la méthode historico-juridique, dont cette recherche s’inspire essentiellement, croisera impérativement les approches méthodologiques et les questionnements épistémologiques propres à d’autres disciplines (parmi lesquelles l’anthropologie, psychologie et l’histoire des sciences figurent au premier chef). Dans la même perspective, outre à la mobilisation des sources juridiques et administratives, la réalisation de ce projet nécessitera de faire attention aux sources relatives à la médecine, à la psychiatrie et à la psychologie coloniales, à l’anthropologie, à l’ethnologie. En reconstruisant un pan, aussi crucial que négligé, des modes opératoires de la justice et de l’administration coloniales face aux troubles mentaux, ce travail souhaite combler un vide historiographique, impulser au sein du laboratoire d’accueil un secteur d’études novateur à vocation pluridisciplinaire et propulser une nouvelle équipe, dynamique et hétérogène, composée par des spécialistes de différentes disciplines. Évoquant des questions d’une actualité brûlante, le projet AMIAF se propose, en outre, de fournir une perspective historique essentielle à la compréhension des processus contemporains d’assignations identitaires et de discrimination, fondés sur des considérations relative à l’ethnie, à la race, à l’origine, à l’état de santé. De ce fait, la plupart des produits finaux de cette recherche – carnet de recherche AMIAF, bibliothèque numérique, exposition virtuelle sur l’enfermement asilaire en Afrique, colloque, journées d’études, ouvrage – s’adressent à un public hétérogène, comprenant à la fois les chercheurs, les acteurs politiques, les juristes, les professionnels de la santé mentale travaillant avec les populations issue de l’immigration, les étudiants, le grand public.

ANR

2018

MCB — La culture matérielle en Babylonie au Ier millénaire av. J.-C.

L'objectif de notre projet est de reconstituer la culture matérielle la plus complète possible de la Babylonie du 1er millénaire av. J.-C. La priorité sera donnée a` l'étude des données textuelles très riches qui illustrent des processus de fabrication et des objets qui n'ont pas été conservés dans leur contexte archéologique. La reconstruction de la culture matérielle, définie comme l'ensemble des objets créés par l'homme, implique d'étudier la nature de ces objets, mais aussi de comprendre l'identité et les techniques de ceux qui les ont fabriqués, et la manière dont mobilier, outils, armes, etc. étaient utilisés. L'âge du fer en Babylonie est la période la plus ancienne pour laquelle il est possible d'étudier l'impact de l'argent et du marché sur la production et la consommation des biens de consommation. Notre hypothèse est que la culture matérielle nous renseigne sur les innovations technologiques ainsi que sur les conséquences de la monétisation et des échanges de marché.

ANR

2018

SALMEA_18 — Accomplissement personnel et moralités locales en Afrique de l'Est

En Afrique de l’Est, les transformations structurelles récentes ont profondément modifié les représentations de l’autorité, de la propriété, de l’héritage et de la parenté. Les formes d’accomplissement personnel, c’est-à-dire ce que représente une vie bien conduite suivant les valeurs propres aux moralités locales, et les moyens d’y parvenir se sont renouvelés. Parmi les éléments qui constituent l’accomplissement personnel et qui s’entremêlent avec l’ethnicité, les adhésions religieuses, le genre, la classe sociale ou les générations, nous considérons les représentations de la richesse, du respect, de l’autorité, de l’honneur, de la réputation et de la transmission. Ce projet propose d’étudier les façons dont les Est-Africains conduisent leur vie pour s’y conformer et mobilisent différents registres de valeurs locaux. En d’autres termes, nous étudions les relations dialectiques entre les formes d’accomplissement personnel et les moralités locales. Pour cela, nous étudions quatre thématiques: les représentations de la richesse, de la violence, de la religion et de la parenté. Ainsi, les récits évoquant une vie accomplie évoquent tant la richesse que la transmission aux enfants. L’ethnicité et les appartenances religieuses offrent également des indications précises sur les formes d’accomplissement personnel. Que se passe-t-il lorsque la situation socioéconomique ne permet plus d’y parvenir ? L’usage de la violence ou l’adhésion à de nouveaux mouvements religieux permet alors de découvrir des formes innovantes d’accomplissement et d’obtenir le respect de ses proches. Bien que nous distinguions, heuristiquement, ces différentes thématiques, elles sont intrinsèquement liées : la richesse suscite le respect, alors que celui-ci facilite l’enrichissement. Les recherches sur le Kenya central ont montré que l’accomplissement personnel pour les hommes s’obtenait grâce à la possession de terre mise en culture, par le mariage et la naissance des enfants. Toutefois, les hommes qui ne possédaient pas de terre avaient d’autres moyens d’y parvenir : ils défrichaient des terres vierges, ou razziaient les groupes voisins pour enlever bétail, épouses et enfants. Aujourd’hui, acheter des terres à cultiver est très onéreux tant pour les hommes que pour les femmes : ils cherchent de nouvelles formes d’enrichissement, à obtenir le respect de leurs pairs ou à être socialement reconnu. Ces formes s’inspirent des modèles alternatifs anciens en les combinant avec les nouveaux mouvements religieux, avec les appartenances ethniques et nationales ou en s’inspirant des répertoires transnationaux de valeurs proposés par la globalisation. Tant les hommes que les femmes déploient aujourd’hui de nouvelles formes d’accomplissement personnel. Pendant des siècles, la région fut modelée par la migration et le commerce, avant de s’intégrer au sein des réseaux commerciaux de l’Océan indien au XVIIIe et au XIXe siècle et de subir la domination coloniale au XXe siècle. Chaque pays a alors suivi des trajectoires historiques qui définissaient des territoires distincts, des souverainetés différentes : ils ont cultivé des formes de nationalisme propre. En revisitant les recherches sur les moralités locales et l’accomplissement personnel propre à l’Afrique de l’Est, nous renouvellerons les débats scientifiques actuels sur les liens entre systèmes de valeurs et pratiques sociales et observerons leurs profondes transformations. Nous étudierons précisément comment les différents registres identitaires s’entremêlent pour offrir de nouvelles perspectives d’accomplissement personnel tout en transformant les moralités locales. Les résultats de ce projet offriront des éléments pour développer de nouvelles politiques sociales ou susciter des formes d’interventions de la société civile destinées à débloquer la situation actuelle qui interdit aux hommes comme aux femmes de s’accomplir personnellement.

ANR

2018

LUBARTWORLD — Migration et Shoah. Pour une microhistoire globale des trajectoires des Juifs de Lubartow à travers le monde, des années 1920 aux années 1950

La question des migrations de populations est l’un des enjeux majeurs de la période contemporaine. Parallèlement, la mise en place d’une politique systématique de catégorisation, discrimination, persécution puis extermination des Juifs européens constitue l’un des événements principaux de la première moitié du 20e siècle. L’objet de ce projet consiste à comprendre les relations entre ces deux histoires qui bien souvent s’ignorent. Son originalité consiste à relier ces deux domaines afin de mieux comprendre l’histoire des inter-relations entre migrations et persécutions dans le premier vingtième siècle, deux processus qui transforment en profondeur la configuration de l’Europe, dans ses connexions au monde, notamment atlantique et océanien. A cette fin, il propose de reconstituer, dans une perspective de micro-histoire transnationale, les trajectoires d’un groupe de Juifs polonais, des années 1920 au début des années 1950. La démarche qui croise prosopographie, approche nominative et analyses de trajectoires, projette de suivre, dans la durée, les parcours et itinéraires de l’ensemble des habitants juifs d’une localité de Pologne : Lubartow, située non loin de Lublin, sur le Wieprz. Il s’agit de comprendre comment on peut expliquer les comportements d’émigration, leurs scansions chronologiques et leurs conséquences sociales, économiques, mais ici bien souvent vitales. La mise en regard des processus de migration et de persécution, à partir d’une étude intensive non pas d’un lieu, mais des personnes de ce lieu, constitue l’une des mises à l’épreuve possibles des atouts et difficultés d’une microhistoire de la Shoah, comprise dans son interrelation avec les migrations dans l’Europe du premier 20e siècle. Le cadre méthodologique du projet LUBARTWORLD est celui d’une micro-histoire globalisée. En effet si le projet part de Lubartow, il mène au monde, dans sa globalité, puisque les Lubartoviens le sillonnent et que leurs trajectoires incarnent à leur manière les bouleversements que connaissent l'Europe et le monde au 20e siècle. Néanmoins, il se distingue en ce qu’il adopte non pas l’échelle de trajectoires individuelles, mais l’échelle d’un groupe, de 3000 personnes, et plus exactement d’un collectif. Dès lors, ce projet appelle à la mise au point de techniques quantitatives du matériau recueilli. C’est donc à une compréhension de l’histoire globale du monde à partir de celle des habitants d’un shtetl que le projet LUBARTWORLD invite.

ANR

2018

FORMY — Formation de la myéline

Les fonctions complexes du système nerveux reposent sur deux grandes familles de cellules : les neurones d’une part et les cellules gliales d’autre part. Alors que les neurones sont responsables du traitement des informations, les cellules gliales assurent une grande palette de fonctions de soutien. Chez les vertébrés, certaines cellules gliales (oligodendrocyte dans le système nerveux central et cellule de Schwann dans le système nerveux périphérique), sont responsables de la synthèse de la gaine de myéline, qui enroulée autour des axones à longue projection, pourvoie à leur isolement électrique, assure une accélération considérable de la vitesse de conduction de l’influx nerveux et en subvenant à leur soutien métabolique est nécessaire à leur survie. De ce fait il est clair que l’acquisition de la gaine de myéline a été un élément clef du succès évolutif des vertébrés, alors que chez les invertébrés les cellules gliales ne sont pas capables de former une gaine de myéline. Malheureusement, la survenue de démyélinisation, c’est à dire de la perte de la gaine de myéline, dans certaines affections neurologiques humaines, dont la plus fréquente est la Sclérose en Plaques (SEP), est extrêmement délétère pouvant conduire à un handicap sensori-moteur sévère et permanent. Bien que puisse survenir dans la SEP une remyélinisation spontanée, les études neuropathologiques ont clairement illustré que ce mécanisme remarquable de réparation des lésions de démyélinisation est le plus souvent insuffisant, malgré la présence en abondance, dans et autour des lésions, de cellules du lignage oligodendrocytaire. Quelles sont les raisons qui empêchent ces cellules de remyéliniser ? Est-ce une absence à la surface des axones de molécules attractives ou au contraire ces axones dénudés expriment-ils à leur surface des molécules répulsives, inhibitrices de la myélinisation ? Alternativement est-ce le programme de myélinisation oligodendroglial qui est inhibé par la présence de quelques facteurs inconnus ? Notre ambition réside dans notre volonté d’amener biologistes et physiciens théoriciens à déchiffrer les mécanismes moléculaires qui contrôlent les interactions entre neurones et cellules gliales et de briser le code qui empêche les cellules gliales d’invertébrés de s’enrouler autour des axones. Nous souhaitons dans le même temps, grâce à la présence dans notre groupe d’une philosophe historienne des sciences, développer le cadre théorique qui nous permet d’aboutir à nos résultats dans le contexte des progrès scientifiques antérieurs et présents. Dans une premier temps nous définirons les bases physiques de la sélection naturelle et nous appuierons sur un modèle simple d’invertébré (la drosophile) afin de définir les réquisits génétiques nécessaires au développement de l’enroulement des axones par les cellules gliales. Afin d’identifier les traits conservés au cours de l’évolution, les gènes d’intérêt seront testés dans un système vertébré, en les appliquant à notre système déjà bien établi de chimère invertébré-vertébré (Drosophile-Xénope) en co-culture ainsi que par transplantation intra cérébrale. La perspective historique nous conduira à articuler nos approches expérimentales et à peaufiner nos modèles de fibres nerveuses. Le but de notre projet est donc de découvrir le minimum requis pour induire un programme de myélinisation sous un angle complètement innovant jamais appliqué, à notre connaissance, à ce jour. Nous anticipons qu’outre les apports théoriques fondamentaux de notre démarche, briser le code du programme de myélinisation, c’est à dire d’enroulements successifs autour des axones, ouvrira des perspectives originales et inattendues de traitement des maladies démyélinisantes.

ANR

2018

TIREX — Transfert des apprentIssages de Retours d’EXpériences scientifiques pour le renforcement des capacités de réponse et d’adaptation individuelles et collectives dans un contexte de changement climatique (Petites Antilles du Nord - saison cyclonique 2017

Le projet TIREX s’inscrit dans la continuité de premières missions collectives réalisées en octobre dernier aux Antilles suite aux trois ouragans, Irma, José et Maria. L’objectif est de compléter l’analyse des impacts et de renforcer le suivi de la reconstruction territoriale, en favorisant l’analyse comparative entre territoires du Nord des Antilles, et en formalisant des méthodes de RETEX scientifique continu. Il se propose de participer à l’amélioration de l’alerte cyclonique, d’identifier les facteurs de vulnérabilité hérités, de renforcer les capacités d’adaptation et de réponse des territoires et des sociétés dans un contexte de changement climatique. TIREX sera organisé en tâches complémentaires croisant les compétences de tous les membres du groupement (géographie des risques, analyse spatiale, géomorphologie, sciences politiques, médiation scientifique, physique de l’atmosphère, modélisation, climatologie). TIREX porte une dimension pré-opérationnelle d’accompagnement des acteurs de la gestion des risques et de la reconstruction, populations comprises, via le transfert et la mise en pratique des résultats. La consolidation, dissémination et valorisation des résultats du projet sera adaptée au contexte culturel et géographique des territoires ciblés. Elle mobilisera des outils de transfert des savoirs et d’éducation novateurs, fondés sur des approches participatives, des mises en situation, des outils numériques en ligne et interactifs, des guides de bonnes pratiques… Le projet intégrera les dernières connaissances sur les évolutions futures du climat aux Antilles apportées par le programme en cours C3AF sur le changement climatique et ses conséquences aux Antilles.

DIM Ile-de-France

2018

DUROMET — Cartographies de microdureté des métaux archéologiques

Le projet vise à doter la communauté francilienne s’intéressant aux métaux du patrimoine (une dizaine de laboratoires dans le DIM, dont un consortium de 5 laboratoires réunis dans le cadre de la thèse QUALIFE financée par le DIM Matériaux anciens et patrimoniaux et de l’ANR BROGLASEA), d’un appareil permettant de cartographier la microdureté des métaux. Cet appareil fournira des données essentielles sur le comportement mécanique des matériaux anciens et sera le seul en ile de France entièrement dédié à la recherche sur les matériaux anciens.

DIM Ile-de-France

2018

AMIE — Archéologie et microscopie électronique

Le projet Archéologie et Microscopie Electronique – AMIE a pour objet de faire monter en compétence la plateforme SIMO (Service d’Imagerie et de Microscopie Optique) de la Maison Archéologie & Ethnologie, René-Ginouvès (MAE), en l’ouvrant à la microscopie électronique. Cette plateforme actuellement dédiée à l’analyse des vestiges anthropiques et naturels via un parc de microscopes optiques, sera ainsi en mesure d’accroître son offre en matière d’acquisition et d’exploitation des données. Ce nouvel équipement, un microscope électronique à balayage (MEB) conventionnel à pression variable couplé à un détecteur EDS (Energy dispersive spectrometry), fera émerger de nouvelles perspectives de recherche pour les membres des laboratoires SHS et leurs étudiants en lien avec les sciences chimiques. Il interviendra dans de nombreux champs d’application pour répondre à des problématiques technologiques et fonctionnelles sur des objets anthropiques de différents matériaux (roches, matières osseuses, terre cuite et non-cuite, métal, bois), sur des restes humains et notamment des dents ou encore sur des restes de faune. Il permettra également aux spécialistes des paléo-environnements de préciser leur détermination par une observation plus fine des structures et des tissus des micro-organismes et des écofacts (graines, charbons, phytolithes, pollens, amidons). Ces différentes applications s’articuleront autour de projets transversaux relatifs à l’étude des systèmes techniques et économiques des sociétés du passé, des ressources de l’environnement et des paysages naturels ou culturels, dans la synchronie et la diachronie.

DIM Ile-de-France

2018

CAMELIDOM — Des chasseurs aux éleveurs dans les Andes centrales : analyse du processus de domestication des camélidés au Pérou

Les lamas et les alpagas ont été domestiqués à la période précéramique à partir de deux espèces sauvages : les guanacos et les vigognes. Les deux espèces domestiques ont joué un rôle économique et symbolique majeur dans le développement des sociétés préhispaniques. Les travaux archéozoologiques et génétiques montrent qu’il existerait trois centres indépendants de domestication et que ce processus aurait eu lieu entre 6000 et 3800 BP. Le centre de la zone centrale andine est documenté à partir de l’étude du site de Telarmachay (Pérou). Ces études suggèrent que cette région fut un foyer primaire de la domestication des camélidés 2000 ans avant les sites de l’aire centre-sud. Telarmachay a livré plus de 400 000 restes fauniques bien conservés composés de 65 à 89% de camélidés, datés entre 9000 et 3800 BP, une séquence stratigraphique couvrant ainsi tout le processus de domestication. En reprenant l’étude des camélidés de Telarmarchay avec une approche archéozoologique multicritère et pluridisciplinaire, ce projet propose de documenter l’évolution de la diversité et de l’abondance des camélidés sur l’ensemble de la séquence archéologique et de mettre en évidence la transition entre l’acquisition des animaux par la chasse et le contrôle plus marqué du troupeau au travers de l’élevage. Aux outils classiques de l’archéozoologie s’ajouteront des analyses en morphométrie géométrique des restes dentaires et du squelette appendiculaire. En effet, seule cette combinaison permettra d’accéder à une identification taxinomique à l’échelle de l’espèce et aux marqueurs du processus de domestication. Des analyses en géochimie isotopique et radiogénique permettront de reconstruire le régime alimentaire et la mobilité résidentielle des camélidés. Enfin le cadre chronologique sera confirmé à l’aide de datations 14C effectuées directement sur les ossements des camélidés afin de documenter la dynamique des processus à l’échelle des Andes.

DIM Ile-de-France

2018

AMIDON — Analyses Microbotaniques Interdisciplinaires sur Objets Néolithiques

Les études sur les grains d’amidons visent à répondre à des problématiques liées à l’exploitation de plantes et de l’alimentation dans le passé, et cela dès le Paléolithique supérieur. Cependant, la très grande majorité des études concernent des sites situés en zone intertropicale. A travers le présent profil post_doctoral, le laboratoire Trajectoires (UMR 8215), le laboratoire d’Archéozoologie, Archéobotanique : sociétés, pratiques et environnements (UMR 7029) et le laboratoire des Archéologies et Sciences de l’Antiquité (UMR 7041), souhaitent développer conjointement cette méthode, pour la première fois, en France métropolitaine afin d’aborder la question de la transformation des végétaux et leur préparation durant le Néolithique ancien en Europe nord-occidentale (environ 5200_4700 av. J.C.). Il s‘agira de constituer un référentiel de grains d’amidon actuels, inédit jusque_là, à l’échelle du nord_ouest de l’Europe, et de prélever des échantillons sur différents supports archéologiques, notamment des meules et des céramiques issus de sites du Néolithique ancien dans le Bassin parisien. Ce projet permet d’apporter des éléments de réponse aux problématiques liées à (1) l’exploitation de plantes sauvages et cultivées, aussi bien les graines de plantes annuelles, que des tubercules, dont l’utilisation est très peu connue en raison de leur mauvaise conservation, (2) la fonction de différents outils comme des meules, ou contenants, notamment céramiques. En travaillant en synergie avec d’autres disciplines comme la carpologie, et la tracéologie sur macro_outillage lithique, les données obtenues par notre étude des grains d’amidon est susceptible de compléter, voir même modifier la vision que nous avons actuellement sur l’alimentation végétale des premières populations agricoles en Europe du nord_ouest.

DIM Ile-de-France

2018

PaintItBlue — Un pigment rococo ? Enquête sur les mondes sociaux du Bleu de Prusse à Paris au dix-huitième siècle.

A vocation interdisciplinaire, construit au carrefour entre les sciences humaines et sociales et les sciences physico-chimiques, ce projet entend faire l’histoire d’un pigment nouveau, le bleu de Prusse, inventé à Berlin vers 1706, au moment de ses premières expérimentations et appropriations chimiques, esthétiques et socio-économiques dans le Paris du dix-huitième siècle. A partir de sources hétérogènes (tableaux anciens, analyses physico-chimiques, archives notariées, littérature technique….), cette enquête veut mesurer l’utilisation de ce pigment par les peintres de l’Académie royale de peinture et l’inscrire dans les réseaux d’approvisionnement en matériaux d’artistes dans le Paris des Lumières. Elle est fondée sur l’étude conjointe des bases de données et des analyses produites par le C2RMF, des archives notariées et de la littérature technique du temps. Le projet vise ainsi à éclairer les acteurs sociaux impliqués dans les innovations autour du bleu de Prusse — apothicaires, chimistes, peintres, mais aussi marchands épiciers et entrepreneurs. Il entend comprendre plus finement les recettes et les arts de faire à l’origine de ce nouveau pigment, en confrontant sources physico-chimiques et sources historiques. Enfin, il espère restituer les contextes socio-économiques locaux qui rendirent possible l’innovation et l’appropriation de ce nouveau pigment dans la peinture produite et exposée à Paris au dix-huitième siècle en lien avec les développements majeurs de la chimie.

DIM Ile-de-France

2018

ECSPER 2F — tEChniques d’analyse pour la Sauvegarde et l’étude de PEintures Rupestres de la Forêt de Fontainebleau

Le projet « Techniques d’analyses pour la sauvegarde et l’étude des peintures rupestres de la forêt de Fontainebleau » (ECSPER 2F) consistera en l’accueil du professeur Juan Francisco Ruiz, spécialiste de l’art du Levant espagnol, afin qu’il apporte aux deux laboratoires coporteurs du projet (UMR 7194 HNHP et UMR 7041 Arscan) son expertise dans le domaine de techniques non invasives d’analyses de peintures (imagerie hyperspectrale, spectroscopie Raman, fluorescence X) et de la modélisation 3D par photogrammétrie. Il s’agit en pratique de documenter et analyser des abris peints dans le massif forestier de Fontainebleau (Seine-et-Marne) qui sont actuellement en cours d’étude dans le cadre d’un Programme Collectif de Recherche soutenu par la DRAC Île-de-France. Le but, à terme, est d’établir une collaboration permettant d’acquérir et de partager connaissances et compétences dans le domaine de la conservation et de la protection des sites rupestres menacés. Des progrès dans le domaine de l’analyse des techniques picturales préhistoriques sont également attendus. Cette collaboration de terrain s’accompagnera de plusieurs conférences et échanges scientifiques, au sein des deux laboratoires coporteurs, en vue d’un partage sur les processus analytiques appliqués, bénéfique notamment pour les coporteurs engagés dans plusieurs recherches sur les sites d’art préhistoriques et dans des projets au sein du DIM Matériaux anciens et patrimoniaux.

DIM Ile-de-France

2018

ValEuRT — Vallée de l'Eure : une rivière, des territoires

Ouvert à l’ouest du Bassin parisien, le bassin versant de l’Eure présente une occupation humaine plurimillénaire encore peu étudiée. A l’interface de différentes cultures matérielles, l’Eure apparaît comme une zone archéologique clef pour comprendre les dynamiques de peuplement et la structuration des territoires ainsi que les mécanismes d’interaction entre les sociétés et leur milieu sur la longue durée. La mise en oeuvre d’une approche géoarchéologique et paléoenvironnementale doit permettre de mieux cerner les grandes étapes de l’évolution des paysages et de reconnaître et insérer les sites archéologiques dans leur contexte environnemental passé et présent, et ainsi optimiser l’approche archéologique et de conservation du patrimoine. Objectifs et description de la mission : 1) A échelle large : réaliser une cartographie géomorphologique de la partie médiane de la vallée de l’Eure et de ses principaux affluents (entre Anet et Bueil) afin d’en définir le potentiel géoarchéologique et paléoenvironnemental. 2) A échelle moyenne : établir le budget sédimentaire holocène à l’échelle d’un sous-bassin (Radon) à partir de la cartographie des formations superficielles et d’une analyse stratigraphique des remplissages de fond de vallon/vallée. 3) A échelle locale : reconstituer le paléoenvironnement fluvial autour d’un site archéologique récemment découvert (sanctuaire gallo-romain de Guainville) à travers une analyse des paléo-tracés de l’Eure et du remplissage des paléo-chenaux.

DIM Ile-de-France

2018

ECSPER 2F - Film — Les couleurs du cerf

Ce film propose de suivre l’étude d’une peinture rupestre « cachée » dans la forêt de Fontainebleau. Cette peinture retrouvée dans un abri n’est pour l’instant pas accessible à nos regards, masquée par des dépôts de différentes natures. Les chercheurs de l’ArScAn et de l’HNHP ont invité un spécialiste espagnol, Juan Ruiz Lopez (projet ECSPER 2F) pour faire émerger cette peinture et étudier sa relation avec l’art du Levant, 1000 km plus au sud. Certaines figures de cet art réparti entre Catalogne et Andalousie présentent des similarités avec la peinture de Fontainebleau, ce qui plaide pour une même attribution à la période mésolithique. Connaissant l’histoire artistique ancienne et plus récente du site, quoi de plus logique que de confier à un dessinateur le soin de nous conter cette aventure scientifique ? A l’aide des techniques de compositing et d’animation par morphing, ce récit nous présentera de manière dynamique les résultats de cette étude. Il portera aussi l’ambition de sensibiliser un large public à la valeur du patrimoine de la forêt de Fontainebleau et de transmettre le souci de préserver et protéger les oeuvres qui l’habitent.

DIM Ile-de-France

2018

AEMBT — Techniques de construction de l'Antiquité et du haut Moyen Âge dans la région méditerranéenne : d'Est en Ouest

The workshop Ancient and Early Medieval building techniques in the Mediterranean area: from East to West that will be held at the University of Paris 1 Panthéon-Sorbonne on the 12th, 13th and 14th of December 2018 is part of the Marie Sk_odowska Curie European ACTECH project (G.A.703829), devoted to the study of the ancient construction techniques in the Near East from the Roman period to the Early Islamic era and on the transmission and diffusion of these techniques in the Mediterranean basin. The study of building techniques leads to a complex analysis of historical buildings from different points of view. Characterizing a wall structure and defining different building techniques in order to determine the construction history of buildings means overturning the accepted “style-analytical” approach in order to understand the architecture. This workshop aims to address the theme of building techniques and technologies in the ancient Mediterranean basin, starting in the Hawran region where Roman-Byzantine construction know-how came into contact with much older building technologies, and here the first examples of Islamic architecture were developed—a sort of “natural bridge” between East and West. In this fertile basin of local experiences new building techniques and architectural typologies developed and from there spread throughout the Mediterranean basin. The interlinking between different regions and cultures in the ancient world, and the creation of networks and relationships between men, objects and ideas, is not a new theme; but the phenomenon needs to be studied more in depth, and it is possible only if we consider ancient societies on the basis of innovative approaches. For this reason, the workshop will bring together scholars working from different disciplines, periods and geographical areas to explore this complex theme and to encourage future interdisciplinary collaborations. The topic will cover more than nine centuries (2nd-11th), a period of fundamental importance in the history of the Near East and the entire Mediterranean basin, which went on to influence the destiny of a large part of Europe. Thus, a greater understanding of Near Eastern buildings would surely contribute to the European debate and may also improve our knowledge of the development of ancient architecture in the Mediterranean, thus offering a new and updated contribution to current historiographic research regarding the transitional phase from Late Antiquity to the Middle Ages. The study of the ancient construction techniques as a subject has undergone much development in recent years. The Spanish Journal “Arqueologia de la Arquitectura” in 2005 dedicated a monographic number to the construction techniques in the Medieval Western Mediterranean. In 2006 a conference held in Paris at the ENS opens a fruitful season for the study and the understanding of the Roman construction practices with the following conferences in Merida (2007), Siena (2009), Paris (2011), Padua (2012) and Oxford (2015). Furthermore in Padua, a seminar organized in 2013 focused on “Construction techniques and building cycles between the 6th and 9th centuries, between East and West-Tecniche costruttive e i cicli edilizi tra VI e IX secolo, fra Oriente e Occidente”. If on one hand the workshop Ancient Construction Techniques is in line with this relatively recent but well-established tradition of studies, on the other, it wants to bring its specific contribution to the study of construction techniques in the ancient world. The workshop in fact takes into consideration a broader chronological framework, which starts from the Roman period (2nd century AD) to the first five centuries of Islam (XI century AD), and geographical, which extends from Syria to Spain, with the goal to deepen the transmission channels of construction techniques between East and West. This is certainly an ambitious goal but achievable. To reach this objective, we need to situate our understanding of material knowledge and diffusion of building techniques in the Near East in a comparative Mediterranean context. This type of effort requires an extensive comparative analysis and will increase in value in proportion to the number of examples identified and recorded. This will be possible thanks to a detailed comparison between the Near Eastern region and other areas in the Mediteranean basin, in particular southern Spain, but also taking into account Turkey, Sicily and the Ifriqiya. Thus, the workshop finally will be the occasion to bring together scholars working in different themes (architects, archaeologists, historians and art historians), periods and areas of the Mediterranean basin with the main objective to show and compare their ongoing research, creating a fertile and collaborative background in which to exchange information and create a concrete contact point between different work experiences.

DIM Ile-de-France

2018

Suivre le patrimoine à la trace — Suivre le patrimoine à la trace

Le DIM Matériaux anciens et patrimoniaux organise une journée thématique autour de son axe « Usages, réflexivité, archives » : « Suivre le patrimoine à la trace ». L’événement aura lieu le 29 mars 2019 (9h – 17h) aux Archives Nationales, site de Pierrefitte-sur-Seine. En rassemblant historiens, historiens de l’art, sociologues, anthropologues et conservateurs, nous nous demanderons comment « suivre la patrimoine à la trace » et, plus précisément, comment les sciences humaines et sociales, en lien avec les sciences expérimentales, contribuent à l’identification, l’interprétation et la conservation des traces du passé inscrites dans les matériaux anciens et patrimoniaux.

ANR

2017

GUYINT — Gouvernance des grands espaces amazoniens et enjeux environnementaux : l’intérieur du plateau des Guyanes et ses défis

Les espaces à faible densité de population, ou « grands espaces », sont un enjeu important dans le monde contemporain. Ils concentrent les ressources disponibles mais sont également fournisseurs de divers types de services environnementaux. De plus en plus, on leur prête également une valeur intrinsèque. Ces espaces font l’objet d’un gouvernement « à distance » en ce sens que les sociétés urbaines auxquels ils sont administrativement et juridiquement rattachés en déterminent à la fois l’exploitation (étant les marchés qui achètent leurs ressources) ou la protection (par le biais de l’énonciations de codes, règles, lois sur l’environnement). Cette gouvernance à distance et les réactions (positives comme négatives) qu’elle implique doit être analysée afin de mieux en comprendre les modalités et les effets concrets. Le projet GUYINT propose d’observer à travers ce prisme l’intérieur du plateau des Guyanes, en particulier la Guyane française et l’Etat d’Amapá au Brésil. Cet espace correspond en effet parfaitement à la définition des « grands espaces », alliant faible densité démographique, abondance de ressources naturelles et enjeux environnementaux. Depuis une quinzaine d’années, il a été l’objet d’une politique de protection de l’environnement qui est entrée frontalement en conflit avec les pratiques de certains groupes économiques locaux, notamment les orpailleurs illégaux. Par ailleurs, la participation des populations traditionnelles ou amérindiennes de la région à la définition des nouvelles règles a été partielle et continue d’offrir certaines difficultés. Enfin, la vision régionale sur la question, notamment dans les centres comme Macapá et Cayenne, diffère sensiblement de celle développée à Paris ou à Brasília. La région se présente donc comme un exemple parfait des différentes échelles de la gouvernance des grands espaces et des interactions, conflits et rétroactions que celles-ci entraînent. Pour étudier ces phénomènes, le projet GUYINT propose d’avancer sur quatre axes de travail thématiques qui constituent chacun une facette du problème général : 1. Production et usage de l’information géographique, en particulier relative à l’environnement ; 2. La définition et l’implémentation des politiques de protection, avec un focus sur les parcs nationaux ; 3. L’exploitation des ressources naturelles, en particulier minières ; 4. Les stratégies des populations locales, en particulier les populations amérindiennes. Ces quatre modules nourriront la réflexion d’un cinquième consacré à l’élaboration d’une théorie de la gouvernance des grands espaces, qui sera confortée par la comparaison avec le cas du Pima County (USA), région passée par les mêmes cycles que ceux auxquels est confronté le plateau des Guyanes aujourd’hui. Sur le plan des méthodes, le projet propose une combinaison d’approches qualitatives et quantitatives basées sur la collecte de données primaires (interviews, relevés de terrain) et secondaires (en particulier l’information géographique produite par des tiers). L’ensemble permettra la confortation du cadre conceptuel initial élaboré en début de projet. Le projet GUYINT sera mis en œuvre par un ensemble de chercheurs relevant de plusieurs UMR du CNRS et d’universités du Brésil. Il sera coordonné par l’UMI 3157 Iglobes. L’une de ses originalités est d’inclure également des acteurs locaux comme membre du projet, en particulier les Forces armées de Guyane, le Parc Amazonien de Guyane et le Parc National « Montanhas de Tumucumaque ». De ce fait, ses résultats seront immédiatement valorisés auprès des institutions qui travaillent dans la région, lui conférant une dimension de recherche-action. Un ensemble de publications dans des revues scientifiques internationales est également prévu pour valoriser chaque axe de travail ainsi que le module théorique.

ANR

2017

HYBRIDELEC — Hybridations électriques: formes émergentes de la transition énergétique dans les villes du Sud

Les villes des pays émergents et en développement connaissent de lourds problèmes de fourniture en électricité que les réponses conventionnelles telles que l’extension du réseau ne parviennent pas à résoudre. C’est pourquoi on assiste au développement de solutions alternatives, individuelles ou collectives, tels que des réseaux décentralisés et hybrides. Appliquant le concept d’hybridation aux études socio-techniques, la recherche propose d’étudier ces nouvelles configurations, qui restent mal connues, et leurs impacts sur le futur du système électrique. D’une durée de 4 ans, la recherche étudiera empiriquement ces objets (par enquête auprès des acteurs du marché et analyse des pratiques de régulation) et examinera leur impact sur les conceptions usuelles de la transition énergétique. L’équipe se compose de 13 chercheurs juniors et seniors et recrutera un doctorant, un postdoc et plusieurs masterants, pour étudier 7 terrains en Afrique et en Asie.

ANR

2017

HECTTOR — L'Humain Engagé par la Cobotisation dans les Transformations du Travail et des Organisations dans les usines du futur

La transition vers des usines du futur engage à une nécessaire réflexion sur les transformations du travail et sur la place des opérateurs alors engagés dans un « agir » en coopération avec un ensemble de nouveaux dispositifs, dont les cobots. Dans ce contexte, l’objectif du projet HECTTOR de recherche collaborative (PRC) alliant SHS (sociologie, anthropologie, ergonomie) et SPI (Génie Industriel) vise à produire des connaissances permettant de soutenir les mutations des organisations productives à moyen et long terme en s’intéressant plus particulièrement : • aux transformations du travail (de production, de maintenance, d’ingénierie et de management) en lien avec l’introduction de cobots et ceci dans les PMEs qui est un notre sens un espace encore trop peu étudié ; • à la place du travail (d’ingénierie, de production, de maintenance, de management) dans ces projets de transformations ; • à la production de modèles et de méthodes permettant de soutenir le conception de situations de travail collaboratif « humains-robots » favorisant le travail « en santé », la performance, et le développement de compétences. Penser le futur des industries et agir sur leur développement nécessite de comprendre ce qui est « déjà la » et d’accompagner la transition vers ce qui « pourrait être » : les trois premières tâches de notre projet renvoient à trois analyses complémentaires (un diagnostic politique, social et technologique, un diagnostic organisationnel, un diagnostic portant sur la collaboration effective humains-cobots) qui serviront de socle à l’élaboration de démarches permettant d'agir sur la conduite des transitions vers des industrie du futur en donnant une place à la diversité d’acteurs impliqués et au question du travail « bien fait ». Ainsi, les retombées et les impacts du projet renverront à différents enjeux: • des enjeux politiques et sociaux. Notre travail pourra aider à penser de manière holistique et systémique les questions de santé/sécurité/développement et de management des transitions vers les industriels du futur. • des enjeux de santé/sécurité au travail et de gestion des compétences à travers l’investigation du rôle effectif de la cobotisation dans le travail dans la réduction/augmentation de certaines pathologies du travail (TMS, RPS), le développement des compétences et l’enrichissement du travail : les cobots et la conduite de leur introduction pouvant favoriser un travail « bien fait » et en santé ou au contraire le rigidifier. • des enjeux de management/conduite des transitions permettant de créer les conditions de réalisations d’un travail soutenable et d'organisations plus agiles. Notre travail permettra de comprendre et d’agir sur la place faites à l’humain dans la conduite des évolutions de l’organisation de leur travail. Dans quelles mesures ces modèles de management de la transition peuvent-ils : intégrer les humains dans les processus de prise de décision et de conception, leur permettre de développer un travail de qualité, qui fasse sens pour eux, et de créer les conditions d’un travail soutenable ? • des enjeux technologiques liées en particulier aux possibilités d’adaptation dynamique des outils de conception (simulation) production et des cobots à la diversité des situations rencontrées par les opérateurs dans le cours de leur action et par les entreprises dans leurs perspectives d’évolutions. Cela implique d’intégrer les enjeux humains, santé/sécurité et organisationnels des les phase amont de conception ou de mutation des systèmes de production. Les résultats de la recherche seront valorisés par des publications dans les disciplines respectives des partenaires et par une publication collective qui fera suite à un séminaire permettant une restitution publique devant un public académique et industriel qui permettra de toucher un public large, notamment PME. Cette publication collective fera état des résultats mais aussi des enjeux méthodologiques liés aux croisements des disciplines SHS et SPI.

ANR

2017

EXPERTS — Pratiques des savoirs entre jugement et innovation. Experts, expertises du bâtiment, Paris 1690-1790

Notre projet vise à examiner, à partir d’un secteur économique majeur - celui du bâtiment à l’époque moderne -, le mécanisme de l’expertise : comment la langue technique régulatrice des experts s’impose à la société, comment leur compétence se convertit en autorité, voire parfois en « abus d’autorité » ? L’existence d’un fonds d’archives exceptionnel (AN Z1J) qui conserve l’ensemble des procès-verbaux d’expertise du bâtiment parisien de 1643 à 1792 nous permet de lancer une enquête pluridisciplinaire d’envergure sur la question de l’expertise qui connaît, à partir de 1690, un tournant particulier. En effet, les experts, autrefois uniquement gens de métiers, se divisent en deux branches exerçant deux activités concurrentes, parfois complémentaires : l’architecture et l’entreprise de construction. La base de notre travail consistera d’abord à établir parallèlement deux corpus : d’une part, un dictionnaire prosopographique des 234 experts exerçant de 1690 à 1790 ; d’autre part, l’inventaire et l’analyse des procès-verbaux d’expertise sur la même période. Au regard de l’immensité du fond, nous travaillerons sur un groupe de près de 10000 expertises par le biais d’un sondage au 1/10e sur les dix années de 1696 à 1786, espacées chacune de 10 ans. Chaque expertise sera inventoriée, indexée, numérisée et analysée dans le détail. L’ensemble fera l’objet d’une étude sérielle sur le siècle parcouru, mais surtout d’un travail approfondi sur son contenu. Deux questions seront résolues : 1° Comment la décision de l’expert se prend-elle ? Quels savoirs y sont convoqués ? 2° Comment ces experts parviennent à innover dans domaine de leur compétence ? Le projet correspond au moins à trois enjeux contemporains. Le premier concerne le rapport au risque et à l’innovation sociale. Comment affronter des situations à risque permet d’innover techniquement, voire socialement ? La confrontation à des incertitudes ouvre des possibilités de résoudre des conflits entre des communautés opposées. Tenant compte de la partition des fonctions d’experts, la mission d’expertise se différencie-t-elle selon la qualité de son auteur ? Les experts en viennent, souvent grâce à l’expertise, à innover dans le champ d’activité qui est le leur. Ainsi, pourquoi l’expertise induit-elle l’innovation ? Le second concerne la part du droit dans la prise de décision démocratique. Comment le droit peut-il servir entre les mains de non-juristes ? La diffusion des principes du droit dans la vie citoyenne permet un usage de ces derniers dans la vie publique mais également dans des domaines de la vie privée. Dans le cadre de notre projet, comment et pourquoi des experts, non juristes mais au fait du droit, argumenteront en droit et persuaderont le juge de leur position ? Le troisième concerne la régulation des valeurs de biens. Quels critères faut-il mettre en avant pour échafauder une hiérarchie des choses ? Une stricte normalisation objective de ces critères peut ne pas apparaître souhaitable face aux lois du marché qui par leur rigueur nécessiteraient un contrebalancement de règles subjectivées. Précisément, comment les experts du bâtiment ont-ils mis en place les critères objectifs et subjectifs d’estimation de la valeur des biens immobiliers ? Rejoignant l’idée d’« abus d’autorité » de l’expert, le fait que plusieurs types de savoirs, et plusieurs groupes sociaux, partagent l’expertise, diminuerait-il le risque d’abus d’autorité et au-delà le risque technique en général ? Les résultats de cette recherche seront présentés dans une base de connaissances collaborative accueillie sur un site dédié sur lequel l’ensemble des corpus seront accessibles à la communauté des chercheurs. L’analyse d’exempla fera l’objet d’une éditorialisation particulière sous forme d’exposition virtuelle pour le grand public. La synthèse de nos résultats sera consignée dans un ouvrage et deux rencontres nationale et internationale viendront clore le projet.

ANR

2017

MOII — Manipulation et obsolescence de l'information sur internet

Le projet est centré sur l’étude de la qualité de l’information disponible sur internet. Il s’articule autour de deux axes : l’obsolescence et la manipulation de l’information. Les nouvelles technologies de communication ont permis l’émergence d’intermédiaires facilitant le recueil et la diffusion d’informations utiles aux deux côtés du marché. On peut cependant questionner l’efficacité de cette information dans la mesure où sa production engendre des externalités négatives : les employeurs sont peu incités à détruire les offres d’emplois pourvues et les hôteliers ou restaurateurs peuvent avoir intérêt à manipuler les notes ou commentaires laissés sur leur profil ou sur ceux de leurs concurrents. Nous souhaitons mesurer l’ampleur de ces externalités en combinant méthodes de web scraping permettant le recueil à grande échelle de données sur internet et modèles structurels des comportements des acteurs présents sur les différents sites. D’une part, nous allons constituer un panel d’annonces à partir des sites américains de Craigslist, Monster et Indeed et du site français de Pôle Emploi. Nous estimerons des taux de mortalité et des taux de renouvellement des annonces par âge. Ces taux seront ensuite intégrées aux modèles structurels pour en déduire la proportion de postes fantômes, la distribution des efforts de recherche par âge des annonces, la distribution des âges de renouvellement des annonces et l’impact des informations obsolètes sur le chômage et l’efficacité du processus d’appariement. D’autre part, nous allons récupérer les évaluations d’un grand nombre d’hôtels et de restaurants à partir des sites TripAdvisor, Expedia, Booking, TheFork et OpenTable. Nous confronterons la distribution empirique des évaluations à des distributions contrefactuelles théoriques pour détecter les comportements de manipulation. Nous monterons ensuite comment le contexte concurrentiel local affecte ces comportements. Nous mettrons l’accent sur les guerres de manipulation entre offreurs sur ce type de site. Les différents travaux tiendront compte de la sélection des couples de consommateurs et de producteurs dans le processus de formation des évaluations. Le consortium comprend cinq chercheurs seniors et un doctorant : trois chercheurs à dominante empirique maîtrisent les techniques de web scraping ; deux chercheurs à dominante théorique sont spécialistes des frictions de recherche et d’appariement. Le projet engage aussi des coauteurs étrangers basés aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, au Canada et en Australie. Les résultats du projet seront médiatisés sur un site web spécifique qui mettra à disposition des chercheurs tout ou partie des bases de données constituées ainsi que les programmes utilisés lors d’estimations statistiques ou de simulations numériques. Le budget demandé est de 208 527 euros sur une durée de 36 mois. Il correspond à des achats de matériel informatique et en particulier des stations de travail utiles au recueil et au traitement des données ainsi qu’aux simulations numériques des modèles structurels, des frais de mission en France et à l’étranger, des frais d’expertise informatique et à l’organisation d’une conférence sur deux jours.

ANR

2017

DESORBERCY — Entre ordre et désordre économique, la fabrique d’action publique innovante sous tension

L’objectif de ce projet de recherche est de comprendre le processus de fabrique des innovations que connaissent les politiques publiques dans des situations d’incompréhension et d’incertitude majeures. Pour cela, nous nous proposons d’étudier empiriquement la façon dont le Ministère de l’Economie et des Finances et plus largement l’ensemble des acteurs qui contribuent à l’élaboration de la politique économique ont appréhendé et réagi à la crise des « subprimes » de 2007 ainsi qu’à l’ensemble des crises qui vont lui succéder. A partir d’une enquête sur la trajectoire des propositions au sein des arènes politico-administratives, il s’agit ainsi de saisir la manière dont les principaux acteurs fabricant de politiques publiques, confrontés à des situations pour lesquelles ils ne disposent ni d’énoncé explicatif, ni de recettes disponibles, se mettent à en élaborer de nouveaux et à construire autour d’eux un accord suffisamment large pour les faire adopter.

ANR

2017

LGPN-Ling — Analyse linguistique des noms de personnes grecs antiques : dictionnaire numérique et imprimé

Notre projet LGPN-Ling consiste à procurer un développement linguistique à la base de données prosopographique interrogeable en ligne du Lexicon of Greek Personal Names d'Oxford et à en extraire un dictionnaire imprimé qui remplacera "Die historischen Personennamen des Griechischen bis zur Kaiserzeit" de Fr. Bechtel (HPN, 1917), aujourd'hui dépassé du fait de l'accroissement des données et des progrès réalisés en linguistique. Sur les environ 35.000 noms de personnes identifiés (350.000 individus répertoriés dans le LGPN), 30.000 peuvent être considérés comme assurément grecs. L'analyse linguistique vise à rendre clairs étymologie, morphologie et sémantisme de ces noms. Pour chacun, quelle que soit sa structure, essentiellement mono- ou di-thématique, la grille d'analyse procurera les informations suivantes, dont certaines sont déjà fournies par la base de données d'origine : (1-6) forme du nom en grec et en translittération, évaluation de sa productivité par le nombre de ses attestations, genre grammatical, aires dialectales et fourchette chronologique d'emploi. (7-13) : analyse étymologique permettant sa segmentation morphologique en radicaux (de 1 à 3) et suffixes (de 1 à 4). (14-16) : structure grammaticale du nom, et, le cas échéant, sémantico-syntaxique, pour distinguer entre les différents types de composés ; sémantisme du radical pour le nom simple ou des radicaux pour le nom composé ; rapprochements avec les lexèmes et éventuelles collocations corrélés, en grec historique, en mycénien ou dans une autre langue, indo-européenne ou autre, en mettant à profit tous les types de sources (littéraires, épigraphiques et papyrologiques) (17) : une bibliographie onomastique complètera l'ensemble. Trois registres indissociables et complémentaires motivent le projet : 1. Une recherche fondamentale inédite en même temps qu'innovante, d'intérêt à la fois scientifique et patrimonial ; 2. La formation d'étudiants à la recherche par la recherche dans le cadre d'un partenariat entre trois établissements et trois laboratoires de réputation internationale dans le domaine des sciences de l'Antiquité : l'Ecole Pratique des Hautes Etudes, section des sciences historiques et philologiques, dans laquelle la coordinatrice est directeur d'études, l'Université Paris-Sorbonne, UFR de Grec et la Faculté de Classics de l'Université d'Oxford ; et l'UMR 8210 Anthropologie et histoire des mondes antiques (ANHIMA), l'UMR 8167 Orient et Méditerranée et The Stelios Ioannou School for Research in Classical and Byzantine Studies, Lexicon of Greek Personal Names ; 3. Une double valorisation de la recherche par la mise en ligne de données actives, interrogeables grâce au langage XML et au standard international d'encodage de la TEI, et l'extraction d'un dictionnaire imprimé. Les 4 années de financement demandé correspondent aux étapes successives de la recherche, dont l'organisation se conformera en partie à l'ordre alphabétique des anthroponymes, en commençant par ceux des HPN de Bechtel. La première année sera consacrée aux lettres A-E (environ encore 7000 noms) ; la deuxième, à Z-? (environ 7500) ; la troisième, à ?-? (environ 7500) et la dernière, à ?-O (environ 8000). La progression exponentielle s'explique par le fait qu'une fois qu'un radical a été traité, le renseignement des données devient automatique lorsqu'il réapparaît. Ce projet a été avalisé par l'IUF en 2014, par la nomination de sa coordinatrice comme membre, avec un soutien de 15000 euros annuels pendant 5 ans. Il a aussi reçu le soutien de l'équipe d'Oxford, sous la forme d'un an de financement (2015-2016) pour la construction de l'interface, l'étude de 1500 noms en A- et la préparation de l'interconnexion des deux bases de données et de leur interopérabilité. Les deux instruments, l'un numérique, l'autre imprimé, doivent être utiles à la communauté scientifique comme au grand public, dont l'intérêt pour les noms propres est d'ordre culturel et patrimonial.