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2018

ANG-G — Archive Numérique Géolocalisée: la collection Gaignières

ANG-G : Archive Numérique Géolocalisée : la collection Gaignières Le projet ANG-G a pour objectif de faire ouvrir une interface de cartographie exploratoire à l’étude inédite de l’une des plus riches collections documentaires jamais accumulées sur l’histoire des familles, des territoires et du patrimoine européen, médiéval et moderne. La collection Gaignières conservée en grande partie à la Bibliothèque nationale de France et à la Bodléienne d’Oxford, est l’œuvre d’un homme qui par ses méthodes de recherche et de classement offre à l’aube des Lumières une vision totalement novatrice de l’histoire et du patrimoine ancrés dans un territoire. Tout à la fois voyageur et homme de cabinet, F.R de Gaignières (1642-1715) a eu l’idée pionnière pour son temps d’entreprendre un inventaire archivistique, archéologique, artistique et sociologique de la France dans son contexte européen, voire extra-européen (jusqu’à la Chine). Quarante années durant, assisté par son dessinateur Louis Boudan et son copiste-paléographe Barthélemy Rémy, il fixe sur le papier les chartes, les monuments et les paysages alentour, soucieux de décrire un monde qui pourrait disparaître. C’est donc un portrait instantané de la moitié Nord de la France et de son patrimoine textuel et monumental (des milliers de copies de textes et plus de 7500 dessins) qu’il nous livre, vierge de toutes les destructions que les trois siècles écoulés depuis - une Révolution et deux guerres mondiales- ont engendrées. Autour du berceau territorial de la Monarchie française exploré in situ, Gaignières tisse ses réseaux érudits et acquiert manuscrits, imprimés et estampes qui documentent les provinces françaises méridionales et les royaumes étrangers. Comme en témoignera l’anglais Martin Lister en 1698 : « Il a toute l’Europe rangée par catégories ». Archiviste inspiré, Gaignières invente un système de classement conforme à sa vision encyclopédique de l’histoire en prise avec son territoire. Par un procédé de copies multiples à l’identique répondant à divers classements thématiques et un principe de renvois, il multiplie les mises en série en variant les échelles d’observation et donnant vie à sa documentation. Cette économie documentaire qui découpe, structure et relie entre eux des champs ouverts et évolutifs, confère à la copie textuelle ou au dessin un sens qui n’est jamais univoque ou exclusif. Ce faisant, sa collection augure sur bien des points nos bases de données informatiques. En dépit de la dispersion de cette exceptionnelle collection après la mort de l’antiquaire au sein des différents départements de la Bibliothèque nationale de France et à la Bibliothèque Bodléienne d’Oxford, les inventaires conservés ont permis sa reconstitution virtuelle dans un site web qui lui est dédié, Collecta. Archive numérique de la collection Gaignières. Fort de cette vision globale retrouvée, le projet ANG-G permettra de découvrir cette collection de manière inédite en offrant la possibilité de visualiser les objets étudiés sur des cartes anciennes ou récentes en faisant varier les échelles d’observation, les temporalités et les critères d’interrogation. L’élaboration de l’interface par un équipe pluridisciplinaire d’historiens, d’historiens de l’art, de géohistoriens et de designers, son adossement à la plateforme web-sémantique et géo-référencée Oronce-Fine et son volet de science participative permettront à un public diversifié de chercheurs et d’amateurs, la réappropriation de cette extraordinaire collection comme source pour la recherche et comme vecteur de connaissance du patrimoine régional, présent ou disparu.

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2018

HOMES — Modéliser la maisonnée : économies et société des premières populations agricoles d'Europe continentale

Inscrit dans la dynamique de recherche sur la Household archaeology, le projet HOMES vise à modéliser l’organisation économique, anthropologique et idéelle des premières sociétés de farmers néolithiques en Europe continentale. La reproductibilité criante des formes de l’habitat de la culture Lbk (céramique linéaire dite « rubanée, 6e millénaire BC), qui s’est diffusée sur près d’un millénaire et 3000 kms à travers toute l’Europe continentale, constitue une documentation archéologique exceptionnelle à l’échelle du néolithique européen. C’est pourquoi elle suscite depuis près de 50 ans de vifs échanges au sein de la communauté des néolithiciens. Différentes théories ont été avancées pour comprendre la structuration de ces habitats, et ce qu’elle pouvait apporter à la compréhension du système social de ces premières populations d’agro-pasteurs, en adoptant un point de vue tour à tour migrationniste, démographique, économique, idéel ou social. Dans ce contexte, l’originalité du projet Homes est de proposer une modélisation integrative et systémique à très haute résolution anthropologique et spatiale, des différentes règles d’intégrations économiques et sociales à la base de l’exceptionnelle pérennité et adaptabilité de la culture rubanée. En abordant la notion de household dans ses dimensions matérielles, idéelles, individuelles et collectives à partir d’une zone atelier délibérément restreinte (la vallée de l’Aisne), le projet Homes cherche à tester à partir des données archéologiques de toutes nouvelles hypothèses sur les différents niveaux d’intégration villageoise (Hachem et Hamon 2014, Gomart et al. 2015). Il tentera de définir: (1) l’évolution de la maturité économique et de la capacité de production de maisonnées autonomes du point de vue alimentaire, (2) l’interdépendance entre maisonnées structurée autour de réseaux de réciprocité et d’une redistribution notamment artisanale, (3) l’intégration d’individus extérieurs à la communauté villageoise assurant la cohésion culturelle à une échelle supra régionale. En associant aux analyses archéologiques, archéo-zoologiques et techno-fonctionnelles à très haute résolution menées jusque-là de façon systématique, de nouvelles compétences en archéométrie (pétrographie, tomographie, analyses chimiques) et en bioarchéologie (archaeobotany, isotopes) sur un échantillonnage ciblé, le projet HOMES se donne les moyens de produire des hypothèses à large portée dans un cadre résolument pluridisciplinaire. Le projet sera structuré en 4 ateliers, dont trois ateliers thématiques et un dernier atelier de modélisation géostatistique : Atelier 1-Organisation et niveaux d’intégration des savoir-faire artisanaux, Atelier 2-Production et la consommation alimentaire, Atelier 3-Statut, vie et mort des individus, Atelier 4-Modélisation spatiale et statistique des interactions entre maisonnées. En confrontant les nouveaux scénarios mis en évidence aux hypothèses déjà proposés dans d’autres régions de l’Europe rubanée, le projet Homes interrogera la reproductibilité du système social rubané, à la fois dans le temps et dans l’espace, et tentera de comprendre si la structure sociale des rubanés du Bassin parisien s’inscrit pleinement dans une tradition voir un certain conservatisme social, hérité d’Europe centrale, ou s’il reflète plutôt une dynamique innovatrice en périphérie d’un mouvement de colonisation en perte de vitesse. En proposant une lecture dynamique, évolutive et intégrative à haute résolution des processus sociaux en jeu dans les mécanismes de néolithisation, le projet Homes vise à renouveler fondamentalement notre connaissance des règles et réseaux régissant les premières populations agricoles d’Europe.

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2018

IBS — Intuitions Bolzaniennes

L'un des penseurs les plus sous-évalués du XIXeme siècle est le grand philosophe et mathematician Bernard Bolzano. Parmi les héritages philosophiques profonds que Bolzano nous a laissés, il y a le concept de 'Abfolge', ou 'fondement', qui a été ignoré par ses successeurs, mais qui connaît aujourd'hui un nouveau succès important. Le but de ce projet est de développer une théorie neo-Bolzanienne du 'fondement', en utilisant des outils formels et conceptuels contemporains. Cette entreprise a un double intérêt. Un intérêt conceptuel, car nous croyons fermément que la conception Bolzanienne a toujours beaucoup à nous apprendre; un intérêt historique, car en développant une approche neo-Bolzanienne du grounding, nous allons donner une nouvelle vie à Bolzano et ses contributions philosophiques.

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2018

MAPARABIA — Cartographier l’Arabie antique, faire évoluer les connaissances et changer de paradigmes

Depuis 50 ans, le passé préislamique de la péninsule Arabique a été l’objet d’une recherche dynamique et féconde. Les données accumulées sont considérables. Toutefois, les outils permettant leur analyse et les travaux de synthèse manquent encore. C’est sur la base de ce constat que le projet MAPARABIA a été élaboré. Notre objectif est de modéliser les dynamiques territoriales et culturelles de l’Arabie antique en croisant les données archéologiques et épigraphiques, et ainsi de permettre la production d’une histoire régionale renouvelée du début du Ier mill. av. J.-C. au VIIe s. ap. J.-C. Les problématiques sous-jacentes sont multiples. Elles ont trait aux processus de peuplement en milieu aride ; aux langues et écritures tant pour leur contenu que comme marqueurs identitaires ; à l’organisation socio-politique de l’Arabie antique et à son évolution ; à la nature et à l’évolution des pratiques religieuses ; à l’adoption du judaïsme et du christianisme et à leur influence sur l’émergence de l’islam. Cette approche se veut globale et sociétale. Notre ambition est autant d’apporter un éclairage nouveau sur l’origine des sociétés de l’écrit à la période préislamique que d’étudier leur évolution jusqu’à la transition majeure que représente l’émergence de l’islam. En ce sens, le projet aborde de nombreux thèmes et enjeux définis dans le Plan d’action 2018 de l’ANR (Défi 8, axe 5 : Cultures, création, patrimoines). Le projet relève de champs disciplinaires variés : histoire, archéologie, épigraphie, linguistique, paléographie, géomatique et géographie. Pour le mener à bien, il réunit 15 chercheurs relevant de ces domaines et de 4 des principaux laboratoires se consacrant à l’Arabie antique : Orient & Méditerranée (UMR8167, Paris), Archéorient (UMR5133, Lyon), Dipartimento di Civiltà e Forme del Sapere (University of Pisa) et ISMA (CNR, Rome). Il permet d’établir un partenariat étroit entre les chercheurs français porteurs de bases de données archéologiques et épigraphiques et l’équipe italienne porteuse de la Digital Archive for the Study of pre-Islamic Arabian Inscriptions, projet phare dans le domaine des humanités numériques et de l’épigraphie. La méthode mise en œuvre consiste à réunir, homogénéiser, cartographier et analyser les données à travers une double approche, sémantique et spatiale. L’un des intérêts de cette méthode sera de visualiser dans l’espace et sur le temps long l’évolution du peuplement et des phénomènes culturels. Les processus d’émergence, de dispersion, d’acculturation, d’adoption, d’adaptation, de contraction et de déclin ainsi mis en évidence pourront être analysés en termes historiques. Le projet comporte quatre activités principales (workpackages), chacune débouchant sur un livrable défini : 1) développement d’une géobase numérique et d’un Système d’Information Géographique (SIG) en ligne consacré à l’Arabie antique ; 2) développement d’un Système d’Organisation des Connaissances (KOS) sous la forme d’un index toponymique ; 3) publication d’un Atlas historique de l’Arabie antique ; 4) développement d’un Dictionnaire thématique de l’Arabie antique en ligne. La conception d’outils pour l’analyse (SIG, KOS) et de synthèses (Atlas, dictionnaire) a pour finalité d’illustrer les récents changements de paradigmes dans l’histoire régionale et d’en susciter de nouveaux. Le projet bénéficie du soutien de la TGIR Huma-Num (hébergement, solutions logiciels, diffusion) et se conformera aux exigences de l’open access, tant pour les données que leurs publications. A l’issue du projet, tous les spécialistes de l’Arabie ancienne auront à disposition une archive pérenne et interopérable (géobase, index toponymique, dictionnaire) diffusée en ligne par le biais d’un module de cartographie et d’un dictionnaire thématique. Au-delà, l’ensemble de la communauté scientifique et un large public auront une facilité d’accès et de lecture à des données essentielles pour la compréhension des mondes anciens et des débuts de l’islam.

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2018

TransPerse — Les Actes des martyrs perses entre Orient et Occident. Transmissions interculturelles et représentations au début du 5e s.

TRANSPERSE Les Actes des martyrs perses entre Orient et Occident. Transmissions interculturelles et représentations au début du 5e siècle. Le projet TRANSPERSE souhaite élaborer, par des approches pluridisciplinaires, une histoire des échanges interculturels entre la Perse et les espaces aux frontières – Caucase, milieu byzantin – jusqu’à l’Égypte et l’Occident latin, sur une période circonscrite : les règnes des Sassanides Yazdgird I et Wahram V (399-438) à partir du croisement d’une riche documentation littéraire largement inédite et inexploitée, parfois difficile d’accès ou encore mal identifiée, ayant pour support un outil numérique ouvert adressé à un large public. Les Actes des martyrs perses offrent sur cette période un témoignage exceptionnel : ces matériaux littéraires, originellement rédigés en syriaque par les communautés chrétiennes de l’empire, constituent un tout homogène et absolument unique formant un cycle sur les deux règnes. Le premier objectif est de réunir, éditer et analyser les Actes de cette période pour la première fois dans leur globalité. Le second défi, qui lui est corrélé, sera d’étudier ces Actes dans le prisme des transmissions interculturelles entre Orient et Occident. Ces recherches interdisciplinaires souhaitent contribuer à mieux comprendre le rôle essentiel des textes produits par les communautés chrétiennes de Perse dans la construction des identités au sein des sociétés de l’Orient chrétien mais aussi des territoires d’Occident : produits en Iran, ils ont été très tôt diffusés vers des espaces culturels exogènes – copte, byzantin, caucasien, arabe, éthiopien mais aussi latin. Les modalités de diffusion de ces textes martyrologiques, les échanges interculturels entre les communautés de cette vaste aire géographique restent méconnus, comme aussi la question fondamentale du rôle des milieux chrétiens orientaux lettrés, notamment en Occident, dans ces mobilités inter-textuelles. Les approches comparatives constituent un atout majeur pour percevoir ces transmissions « trans-aires ». Le troisième enjeu est de faire émerger les images de ces règnes contrastés en croisant la documentation d’autres corpus, contemporaine et postérieure, spécialement en arabe et en persan. Tout ce matériau, relevant de langues diversifiées (syriaque, grecque, arménienne, copte, éthiopienne, persane, arabe et latine), d’espaces différents et d’époques différentes, sera mis en synergie grâce à des publications originales, un colloque international, associés à la création d’un “Sourc-e-book” – une base de données ouverte centralisant l’ensemble des documents et inédits sur les quarante premières années du Ve siècle en Perse. Ce projet souhaite apporter une avancée importante à un domaine scientifique peu exploré et surtout très cloisonné, en mettant à disposition de la communauté scientifique nationale et internationale, en libre accès, un instrument de recherche novateur. La constitution d’une équipe interdisciplinaire pour la mise en œuvre de ces travaux contribuera à combler une réelle lacune, et permettra de lever deux verrous scientifiques essentiels : l’inaccessibilité de nombreux documents issus des communautés chrétiennes d’Orient du fait de leur caractère souvent inédit ; celui de la carence dans le traitement et l’analyse historique pour déterminer par exemple les processus de transfert vers les autres langues. Il s’agira aussi de contribuer à renforcer un réseau de recherche afin de susciter à l’avenir de nouvelles initiatives scientifiques sur d’autres périodes sassanides ou d’autres sources au niveau national et international. La valorisation des connaissances obtenues contribuera par ailleurs à sensibiliser le public à l’histoire des chrétiens du Proche et Moyen-Orient, aux racines pré-islamiques millénaires de ces régions. Les conflits inter-communautaires d’hier contribuent à mieux comprendre les façonnements des identités d’aujourd’hui.

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2018

VICONTE — Evaluation de la confiance visuelle

La confiance visuelle fait référence à notre capacité à estimer la justesse de nos décisions en perception visuelle. Par rapport à d'autres formes de métacognition, la méta-perception a récemment suscité un sursaut d'études, sans doute parce que la perception bénéficie déjà de cadres théoriques forts. Nous avons récemment affiné ces cadres existants en proposant de distinguer clairement les évidences sensorielles de certaines «évidences de confiance» qui déterminent la décision de confiance. Le problème est maintenant de caractériser les propriétés et les conséquences de cette évidence de confiance, et c'est le but de la présente proposition. Au fur et à mesure que le nombre d'études augmente, il devient clair que la confiance visuelle n'est pas simplement une estimation bruitée de la décision perceptive, mais dépend plutôt d'un grand nombre de facteurs. Nous avons identifié quatre axes qui, selon nous, contribueront à façonner les données de confiance: (1) variabilité inter-individuelle, (2) accessibilité des tâches, (3) confiance globale et (4) apprentissage perceptif. Le but du premier axe est de comprendre quels indices sont utilisés pour la confiance, et à cette fin, nous étudierons la variabilité de confiance entre individus. Une partie de la variabilité idiosyncratique dans l'efficacité du jugement de confiance pourrait provenir d'une tentation variable d'exagérer l'impact du bruit de stimulus sur l'estimation de sa propre performance. Dans le deuxième axe, nous essaierons de comprendre ce qui dans une tâche détermine l'accessibilité à la confiance visuelle. En particulier, nous testerons l'hypothèse selon laquelle des tâches de plus haut niveau, telles que l'identification d’un visage, conduisent à une meilleure efficacité de confiance que les tâches de bas niveau, telles que détecter si deux segments sont bien alignés. L'objectif du troisième axe est de comprendre comment les individus construisent un sentiment de confiance pour une tâche dans son ensemble, et non pour un seul jugement isolé. Nous commencerons par étudier attentivement comment la confiance s'accumule au sein d'un ensemble de stimuli et comment comparer une telle confiance globale avec une seule décision. Enfin, dans le quatrième axe, nous étudierons comment l'apprentissage perceptuel bénéficie de la confiance visuelle. En particulier, nous testerons dans quelle mesure les données de confiance peuvent être considérées comme un signal d'erreur interne pouvant servir de procuration pour un feedback externe. Nous croyons qu'une meilleure compréhension de ces quatre aspects fondamentaux de l’évidence de confiance nous aidera à dériver un modèle précis et utile de la confiance visuelle, et finalement de la métacognition.

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2018

SIRS-4 — Inégalités sociales de santé dans un contexte urbain à l’heure de changements socioéconomiques majeurs: étude des déterminants individuels et contextuels dans le Grand Paris

L’étude SIRS (Santé, Inégalités et Ruptures Sociales) a pour objectif d’étudier les déterminants sociaux et territoriaux de la santé dans l’agglomération parisienne. Elle inclut 3 000 personnes qui constituent un échantillon représentatif de la population adulte vivant dans Paris et la petite couronne (départements 75, 92, 93 et 94). Les personnes sont tirées au sort dans 50 quartiers (IRIS, ~ 2000 habitants), avec un suréchantillonnage des quartiers défavorisés. Dans chaque quartier 60 ménages sont sélectionnés, et un adulte est choisi au hasard dans chaque ménage. Trois vagues de recueil de données de l’étude SIRS ont déjà été réalisées en 2005, 2007 et 2010. Depuis 2010, des changements majeurs sont intervenus dans la société et dans l’agglomération parisienne : création des Agences Régionales de Santé (ARS), réalisation de travaux de rénovation urbaine visant à améliorer l’environnement bâti et mise en place des Ateliers Santé Ville pour l’amélioration de la santé des habitants dans les quartiers défavorisés. En outre, la crise économique a commencé en 2008, mais ses effets ont été particulièrement visibles à partir de 2011 et ont affecté de façon disproportionnée les personnes avec une faible situation sociale. Étant donnés les changements économiques majeurs et les modifications dans le monde du travail (augmentation de l’instabilité de l’emploi, dégradation des conditions de travail), il est important de mieux comprendre le lien entre santé et conditions de travail, en lien avec la situation sociale et familiale des individus. Par ailleurs, les populations migrantes, présentant une forte ségrégation sociale et spatiale en Ile de France, doivent faire l’objet d’une attention spécifique. Dans ce contexte, l’objectif de ce projet est d’organiser une quatrième vague de l’étude SIRS. Les thèmes de recherche suivants seront étudiés : 1/ évolution des différentiels sociaux de santé et facteurs explicatifs entre 2005 et 2018 ; 2/ santé et déterminants sociaux de la santé des populations migrantes ; 3/ effet des conditions de travail et des contraintes familiales sur la santé et différences par situation sociale et sexe ; 4/ dynamique des quartiers et effets sur la santé des habitants. Divers événements de santé seront étudiés : santé mentale et physique, comportements de santé et recours aux soins curatifs et préventifs. Nous identifierons l’ensemble des logements dans chacun des 50 quartiers de l’étude SIRS puis sélectionnerons au hasard 60 ménages par quartier. Nous conduirons ensuite des entretiens en face à face au domicile des personnes, complétés par questionnaire web. Les données seront recueillies par questionnaire (caractéristiques démographiques, socio-économiques et psychosociales, facteurs liés au travail, liens sociaux, santé et expériences spatiales), mais seront aussi obtenues à partir des bases de l’Assurance Maladie (consommation de soins des personnes) et du système d’information géographique régional et du recensement général de la population (caractéristiques contextuelles des différents quartiers de vie). Une fois les données collectées, nous calculerons des poids pour tenir compte de la méthode d’échantillonnage et redresserons nos données selon la distribution par âge et sexe de la population vivant dans Paris et la petite couronne. Les résultats du projet permettront d’améliorer la compréhension des inégalités sociales de santé, un enjeu majeur de santé publique. Le contexte dans lequel les gens vivent est étroitement lié à leur santé, et l’étude SIRS, grâce à sa conception, permettra d’étudier comment la santé, les caractéristiques sociales des individus et les caractéristiques des territoires où ils évoluent interagissent. En raison de la dimension régionale des données, le projet fournira des renseignements utiles pour informer les décideurs régionaux grâce aux contacts réguliers entre l’équipe de recherche portant le projet et l’ARS ou l’ORS Ile-de-France.

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2018

WIsDHoM — Inégalités patrimoniales et dynamiques du marché du logement : Comprendre le Régime d’Inégalités Spatiales liées au marché IMMObilier (CRISIMMO)

WIsDHoM analyse la croissance des inégalités socio-spatiales dues à l’inflation des prix immobiliers. Dans la majorité des villes, les prix du logement ont crû plus vite que les revenus. L’immobilier est ainsi devenu une composante essentielle des inégalités, les ménages concentrant toujours plus leurs investissements et leur patrimoine dans ce secteur. Un PRC (CES 41, challenge B8, axe 2) est sollicité pour étudier les inégalités de revenu et de patrimoine selon une approche pluridisciplinaire (géographie, aménagement du territoire, histoire, sciences politiques, sociologie, économie) et comprendre le rôle de l’immobilier dans le renforcement des inégalités spatiales et patrimoniales. WIsDHoM réunit des experts du logement afin d’analyser le caractère systémique des inégalités liées aux dynamiques et au contexte politique et financier du marché français depuis la fin des années 1990. Les agglomérations françaises se distinguent depuis une vingtaine d’années par une hausse durable des prix doublée d’une augmentation régulière du taux de propriétaires. Cette situation qualifiée de “bulle robuste” (Timbeau, 2013) accrédite l’idée d’un nouveau régime de prix élevés (Tutin, 2013b) susceptible d’expliquer la résilience des marchés, paradoxale au vu de la dégradation du pouvoir d’achat des ménages et de la rentabilité des logements locatifs après la crise de 2008. Ce régime articule des facteurs de différents niveaux : nationaux (conditions d’accès au crédit, incitation à l’accession à la propriété, place croissante de la propriété immobilière dans les patrimoines des ménages et comme forme de protection se substituant aux systèmes de protection sociale), et locaux (politiques de stimulation du marché et différenciation spatiale des prix de l’immobilier). L’ambition du projet WIsDHOM consiste à saisir les interactions entre la dynamique locale des prix, les inégalités et les politiques menées. La variabilité des prix des logements, dépendant d’un certain nombre de conditions locales, détermine à la fois le tri social des propriétaires immobiliers, les conditions de (dé)valorisation du patrimoine des ménages, et les opportunités immobilières pour les acteurs locaux, publics ou privés. En retour ces éléments influencent les conditions de marché. C’est l’étude spatialisée de cet effet d’auto-renforcement qui constitue le cœur du projet. Afin de restituer la spatialisation de ce régime d’inégalités, l’étude s’appuie sur trois cas à trois niveaux de la hiérarchie urbaine : Paris, Lyon et Avignon. L’analyse empirique consiste en une approche multiscalaire pour saisir l’articulation entre les politiques nationales, locales et les stratégies des ménages. Notre programme scientifique se décline en trois axes : 1) une analyse approfondie de la construction sociale des marchés locaux du logement par les acteurs publics et privés dans les trois agglomérations retenues 2) L’analyse spatiale des inégalités d’accès à la pierre à partir de bases de données désagrégées (transactions immobilières, fiscalité, crédit immobilier, cadastre) ;3) Une enquête ménages sur les stratégies patrimoniales dans nos trois terrains, visant à mettre en évidence d’une part les formes d’enrichissement et de vulnérabilisation liées à la propriété immobilière et, d’autre part, la façon dont ces stratégies (réhabilitations de logements, bimby, nimby, etc.) peuvent avoir des répercussions sur les politiques locales de l’habitat. L’expertise pluridisciplinaire de l’équipe en matière d’enquête et de traitement des données permettra de relever le défi de l’intégration de sources jamais traitées conjointement jusqu’ici.

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AMIAF — ''Aliéné mental'' et ''indigène''. Histoire juridique d'une double discrimination de statut en Afrique française (Fin XIXe siècle-1960)

Le projet de recherche AMIAF se propose de réaliser une enquête historico-juridique ayant pour objet les discours et les pratiques juridico-administratifs qui président à la construction et au fonctionnement du statut de l’« aliéné indigène » dans les territoires africains colonisés par la France, entre les deux dernières décennies du XIXe siècle et 1960. Dans le discours du droit colonial, l’altérité constitutive de l’« indigène » – fondée sur des considérations ethniques et justifiant le clivage entre le « citoyen français » et le « sujet français » – se double d’une différence supplémentaire qui touche à la sphère de la pathologie mentale. Cette étude se propose d’interroger les enjeux (politiques, économiques et sociaux) et les effets découlant de la double discrimination de statut, produite à l’intersection des catégories d’« indigène » et d’« aliéné », tout au long de la colonisation française en Afrique. À cette fin, cette recherche se compose de deux volets. Le premier vise à détecter les éléments qui permettent aux juges et aux administrateurs de classer les individus, originaires du continent africain, parmi « aliénés ». Il s’agira d’étayer l’hypothèse suivant laquelle, en situation coloniale, les éléments dont les juristes et les administrateurs s’emparent pour classer l’indigène comme aliéné émanent essentiellement de l’observation du corps et des réponses comportementales des individus. Le deuxième veut interroger l’usage de savoirs extra-juridiques utilisés dans les discours et dans les pratiques juridico-administratives pour cerner l’« esprit indigène » et pour opérer une distinction entre le « normal » et le « pathologique ». En faisant attention aux changements intervenus aux différents moments de la présence française en Afrique, ainsi qu’aux spécificités des différents territoires africains colonisés, il sera question de faire ressortir les enjeux du choix des acteurs institutionnels de mobiliser certaines connaissances sur le psychisme et d’en écarter d’autres. En raison de la nature même de l’objet d’étude, la méthode historico-juridique, dont cette recherche s’inspire essentiellement, croisera impérativement les approches méthodologiques et les questionnements épistémologiques propres à d’autres disciplines (parmi lesquelles l’anthropologie, psychologie et l’histoire des sciences figurent au premier chef). Dans la même perspective, outre à la mobilisation des sources juridiques et administratives, la réalisation de ce projet nécessitera de faire attention aux sources relatives à la médecine, à la psychiatrie et à la psychologie coloniales, à l’anthropologie, à l’ethnologie. En reconstruisant un pan, aussi crucial que négligé, des modes opératoires de la justice et de l’administration coloniales face aux troubles mentaux, ce travail souhaite combler un vide historiographique, impulser au sein du laboratoire d’accueil un secteur d’études novateur à vocation pluridisciplinaire et propulser une nouvelle équipe, dynamique et hétérogène, composée par des spécialistes de différentes disciplines. Évoquant des questions d’une actualité brûlante, le projet AMIAF se propose, en outre, de fournir une perspective historique essentielle à la compréhension des processus contemporains d’assignations identitaires et de discrimination, fondés sur des considérations relative à l’ethnie, à la race, à l’origine, à l’état de santé. De ce fait, la plupart des produits finaux de cette recherche – carnet de recherche AMIAF, bibliothèque numérique, exposition virtuelle sur l’enfermement asilaire en Afrique, colloque, journées d’études, ouvrage – s’adressent à un public hétérogène, comprenant à la fois les chercheurs, les acteurs politiques, les juristes, les professionnels de la santé mentale travaillant avec les populations issue de l’immigration, les étudiants, le grand public.

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2018

MCB — La culture matérielle en Babylonie au Ier millénaire av. J.-C.

L'objectif de notre projet est de reconstituer la culture matérielle la plus complète possible de la Babylonie du 1er millénaire av. J.-C. La priorité sera donnée a` l'étude des données textuelles très riches qui illustrent des processus de fabrication et des objets qui n'ont pas été conservés dans leur contexte archéologique. La reconstruction de la culture matérielle, définie comme l'ensemble des objets créés par l'homme, implique d'étudier la nature de ces objets, mais aussi de comprendre l'identité et les techniques de ceux qui les ont fabriqués, et la manière dont mobilier, outils, armes, etc. étaient utilisés. L'âge du fer en Babylonie est la période la plus ancienne pour laquelle il est possible d'étudier l'impact de l'argent et du marché sur la production et la consommation des biens de consommation. Notre hypothèse est que la culture matérielle nous renseigne sur les innovations technologiques ainsi que sur les conséquences de la monétisation et des échanges de marché.

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2018

SALMEA_18 — Accomplissement personnel et moralités locales en Afrique de l'Est

En Afrique de l’Est, les transformations structurelles récentes ont profondément modifié les représentations de l’autorité, de la propriété, de l’héritage et de la parenté. Les formes d’accomplissement personnel, c’est-à-dire ce que représente une vie bien conduite suivant les valeurs propres aux moralités locales, et les moyens d’y parvenir se sont renouvelés. Parmi les éléments qui constituent l’accomplissement personnel et qui s’entremêlent avec l’ethnicité, les adhésions religieuses, le genre, la classe sociale ou les générations, nous considérons les représentations de la richesse, du respect, de l’autorité, de l’honneur, de la réputation et de la transmission. Ce projet propose d’étudier les façons dont les Est-Africains conduisent leur vie pour s’y conformer et mobilisent différents registres de valeurs locaux. En d’autres termes, nous étudions les relations dialectiques entre les formes d’accomplissement personnel et les moralités locales. Pour cela, nous étudions quatre thématiques: les représentations de la richesse, de la violence, de la religion et de la parenté. Ainsi, les récits évoquant une vie accomplie évoquent tant la richesse que la transmission aux enfants. L’ethnicité et les appartenances religieuses offrent également des indications précises sur les formes d’accomplissement personnel. Que se passe-t-il lorsque la situation socioéconomique ne permet plus d’y parvenir ? L’usage de la violence ou l’adhésion à de nouveaux mouvements religieux permet alors de découvrir des formes innovantes d’accomplissement et d’obtenir le respect de ses proches. Bien que nous distinguions, heuristiquement, ces différentes thématiques, elles sont intrinsèquement liées : la richesse suscite le respect, alors que celui-ci facilite l’enrichissement. Les recherches sur le Kenya central ont montré que l’accomplissement personnel pour les hommes s’obtenait grâce à la possession de terre mise en culture, par le mariage et la naissance des enfants. Toutefois, les hommes qui ne possédaient pas de terre avaient d’autres moyens d’y parvenir : ils défrichaient des terres vierges, ou razziaient les groupes voisins pour enlever bétail, épouses et enfants. Aujourd’hui, acheter des terres à cultiver est très onéreux tant pour les hommes que pour les femmes : ils cherchent de nouvelles formes d’enrichissement, à obtenir le respect de leurs pairs ou à être socialement reconnu. Ces formes s’inspirent des modèles alternatifs anciens en les combinant avec les nouveaux mouvements religieux, avec les appartenances ethniques et nationales ou en s’inspirant des répertoires transnationaux de valeurs proposés par la globalisation. Tant les hommes que les femmes déploient aujourd’hui de nouvelles formes d’accomplissement personnel. Pendant des siècles, la région fut modelée par la migration et le commerce, avant de s’intégrer au sein des réseaux commerciaux de l’Océan indien au XVIIIe et au XIXe siècle et de subir la domination coloniale au XXe siècle. Chaque pays a alors suivi des trajectoires historiques qui définissaient des territoires distincts, des souverainetés différentes : ils ont cultivé des formes de nationalisme propre. En revisitant les recherches sur les moralités locales et l’accomplissement personnel propre à l’Afrique de l’Est, nous renouvellerons les débats scientifiques actuels sur les liens entre systèmes de valeurs et pratiques sociales et observerons leurs profondes transformations. Nous étudierons précisément comment les différents registres identitaires s’entremêlent pour offrir de nouvelles perspectives d’accomplissement personnel tout en transformant les moralités locales. Les résultats de ce projet offriront des éléments pour développer de nouvelles politiques sociales ou susciter des formes d’interventions de la société civile destinées à débloquer la situation actuelle qui interdit aux hommes comme aux femmes de s’accomplir personnellement.

ANR

2018

LUBARTWORLD — Migration et Shoah. Pour une microhistoire globale des trajectoires des Juifs de Lubartow à travers le monde, des années 1920 aux années 1950

La question des migrations de populations est l’un des enjeux majeurs de la période contemporaine. Parallèlement, la mise en place d’une politique systématique de catégorisation, discrimination, persécution puis extermination des Juifs européens constitue l’un des événements principaux de la première moitié du 20e siècle. L’objet de ce projet consiste à comprendre les relations entre ces deux histoires qui bien souvent s’ignorent. Son originalité consiste à relier ces deux domaines afin de mieux comprendre l’histoire des inter-relations entre migrations et persécutions dans le premier vingtième siècle, deux processus qui transforment en profondeur la configuration de l’Europe, dans ses connexions au monde, notamment atlantique et océanien. A cette fin, il propose de reconstituer, dans une perspective de micro-histoire transnationale, les trajectoires d’un groupe de Juifs polonais, des années 1920 au début des années 1950. La démarche qui croise prosopographie, approche nominative et analyses de trajectoires, projette de suivre, dans la durée, les parcours et itinéraires de l’ensemble des habitants juifs d’une localité de Pologne : Lubartow, située non loin de Lublin, sur le Wieprz. Il s’agit de comprendre comment on peut expliquer les comportements d’émigration, leurs scansions chronologiques et leurs conséquences sociales, économiques, mais ici bien souvent vitales. La mise en regard des processus de migration et de persécution, à partir d’une étude intensive non pas d’un lieu, mais des personnes de ce lieu, constitue l’une des mises à l’épreuve possibles des atouts et difficultés d’une microhistoire de la Shoah, comprise dans son interrelation avec les migrations dans l’Europe du premier 20e siècle. Le cadre méthodologique du projet LUBARTWORLD est celui d’une micro-histoire globalisée. En effet si le projet part de Lubartow, il mène au monde, dans sa globalité, puisque les Lubartoviens le sillonnent et que leurs trajectoires incarnent à leur manière les bouleversements que connaissent l'Europe et le monde au 20e siècle. Néanmoins, il se distingue en ce qu’il adopte non pas l’échelle de trajectoires individuelles, mais l’échelle d’un groupe, de 3000 personnes, et plus exactement d’un collectif. Dès lors, ce projet appelle à la mise au point de techniques quantitatives du matériau recueilli. C’est donc à une compréhension de l’histoire globale du monde à partir de celle des habitants d’un shtetl que le projet LUBARTWORLD invite.

ANR

2018

FORMY — Formation de la myéline

Les fonctions complexes du système nerveux reposent sur deux grandes familles de cellules : les neurones d’une part et les cellules gliales d’autre part. Alors que les neurones sont responsables du traitement des informations, les cellules gliales assurent une grande palette de fonctions de soutien. Chez les vertébrés, certaines cellules gliales (oligodendrocyte dans le système nerveux central et cellule de Schwann dans le système nerveux périphérique), sont responsables de la synthèse de la gaine de myéline, qui enroulée autour des axones à longue projection, pourvoie à leur isolement électrique, assure une accélération considérable de la vitesse de conduction de l’influx nerveux et en subvenant à leur soutien métabolique est nécessaire à leur survie. De ce fait il est clair que l’acquisition de la gaine de myéline a été un élément clef du succès évolutif des vertébrés, alors que chez les invertébrés les cellules gliales ne sont pas capables de former une gaine de myéline. Malheureusement, la survenue de démyélinisation, c’est à dire de la perte de la gaine de myéline, dans certaines affections neurologiques humaines, dont la plus fréquente est la Sclérose en Plaques (SEP), est extrêmement délétère pouvant conduire à un handicap sensori-moteur sévère et permanent. Bien que puisse survenir dans la SEP une remyélinisation spontanée, les études neuropathologiques ont clairement illustré que ce mécanisme remarquable de réparation des lésions de démyélinisation est le plus souvent insuffisant, malgré la présence en abondance, dans et autour des lésions, de cellules du lignage oligodendrocytaire. Quelles sont les raisons qui empêchent ces cellules de remyéliniser ? Est-ce une absence à la surface des axones de molécules attractives ou au contraire ces axones dénudés expriment-ils à leur surface des molécules répulsives, inhibitrices de la myélinisation ? Alternativement est-ce le programme de myélinisation oligodendroglial qui est inhibé par la présence de quelques facteurs inconnus ? Notre ambition réside dans notre volonté d’amener biologistes et physiciens théoriciens à déchiffrer les mécanismes moléculaires qui contrôlent les interactions entre neurones et cellules gliales et de briser le code qui empêche les cellules gliales d’invertébrés de s’enrouler autour des axones. Nous souhaitons dans le même temps, grâce à la présence dans notre groupe d’une philosophe historienne des sciences, développer le cadre théorique qui nous permet d’aboutir à nos résultats dans le contexte des progrès scientifiques antérieurs et présents. Dans une premier temps nous définirons les bases physiques de la sélection naturelle et nous appuierons sur un modèle simple d’invertébré (la drosophile) afin de définir les réquisits génétiques nécessaires au développement de l’enroulement des axones par les cellules gliales. Afin d’identifier les traits conservés au cours de l’évolution, les gènes d’intérêt seront testés dans un système vertébré, en les appliquant à notre système déjà bien établi de chimère invertébré-vertébré (Drosophile-Xénope) en co-culture ainsi que par transplantation intra cérébrale. La perspective historique nous conduira à articuler nos approches expérimentales et à peaufiner nos modèles de fibres nerveuses. Le but de notre projet est donc de découvrir le minimum requis pour induire un programme de myélinisation sous un angle complètement innovant jamais appliqué, à notre connaissance, à ce jour. Nous anticipons qu’outre les apports théoriques fondamentaux de notre démarche, briser le code du programme de myélinisation, c’est à dire d’enroulements successifs autour des axones, ouvrira des perspectives originales et inattendues de traitement des maladies démyélinisantes.

ANR

2018

TIREX — Transfert des apprentIssages de Retours d’EXpériences scientifiques pour le renforcement des capacités de réponse et d’adaptation individuelles et collectives dans un contexte de changement climatique (Petites Antilles du Nord - saison cyclonique 2017

Le projet TIREX s’inscrit dans la continuité de premières missions collectives réalisées en octobre dernier aux Antilles suite aux trois ouragans, Irma, José et Maria. L’objectif est de compléter l’analyse des impacts et de renforcer le suivi de la reconstruction territoriale, en favorisant l’analyse comparative entre territoires du Nord des Antilles, et en formalisant des méthodes de RETEX scientifique continu. Il se propose de participer à l’amélioration de l’alerte cyclonique, d’identifier les facteurs de vulnérabilité hérités, de renforcer les capacités d’adaptation et de réponse des territoires et des sociétés dans un contexte de changement climatique. TIREX sera organisé en tâches complémentaires croisant les compétences de tous les membres du groupement (géographie des risques, analyse spatiale, géomorphologie, sciences politiques, médiation scientifique, physique de l’atmosphère, modélisation, climatologie). TIREX porte une dimension pré-opérationnelle d’accompagnement des acteurs de la gestion des risques et de la reconstruction, populations comprises, via le transfert et la mise en pratique des résultats. La consolidation, dissémination et valorisation des résultats du projet sera adaptée au contexte culturel et géographique des territoires ciblés. Elle mobilisera des outils de transfert des savoirs et d’éducation novateurs, fondés sur des approches participatives, des mises en situation, des outils numériques en ligne et interactifs, des guides de bonnes pratiques… Le projet intégrera les dernières connaissances sur les évolutions futures du climat aux Antilles apportées par le programme en cours C3AF sur le changement climatique et ses conséquences aux Antilles.

ANR

2017

GUYINT — Gouvernance des grands espaces amazoniens et enjeux environnementaux : l’intérieur du plateau des Guyanes et ses défis

Les espaces à faible densité de population, ou « grands espaces », sont un enjeu important dans le monde contemporain. Ils concentrent les ressources disponibles mais sont également fournisseurs de divers types de services environnementaux. De plus en plus, on leur prête également une valeur intrinsèque. Ces espaces font l’objet d’un gouvernement « à distance » en ce sens que les sociétés urbaines auxquels ils sont administrativement et juridiquement rattachés en déterminent à la fois l’exploitation (étant les marchés qui achètent leurs ressources) ou la protection (par le biais de l’énonciations de codes, règles, lois sur l’environnement). Cette gouvernance à distance et les réactions (positives comme négatives) qu’elle implique doit être analysée afin de mieux en comprendre les modalités et les effets concrets. Le projet GUYINT propose d’observer à travers ce prisme l’intérieur du plateau des Guyanes, en particulier la Guyane française et l’Etat d’Amapá au Brésil. Cet espace correspond en effet parfaitement à la définition des « grands espaces », alliant faible densité démographique, abondance de ressources naturelles et enjeux environnementaux. Depuis une quinzaine d’années, il a été l’objet d’une politique de protection de l’environnement qui est entrée frontalement en conflit avec les pratiques de certains groupes économiques locaux, notamment les orpailleurs illégaux. Par ailleurs, la participation des populations traditionnelles ou amérindiennes de la région à la définition des nouvelles règles a été partielle et continue d’offrir certaines difficultés. Enfin, la vision régionale sur la question, notamment dans les centres comme Macapá et Cayenne, diffère sensiblement de celle développée à Paris ou à Brasília. La région se présente donc comme un exemple parfait des différentes échelles de la gouvernance des grands espaces et des interactions, conflits et rétroactions que celles-ci entraînent. Pour étudier ces phénomènes, le projet GUYINT propose d’avancer sur quatre axes de travail thématiques qui constituent chacun une facette du problème général : 1. Production et usage de l’information géographique, en particulier relative à l’environnement ; 2. La définition et l’implémentation des politiques de protection, avec un focus sur les parcs nationaux ; 3. L’exploitation des ressources naturelles, en particulier minières ; 4. Les stratégies des populations locales, en particulier les populations amérindiennes. Ces quatre modules nourriront la réflexion d’un cinquième consacré à l’élaboration d’une théorie de la gouvernance des grands espaces, qui sera confortée par la comparaison avec le cas du Pima County (USA), région passée par les mêmes cycles que ceux auxquels est confronté le plateau des Guyanes aujourd’hui. Sur le plan des méthodes, le projet propose une combinaison d’approches qualitatives et quantitatives basées sur la collecte de données primaires (interviews, relevés de terrain) et secondaires (en particulier l’information géographique produite par des tiers). L’ensemble permettra la confortation du cadre conceptuel initial élaboré en début de projet. Le projet GUYINT sera mis en œuvre par un ensemble de chercheurs relevant de plusieurs UMR du CNRS et d’universités du Brésil. Il sera coordonné par l’UMI 3157 Iglobes. L’une de ses originalités est d’inclure également des acteurs locaux comme membre du projet, en particulier les Forces armées de Guyane, le Parc Amazonien de Guyane et le Parc National « Montanhas de Tumucumaque ». De ce fait, ses résultats seront immédiatement valorisés auprès des institutions qui travaillent dans la région, lui conférant une dimension de recherche-action. Un ensemble de publications dans des revues scientifiques internationales est également prévu pour valoriser chaque axe de travail ainsi que le module théorique.

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2017

HYBRIDELEC — Hybridations électriques: formes émergentes de la transition énergétique dans les villes du Sud

Les villes des pays émergents et en développement connaissent de lourds problèmes de fourniture en électricité que les réponses conventionnelles telles que l’extension du réseau ne parviennent pas à résoudre. C’est pourquoi on assiste au développement de solutions alternatives, individuelles ou collectives, tels que des réseaux décentralisés et hybrides. Appliquant le concept d’hybridation aux études socio-techniques, la recherche propose d’étudier ces nouvelles configurations, qui restent mal connues, et leurs impacts sur le futur du système électrique. D’une durée de 4 ans, la recherche étudiera empiriquement ces objets (par enquête auprès des acteurs du marché et analyse des pratiques de régulation) et examinera leur impact sur les conceptions usuelles de la transition énergétique. L’équipe se compose de 13 chercheurs juniors et seniors et recrutera un doctorant, un postdoc et plusieurs masterants, pour étudier 7 terrains en Afrique et en Asie.

ANR

2017

HECTTOR — L'Humain Engagé par la Cobotisation dans les Transformations du Travail et des Organisations dans les usines du futur

La transition vers des usines du futur engage à une nécessaire réflexion sur les transformations du travail et sur la place des opérateurs alors engagés dans un « agir » en coopération avec un ensemble de nouveaux dispositifs, dont les cobots. Dans ce contexte, l’objectif du projet HECTTOR de recherche collaborative (PRC) alliant SHS (sociologie, anthropologie, ergonomie) et SPI (Génie Industriel) vise à produire des connaissances permettant de soutenir les mutations des organisations productives à moyen et long terme en s’intéressant plus particulièrement : • aux transformations du travail (de production, de maintenance, d’ingénierie et de management) en lien avec l’introduction de cobots et ceci dans les PMEs qui est un notre sens un espace encore trop peu étudié ; • à la place du travail (d’ingénierie, de production, de maintenance, de management) dans ces projets de transformations ; • à la production de modèles et de méthodes permettant de soutenir le conception de situations de travail collaboratif « humains-robots » favorisant le travail « en santé », la performance, et le développement de compétences. Penser le futur des industries et agir sur leur développement nécessite de comprendre ce qui est « déjà la » et d’accompagner la transition vers ce qui « pourrait être » : les trois premières tâches de notre projet renvoient à trois analyses complémentaires (un diagnostic politique, social et technologique, un diagnostic organisationnel, un diagnostic portant sur la collaboration effective humains-cobots) qui serviront de socle à l’élaboration de démarches permettant d'agir sur la conduite des transitions vers des industrie du futur en donnant une place à la diversité d’acteurs impliqués et au question du travail « bien fait ». Ainsi, les retombées et les impacts du projet renverront à différents enjeux: • des enjeux politiques et sociaux. Notre travail pourra aider à penser de manière holistique et systémique les questions de santé/sécurité/développement et de management des transitions vers les industriels du futur. • des enjeux de santé/sécurité au travail et de gestion des compétences à travers l’investigation du rôle effectif de la cobotisation dans le travail dans la réduction/augmentation de certaines pathologies du travail (TMS, RPS), le développement des compétences et l’enrichissement du travail : les cobots et la conduite de leur introduction pouvant favoriser un travail « bien fait » et en santé ou au contraire le rigidifier. • des enjeux de management/conduite des transitions permettant de créer les conditions de réalisations d’un travail soutenable et d'organisations plus agiles. Notre travail permettra de comprendre et d’agir sur la place faites à l’humain dans la conduite des évolutions de l’organisation de leur travail. Dans quelles mesures ces modèles de management de la transition peuvent-ils : intégrer les humains dans les processus de prise de décision et de conception, leur permettre de développer un travail de qualité, qui fasse sens pour eux, et de créer les conditions d’un travail soutenable ? • des enjeux technologiques liées en particulier aux possibilités d’adaptation dynamique des outils de conception (simulation) production et des cobots à la diversité des situations rencontrées par les opérateurs dans le cours de leur action et par les entreprises dans leurs perspectives d’évolutions. Cela implique d’intégrer les enjeux humains, santé/sécurité et organisationnels des les phase amont de conception ou de mutation des systèmes de production. Les résultats de la recherche seront valorisés par des publications dans les disciplines respectives des partenaires et par une publication collective qui fera suite à un séminaire permettant une restitution publique devant un public académique et industriel qui permettra de toucher un public large, notamment PME. Cette publication collective fera état des résultats mais aussi des enjeux méthodologiques liés aux croisements des disciplines SHS et SPI.

ANR

2017

EXPERTS — Pratiques des savoirs entre jugement et innovation. Experts, expertises du bâtiment, Paris 1690-1790

Notre projet vise à examiner, à partir d’un secteur économique majeur - celui du bâtiment à l’époque moderne -, le mécanisme de l’expertise : comment la langue technique régulatrice des experts s’impose à la société, comment leur compétence se convertit en autorité, voire parfois en « abus d’autorité » ? L’existence d’un fonds d’archives exceptionnel (AN Z1J) qui conserve l’ensemble des procès-verbaux d’expertise du bâtiment parisien de 1643 à 1792 nous permet de lancer une enquête pluridisciplinaire d’envergure sur la question de l’expertise qui connaît, à partir de 1690, un tournant particulier. En effet, les experts, autrefois uniquement gens de métiers, se divisent en deux branches exerçant deux activités concurrentes, parfois complémentaires : l’architecture et l’entreprise de construction. La base de notre travail consistera d’abord à établir parallèlement deux corpus : d’une part, un dictionnaire prosopographique des 234 experts exerçant de 1690 à 1790 ; d’autre part, l’inventaire et l’analyse des procès-verbaux d’expertise sur la même période. Au regard de l’immensité du fond, nous travaillerons sur un groupe de près de 10000 expertises par le biais d’un sondage au 1/10e sur les dix années de 1696 à 1786, espacées chacune de 10 ans. Chaque expertise sera inventoriée, indexée, numérisée et analysée dans le détail. L’ensemble fera l’objet d’une étude sérielle sur le siècle parcouru, mais surtout d’un travail approfondi sur son contenu. Deux questions seront résolues : 1° Comment la décision de l’expert se prend-elle ? Quels savoirs y sont convoqués ? 2° Comment ces experts parviennent à innover dans domaine de leur compétence ? Le projet correspond au moins à trois enjeux contemporains. Le premier concerne le rapport au risque et à l’innovation sociale. Comment affronter des situations à risque permet d’innover techniquement, voire socialement ? La confrontation à des incertitudes ouvre des possibilités de résoudre des conflits entre des communautés opposées. Tenant compte de la partition des fonctions d’experts, la mission d’expertise se différencie-t-elle selon la qualité de son auteur ? Les experts en viennent, souvent grâce à l’expertise, à innover dans le champ d’activité qui est le leur. Ainsi, pourquoi l’expertise induit-elle l’innovation ? Le second concerne la part du droit dans la prise de décision démocratique. Comment le droit peut-il servir entre les mains de non-juristes ? La diffusion des principes du droit dans la vie citoyenne permet un usage de ces derniers dans la vie publique mais également dans des domaines de la vie privée. Dans le cadre de notre projet, comment et pourquoi des experts, non juristes mais au fait du droit, argumenteront en droit et persuaderont le juge de leur position ? Le troisième concerne la régulation des valeurs de biens. Quels critères faut-il mettre en avant pour échafauder une hiérarchie des choses ? Une stricte normalisation objective de ces critères peut ne pas apparaître souhaitable face aux lois du marché qui par leur rigueur nécessiteraient un contrebalancement de règles subjectivées. Précisément, comment les experts du bâtiment ont-ils mis en place les critères objectifs et subjectifs d’estimation de la valeur des biens immobiliers ? Rejoignant l’idée d’« abus d’autorité » de l’expert, le fait que plusieurs types de savoirs, et plusieurs groupes sociaux, partagent l’expertise, diminuerait-il le risque d’abus d’autorité et au-delà le risque technique en général ? Les résultats de cette recherche seront présentés dans une base de connaissances collaborative accueillie sur un site dédié sur lequel l’ensemble des corpus seront accessibles à la communauté des chercheurs. L’analyse d’exempla fera l’objet d’une éditorialisation particulière sous forme d’exposition virtuelle pour le grand public. La synthèse de nos résultats sera consignée dans un ouvrage et deux rencontres nationale et internationale viendront clore le projet.

ANR

2017

MOII — Manipulation et obsolescence de l'information sur internet

Le projet est centré sur l’étude de la qualité de l’information disponible sur internet. Il s’articule autour de deux axes : l’obsolescence et la manipulation de l’information. Les nouvelles technologies de communication ont permis l’émergence d’intermédiaires facilitant le recueil et la diffusion d’informations utiles aux deux côtés du marché. On peut cependant questionner l’efficacité de cette information dans la mesure où sa production engendre des externalités négatives : les employeurs sont peu incités à détruire les offres d’emplois pourvues et les hôteliers ou restaurateurs peuvent avoir intérêt à manipuler les notes ou commentaires laissés sur leur profil ou sur ceux de leurs concurrents. Nous souhaitons mesurer l’ampleur de ces externalités en combinant méthodes de web scraping permettant le recueil à grande échelle de données sur internet et modèles structurels des comportements des acteurs présents sur les différents sites. D’une part, nous allons constituer un panel d’annonces à partir des sites américains de Craigslist, Monster et Indeed et du site français de Pôle Emploi. Nous estimerons des taux de mortalité et des taux de renouvellement des annonces par âge. Ces taux seront ensuite intégrées aux modèles structurels pour en déduire la proportion de postes fantômes, la distribution des efforts de recherche par âge des annonces, la distribution des âges de renouvellement des annonces et l’impact des informations obsolètes sur le chômage et l’efficacité du processus d’appariement. D’autre part, nous allons récupérer les évaluations d’un grand nombre d’hôtels et de restaurants à partir des sites TripAdvisor, Expedia, Booking, TheFork et OpenTable. Nous confronterons la distribution empirique des évaluations à des distributions contrefactuelles théoriques pour détecter les comportements de manipulation. Nous monterons ensuite comment le contexte concurrentiel local affecte ces comportements. Nous mettrons l’accent sur les guerres de manipulation entre offreurs sur ce type de site. Les différents travaux tiendront compte de la sélection des couples de consommateurs et de producteurs dans le processus de formation des évaluations. Le consortium comprend cinq chercheurs seniors et un doctorant : trois chercheurs à dominante empirique maîtrisent les techniques de web scraping ; deux chercheurs à dominante théorique sont spécialistes des frictions de recherche et d’appariement. Le projet engage aussi des coauteurs étrangers basés aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, au Canada et en Australie. Les résultats du projet seront médiatisés sur un site web spécifique qui mettra à disposition des chercheurs tout ou partie des bases de données constituées ainsi que les programmes utilisés lors d’estimations statistiques ou de simulations numériques. Le budget demandé est de 208 527 euros sur une durée de 36 mois. Il correspond à des achats de matériel informatique et en particulier des stations de travail utiles au recueil et au traitement des données ainsi qu’aux simulations numériques des modèles structurels, des frais de mission en France et à l’étranger, des frais d’expertise informatique et à l’organisation d’une conférence sur deux jours.

ANR

2017

DESORBERCY — Entre ordre et désordre économique, la fabrique d’action publique innovante sous tension

L’objectif de ce projet de recherche est de comprendre le processus de fabrique des innovations que connaissent les politiques publiques dans des situations d’incompréhension et d’incertitude majeures. Pour cela, nous nous proposons d’étudier empiriquement la façon dont le Ministère de l’Economie et des Finances et plus largement l’ensemble des acteurs qui contribuent à l’élaboration de la politique économique ont appréhendé et réagi à la crise des « subprimes » de 2007 ainsi qu’à l’ensemble des crises qui vont lui succéder. A partir d’une enquête sur la trajectoire des propositions au sein des arènes politico-administratives, il s’agit ainsi de saisir la manière dont les principaux acteurs fabricant de politiques publiques, confrontés à des situations pour lesquelles ils ne disposent ni d’énoncé explicatif, ni de recettes disponibles, se mettent à en élaborer de nouveaux et à construire autour d’eux un accord suffisamment large pour les faire adopter.

ANR

2017

LGPN-Ling — Analyse linguistique des noms de personnes grecs antiques : dictionnaire numérique et imprimé

Notre projet LGPN-Ling consiste à procurer un développement linguistique à la base de données prosopographique interrogeable en ligne du Lexicon of Greek Personal Names d'Oxford et à en extraire un dictionnaire imprimé qui remplacera "Die historischen Personennamen des Griechischen bis zur Kaiserzeit" de Fr. Bechtel (HPN, 1917), aujourd'hui dépassé du fait de l'accroissement des données et des progrès réalisés en linguistique. Sur les environ 35.000 noms de personnes identifiés (350.000 individus répertoriés dans le LGPN), 30.000 peuvent être considérés comme assurément grecs. L'analyse linguistique vise à rendre clairs étymologie, morphologie et sémantisme de ces noms. Pour chacun, quelle que soit sa structure, essentiellement mono- ou di-thématique, la grille d'analyse procurera les informations suivantes, dont certaines sont déjà fournies par la base de données d'origine : (1-6) forme du nom en grec et en translittération, évaluation de sa productivité par le nombre de ses attestations, genre grammatical, aires dialectales et fourchette chronologique d'emploi. (7-13) : analyse étymologique permettant sa segmentation morphologique en radicaux (de 1 à 3) et suffixes (de 1 à 4). (14-16) : structure grammaticale du nom, et, le cas échéant, sémantico-syntaxique, pour distinguer entre les différents types de composés ; sémantisme du radical pour le nom simple ou des radicaux pour le nom composé ; rapprochements avec les lexèmes et éventuelles collocations corrélés, en grec historique, en mycénien ou dans une autre langue, indo-européenne ou autre, en mettant à profit tous les types de sources (littéraires, épigraphiques et papyrologiques) (17) : une bibliographie onomastique complètera l'ensemble. Trois registres indissociables et complémentaires motivent le projet : 1. Une recherche fondamentale inédite en même temps qu'innovante, d'intérêt à la fois scientifique et patrimonial ; 2. La formation d'étudiants à la recherche par la recherche dans le cadre d'un partenariat entre trois établissements et trois laboratoires de réputation internationale dans le domaine des sciences de l'Antiquité : l'Ecole Pratique des Hautes Etudes, section des sciences historiques et philologiques, dans laquelle la coordinatrice est directeur d'études, l'Université Paris-Sorbonne, UFR de Grec et la Faculté de Classics de l'Université d'Oxford ; et l'UMR 8210 Anthropologie et histoire des mondes antiques (ANHIMA), l'UMR 8167 Orient et Méditerranée et The Stelios Ioannou School for Research in Classical and Byzantine Studies, Lexicon of Greek Personal Names ; 3. Une double valorisation de la recherche par la mise en ligne de données actives, interrogeables grâce au langage XML et au standard international d'encodage de la TEI, et l'extraction d'un dictionnaire imprimé. Les 4 années de financement demandé correspondent aux étapes successives de la recherche, dont l'organisation se conformera en partie à l'ordre alphabétique des anthroponymes, en commençant par ceux des HPN de Bechtel. La première année sera consacrée aux lettres A-E (environ encore 7000 noms) ; la deuxième, à Z-? (environ 7500) ; la troisième, à ?-? (environ 7500) et la dernière, à ?-O (environ 8000). La progression exponentielle s'explique par le fait qu'une fois qu'un radical a été traité, le renseignement des données devient automatique lorsqu'il réapparaît. Ce projet a été avalisé par l'IUF en 2014, par la nomination de sa coordinatrice comme membre, avec un soutien de 15000 euros annuels pendant 5 ans. Il a aussi reçu le soutien de l'équipe d'Oxford, sous la forme d'un an de financement (2015-2016) pour la construction de l'interface, l'étude de 1500 noms en A- et la préparation de l'interconnexion des deux bases de données et de leur interopérabilité. Les deux instruments, l'un numérique, l'autre imprimé, doivent être utiles à la communauté scientifique comme au grand public, dont l'intérêt pour les noms propres est d'ordre culturel et patrimonial.

ANR

2017

Numapresse — Du papier à l'écran. Mutations culturelles, transferts génériques, poétiques médiatiques de la presse française

Numapresse veut proposer une nouvelle histoire culturelle et littéraire qui mettra en évidence des lignes de force structurelles de la presse française du XIXe siècle à aujourd’hui. Le projet s’appuiera sur la numérisation des journaux mise en œuvre par les campagnes successives développées sous l’impulsion des bibliothèques patrimoniales, des musées et des bases de données de presse, sur la création de nouveaux outils numériques et sur une méthodologie croisant les apports des études littéraires, de l’histoire culturelle, de l’analyse du discours et des sciences de l’information et de la communication. Plutôt que de mettre en avant le paradigme de la rupture radicale, Numapresse veut prouver au contraire l’existence de généalogies historiques, lesquelles apparaissent paradoxalement parce que nous lisons désormais la presse ancienne essentiellement sur écran. Numapresse met donc au centre de sa réflexion la remédiation de la presse imprimée sous une forme numérique et propose d’appliquer à ces textes fraîchement numérisés des protocoles et des outils de lecture technologiquement innovants qui s’inspirent des outils contemporains de production numérisée de l’information. Numapresse s’attache à étudier les pratiques, les poétiques et les imaginaires caractéristiques de la culture médiatique et dans ce sens ce projet continue l’exploration scientifique entreprise pour le XIXe siècle par La Civilisation du journal (2011) et par le projet Medias 19 (www.medias19.org). Mais Numapresse s’appuie sur de nouvelles méthodologies inédites en France, liées au numérique, et se fonde sur un paradigme entièrement nouveau de recherche. Il unit de manière originale des littéraires, des historiens, des spécialistes des sciences de l’information et de la communication, des analystes du discours et des experts en humanités numériques. Il étend l’expertise à l’ensemble du XXe siècle. Numapresse surtout vise à mettre en relation cette histoire longue avec l’époque contemporaine, proposant une amplitude chronologique de recherche inédite. Le projet fait l’hypothèse qu’une étude culturelle et littéraire de la presse contemporaine, montre, malgré la crise de la presse papier, l’existence de faits pérennes autour du recyclage, du journalisme narratif, de l’hybridation entre fiction et actualité, entre autres. Les nouveaux outils mobilisés et les corpus retenus par ce projet permettront de mettre au jour les grandes lignes de ce que sont les formes (matérielles autant que poétiques) du journalisme, voire de la nature de l’information en régime post-moderne. Le travail sur la presse numérisée permettra de mettre en évidence des éléments de poétique médiatique analysés à grande échelle, que seules des méthodes automatisées de fouilles de données font apparaître : « viralité », topic modeling, traits d’auctorialité, figures de rhétorique récurrentes, émergence et stabilisation de genres médiatiques seront repérés par la mise au point d’outils qui pour certains ont déjà été expérimentés aux États-Unis (Cordell) et qui, en phase de test sur les corpus français, donnent déjà des résultats remarquables.

ANR

2017

MATHESIS — Edition et commentaire de manuscrits inédits de Leibniz sur la géométrie

Le but du projet MATHESIS est de promouvoir l’étude des manuscrits mathématiques inédits du philosophe et mathématicien Gottfried Wilhelm Leibniz (1646-1716), au moyen d’un travail d’édition et de commentaire. Nous prévoyons l’édition de près de 800 pages de textes imprimés, ainsi que deux volumes de traductions et commentaires. L’idée d’une collaboration européenne dans ce domaine est déjà ancienne puisqu’elle fut proposée dès 1901, lors du lancement de l’édition des œuvres complètes de Leibniz. La première guerre mondiale empêcha malheureusement cette collaboration d’aboutir, avec pour effets regrettables d’une part un retard considérable dans les travaux du Leibniz-Archiv, et d’autre part un frein évident à la recherche. A ce jour, plus d’un siècle après le lancement de l'idée, près des trois quart du travail mathématique de Leibniz pendant la période qui va nous intéresser dans ce projet (1676-1716) reste encore inédits. Il ne sera pas nécessaire d’insister sur l’obstacle que cette situation impose à la recherche portant sur l’un des plus grands mathématiciens et philosophes européens de son temps. D’après les projections des Archives Leibniz (basées à Hanovre pour ce qui concerne l’édition des textes mathématiques), il faudra attendre 2022 au plus tôt pour que ce corpus puisse être simplement abordé, et 2053 au plus tôt pour que l’entreprise puisse espérer aboutir. Notre ambition est d'initier une dynamique remédiant à cette situation très insatisfaisante pour les chercheurs, mais aussi, plus généralement, pour tous ceux qui s’intéressent aux travaux de Leibniz. En nous appuyant sur le recrutement de jeunes chercheurs et sur les dynamiques de recherche existantes, nous nous proposons de travailler à l’édition et au commentaire des travaux sur la géométrie, dans ses différentes déclinaisons leibniziennes : analysis situs, théorie de la perspective et géométrie projective, théorie des courbes, « mathématique universelle », axiomatisation ou encore théories du continu. Nous concevons ce projet comme une première étape sur laquelle appuyer ensuite des projets de plus grande ampleur, notamment au niveau européen. Le projet bénéficie d’une synergie particulièrement favorable due aux développements récents des recherches sur l’histoire et la philosophie des mathématiques leibniziennes. En 2010 furent initiés deux programmes importants consacrés aux mathématiques de Leibniz : d’un côté, la création en France d’un groupe, dirigé par D. Rabouin et V. Debuiche, rassemblant à l’échelle nationale les chercheurs travaillant sur les mathématiques leibniziennes au sein du Centre d’Etudes Leibniziennes ; d’un autre côté, le programme engagé au Max-Planck-Institut für Wissenschaftsgeschichte sous la direction de Vincenzo de Risi : « Modern Geometry and the Concept of Space ». Peu de temps auparavant, un grand colloque organisé à Nancy par Ralf Krömer (depuis élu professeur à l’Université de Wuppertal) sur la réception scientifique de Leibniz au XXème siècle avait déjà témoigné du renouveau des études leibniziennes sur les mathématiques et de la fécondité des collaborations franco-allemandes dans ce domaine. C’est donc tout naturellement que le Leibniz Archiv de Hanovre s’est tourné vers ces différents partenaires quand il s’est agi d’aborder un corpus pour lequel une expertise scientifique est nécessaire pour l'avancement du travail éditorial proprement dit. Le présent projet décrit les modalités de cette collaboration, déjà initiée par de nombreuses collaborations ponctuelles, et détaille ses retombées auprès d’un public plus large, notamment sous la forme d’un site web dédié à la valorisation des manuscrits mathématiques de Leibniz.

ANR

2017

EthioChrisProcess — Christianisation et interactions religieuses en Éthiopie du VIe au XIIIe siècle : approches comparées avec la Nubie et l’Égypte

Le projet EthioChrisProcess vise à étudier la christianisation de l’Éthiopie comme un processus, en s’intéressant à la période postérieure à la conversion initiale du souverain, en proposant d’analyser la « seconde christianisation » comme une phase qui s’étend sur plusieurs siècles, depuis l’introduction du monachisme (à compter du VIe s.) jusqu’au règne d’une dynastie de saints-rois, les Zagwé (XIe-XIIIe s.). Le choix de cette borne chronologique s’explique par le fait que ces souverains instaurent un véritable gouvernement chrétien en Éthiopie, orientant les largesses royales et les richesses du royaume vers les donations pieuses. Il s’agit de mieux comprendre le passage d’une religion officielle, qui ne concernait qu’une minorité du royaume aksumite à une religion partagée par un nombre croissant de personnes et les transformations politiques, économiques et sociales que ce processus a engendré. Les trois entrées pour saisir ce processus sont : la prise en compte des relations entre païens, chrétiens et musulmans ; l’étude du développement monastique, comme moteur de la christianisation, et du modèle monastique adopté, comme facteur de choix sociétaux ; l’analyse des transformations économiques et sociales induites par l’introduction du monachisme. Pour se donner les outils de réflexion et des points de comparaison, ce projet sur la christianisation de l’Éthiopie et les interactions religieuses doit prendre en compte les travaux menés sur des espaces voisins, en Égypte et en Nubie (actuel Soudan), au sujet de l’impact économique et social du développement du monachisme, sur les mutations des pratiques telles que les pratiques funéraires, sur les interactions avec les païens et les musulmans à partir notamment de l’analyse des transformations des lieux de culte. L’ampleur chronologique et l’articulation entre christianisation, interactions religieuses et comparaison avec l’Egypte et la Nubie sont nécessaires, justifiées et maîtrisées. Nécessaire en raison de la rareté et de la disparité des sources ; justifiée parce que l’espace égypto-nubio-éthiopien est un espace de circulation médiévale ; maîtrisée parce que nous ouvrons des fenêtres précises liées à la disponibilité d’une documentation et à notre problématique. En abordant les processus de christianisation selon ces différents angles, en s’intéressant aux marqueurs de la christianisation que sont les églises et les cimetières, en tentant de comprendre comment la concentration foncière dans les mains des institutions pieuses a modifié la société éthiopienne et en s’interrogeant sur la manière dont la christianisation s’est opérée dans les régions voisines de l’Éthiopie, en Nubie et en Égypte, c’est la question de la pénétration chrétienne en Éthiopie, de ses rapports à la pénétration musulmane, de son impact culturel, social et territorial que le projet EthioChrisProcess veut interroger.

ANR

2017

GlobalYouth — Une jeunesse globale : les 200 000 résidents de la Cité internationale universitaire de Paris au XXe siècle

Pour appréhender sur le temps long l’internationalisation de l’enseignement supérieur, dont les mobilités étudiantes constituent un indicateur de premier plan, le projet GlobalYouth vise à exploiter les dossiers individuels d’admission des 200 000 résidents passés par la Cité internationale universitaire de Paris au XXe siècle, en vue de constituer une base de données des profils et des trajectoires des étudiants en mobilité internationale. À court terme, les données récoltées permettront de voir dans quelle mesure les étudiants passés par la Cité constituent une "jeunesse globale", et ce qu’une expérience de vie étudiante au sein d’un campus international veut dire, autant que de mener une analyse de la stratégie française d’attractivité. À moyen terme, le projet vise à structurer une équipe scientifique sur l’histoire des circulations universitaires internationales, notamment dans la perspective d’un projet européen et pluridisciplinaire autour des mobilités étudiantes.

ANR

2017

ANTRACT — Analyse Transdisciplinaire des Actualités filmées (1945-1969)

L’objectif général du projet ANTRACT est l’analyse des images et des sons produits de manière hebdomadaire dans le cadre d’une société indépendante créée en 1945, les Actualités françaises, sur vingt-cinq ans, vecteur cinématographique majeur, déjà partiellement travaillé, mais n’ayant jamais fait l’objet d’une analyse systématique. Grâce à des outils technologiques récents d’analyse systématique des contenus textuels et audiovisuels, analyse de l’image, de la vidéo et du son, transcription automatique de la parole et textométrie en particulier, il s’agira d’offrir à la communauté scientifique des cadres d’analyse renouvelés. Des enjeux technologiques, historiques, méthodologiques et patrimoniaux sont identifiés. L’enjeu technologique réside dans l’amélioration des technologies d’analyse des modalités parole et image, dans l’exploitation conjointe des différentes modalités (texte, image, parole) en analyse qualitative et quantitative, et dans la spécification et la mise en œuvre d’outils adaptés d’une part aux documents traités et d’autre part aux usages prescrits par l’analyse historienne de ce corpus. L’enjeu historique se décline selon quatre orientations : 1) les évolutions de la France dans sa dimension politique, sociale, économique et culturelle, coloniale et internationale ; 2) la manière dont s’articulent des représentations médiatiques et des faits sociaux ; 3) la dimension mémorielle et 4) la construction d’une histoire audiovisuelle. L’enjeu méthodologique réside dans la mise en place d’une démarche cohérente et complète et constitue l’objectif général du projet. L’enjeu patrimonial réside dans l’importance de ce corpus que le projet se propose d’enrichir et de mettre à disposition des chercheurs et du grand public. Le projet présente à la fois des dimensions de recherche fondamentale pour les travaux de recherche historique et pour son approche transdisciplinaire, ainsi que des dimensions de développement expérimental pour les travaux technologiques qui consistent, pour une bonne part, à adapter les outils des partenaires aux usages et aux données du projet. Le choix est fait de le déposer comme un projet de développement expérimental. Le projet est coordonné par Pascale Goetschel directrice du Centre d’histoire sociale du XXe siècle (Paris 1). Le consortium réunit des partenaires académiques, industriels et institutionnels, spécialisés et reconnus dans les domaines de l’histoire, de la textométrie, de l’analyse de l’image et de la vidéo, du traitement de la parole et de la gestion de fonds audiovisuels. Le projet est organisé selon un principe qui sous-tend l’aspect transdisciplinaire du projet. Le sous-projet 1 est réservé à la coordination du projet. Le sous-projet 2 regroupe les tâches liées à la constitution du corpus, à la gestion des données et à la recherche technologique. Le sous-projets 3 est le lieu principal de la réflexion méthodologique et transdisciplinaire, selon un principe itératif de phases successives d’expressions de besoins, d’expérimentations et de retours d’expériences. Le sous-projet 4 regroupe les tâches produisant les résultats proprement dits du projet, en termes scientifiques, technologiques, industriels et patrimoniaux. A l’issue du projet, les résultats seront mis à disposition le plus largement possible. Le corpus enrichi des données et métadonnées produites sera mis à disposition de la communauté scientifique et technologique. Les modules logiciels seront proposés en open source dans la mesure du possible et un portail grand public sera ouvert. En outre, la société Voxolab intégrera les résultats des recherches effectuées en transcription de la parole.

ANR

2017

DAPHNE — Découverte dans les bAses Prosopographiques Historiques de coNnaissancEs

L'évolution et la maturité des technologies de l'information ont favorisé l'apparition d'une voie de recherche nouvelle dont le but est d'exploiter la puissance des ordinateurs pour la recherche littéraire et historique. Les Humanités Numériques sont devenues aujourd'hui une discipline à part entière dont le but, à la fois sociétal et technologique, est d'aller au-delà de la simple numérisation de contenus. Un nombre considérable de corpus accessibles en ligne est apparu dans le domaine des sciences humaines et sociales (par ex. Humanum ). Ces corpus constituent des gisements de données qui peuvent être les supports de recherches futures. Cependant, l’hétérogénéité de ces bases ainsi que l’absence de dispositifs permettant d'interroger ces données en connaissant et en comparant leur qualité, limitent leur exploitation pour valider des hypothèses scientifiques ou pour en extraire des connaissances. Il y a là un frein (qui peut même devenir un blocage) au développement des recherches en sciences humaines et sociales. Nous nous concentrerons dans le cadre de ce projet sur les bases prosopographiques historiques. Les historiens disposent de très nombreuses sources (livres, actes, édits, registres) dont l'étude permet l'élaboration de bases de données prosopographiques, collections de fiches recensant le cursus des individus (études, professions, grades, etc), les lieux fréquentés, leurs enseignants, leur production scientifique ou littéraire. Ces bases, dont l'objet est l'étude de groupes sociaux, soutiennent une méthodologie consistant à émettre puis à confirmer des hypothèses. Les universitaires sont par exemple jusqu'au XIXe siècle une population itinérante. On peut se demander s'il existe des parcours-type en fonction de la période considérée et s'intéresser aux écarts entre le parcours d'un individu donné et ces parcours-type. Ceci nécessite la fouille, le croisement et l'enrichissement de données dans un contexte de données hétérogènes, où le temps est incertain, où les noms et propriétés des lieux ont souvent changé et où les données sont souvent incomplètes. Cependant il est pour l’heure impossible de mobiliser facilement des mesures qui renseigneraient l’utilisateur et lui permettraient de savoir jusqu’à quel point il peut exploiter la donnée,en extraire de l'information fiable ou la réinsérer dans un autre corpus. Ce travail de confrontation des hypothèses avec les faits ou d'établissement de règles est un travail entièrement manuel et est donc fastidieux. Vérifier une hypothèse implique de consulter les milliers de fiches de qualité variée pour identifier, avec un certain degré de certitude, les individus qui valident cette hypothèse ou au contraire ceux qui l'infirment. Chaque historien peut ainsi émettre plusieurs dizaines d'hypothèses conduisant à des centaines de règles sur chaque base prosopographique. Par ailleurs les bases prosopographiques étant par nature multidimensionnelles (espace, temps, fonctions, œuvres, rencontres, influences, etc), de nombreuses règles demeurent cachées aux historiens. De plus une telle évaluation est d'autant plus indispensable que la base a vocation à être nourrie par des experts nombreux et spécialisés qui n’ont donc pas plus que les utilisateurs ordinaires une connaissance de la totalité des données contenues dans la base. Face à cette situation, les objectifs du projet DAPHNE sont i) d'automatiser l'extraction des connaissances sur lesquelles s'appuient les historiens, ii) d'étudier la formalisation du processus de validation des recherches historiques sur ce type de corpus et de caractériser dans quelle mesure ce processus est calculatoire, iii) d'introduire la prise en compte de la qualité des données et enfin iv) de proposer une plateforme intégrant les résultats obtenus. Toutes les phases du projet exigent une collaboration étroite entre historiens et informaticiens du consortium et déboucheront sur des résultats scientifiques en histoire comme en informatique.

ANR

2017

Com2SiCa — COMprendre et SImuler les COMportements humains sur des territoires en situation de CAtastrophe : de l’analyse à l'anticipation

Si ces quarante dernières années ont été marquées par un accroissement important du nombre de catastrophes, elles ont également permis de révéler la complexité de ces événements où s’enchevêtrent de multiples causalités (physiques, biologiques, technologiques et humaines). Or ces tendances ne devraient pas s’inverser dans les années à venir, car les facteurs de risque restent nombreux : changement climatique, tensions géopolitiques, risques liés aux avancées de la technologie et aux besoins des sociétés, croissance démographique et pauvreté, dégradation de l'environnement et pression urbaine etc. (URD, 2010). Les sociétés modernes, quel que soit leur niveau de développement, restent peut résilientes aux catastrophes. Les populations ignorent souvent de quelle façon elles doivent agir ou réagir en situation de catastrophe (CEPRI, 2013) et si certains comportements s'avèrent adaptés, d'autres, malheureusement plus nombreux (Boyd 1981; ISI 2012), se révèlent inappropriés, (sidération, fuite vers la zone de danger), voire clairement décalés (curiosité, protection des biens etc.) par rapport aux réactions attendues et préconisées par les acteurs opérationnels (Quarantelli 2008) ou les outils de prévention. Cette méconnaissance partielle n’est d’ailleurs pas l’apanage des populations et des décideurs; elle renvoie aussi aux difficultés de la recherche à révéler la complexité des comportements véritablement adoptés lors de catastrophes (Crocq 1994), leur enchaînement, leur dynamique et interdépendance (Provitolo et al. 2015). Les grands défis actuels dans le domaine de la sécurité et de la sûreté des populations sont donc de progresser dans notre compréhension et capacité à anticiper les comportements humains, individuels et collectifs, face à des menaces et des catastrophes complexes et de toute origine. La façon de prévoir ou anticiper les réactions humaines détermine en effet la manière dont nous gérons les situations d'urgence (Drury et Reicher, 2011), elle permet d'améliorer la résilience des sociétés ainsi que la maîtrise des situations et leur évolution spatio-temporelle. Le projet Com2SiCa vise à relever ces défis, en s'affranchissant des cloisonnements traditionnels et en couvrant 3 volets fondamentaux de la recherche: acquisition (observation/enquêtes) et analyse de données réelles permettant l'identification, la description et la classification des comportements humains, et ce quelle que soit l'origine de l'événement; modélisation mathématique de la dynamique spatio-temporelle des comportements, dont la robustesse est testée sur la base des relations empiriques et statistiques établies; développement d'une plate-forme web cartographique de simulation des réactions humaines destinée à la communauté scientifique, aux professionnels en charge de la sécurité et sûreté des citoyens et au public dans un cadre de recherche, de formation et de culture du risque. Deux terrains d'étude sont retenus : un tsunami local sur le littoral azuréen qui a connu en juillet 2016 une action terroriste et un accident technologique sur l'agglomération havraise. Pour réaliser ce projet, le consortium, expert de cette thématique, de la modélisation conceptuelle, mathématique et informatique et des méthodes d'enquêtes (observation et expérimentation) rassemble des chercheurs géographes, psychologues, mathématiciens, informaticiens, géophysiciens et des partenaires institutionnels et opérationnels en charge d'assurer la sécurité et la sûreté des citoyens et des territoires. Les travaux préparatifs communs, financés par la COMUE de l'Université Côte d'Azur (IdexJedi) et le CNRS (Peps HuMaIn 2013 et 2014) et publiés (Provitolo et al. 2015 ; Cantin et al., 2016; Verdière et al. 2014) en assurent la réussite.

ANR

2017

Relinsert — L'insertion par le religieux des migrants au Burkina Faso

Ce projet part du constat de la situation religieuse plurielle du Burkina Faso et d’observations anthropologiques qui soulignaient dès la fin des années 1950 le rôle de la conversion religieuse comme moyen d’insertion pour les migrants burkinabè en Côte d’Ivoire. Il s’agit d’interroger la façon dont le religieux peut constituer un mode d’insertion pour les migrants (de retour, internes ou internationaux) qui s’installent ou se réinstallent actuellement au Burkina Faso. Les évolutions de ces pratiques religieuses en migration seront ainsi questionnées à partir de recherches de terrain menées dans trois zones du Burkina Faso : la capitale Ouagadougou, qui polarise des mouvements migratoires internes, de retour et internationaux ; Koudougou, troisième ville du pays et ville historique de départ des migrants en Côte d’Ivoire ; Sinikiéré et Ouarégou, deux localités du « pays bissa », marquées par une tradition migratoire forte en direction de l’Italie et de la Libye. L’hypothèse principale de ce projet de recherche est que le religieux en migration, bien que possiblement associé à des logiques migratoires d’individuation ou d’émancipation, est jusqu’à présent apparu comme un facteur de cohésion et d’intégration dans le contexte de ces localités burkinabè. En associant des méthodologies issues de l’anthropologie, de la géographie et de l’histoire, les pratiques de ces migrants à l’échelle locale (quartier, famille) seront étudiées en milieu rural et urbain. L’insertion sera ainsi questionnée en lien avec le contexte religieux pluriel qui caractérise ces localités et qui sera analysé à partir d’une articulation entre analyses spatiales (cartographies des lieux de culte) et enquêtes de terrain socio-anthropologiques et historiques. Plusieurs entrées permettront d’aborder la notion d’insertion par le religieux en migration : la conversion religieuse appréhendée par la mise en perspective de parcours religieux et migratoires ; la participation à des cérémonies familiales au niveau local, comme révélatrices de l’insertion dans des réseaux sociaux locaux ; des mécanismes de solidarité comme la zakat dans l’islam ; le rôle d’ONG confessionnelles ou d’équipement liés à des structures religieuses dans l’accès aux services publics de base pour les migrants (santé, éducation, services sociaux) ; la visibilité sur la place publique et les enjeux locaux de gouvernance liés au religieux en migration ou de retour de migration. Les limites de ces processus d’insertion et les possibilités d’exclusion seront cependant aussi envisagées, dans un contexte sous-régional et national fragilisé par la montée du terrorisme et du radicalisme violent. Avec ce projet de recherche prévu pour trois ans, une nouvelle équipe sur le religieux en migration en Afrique subsaharienne sera créée, dans le cadre des relations de partenariat entre l’IMAF (UMR 243 IRD 8171 CNRS) et l’INSS/CNRST au Burkina Faso. Les membres de l’équipe de recherche mèneront conjointement des missions de terrain dans les localités retenues et travailleront de façon pluridisciplinaire. La stratégie de diffusion des résultats s’appuie sur l’organisation de trois manifestations scientifiques qui rythmeront le programme (atelier de lancement, journée d’étude à mi-parcours, colloque international final). Elle se base sur des activités de formation à destination des étudiants, des publications scientifiques et d’autres au format plus adapté au grand public (livre en collaboration avec un photographe, film) ou aux politiques et décideurs (plaquettes de communication des résultats). L’un des principaux résultats attendus est la proposition d’une autre lecture des liens entre religions et migrations, en décentrant cette problématique et en l’envisageant à partir de l’exemple burkinabè, où ces deux dimensions ne sont pas nécessairement entendues comme facteur d’exclusion sociale ou de discrimination lorsqu’elles sont pensées ensemble.

ANR

2017

POP-PART — Les quartiers populaires au prisme de la jeunesse: une recherche participative

Résumé du projet Ce projet de recherche participatif et pluridisciplinaire entend analyser les reconfigurations sociales et urbaines en cours dans les quartiers populaires dans un contexte de métropolisation, à partir du prisme de la jeunesse. En appréhendant les expériences des jeunes, filles et garçons, à partir de leurs ancrages territoriaux, de leurs trajectoires, de leurs représentations sociales et en les replaçant dans une histoire passée et présente des quartiers populaires, il vise à saisir les dynamiques contradictoires qui contribuent à ces reconfigurations. Pour ce faire, il s’appuie sur une triple démarche : (1) partir de l’expérience des jeunes, (2) appréhender l’espace métropolitain du point de vue des quartiers populaires, (3) coproduire la recherche avec les jeunes et construire avec eux les outils audio-visuels et numériques de son appropriation dans une perspective de sciences citoyennes. Il répond ainsi à des enjeux méthodologiques, épistémologiques et théoriques.

ANR

2017

ineq_at_work — Les inégalités au travail: étudier les mécanismes locaux des inégalités au sein des entreprises françaises

Le creusement des inégalités est devenu une source importante de préoccupations politiques, sociales et scientifiques au cours des dernières décennies. Bien que l’évolution des inégalités commence à être maintenant bien documentée dans de nombreux pays, on connait encore trop peu de choses sur leurs mécanismes sous-jacents. La contribution de ce projet à la recherche sur les inégalités est triple. Nous adoptons d’abord une approche contextuelle en se concentrant sur le milieu de travail en tant que principal lieu de production des inégalités. Les travaux dans cette veine soulignent en effet que l’évolution de la structure organisationnelle de la production a conduit à une polarisation croissante de la distribution des compétences entre les entreprises et à une accentuation des capacités de certaines parmi elles à attirer les revenus du marché. Ces évolutions ont poussé les travaux récents à s’intéresser aux composantes inter- et intra-entreprises des inégalités salariales. De plus, le milieu de travail n’est pas seulement une source principale d’inégalité en raison de son rôle productif ; il fonctionne aussi comme un «climat social» et un «contexte relationnel» qui agit sur la reproduction des inégalités. Deuxièmement, nous analyserons les inégalités au travail selon différentes dimensions (sexe, citoyenneté, éducation, profession, situation géographique, etc..). Étudier ces dimensions ensemble nous permet d’évaluer le rôle relatif de l’ascription/achievement dans les parcours individuels en France et d’examiner le degré de congruence à l’échelle de l’entreprise des différents facteurs inégalitaires. Troisièmement, notre projet de recherche est comparatif et s’appuie sur une collaboration étroite avec un réseau international de recherche impliquant 11 pays ce qui nous permettra d’étudier les variations de l’inégalité au travail et d’analyser ses facteurs explicatifs dans différents contextes nationaux et institutionnels. Pour atteindre ces trois objectifs, nous mobiliserons une diversité de données et de méthodes. Nous évaluerons le rôle du milieu de travail dans la production des inégalités en exploitant les données administratives à grande échelle (les données issues des Déclaration Annuelle de Données Sociales(DADS) liant les employeurs aux employés, données longitudinales issues des recensements, etc.). En plus des inégalités salariales, nous cherchons à mesurer l’effet du contexte de la firme sur les mécanismes inégalitaires de type "opportunity hoarding" et ce en produisant des données massives et nouvelles sur la discrimination à l’embauche en France. En utilisant les sites de recherche d’emploi en ligne, nous mènerons une étude de testing qui sera fusionnée avec des données au niveau de l’entreprise. Notre projet sera ainsi le premier à fournir des preuves systématiques et approfondies sur les inégalités au travail en France, tant en termes de rémunération que d’accès à l’emploi.

ANR

2017

FFIUM — Formalisme, formalisation, intuition et compréhension en mathématiques : de la pratique informelle aux systèmes formels et retour

Ce projet étudie l'interaction entre les théories mathématiques informelles (TMI) et leur formalisation et soutient que ce dynamisme génère trois formes distinctes de compréhension: 1. Différents types de formalisations fixent les frontières et les dépendances conceptuelles entre les concepts de différentes façons, contribuant ainsi à notre compréhension du contenu d'une TMI. On soutient que cette forme de compréhension d'une théorie informelle est obtenue en la reformulant comme une théorie formelle, ie. en transformant ses moyens expressifs. 2. Dès qu'une théorie formelle est disponible, elle devient un objet de compréhension. Une contribution essentielle à cette compréhension est faite en reconnaissant cette théorie comme une formalisation d'un corpus particulier de mathématiques informelles. On clarifiera cette forme de compréhension par l'étude de modèles singuliers et des classes de modèles révélant les points communs conceptuels sous-jacents entre objets dans les différentes zones de mathématiques. 3. Le troisième niveau concerne la façon dont l'étude des formalisations d'une même zone peut conduire à une transformation du contenu de ces zones et à un changement dans la géographie des mathématiques informelles. En étudiant ces formes de compréhension, on s'appuiera sur des analyses philosophiques et logiques d'études de cas tirés de l'histoire de la pratique mathématique, afin de construire une nouvelle image convaincante de la relation entre formalisation et pratique mathématique informelle. Une des principales conséquences de cette enquête sera de montrer que le processus d'acquisition de la compréhension mathématique est bien plus complexe que ne l'estiment les conceptions philosophiques actuelles. Alors que l'impact de la formalisation sur la pratique mathématique est souvent considéré comme négligeable, on défend l'idée que la formalisation est un outil épistémique qui non seulement impose des limites aux problèmes étudiés dans la pratique, mais produit aussi de nouveaux modes de raisonnement qui peuvent élargir les méthodes standard de la preuve dans différentes zones mathématiques. Réfléchir sur l'interaction entre les TMI et leur formalisation, c'est réfléchir sur la pratique mathématique et ce qui la rend rigoureuse, et comment ce dynamisme génère différentes formes de compréhension. On se propose donc d'étudier le lien entre les trois niveaux de compréhension décrits ci-dessus et la notion de rigueur en mathématiques. La notion de rigueur formelle (dans le sens de la théorie de la preuve) a été très étudiée en philosophie et en logique, bien que le rôle épistémique du processus de formalisation ne soit pas pris en compte. On soutient que la rigueur formelle est mieux comprise comme une abstraction dynamique des arguments mathématiques informellement rigoureux. Ces arguments seront étudiés en analysant des études de cas à partir de différents sous-domaines de mathématiques, afin d'identifier des modèles de raisonnement rigoureux.

ANR

2017

HISTRANS — Histoire de la transparence: la politique rendue visible, Allemagne et France, 1890-1990

La transparence est aujourd’hui considérée comme une valeur politique, synonyme de démocratie, de participation et de responsabilité. On oublie ainsi deux points: les exigences de transparence ne sont ni passagères, ni réellement nouvelles, mais liées à des contextes déterminés et dotées d’une histoire propre. De plus, elles ont des effets ambivalents. Comme il n’y a encore pratiquement pas d’études historiques de la transparence, nous avons mis l’accent sur l’histoire politique. Apparemment, la transparence est une propriété d’un système politique. En réalité, elle s’exprime dans des exigences politiques de transparence, venues du bas, en particulier pour l’accès à l’information et les questions que le politique rend « lisibles ». Nous entendons nous concentrer sur l’histoire des demandes de transparence dans le domaine politique en Allemagne et en France. Nos directions d’enquêtes portent, premièrement sur l’histoire des commissions d’enquête parlementaire entre 1890 et 1970 environ, et deuxièmement sur deux scandales qui ont eu un fort effet dans le domaine du financement des partis (le scandale Flick et l’affaire Urba). Cela est lié à plusieurs interrogations : quand est-ce que la transparence est devenue une exigence effective ? Quelles mesures ont-elles été proposées ? Qui étaient les acteurs principaux ? Dans quelles configurations ? L’exigence de transparence a-t-elle produit plus ou moins de connaissance des processus politiques? A-t-elle fortifié la confiance politique, ou au contraire l’a-t-elle réduit ? Parmi les théories de la transparence, se signalent les catégories analytiques mises au point par David Heald [Heald, 2006]. Parmi nos hypothèses de travail figure l’idée, selon laquelle les demandes de transparence durant la première moitié du XXe siècle portaient plutôt sur des membres du personnel politique, selon une perspective individualisée et au cas par cas. À partir des années 1970-1980, l’injonction de transparence a pris une nouvelle dimension, et cette exigence s’est portée sur le système lui même, sommé de se montrer transparent. À l’appui de cette hypothèse interprétative, un argument peut être évoqué: l’exigence croissante de transparence n’a pas renforcé la confiance dans la démocratie. En outre, la configuration générale et les acteurs ont changé. À partir des années 1980, sont apparus, aux côtés de la presse, de nouveaux acteurs issus de la société civile, qui ont plaidé pour des instruments producteurs de transparence. Le projet ici proposé s’inscrit dans le fil d’une coopération entre chercheurs français et allemands associés depuis 2011 dans des études historiques sur la corruption. Cette nouvelle thématique élargit et complète ces recherches antérieures, dans la mesure où la transparence est comprise, dans le contexte, comme un concept opposé à celui de corruption. Ce projet de recherche bénéficiera du réseau scientifique international de ses animateurs.

ANR

2016

MetaStress — Impact du stress sur la décision et la métacognition: applications en aéronautique

Le projet MetaStress porte sur l'impact du stress sur la métacognition. La métacognition rassemble l'ensemble des processus par lesquels un agent accède à, et contrôle, ses propres processus cognitifs. Les jugements de confiance que nous formulons sur nos propres décisions sont des exemples prototypiques de métacognition. La métacognition est une capacité essentielle d'une part pour la régulation par le sujet de sa propre cognition, et d'autre part pour la coopération entre agents en situation d'incertitude. Elle fait partie des fonctions exécutives qui donnent à la cognition humaine son caractère flexible et adaptatif. Or, nous savons désormais que les fonctions exécutives sont parmi les plus sensibles au stress. En situation de stress, les ressources énergétiques sont réorientées vers la lutte ou la fuite, et l'attention se porte vers le monde extérieur, source de menaces potentielles, aux dépends de l'attention endogène. Tout porte donc à penser que la réaction de stress doit avoir un impact négatif sur la métacognition, qui est une fonction exécutive orientée vers les processus internes. Pourtant, l'impact du stress sur la métacognition et ses conséquences sur la performance n'ont jamais été examinés systématiquement. Les effets délétères du stress sur la performance sont bien connus et ils ont été particulièrement bien documentés en aéronautique. Le projet MetaStress est motivé par l'hypothèse suivante : un des mécanismes par lequel le stress est cause d'erreurs, voire d'accidents, est la baisse de métacognition qu'il induit. Ainsi des phénomènes habituellement décrits comme des persévérations dans une conduite erronée, souvent retrouvées à la source d'erreurs humaines, pourraient être compris comme résultant de l'incapacité à évaluer sa propre performance – un déficit de métacognition typique. Ainsi, parce que l'agent serait partiellement aveugle à sa propre performance, il ne pourrait adopter un point de vue critique permettant de mettre fin à une persévération. Dès lors, le projet MetaStress se fixe pour objectif d'examiner les relations entre stress et métacognition d'un point de vue fondamental, d'étudier les conséquences du stress sur la métacognition dans le contexte aéronautique et de proposer des contre-mesures cognitives. Nous utiliserons des inductions de stress en laboratoire afin d'étudier les modulations de l'accès métacognitif induites. Au moyen de la modélisation des performances cognitives, nous isolerons les effets du stress sur la cognition de premier ordre et ceux sur la métacognition, où nous distinguerons les effets de biais (sur- ou sous-confiance), des effets sur la sensibilité métacognitive. Par une combinaison de mesures physiologiques, endocriniennes, comportementales et psychologiques, nous démêlerons, dans l'écheveau des mécanismes du stress, ceux qui affectent les processus métacognitif de monitoring et de contrôle. La métacognition étant particulièrement importante dans la coopération entre agents, dans la mesure où l'échange des jugements de confiance permet aux agents de pondérer leurs contributions respectives, nous étudierons les dysfonctionnements introduits par le stress dans la collaboration entre deux individus. Nous mettrons en évidence à quel niveau le stress introduit un blocage dans le canal de communication entre deux individus qui travaillent sur une tâche commune. Le projet MetaStress est un projet de sciences cognitives, combinant une approche fondamentale et une approche appliquée au domaine de l'aéronautique. Cette approche appliquée sera double. D'une part, nous développerons des expériences en laboratoire à Paris et des expériences dans des simulateurs de vol sur le site de l'ONERA à Salon de Provence. D'autre part, nous proposerons des stratégies pour contrecarrer les effets délétères du stress sur la métacognition. Ces remédiations pourront impliquer un entraînement spécifique des personnes travaillant sous stress, ainsi que l'adaptation des systèmes de décision.

ANR

2016

FAIR-CLIMPOP — Equité, changement climatique et population

Les travaux les plus récents sur le changement climatique ont ravivé de vieilles inquiétudes concernant un éventuel conflit entre développement humain et taille de la population. La croissance économique accélère le changement climatique, induisant de forts impacts sur l'agriculture (menaçant la survie des populations dans certains pays en développement) et de façon plus directe sur la mortalité par des événements climatiques extrêmes ou l’augmentation la prévalence de certaines maladies. Dans ce projet, nous voulons intégrer certains effets démographiques du réchauffement lors de l'évaluation des politiques climatiques. Nous cherchons tout d’abord à définir des principes normatifs qui peuvent régir l'évaluation de ces impacts démographiques du changement climatique en concevant de nouveaux outils d'évaluation nommés critères de choix social. Il s’agit ensuite d'étudier les implications de tels critères pour la politique climatique dans un modèle intégré économie-climat que nous allons développer à partir de modèles existants en rendant la taille de la population endogène. Les nouveaux outils d'évaluation doivent permettre les comparaisons de populations de différentes tailles et prendre en compte la longévité dans la définition du bien-être des individus. Ce projet a donc trois objectifs ambitieux et originaux. Le premier objectif est d'approfondir notre connaissance des critères normatifs permettant d’évaluer les politiques affectant la taille de la population. Par rapport à la littérature existante, le projet considérera de nouvelles approches non Utilitaristes et intégrera la problématique de l’équité dans une perspective multidimensionnelle portant sur la distribution des biens marchands et non marchands. Le deuxième objectif est de mieux prendre en compte la longévité dans la définition des indices du bien-être. Pour discuter de l'équité entre les générations, il est essentiel d'être en mesure de comparer les individus avec différentes durées de vie, car l'amélioration ou l'aggravation de l'espérance de vie est un élément clé du développement humain. Nous chercherons à attribuer une valeur à l'espérance de vie en partant des préférences individuelles. Le troisième objectif est d’étudier les implications de divers choix normatifs pour la conception des politiques publiques au sein d’un modèle d’évaluation intégrée économie-climat. Une tâche préliminaire consistera à construire un tel modèle dans lequel la surmortalité liée au changement climatique serait endogène. Cela nécessite notamment d’intégrer une structure par âge de la population dans notre modèle avec des taux de mortalité et de fécondité différenciés par âge. On peut ainsi produire une dynamique endogène de la population intégrant également des effets induits sur la taille des nouvelles générations. Notre modèle d’évaluation intégrée nous permettra de comparer les politiques recommandées par les différents critères normatifs développés dans le reste du projet. En particulier, cela peut nous permettre de discuter dans quelle mesure les critères plus égalitaristes et donnant plus de valeur à la durée de vie et la taille de la population promeuvent des politiques climatiques plus fortes. Du point de vue scientifique, le projet fournira de nouvelles connaissances à la fois dans une perspective normative (éthique de la population) et une perspective positive (modélisation des effets du changement climatique sur la mortalité) Le projet aura également un impact sociétal plus large permettant de comprendre les impacts à long terme du changement climatique et la possibilité d'un développement durable intégrant la question démographique. Le projet promeut une approche intégrée couvant risques économiques, démographiques et climatiques. Ses résultats projet pourront donc informer la conception des politiques publiques et intéresser grand public et décideurs.

ANR

2016

ARFT — o Technologie, commerce international et la microéconomie du changement structurel

Les économies développées ont subi un changement structurel rapide au cours des dernières décennies qui se matérialise par plusieurs effets. Ce projet propose une étude des causes du changement dans la structure de l’emploi et de la distribution des salaires en France de 1994 à 2012, au travers d’analyses microéconomiques. Notre projet est structuré en deux parties. La première étudie des aspects majeurs du changement structurel et de son impact sur la distribution des revenus du travail. Nous commençons par étudier l’évolution de la part du travail dans le revenu national. La relative stabilité de la part du travail au niveau agrégé en France cache des modifications dans sa répartition entre les travailleurs. Nous analysons ensuite la polarisation de l’emploi et comment le changement technologique, l’export et la sous-traitance internationale la façonnent en modifiant la structure des entreprises. La seconde partie du projet examine par le prisme microéconomique le rôle de la globalisation, de la régulation du marché du travail et de la dynamique de ce marché sur le changement structurel et sur la distribution des revenus. Premièrement, nous étudions le rôle des fusions-acquisitions étrangères sur le salaire des travailleurs des entreprises cibles (celles-ci constituent une grande part de l’emploi total). Nous étudions ensuite l’effet de la dualité du marché du travail sur la productivité de l’entreprise et donc sur la structure de l’emploi. Nous étudions enfin l’influence des changements dans la distribution de l’emploi entre les firmes et le partage de la valeur au sein de celles-ci sur la distribution des salaires. Notre proposition est innovante à plusieurs titres : (1) elle utilise des données administratives exhaustives, (2) l'accent est mis sur une analyse au niveau de l’entreprise et (3) elle propose une analyse causale des effets. Notre analyse s’appuie sur un ensemble de données appariées permettant de lier les travailleurs à la technologie, à l’exportation, à la sous-traitance internationale, aux fusions et acquisitions et aux réglementations du marché du travail par le biais des entreprises dans lesquelles ils travaillent. Puisque la majorité des activités économiques est organisée par les entreprises, les changements dans leur statut, dans leur organisation interne et leur dynamique sont des facteurs importants qui génèrent des changements à la fois structurels et dans la distribution des salaires. Par conséquent, l'analyse au niveau de l’entreprise se prête à identifier les mécanismes causaux de l'ajustement ; négliger l’importance de l’entreprise peut être trompeur. Cette approche permet de distinguer entre les théories concurrentes des déterminants du changement structurel et de son impact sur la répartition des revenus. Nos inférences causales appliquent des techniques micro-économétriques avancées à l’analyse au niveau de l’entreprise et des stratégies innovantes d'identification des effets de causalité. Tandis que l’accent est mis sur les mécanismes du côté de la demande de travail, nous reconnaissons l'importance des changements de l’offre et nous les considérons. Le projet a des implications de politiques économiques importantes. En examinant les changements structurels au niveau micro-économique, nous évaluons plus précisément quelles entreprises sont les plus à même de peser sur les tendances de l'emploi et des salaires. Cibler ces entreprises serait plus efficaces que des politiques économiques uniformisées. Ceci permet également de limiter le coût de réglementation du marché du travail. Nous évaluerons comment les changements dans la réglementation de la flexibilité de l'emploi peuvent affecter la productivité de l’entreprise, sa compétitivité et la répartition des revenus. Tous ceci est rendu possible par l’analyse d’une base de données appariée sur longue période entre les travailleurs et les entreprises et par une étude minutieuse au niveau de l’entreprise.

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2016

FARM_VALUE — Valeur et transmission de l'exploitation agricole: regards croisés de l'économie et de la sociologie

L’objectif du projet FARM_VALUE est de contribuer à la connaissance scientifique et d’apporter des éclairages nouveaux aux professionnels agricoles et aux décideurs publics sur la transmission des exploitations agricoles, en se concentrant notamment sur le rôle de la valeur de l’exploitation dans ce processus. Le but est de réaliser pour la première fois dans la littérature une évaluation approfondie de la façon dont la valeur d’une exploitation est établie, que ce soit du point de vue économique ou sociologique, et comment ces deux points de vue peuvent (ou doivent) être incorporés ensemble dans le cas des transmissions d’exploitations. Etudier la valeur et la transmission des exploitations n'a jamais été réalisé en combinant les approches économiques et sociologiques, alors que cette approche présente un intérêt certain : généralement, la valeur des exploitations utilisée par les acteurs professionnels dans un cadre de transmission est caractérisée par des paramètres économiques ou financiers ; pourtant, ces paramètres ne prennent pas en compte la valeur sociale (comme par exemple le fait que le capital ait une valeur affective), qui peut être tellement élevée qu'elle freine la transmission. De façon plus spécifique, nos objectifs sont : (1) de mettre à jour l’état de l’art sur l’établissement de la valeur d’une exploitation, et de suggérer des approches alternatives, notamment issues de la finance ; (2) de prendre en compte la diversité des composantes de la valeur d’une exploitation, et en particulier le capital immatériel, que ce soit des aspects économiques (par exemple l'ancrage de l'exploitation dans un territoire, les compétences managériales, les droits à prime ou encore les contrats), mais également des aspects sociologiques (comme la connaissance professionnelle); (3) de relier la valeur d’une exploitation à sa transmission, en étudiant notamment les stratégies d'accumulation de richesse des agriculteurs, la performance des exploitations transmises et l'établissement de la valeur des parts dans le cas de sociétés. Nos analyses empiriques seront centrées sur la France, et en particulier sur l’élevage de vaches laitières et allaitantes dans trois régions : Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté et Bretagne. L'élevage de vaches laitières et allaitantes a été choisi pour ce projet car il est particulièrement affecté par les problèmes de succession : la valeur des exploitations est élevée en raison de la présence d'animaux et de l'équipement qui leur est associé ; le coût de transmission est dès lors plus élevé ; une attractivité du secteur faible en raison des difficiles conditions de travail, notamment pour les soins aux animaux nuit et jour ; et par contraste une activité peu profitable. Les trois régions ont été choisies car elles présentent des héritages culturels et des valeurs sociales différentes. Notre méthodologie mobilisera des données économiques existantes mais peu valorisées sur ce sujet : les données du Réseau d’Information Comptable Agricole (RICA) français et celles de l’enquête européenne Household Finance and Consumption Survey. Nous réaliserons également une enquête auprès de quelques centaines d’exploitants pour compléter ces bases, ainsi que des entretiens semi-directifs permettant de considérer les liens personnels entre partenaires d’une exploitation non-individuelle, et les liens familiaux sur plusieurs générations.

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2016

CAGE — Des accords collectifs pour l'égalité femme/homme

Le projet CAGE vise à évaluer empiriquement l’efficacité des négociations collectives en matière d’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes. En France, la négociation collective constitue de fait l’un des principaux leviers contractuels pour inciter les entreprises à agir dans ce domaine. Ainsi, depuis le début des années 2000, plusieurs réformes se sont succédé pour mieux encadrer et rendre effectives les pratiques de négociation sur ces enjeux d’égalité hommes-femmes (H-F). Dans ce contexte, notre démarche pluridisciplinaire, fondée sur une interaction étroite entre sociologie, économie et histoire contemporaine, répond à deux objectifs principaux: (i) contribuer à la connaissance et à la compréhension des négociations collectives pour l'égalité H-F en milieu de travail et de la façon dont elles ont évolué en lien avec les changements législatifs; (ii) tester si les réformes mises en place au cours de la dernière décennie ont permis de réduire les inégalités H-F et examiner dans quelles circonstances elles ont été le plus efficaces. Pour ce faire, le projet prévoit de recueillir des données sur les textes relatifs à l’égalité professionnelle avec à terme l’objectif de mettre en place une infrastructure de recherche permettant d’évaluer l’efficacité des obligations de négocier et leurs effets. Nous prévoyons ainsi de concevoir un cadre de mesure pour évaluer la qualité des textes sur l’égalité professionnelle et de l’appliquer à un échantillon représentatif de textes qui contribuent à l’édiction de normes sociales dans ce domaine (depuis les textes de loi et les accords de branche jusqu’aux accords d’entreprise et autres plans d’action). L’accès à la base de données ainsi constituée sera ensuite ouvert à l’ensemble de la communauté scientifique et les méthodes utilisées pourront être appliquées à d’autres thèmes de négociation et à d’autres pays. Une autre originalité du projet réside dans la volonté de combiner les méthodes quantitatives et qualitatives pour analyser le processus de négociation à l’échelle de l’entreprise, et son effet en termes de réduction des inégalités, observées sous plusieurs dimensions. La base de données des textes négociés sera ainsi appariée à différentes bases de données d’entreprises. Nous prévoyons d’exploiter la base statistique des accords développée par la DARES (D@ccord), afin d’avoir des informations sur l’ensemble des accords passés sur la période 2006-2013. Pour disposer d’informations complémentaires sur les politiques de gestion du personnel et les relations professionnelles au sein des entreprises, nous l’apparierons également aux enquêtes REPONSE menées en 2005 et 2011. Les caractéristiques des établissements en termes de distribution des salaires, de composition de la main-d’œuvre ou de flux de travailleurs seront fournies par les DADS sur la période 2006-2013. Enfin, nous extrairons des informations sur l’accès à la formation par sexe et CSP à partir des déclarations fiscales 24-83 sur la même période. L’appariement de ces données nous permettra de mieux connaître le contexte de négociation de ces textes et d’analyser quantitativement les dynamiques de leurs processus de production. Nous pourrons ainsi établir une taxonomie des différentes configurations de négociation sur l’égalité professionnelle H-F et mener une analyse de terrain pour inspecter en profondeur les processus de négociation dans chacune des catégories identifiées. Au cours de cette étape, nous prévoyons d’associer un réseau d'acteurs et partenaires sociaux impliqués dans la négociation collective. Notre base de données permettra aussi d’analyser l’effet des résultats de la négociation sur les inégalités H-F en termes de salaire, d’accès à l’emploi ou à la formation professionnelle. Sur ce point, nous veillerons à traiter les problèmes d’identification afin de mesurer précisément l’effet causal des accords et de leur contenu sur les inégalités H-F.

ANR

2016

ImpactMeta — impact de la métacognition sur le comportement

Prendre de bonnes décisions est essentiel pour la survie, que ce soit pour un individu évoluant dans un environnement dangereux, ou pour une société en compétition dans un marché. La « métacognition » est notre aptitude à évaluer nos propres décisions, par exemple en formulant des jugements de confiance, et cette aptitude pourrait conduire à améliorer ces décisions. Cette possibilité fait de la métacognition un thème de recherche en plein essor dans le domaine des sciences cognitives et des neurosciences de la décision. Nous proposons ici une recherche fondamentale visant à mieux comprendre l’influence de cette aptitude de métacognition sur le comportement. Les recherches récentes dans ce domaine ont visé à quantifier cette aptitude métacognitive chez les agents opérant une tâche, et à identifier les mécanismes neuraux impliqués dans ces jugements métacognitifs. Cependant, dans de nombreuses études en sciences cognitives, le jugement métacognitif apparaît comme un commentaire sur le comportement, sans réel impact sur celui-ci. Ici, en utilisant une approche alliant des expériences empiriques et une modélisation computationnelle, nous voulons établir que la métacognition a un impact direct sur le comportement, et ce de plusieurs façons différentes. Nous considérerons plusieurs liens potentiels entre métacognition et comportement, et testerons ces liens à travers des études comportementales chez des volontaires sains. Les études que nous proposons sont basées sur la psychophysique de la perception visuelle, une discipline qui a servi de terrain aux développements récents de modèles neuro-computationnels de la prise de décision et de la métacognition. Nous compléterons notre approche empirique par des données oculométriques, en nous intéressant à la taille de la pupille, qui semble liée à la confiance dans la décision. Nous nous appuierons également sur des modèles computationnels pour motiver et interpréter nos investigations empiriques. Notre projet est constitué de deux lignes de recherche. Nous étudierons d’une part l’influence de la métacognition sur le comportement d’un agent isolé. Par exemple, nous testerons différentes hypothèses, selon lesquelles la confiance pourrait agir comme un signal de valeur lors de la sélection d’une tâche, et comme un signal de priorité lors de la planification entre différentes tâches. D’autre part, nous étudierons l’influence de la métacognition sur le comportement d’un agent qui reçoit des informations de son environnement et d’autres agents. Par exemple, nous évaluerons comment la surconfiance (qui un problème majeur en finance comportementale) impacte sur l’aptitude de l’agent à ajuster son comportement à des informations externes. Nous nous intéresserons aussi à l’influence de la métacognition dans des situations de coopération ou de compétition entre agents. En résumé, notre projet est un projet de recherche fondamentale, dans le domaine des sciences du comportement. Nous proposons d’étudier la métacognition, c'est-à-dire l’aptitude des observateurs humains à évaluer leurs propres processus cognitifs, à travers les jugements de confiance. A travers notre projet, nous proposons élargit le champ des questions de recherche dans ce domaine, et d’apporter des nouveaux éléments de connaissances sur l’impact de la métacognition sur le comportement. La reconnaissance explicite du rôle instrumental de la confiance permettra d’améliorer les modèles de la prise de décision, et d’enrichir et consolider un dialogue naissant entre la psychologie cognitive et l’économie comportementale.

ANR

2016

EPIQUE — Reconstruire l'évolution des sciences à grande échelle - vers une épistémologie quantitative

L'évolution des connaissances scientifiques est directement liée à l'histoire de l'humanité. Les archives documentaires et bibliographiques comme le « Web Of Science » (WoS) ou PubMed représentent des sources fécondes pour l’analyse et la reconstruction de cette évolution. Le projet de recherche proposé part des travaux de D. Chavalarias et J.-P. Cointet sur l’analyse de la dynamique de corpus évolutifs et la construction automatique de treillis «phylomémétiques» de topics (en analogie avec l'arbre généalogiques des espèces). Les outils actuels sont limités au traitement de corpus de taille moyenne et à une utilisation non interactive. Les contributions attendues se situent à la fois dans les domaines de l'Informatique et des Sciences humaines et sociales. Notre objectif est de développer des solutions plus performantes pour générer et interagir avec des cartes phylomémétiques qui exploitent les avancées technologiques récentes pour la parallélisation des tâches et des algorithmes sur des données complexes et volumineuses. Ces solutions sont conçues et et validées en collaboration avec des experts en philosophie et histoire des sciences sur différents corpus de grande taille.

ANR

2016

ALCoV — Analyses Localisées Comparatives du Vote : défiance, abstention et radicalisation politique dans la France contemporaine

L’objectif du projet ALCoV (Analyses Localisées Comparatives du Vote : défiance, abstention et radicalisation politique dans la France contemporaine) est de comprendre les évolutions des comportements des citoyens face aux transformations contemporaines de la démocratie en France : crise du consentement, abstentionnisme, votes de défiance ou encore choix radicaux comme le soutien au FN. Il s’inscrit dans l’axe 2 du Défi 8 : « Inégalités, discriminations, intégration, radicalisation ». Le projet porte plus précisément sur un dispositif ambitieux d'analyse du vote, et de l'abstention, lors des élections de 2017, d'abord la présidentielle, puis les législatives. L’objectif du projet est de croiser différents dispositifs d'observation de la participation et des choix électoraux et d'articuler approches quantitatives et qualitatives. L'approche quantitative se décline à deux niveaux : d'une part, nous proposons l'exploitation secondaire de l’enquête “Participation” de l’INSEE qui constitue un source particulièrement précieuse pour comprendre les ressorts de l’abstentionnisme électoral et de la non-inscription sur les listes électorales. D’autre part, afin de restituer les dimensions contextuelles du vote, nous étudierons “au microscope” des cas localisés avant, pendant, après l’élection présidentielle et jusqu’aux législatives de juin 2017 : sept circonscriptions choisies en région PACA ; Nord, Pas-de-Calais, Picardie ; Bourgogne Franche Comté ; et Ile-de-France. Un dispositif d’enquête pluriel sera mis en place : dépouillement des listes d’émargement de plusieurs bureaux de vote ; administration de questionnaires sortie d’urnes. Ce volet quantitatif sera doublé par une enquête qualitative sur les circonscriptions choisies, en particulier un ambitieux dispositif d’entretiens panélisés avec des électeurs et des observations sur ces territoires contrastés. En outre nous proposons d'articuler l’analyse des électeurs à celle de l’offre politique : nous mettrons en place un dispositif qualitatif de suivi de la campagne des partis et des candidats (par entretiens et observations). L’originalité du projet est double : appréhender de façon longitudinale les comportements électoraux de l’automne 2016 à l’été 2017 en intégrant les élections législatives (aujourd’hui très peu étudiées) ; croiser des dispositifs quantitatifs et qualitatifs d’observation, à la fois du vote et de l’offre politique, à la fois à l'échelle nationale et sur des cas localisés. Ce projet permettrait en particulier pour la première fois de croiser à grande échelle l'exploitation de données nationale sur la participation et l'abstention et une enquête par questionnaires sortie d’urnes et par entretiens approfondis localisés, l’ensemble étant articulé à une analyse localisée de l’offre politique et du travail de mobilisation électorale sur une séquence longue de mobilisation électorale (de l’automne 2016 aux législatives de 2017).

ANR

2016

JASI — Quels liens entre l'intégration spatiale et économique des immigrants et réfugiés ?

En 2015, la hausse des demandeurs d’asile dans l’Union Européenne s’élève à 85% sur un an. Un tel afflux questionne la capacité des pays d’accueil à intégrer ces immigrés. La notion d’intégration englobe de nombreux aspects mais les dimensions spatiales et économiques s’avèrent centrales. Les étudier simultanément offrirait des indications précieuses sur les politiques en mesure de répondre à ces enjeux. Nous proposons d’explorer ces dimensions à partir du niveau agrégé et individuel. Sur le plan agrégé, l’absence de connaissance des variations locales d’intégration limite l’efficacité de l’action publique. Pour combler ces lacunes, l’intégration économique et spatiale entre villes françaises sera appréciée entre 1968 et 2012, période marquée par la croissance de l’immigration non-Européenne. Nous produirons différents indicateurs d’intégration et étudierons leurs dépendances. Nous conjecturons que les différences d’intégration spatiale entre villes françaises reflètent en grande partie des différences de qualité et de quantité du logement social local. Le logement social va se développer dans les prochaines années car de nombreux pays prévoient de remédier aux besoins des réfugiés par de nouvelles constructions. Nous étudierons quelles caractéristiques de ce logement peuvent affaiblir l’intégration. Nous examinerons comment les politiques du logement social telles que la loi SRU (loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain, 2000 & 2013) ont altéré l’intégration spatiale. Au niveau individuel, nous explorerons le lien entre les trajectoires résidentielles et économiques à partir de données de panel. Nous répondrons aux questions suivantes : les immigrés et réfugiés résident-ils dans des quartiers plus diverses socialement lorsque leur situation économique s’améliore ? Ou alors observe-t-on une ségrégation persistante de certains groupes, même en cas d’intégration économique ? Enfin, la possibilité d’identifier les secondes générations permettra d’approfondir les implications longues de ces dynamiques. Les réfugiés représentant une grande fraction des flux actuels, doit-on s’attendre à ce que leur intégration diffère de celle des autres immigrés ? Les divergences peuvent refléter de moindres capacités sur le marché du travail, ou le fait que la migration des réfugiés ne peut généralement pas être préparée à l’avance. D’un autre côté, l’immigration retour est proscrite à court terme pour les réfugiés au contraire des migrants économiques. Les différences anticipées de durée de séjour devraient inciter les réfugiés à investir dans du capital humain spécifique au pays, favorisant l’intégration. Néanmoins, les migrants économiques et les réfugiés ne sont pas forcément dissemblables dans de nombreux cas. En situation de guerre, l’économie d’un pays s’effondre et la décision de migration repose sur des motifs mélangeant considérations économiques et risques d’atteintes à la sécurité physique. Si les motifs de migration sont « mélangés », l’existence de différences entre migrants est incertaine théoriquement. Nous examinerons empiriquement ces questions. Notre projet exploite des données individuelles jusqu’ici non-accessibles aux chercheurs pour des raisons de confidentialité. L’accès s’effectue à distance par un système sécurisé (acronyme CASD) organisé par l’Institut national de la statistique et des études économiques. Les données disponibles pour la France se singularisent sur le plan international par leur niveau de détail, d’exhaustivité, et de qualité. Pour cette raison, notre analyse considère des dimensions rarement approfondies jusqu’ici.

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2016

DSAFHIR — Droits, Santé et Accès aux soins des Femmes Hébergées, Isolées, Réfugiées

Le projet DSAFHIR associe sciences sociales et épidémiologie pour analyser les mécanismes producteurs d’inégalités sociales et de genre en termes d’accès à la santé et aux protections sociales et légales dans les situations d’asile et de refuge, concernant en particulier la santé sexuelle et reproductive. Porté par l’Observatoire du Samusocial et le Cridup (Université de Paris 1), il vise (1) à mieux identifier les risques spécifiques que rencontrent les femmes migrantes et réfugiées en situation de précarité administrative et sociale, (2) à analyser les éventuels freins structurels à l’accès aux services existants pourtant pensés comme un service public universel et (3) d’interroger la mise en place d’offres de services spécifiques à partir de l’analyse longitudinale d’une cohorte de femmes réparties par tirage au sort en trois groupes d’intervention. La méthodologie mixte (qualitative et quantitative) et interventionnelle s’inscrit dans la double perspective de production de connaissances nouvelles sur les migrations féminines et d’outils d’amélioration des politiques publiques facilitant le recours aux droits et aux soins et les parcours d’insertion sociale.

ANR

2016

EUROPTT — Infrastructures, coopération infrastructurelle et continuité de l'intégration européenne : l'Union des postes et télécommunications européennes

La Seconde Guerre mondiale représente une césure dans l'histoire de l'intégration européenne. Mais jusqu’à quel point ? Même si le processus d'intégration européenne est de plus en plus inséré dans des développements de longue durée, ancrés dans le XIXe siècle, la guerre reste en tant que telle une césure profonde dans la plupart des travaux. Le présent projet souhaite interroger cette césure classique de manière critique en étudiant la coopération des États européens pour la régulation des réseaux d'infrastructures transfrontaliers pendant la Seconde Guerre mondiale et en corrélant les développements de cette période aux évolutions antérieures et postérieures. Dans ce cadre, l'accent sera mis sur l’Union des postes et télécommunications européennes (Europäische Post und Fernmeldeverein). Cette organisation internationale fondée en 1942 sur une initiative germano-italienne, avec une large base de membres européens, mérite attention. Le travail original qu’elle a mené en toute stabilité pendant deux ans témoigne aussi de nombreuses continuités avec les développements à l’œuvre avant 1939 et après 1945. La thèse de départ est que non seulement l'intégration européenne a été poursuivie dans ces secteurs socioéconomiques décisifs que sont les infrastructures, en dépit des fractures politiques, idéologiques et militaires des années de guerre, mais que cette dernière a approfondi la dynamique, jouant un rôle catalyseur sur le continent. Dans ce contexte, les relations franco-allemandes complexes car faites à la fois de collaboration, de coopération et de conflit ont joué un rôle clé. Ce projet franco-allemand est structuré en trois axes de travail interdépendants : (1) l'Europäische Post und Fernmeldeverein pendant la guerre (2), les continuités, discontinuités et césures dans la coopération dans les domaines des postes et des télécommunications d’un après guerre à l’autre et (3) la comparaison à d'autres réseaux d'infrastructures. En rassemblant des spécialistes français et allemands aussi bien de l'histoire de la coopération européenne dans les infrastructures en général et les postes et les télécommunication en particulier, que de l'historiographie franco-allemande, et de l'histoire de l'intégration européenne, il promet une articulation novatrice de ces différents champs autour d’un objet méconu mais clairement circonscrit. Enfin, ce projet vise également à créer des passserelles entre les sites impliqués en Allemagne et en France, ainsi qu’entre les réseaux de recherche existants afin d'ouvrir de nouvelles perspectives en termes de contenu et d’institutions à la collaboration scientifique franco-allemande.

ANR

2015

STORISK — Les petites îles face au changement climatique: vers des trajectoires de risque et d'adaptation

Le projet STORISK (48 mois) vise à développer et à appliquer un protocole méthodologique transdisciplinaire permettant d’améliorer la connaissance et la compréhension de la vulnérabilité et de la capacité d’adaptation des sociétés des petites îles tropicales aux événements extrêmes d’origine climatique (cyclones tropicaux, houles distantes, phénomène ENSO) et aux changements graduels dus au réchauffement du climat (élévation du niveau marin et augmentation des températures océaniques) et à l’acidification des océans. Dans cette perspective, ce projet s’appuie sur deux approches complémentaires fondées sur les concepts de Chaînes d’impacts et de Trajectoires de vulnérabilité, qui ont été mis au point par les principaux contributeurs au projet et font actuellement l’objet de développements méthodologiques. Ces derniers doivent permettre de reconstruire des Chaînes d’impacts complètes d’événements climatiques extrêmes et du changement climatique, ainsi que les Trajectoires de vulnérabilité de petites îles tropicales, à la fois montagneuses et basses. Ces deux approches sont complémentaires, en ce que la première permet d’appréhender la vulnérabilité à travers l’analyse approfondie des impacts des événements extrêmes et des changements graduels (résilience incluse) alors que la seconde décrypte les processus d’aménagement et de développement du territoire afin de cerner, à travers l’analyse de ses forces et faiblesses, les causes profondes de sa vulnérabilité. L’hypothèse centrale sur laquelle repose ce projet est que les petites îles tropicales présentent des profils de vulnérabilité variés, et connaîtront à partir de là des « trajectoires de risques » diversifiées dans le contexte du changement climatique. Les deux principaux enjeux scientifiques des développements méthodologiques réalisés dans le projet STORISK sont premièrement, d’intégrer de manière adéquate les différents champs de connaissance concernés par les risques actuels et futurs (des modèles climatiques et de submersion à la perception des risques, à l’intégration des dimensions socioéconomiques, et à la maladaptation), et deuxièmement de prendre en compte et d’évaluer les incertitudes (source, ampleur, implications en termes de vulnérabilité) afin de proposer une approche robuste des risques futurs à l’échelle locale. Sur la base d’une approche dynamique de la vulnérabilité (trajectoire plutôt qu’état à un instant t), fondée sur la prise en compte de l’ensemble des facteurs et des processus qui contrôlent son évolution, STORISK entend faire progresser la connaissance sur la vulnérabilité future des petites îles et, au-delà, des espaces côtiers. L’approche proposée dans STORISK permet de traduire les risques côtiers liés aux aléas actuels et au changement climatique en « trajectoires de risque ». Ces trajectoires concrètes et robustes, car enracinées dans les caractéristiques passées et actuelles des territoires, permettront d’engager des échanges concrets avec les acteurs concernés aux niveaux local, national et régional, sur les stratégies de réduction des risques et d’adaptation au changement climatique. Ce projet porte principalement sur les îles françaises de l’océan Indien (La Réunion et les Iles Eparses) et du Pacifique central (Polynésie Française). Il inclut des îles peu ou pas perturbées par les activités humaines (inhabitées ou rurales) et d’autres fortement perturbées (ex. : capitale d’atoll) afin de pouvoir déterminer les contributions respectives des facteurs naturels et anthropiques à la vulnérabilité. La mise en perspective de la situation des îles étudiées avec celle d’autres îles des mêmes régions océaniques (Seychelles, Kiribati et Iles Cook) permettra de dégager des enseignements plus généraux.

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2015

GREENGO — Nouveaux instruments de gouvernance pour la transition énergétique : le rôle des ONG

La réussite de la transition énergétique exige des modifications radicales de nos économies. Ce projet de recherche part d’un double constat. Tout d’abord, des organisations non-gouvernementales (ONG) de plus en plus nombreuses et puissantes, particulièrement dans le domaine de l’environnement, deviennent un levier majeur de transformation des marchés, de la société et des politiques publiques. Et pourtant leur analyse économique est encore balbutiante. Les ONG sont devenues des acteurs centraux des processus d’élaboration des politiques économiques ainsi que les initiateurs de débats publics sur les besoins de politiques environnementales. Elles jouent un rôle essentiel dans la définition et la mise en œuvre des politiques publiques en fournissant au public des informations diverses sur l’état de l’environnement, en portant à sa connaissance les problèmes sociaux et environnementaux et en mobilisant des militants pour mener des actions visant à infléchir les politiques publiques. Elles augmentent également les incitations des entreprises à s’autoréguler. Dans ce contexte, il paraît crucial de parvenir à une meilleure compréhension des comportements et des stratégies des ONG environnementales. Ce type d’analyse a pourtant été relativement négligé dans la littérature académique. La plupart des travaux existants relèvent des sciences politiques, de la sociologie, de la socio-économie, du management et de l’éthique des affaires. Or les économistes disposent d’outils et d’approches (économie expérimentale, économie politique, économie de l’information) qui pourraient utilement compléter la littérature existante. Le but du projet GREENGO est de contribuer à combler cette lacune. La démarche adoptée se situe fondamentalement dans le registre de l’économie, théorique et appliquée. Les ONG environnementales sont toutefois des agents politico-économiques dont les objectifs restent à éclaircir. Afin d’établir des fondements solides et cohérents à la formalisation de leurs objectifs et comportements, l’analyse économique intègrera les contributions de la littérature en sociologie économique à ce sujet. Le projet traite de six grandes questions. (1) Comment les objectifs et les contraintes des ONG environnementales peuvent-ils être analysés et modélisés ? (2) Quelles sont les stratégies utilisées par les ONG dans leurs interactions avec les entreprises ? (3) Comment influencent-elles les comportements des entreprises ? Quel est l’effet de leurs actions sur les profits des entreprises ? (4) Comment influencent-elles la perception par les parties prenantes des comportements des entreprises vis-à-vis de l’environnement et de la société ? (5) Comment et pourquoi les ONG vertes se concurrencent-elles entre elles, coopèrent-elles avec les entreprises et les gouvernements ou s’impliquent-elles dans les négociations internationales ? (6) L’action des ONG environnementales est-elle un substitut ou un complément aux politiques publiques traditionnelles et quelle est leur contribution à la transition énergétique ? Répondre à ces questions impose de définir un cadre d’analyse unifié qui puisse rendre compte des choix des ONG environnementales parmi tous les comportements et stratégies envisageables. Une base de données sera constituée sur la base d’articles de presse et de l’analyse des sites web des ONG, afin de permettre de tester empiriquement les prédictions des modèles théoriques.

ANR

2015

PhantoMovControl — Franchir les limites des prothèses myoélectriques de bras: contrôle naturel par mouvements fantômes

Parmi les raisons du rejet des prothèses myoélectriques après une amputation de bras, le nombre réduit d'articulations actives qu'offrent ces prothèses et la complexité des contrôles proposés figurent au premier plan. Parmi les approches de commande actuelles, aucune n'a expérimenté l'utilisation des conséquences de la réorganisation neuromusculaire après l'amputation. Cette réorganisation, responsable de l'apparition d'un membre fantôme mobile chez 77 % des sujets amputés du membre supérieur, génère pourtant au niveau des muscles du membre résiduels des activités myoélectriques spécifiques corrélées aux mouvements du membre fantôme.Nous avons récemment observé que cette réorganisation neuromusculaire induit l'apparition de sous-volumes musculaires fonctionnellement distincts au sein d'un même muscle (cad s'activant de façon distincte et indépendante au sein d'un même muscle en fonction du type de mouvements fantômes exécutés). L'objectif principal du projet PhantoMovControl est de proposer une nouvelle approche de commande exploitant une mesure haute résolution de cette activité myoélectrique du membre résiduel associée aux mouvements du membre fantôme. Notre approche permettra un contrôle naturel et intuitif de nombreux degrés de libertés motorisés et ce sans entraînement lourd : les patients n'auront qu'à exécuter un mouvement de leur membre fantôme pour que la prothèse mime ce geste. L'objectif de ce projet est de développer en 3 ans un kit de contrôle pour les prothèses polydigitales disponibles et de rapidement transférer notre approche de commande aux domaines clinique et commercial. Ce kit de contrôle sera constitué d'une matrice d'électrodes pouvant être placées au contact du membre résiduel dans l’emboîture de la prothèse (éléctrodes ultra-fines sans fils montées sur un support extensibles) et d'un boîtier de contrôle réalisant la classification en temps réel de l'activité myoélectrique associée aux mouvements du membre fantôme et le contrôle de la prothèse polydigitale. Les matrices d'électrodes jusqu'ici disponibles ne correspondant pas à nos exigences, un partenaire industriel spécialiste de cette technologie a été ajouté à notre consortium académique afin d’accélérer le transfert de nos résultats au monde de l’industrie prothétique. Dans le but de rendre ce mode de contrôle robuste et personnalisable (adapté à la variabilité intra et inter-patients), nous étudierons la réorganisation neuromusculaire post-amputation afin d'obtenir des connaissances théoriques sur ces signaux myoélectriques associés à l'action fantôme (leur évolution dans le temps et après entraînement ; leurs variations dues aux mouvements combinés du membre résiduel) pour assurer la capacité du système à fonctionner en tout circonstances. En parallèle, nous étudierons les différents phénomènes anthropologiques, sociaux et culturels qui conditionnent l'appropriation par les patients des technologies d'appareillage prothétiques, afin d'adapter au mieux nos recherches aux attentes réelles des patients. Notre consortium multidisciplinaire, mêlant sciences humaines et sociales, neurosciences et ingénierie, est constitué de 3 partenaires scientifiques (ISM, ISIR, CETCOPRA), 1 partenaire clinique (IRR) et 1 partenaire industriel (Microvitae), qui interagiront dans le cadre de 5 tâches principales. Les ressources principales demandées sont un ingénieur pour le développement des plateformes expérimentales et des algoritmes de commande (ISIR), un chercheur postdoctoral pour l’étude de la robustesse de l’EMG et son évolution après entraînement (ISM), et un ergothérapeute pour l’évaluation fonctionnelle et un prothésiste pour l’adaptation de la prothèse (IRR). Nous sommes convaincus que cette nouvelle interface fonctionnera de façon symbiotique avec la neuroplasticité sous-jacente et ainsi stabilisera le contrôle des mouvements fantômes et leur EMG associé et donc de la prothèse ce qui résultera en une appropriation rapide par le patient de cette technologie.

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2015

PUR — Pôles URbains

Selon Laurence Smith “by mid-century (...) the world (...) will have titled its political and economic axes radically to the north” (The New North – the world in 2050, 2010). Quoiqu’il advienne, 4 questions clés d'intérêt global sont d’ores et déjà identifiées en Arctique: la croissance démographique et les migrations, la demande de ressources naturelles, le changement climatique et la mondialisation. Il y a trois ans, les Nations Unies posaient la question en ces termes: «La croissance rapide de la population de l'Arctique ... et sa concentration croissante dans les agglomérations urbaines a des implications importantes pour les écosystèmes fragiles du Nord. Les pressions de l'urbanisation dans l'Arctique sont comparables à celles d'ailleurs, mais sont amplifiés par les défis du climat et de l'éloignement » (GEO-3: chap. Urban growth in the Arctic, 2012). De fait, les régions circumpolaires connaissent une normalisation via la mondialisation. Les légendaires Passage du Nord-Ouest et du Nord-Est deviennent de nouvelles routes commerciales capables de réduire le temps et le coût du transit de marchandises entre l'Asie, l'Europe et l'Amérique du Nord. Le changement climatique (CC) constitue l'un des principaux facteurs de ce changement global transformant fondamentalement la zone boréale : ses écosystèmes, ses gouvernements, ses économies, son peuplement et ses cultures. En outre, le GEIC (2007) prévoit une accélération de ces transformations au cours du prochain siècle du fait que le réchauffement sous ces latitudes devrait être au moins 2-3 fois plus élevé qu'ailleurs. Les réponses directes (tempêtes, élévation du niveau de la mer, fonte du pergélisol…) auront des répercussions écologiques et sociétales plus grandes. Ainsi, le CC doit être replacé dans le cadre du développement économique (urbanisation, extraction des ressources) qui le renforcera dans une boucle de rétroaction positive. Pourtant, on dispose de peu de connaissances sur l'urbanisation en cours en Arctique. Dans quelle mesure le Nord, hier une frontière pour l'économie de marché, aujourd'hui sa périphérie, peut devenir demain une nouvelle région centrale ? En dépit de cette question brûlante et émergente, cet objet est rarement représenté dans la recherche nationale et internationale. Par conséquent, le sujet est original avec un fort potentiel. Ce projet vise à créer, analyser et diffuser une base de données sur le peuplement et sa dynamique en particulier les migrations et le processus d'urbanisation dans les régions boréales afin de discuter des concepts de vulnérabilité et durabilité dans un environnement extrême soumis à la mondialisation. En effet, les Pôles URbains (PUR) seront plus nombreux et plus peuplés (ex : des ports pourraient apparaître en réponse à l'augmentation de la navigation commerciale et touristique). Les PUR jouent un rôle clé dans ce développement attirant des populations souvent non-polaires. L'identité polaire de ces néo résidents est d'une grande importance tant pour les autorités locales que pour le développement durable. L'originalité du sujet est renforcée par l'originalité des méthodes avec des sorties importantes. Cinq lots de travaux se complètent, fournissant une analyse multi-niveaux avec approches méthodologiques des approches essentiellement quantitatives de couplage (vue de dessus: SIG, analyse spatiale, télédétection) avec une approche qualitative basée sur la perception individuelle (vue de dessous: enquêtes sur le terrain avec entrevue en profondeur). Le projet comprend deux réflexions transversales sur la ville durable et la mobilité et de l'identité. Loin de chercher un modèle uniforme, l'approche comparative conduit le projet en questionnant la notion de déterminisme. A la fin, le projet permettra de présenter la complexité des modèles géographiques de développement dans le Nord et de fournir une grille de lecture de la durabilité et de la vulnérabilité des communautés et des territoires du Nord.

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2015

PIAF — La vie sociale et politique des papiers d'identification en Afrique

Ce projet propose d’étudier la « gouvernementalité des papiers » en Afrique subsaharienne, de l’après-guerre à l’époque actuelle de diffusion globale des normes biométriques d’identification. Le constat de départ de cette recherche est la quasi absence de travaux sur les documents identificatoires en Afrique alors même qu’une grande partie des crises que traversent les sociétés africaines contemporaines sont des crises de la citoyenneté qui portent sur la question des droits et mettent en jeu les supports juridiques et politiques de leur reconnaissance, au premier rang desquels les « papiers » (cartes d’identité, d’électeurs, de séjour, de parti politique, extraits de naissance, mais aussi titres fonciers, permis de conduire). En revisitant certaines situations de crise à l’aune des « papiers », le projet interroge la corrélation qui semble s’observer entre dispositifs d’attestation identitaire et violence politique. Le projet ne se limite pas cependant aux situations de conflit. Notre démarche comparative entend au contraire mettre en regard l’usage des papiers en conjoncture de crise et en conjoncture routinière pour analyser les rapports ordinaires des citoyens à la sphère publique. S’inscrivant dans le renouvellement des travaux sur les documents identificatoires en Europe, ce projet entend cependant dépasser la perspective étatiste en pensant ensemble les papiers d’identification comme technologies de pouvoir et instruments de centralisation politique d’une part, et comme vecteurs matériels de l’émergence de nouvelles subjectivités morales et politiques de l’autre. L’attendu de ce projet est donc de produire une réflexion novatrice, empiriquement ancrée, sur la diffusion de la raison bureaucratique – formelle et informelle - et les pratiques de la citoyenneté en acte. Cette double hypothèse se décline en deux axes de recherche. Le premier vise à analyser, dans la moyenne durée, le processus d’encartement des individus et la bureaucratisation de l’identification pour revisiter la formation de l’Etat et de la citoyenneté en Afrique. Trois séquences historiques seront examinées : celle du colonialisme tardif, moment liminaire de l’individuation citoyenne des sujets impériaux ; la période des partis uniques ; et enfin celle des processus de démocratisation et des crises de la citoyenneté. Le second axe de recherche vise à étudier « par le bas » la vie sociale des « papiers ». Partant du constat d’une pluralisation/privatisation des dispositifs d’identification, il s’agit d’explorer la diversité des instances de production des documents identificatoires et la complexité des rapports que les individus nouent à ces documents et institutions. Les enquêtes de terrain documenteront empiriquement les modalités de cette pluralisation du gouvernement des papiers et sa diffusion dans le corps social pour tester l’hypothèse d’une appropriation populaire des pratiques et des imaginaires bureaucratiques. Le projet vise enfin à analyser la culturelle matérielle des « papiers » pour mettre au jour le « sens pratique » qui se constitue autour des pièces identificatoires et qui donne à voir un certain rapport aux autorités. La démarche de ce programme repose sur une approche comparatiste continentale, croisant des études de cas qui seront menées dans dix pays d’Afrique subsaharienne, francophones et anglophones : Afrique du Sud, Cameroun, Côte d’Ivoire, Kenya, Mali, Mauritanie, Nigeria, Ouganda, Rwanda, Sénégal. Le projet mobilise deux partenaires institutionnels en France, complémentaires en termes de disciplines et d’expériences (le Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po et l’Institut des mondes africains (IMAf)), des collaborations universitaires africaines (dont Wits University à Johannesburg) et quinze chercheurs, historiens, politistes et anthropologues, spécialistes des questions de citoyenneté sur leurs terrains respectifs.

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2015

UTTO — Le Transfert des Technologies Universitaires et son Optimisation

Economistes et responsables publics s'accordent désormais sur l'effet positif des connaissances académiques sur la croissance des états et des économies locales. Le Bayh-Dole Act introduit aux USA dans les années 80, est l'initiative politique clef. Plusieurs observateurs suggèrent que le succès technologique des USA repose en grande partie sur ce nouveau modèle commercial de transfert de technologies. Des réformes similaires ont depuis été introduites dans de nombreux pays et la plupart des universités de recherche et des organismes publics de recherche ont fondés des services de transfert de technologies (TTO) qui commercialisent les connaissances académiques et managent les droits de propriété. En France, ce nouveau modèle a été introduit via une série de réformes, dans l'objectif d'accroître les rendements économiques et sociaux de la recherche publique. Nous montrons, dans cette proposition de recherche, grâce à une première analyse sur les données françaises que nous souhaitons étendre et fiabiliser dans ce projet, que si les brevets universitaires ont significativement augmenté dans la dernière décennie (pour atteindre 14% des familles de brevet en 2012), ceci est principalement dû à une modification de la structure de propriété des brevets académiques, laquelle s'accompagne d'une évolution contrastée de leurs indicateurs de qualité. Ces données et premiers résultats, nous permettent de poser de nouvelles (ou de renouveler) certaines grandes questions. Les incitations académiques traditionnelles sont-elles “alignées” avec le nouvel objectif de contribuer au transfert de technologies? Les différents scénarios de transfert sont-ils associés à différents niveaux d'efficacité, et si oui, pourquoi? Quels sont les impacts réels des changements récents de législation et des nouveaux instruments de transfert de technologie? Pour répondre à ces questions, nous devons nous appuyer sur une compréhension micro-économique fine de ce nouveau modèle commercial, lequel repose essentiellement sur le jeu entre les trois principaux acteurs du transfert: le professeur (ou le chercheur), le TTO et l'entreprise. En outre, nous construirons une base de données très récente et complète, en appariant, au niveau des individus, informations personnelles, données de brevet, de publication et de financement sur projet. La France est ici considérée comme une étude de cas à part entière. Aucune étude aussi vaste, détaillée et précise n'a jamais été réalisée. Une enquête auprès d'inventeurs académiques, des entretiens de TTO, ainsi que des études de cas sur les sites de Bordeaux et Strasbourg seront réalisées lorsque les données ne sont pas disponibles au niveau national. Nous proposons, en outre, d'identifier l'impact de politiques ayant ciblé une partie de la population de référence et en mettant en évidence les comportements différenciés des “traités” et des contrôles. Nous étendrons aussi nos investigations au niveau Européen et exploiterons des variations de politiques entre pays dans le temps. Notre objectif est d'offrir des recommandations de politique publique permettant d'améliorer (idéalement d'optimiser) le transfert de technologies. Les membres de l'équipe sont experts dans le domaine des brevets et du transfert de technologies. Ils sont répartis sur quatre sites, mais plusieurs d'entre eux ont déjà collaboré. La cohésion de l'équipe, incluant la connexion forte avec l'OST (comme fournisseur de données) permettra le respect des délais. De nouvelles collaborations fructueuses seront réalisées, grâce à la réunion d'expertises en microéconomie, sur les pratiques de transfert, en micro-économétrie appliquée, sur les techniques d'identification sur données d'observation et sur différentes méthodes de collecte de données. Le projet devrait, enfin, contribuer à l'établissement d'une base de recherche française sur le transfert de technologies académiques, en lien avec les responsables des politiques publiques, les praticiens et les étudiants.

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2015

COLEMON — Collégiales et monastères de la réforme carolingienne au Concile de Trente (816-1563)

Ce projet a pour but de constituer et d’analyser le corpus des monastères et des collégiales de l’espace français entre 816 et 1563. Son objectif est de comprendre les ressorts de l’implantation et de l’évolution de ce réseau d’établissements qui sont les maillons essentiels de la géographie ecclésiastique entre cathédrales et églises paroissiales. En partant des deux bases de données en cours de constitution qui les décrivent institutionnellement et physiquement et en intégrant la reconstitution des frontières diocésaines, sera élaboré un silo de données moissonnables qui, utilisé avec un environnement interactif d’interrogation, de visualisation et de stockage, produira à la demande des chercheurs, des cartes évolutives permettant des analyses spatiales et chronologiques de ces réseaux. Ce silo, un serveur de données géographiques, une application Webmapping et des publications issues des séances de travail entre membres du projet seront proposés à des publics variés (chercheurs spécialisés en SHS et grand public) dans un portail Web abrité par le TGIR Huma-Num.

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2015

ECOPPAF — Économies de la peine et de la prison en Afrique

La prison est la figure archétypale de l’enfermement. La peine de prison n’a été véritablement inscrite dans les codes pénaux d’Europe occidentale qu’à la fin du XVIIIe siècle de même qu’aux Etats Unis. Progressivement, ce modèle punitif est diffusé d’un continent à l’autre, à la faveur notamment des empires coloniaux et au service de la conquête et du maintien de l’ordre, sous couvert de civiliser les sociétés présentées comme primitives et dans une logique raciale. Dans les pays occidentaux, l’institution répond à un impératif moral qui réfute désormais l’existence des châtiments corporels, des supplices et de la mise mort des condamnés sur la place publique. Dans les colonies, l’introduction de la prison ne relève pas d’une importation « terme à terme » mais repose sur une traduction locale en fonction du projet colonial et des contextes culturels et sociaux locaux. Selon les grilles de lecture en présence, la prison oscille entre plusieurs fonctions : celle de punir et d’exclure, celle de réinsérer (par la mise au travail) et celle de produire de la richesse tout en dominant des pans entiers de populations. Depuis sa création, elle n’a cessé d’être l’objet d’un débat, principalement dans les Etats démocratiques, où l’on pointe constamment du doigt son échec à réinsérer. L’institution carcérale ouvre l’analyse à un vaste champ de réflexion sur les rapports de pouvoir et de domination. Elle apparaît comme la peine des pauvres, participe à la reproduction des inégalités. Elle est en lien avec certains espaces, urbains en particulier (la favela, le ghetto américain, le slum ou « la banlieue »). En 2002, Loïc Wacquant souligne la faiblesse des ethnographies sur les prisons. On peut ajouter que ces ethnographies concernent majoritairement les sociétés industrielles et postindustrielles occidentales. Sur le continent africain, seule l’Afrique du Sud semble faire exception (en raison de la démocratisation du pays et de la fin de l’apartheid). La prison en Afrique reste au mieux le domaine des historiens. A son absence dans les travaux de sciences sociales, répond également le silence du débat public la concernant sur le continent africain. La prison reste un objet mineur des sciences sociales, en Afrique, alors même qu’elle peut ouvrir le débat sur les dynamiques des sociétés africaines contemporaines, entre coercition, contrôle des populations les plus pauvres (dont la jeunesse urbaine, nombreuse et confrontée au sous-emploi) et pacification des relations sociales. L'étude des prisons en Afrique permet d'interroger "l'Etat au travail". Dans une optique comparative et pluridisciplinaire, l’enjeu principal de notre projet réside donc dans la volonté d’inscrire la question carcérale en Afrique dans le champ des études en sciences sociales. Il est nécessaire de saisir les diverses expériences carcérales et la complexité des modes de punition. La prison ne revêt pas une forme universelle, elle n’est pas non plus totalement prédéterminée par son contexte culturel. Elle est le résultat d’une négociation entre des modèles et des contextes qui sont à la fois sociaux, politiques, spatiaux, historiques et culturels. Ce projet vise ainsi à dé-exotiser la prison en Afrique, à voir comment « la prison » fait sienne les modèles en présence, comment elle les singularise, à plusieurs échelles de temps et d’espace. Ce faisant, à travers la prison africaine, on interroge les logiques globales relatives aux politiques de l’enfermement, tout en faisant également entendre la voix du continent. Dès lors, notre projet se place dans un double contexte, celui des études carcérales et celui des études des sociétés et Etats africains. Partant d’une ethnographie de la prison puis la dépassant, il doit permettre d’engager la réflexion sur l'Etat de droit, la réforme des Etats en Afrique et les enjeux de démocratisation allant de pair avec la lutte contre les inégalités.

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2015

RosesMonde — Création, patrimonialisation et marchandisation dans le monde des roses

Objets vivants de culture et de nature, les plantes ornementales sont entrées dans le domaine du patrimoine dans les années 1970-80. Redonnant valeur à des variétés tombées en désuétude, cette patrimonialisation se nourrit d’une critique esthétique de l’offre horticole et d’une critique de la marchandisation. L’originalité de la création dans ce secteur est son caractère hybride, à la fois création à vocation esthétique et obtention fondée sur des savoirs génétiques. RosesMonde s’intéresse à cette hybridité créative et à son intrication avec les logiques de patrimonialisation et de marchandisation du capitalisme esthétique, à travers un produit : la rose, au carrefour des industries culturelles et de l’agro-business. Comment la création variétale rosicole enregistre-t-elle la tension entre marchandisation et patrimonialisation, au cœur des dynamiques sociales et politiques actuelles ? Pour répondre à cette question, un consortium associant des chercheurs en SHS (géographes, historiens, économistes et sociologues) à des généticiens mettra en œuvre une approche comportant trois entrées : par les variétés, par les acteurs, par les lieux, avant de déboucher sur des études de cas à valeur heuristique et synthétique. L’entrée par les variétés sera centrée sur la diversité variétale, considérée comme construction. A partir des sources historiques et des ressources génétiques, les obtentions du XXe siècle seront étudiées pour mesurer la diversité génétique (marqueurs microsatellites, SSR), phénotypique (formes, couleurs, parfum, port, etc.) et culturelle (critères de sélection liés aux modes, usages, exigences de production et de consommation). L’analyse génétique portera sur 1400 variétés postérieures à 1900 choisies en fonction de leur représentativité pour les différents segments du marché, à différentes dates. Un sous échantillon de 384 individus permettra le séquençage des gènes intervenant dans des caractères esthétiques et agronomiques. Ces analyses pointeront les facteurs de l’innovation lors de la création variétale, en croisant les données de la base génétique utilisée par les obtenteurs et leurs critères de sélection, notamment esthétiques et culturels. En effet, à partir d’enquêtes auprès des obtenteurs, éditeurs, producteurs, français, européens et africains, l’entrée par les acteurs tentera de comprendre la construction de leurs cahiers des charges et la hiérarchisation de leurs critères de sélection et de création. En croisant approches économiques et sociologiques, on comprendra les logiques sociales, esthétiques voire éthiques de la création et les modalités de son insertion dans la dialectique marchandisation/patrimonialisation, de sa rémunération par la PI et de ses effets dans les chaines de coopération. Une enquête complémentaire utilisera trois bases de données (INRA, OCVV, BVD) pour cerner la diversité des entreprises créatrices. L’entrée par les lieux mobilisera plusieurs échelles. D’abord, l’échelle globale pour voir où sont produites quelles variétés, par quels types d’entrepreneurs ? Ensuite, l’échelle métropolitaine, travers les exemples aquitain et parisien, pour cartographier la mise en marché, l’offre variétale et leurs contextes métropolitains et lier distinction esthético-consumériste et dynamiques socio-spatiales. La comparaison circuits courts et circuits longs soulignera combien les critères «écolo-nomiques» se combinent aux critères esthétiques pour hiérarchiser et segmenter la demande. Enfin, des études de cas synthétiques s’intéresseront à des variétés, des acteurs et des événements- emblématiques qui incarnent les logiques de patri-marchandisation comme les processus de co-construction de la création. Au total, nous observerons la création rosicole condenser les paradoxes du Monde contemporain et en exprimer les ambiguïtés socio-politiques dans le sens où la démocratisation consumériste semble y accélèrer l’utilisation des critères patrimoniaux et environnementaux à des fins distinctives.

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2015

PATRIMONDI — Les enjeux de la « patrimondialisation » ou la fabrique touristique du patrimoine culturel dans la mondialisation : Modèles globaux, recompositions identitaires, hybridations

Le projet PATRIMONDI explore la façon dont les dynamiques de la patrimonialisation interfèrent avec les mobilités touristiques et les circulations mondiales (de personnes, d’idées, de capitaux, d’images). L’analyse est sous-tendue par l’hypothèse d’un nouveau régime de patrimonialisation caractérisé par une coproduction touristique du patrimoine dans les dynamiques de mondialisation. Elle permettra de dépasser l’analyse classique d’un élargissement continu du champ patrimonial, pour définir et analyser les modalités contemporaines et nouvelles de sa production. Le néologisme de patrimondialisation, par son jeu sur l’assonance entre patrimonialisation et mondialisation, pense une tendancielle sortie des interférences historiques entre patrimonialisation et construction nationale, au profit d’une mondialisation du patrimoine, mais aussi d’une mondialisation par le patrimoine. Le projet innove en abordant ensemble, et dans leur co-construction mutuelle, les dynamiques de la mondialisation, du patrimoine et du tourisme, traditionnellement conceptualisées dans des champs scientifiques distincts. Il s’agit de déconstruire les classiques oppositions entre patrimoine et tourisme d’une part, patrimoine et mondialisation d’autre part, trop souvent réduites à une opposition territorialisation-singularité versus déterritorialisation-homogénéisation, et de déplacer la problématique vers la construction d’un mondial patrimonial. Une telle approche, centrée sur les concepts, notions, normes et pratiques patrimoniales et touristiques qui circulent, et parfois s’hybrident, à l’échelle mondiale, relativise les conceptions « Nord-Sud » du patrimoine. La méthodologie proposée est comparatiste. La sélection de 5 biens emblématiques de la mondialisation du et par le patrimoine [3 biens inscrits sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO (Angkor, le Vieux Québec, Marrakech), 1 bien du patrimoine mondial immatériel inscrit sur la liste de l’UNESCO (le tango), 1 bien national produit de l’internationalisation (les concessions internationales de Tianjin)] vise à étudier les relations entre échelles (locale, nationale et mondiale) qui s’y construisent et qui les construisent. Ces exemples seront traités selon une grille d’analyse croisée afin de dégager les « nœuds », les « passerelles », les « limites » de la façon dont ils s’inscrivent dans un contexte de mondialisation. Tout en s’ancrant dans la contemporanéité, l’approche proposée abordera la constitution dynamique de la mondialisation (« worlding » selon Cochrane et Passmore 2001) des biens patrimoniaux, dans le passé [analyse de la « généalogie » patrimoniale, non sans liens avec une approche géohistorique de la mondialisation (Braudel, 1985 ; Grataloup, 2007)] et dans l’avenir (approche prospective). La montée en généralité du travail de terrain sur les 5 biens sélectionnés réalisé suivant une méthodologie qualitative (entretiens, observation, sources écrites, archives), sera couplé avec une analyse quantitative de l’ensemble des sites du Patrimoine mondial de l’UNESCO (1007 en 2015) via les réseaux sociaux (analyse de plusieurs milliers de photographies et commentaires postés). Cette analyse permettra de saisir la circulation des représentations des visiteurs du Patrimoine mondial et leurs pratiques, mais aussi les limites et les résistances. Dans un contexte où le tourisme devient un « genre commun » (Lussault, 2007), où le patrimoine propose une grille de lecture du monde et se structure en réseau mondial, formant un « heritagescape » (Di Giovine 2009), l’analyse conjointe du patrimoine et du tourisme dans et par la mondialisation revêt des enjeux majeurs, politiques, géopolitiques, économiques, identitaires et culturels, qui sont à explorer à la fois localement et globalement. C’est ce que se propose de faire ce projet dont les implications sont à la fois théoriques (exploration et analyse du concept de patrimondialisation) et opérationnel.

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2015

FIRE — Interdépendances financières et réelles : volatilité, ouverture internationale et politiques économiques

La crise actuelle trouva initialement son origine dans la baisse des prix immobiliers aux Etats-Unis. La crise des subprimes a eu un impact plus global parce que des actifs toxiques faisaient partie des portefeuilles d'actifs détenus par des institutions privées. Aujourd'hui, on peut constater leurs effets financiers et réels, à travers leurs implications sur les activités financières et réelles d'un grand nombre de pays. Le second point important que nous enseigne la crise actuelle est qu'elle commença comme un phénomène local, mais se propagea assez rapidement à travers le monde entier. Parce que nous vivons dans un monde globalisé et les marchés sont interdépendants, cela facilita la transmission de la crise, initialement localisée aux Etats-Unis, aux autres pays. En ce sens cette crise est différente de celles qui ont eu lieu au cours de la deuxième moitié du 20ème siècle et qui ont été plus locales car affectant un nombre limité de pays (la crise asiatique des années 90). Il y a cependant de grandes similitudes avec la Grande Dépression des années 30 malgré la différence notable que la propagation a été plus rapide de nos jours à cause de la plus forte intégration internationale. Le troisième enseignement principal concerne les politiques économiques. Alors que les autorités monétaires et fiscales ont d'abord réagi en utilisant des instruments et des règles standards, il y a maintenant un consensus pour conclure que nous sommes dans une situation économique exceptionnelle, signifiant que de nouvelles politiques économiques doivent être envisagées. On peut par exemple avoir en tête la définition de nouvelles règles de politique monétaire ou l'élaboration de politiques fiscales tenant compte de niveaux élevés d'endettement public. Ces trois aspects importants nous demandent de comprendre de manière plus approfondie les interdépendances entre les sphères financières et réelles des économies. Les effets réels de la volatilité des actifs et l'éclatement de bulles vont être étudiés en présence ou non d'imperfections financières. Les mécanismes de transmission à une économie globale vont être examinés en tenant compte des sphères réelles et financières. Bien sûr, dans ce contexte, de nouvelles politiques monétaires et fiscales doivent être envisagées. Dans cette perspective, ce projet qui se focalise sur les interdépendances financières et réelles sera organisé suivant les trois parties suivantes : - Partie 1 / Tâche 1 : Effets réels des bulles et des actifs financiers Nous nous focalisons sur l’évaluation des actifs financiers et des bulles rationnelles. Nous sommes concernés par leur volatilité et leurs effets réels. Un effort particulier sera consacré aux implications provenant de l’hétérogénéité des agents et des imperfections financières. Cette dernière partie sera analysée en fournissant des fondements microéconomiques appropriés aux imperfections financières. - Partie 2 / Tâche 2 : Mécanismes de transmission des échanges internationaux et ouverture internationale Nous étudions le lien entre sphères financières et réelles dans des économies ouvertes. Nous nous focalisons en particulier sur le rôle de l’ouverture internationale sur l’évaluation des actifs, les bulles et la croissance. Notre but est d’examiner les arbitrages qui ont lieu entre les marchés des biens et des actifs, l’existence et la propagation de bulles spéculatives et les effets sur la croissance des flux de capitaux sur les marchés financiers internationaux. - Partie 3 / Tâche 3 : Le rôle des politiques monétaires et fiscales Nous projetons d’examiner le rôle des politiques monétaire et fiscale lorsque l’économie connaît des cycles ou une crise financière. On va s’intéresser non seulement aux vertues stabilisatrices de ces politiques, mais aussi à leur optimalité. Nous sommes en particulier concernés par des économies caractérisées par des niveaux de dette publique élevés ou des évènements exceptionnels, comme c’est le cas à la suite d’une crise.

ANR

2015

CHeRCHA — CHronologie des changements Climatiques Rapides et des adaptations Humaines en Afrique de L'Ouest

Les modèles discutant des dynamiques de peuplement et de diffusion culturelle au Paléolithique et au Néolithique en Afrique utilisent souvent, à tort ou à raison, des arguments mettant en avant l’influence des changements climatiques, et en particulier ceux des périodes arides pléistocènes ou celui de la fin du « Sahara vert » à l’Holocène. Cependant, ces modèles n’intègrent, le plus souvent, qu’une partie du continent ; l’Afrique de l’Ouest y est quasiment inexistante et n’aurait eu aucun rôle, aucune interaction avec les autres régions. Loin de refléter la réalité, ceci résulte probablement davantage d’un raisonnement par défaut que d’une véritable réflexion basée sur l’analyse de données. Et pour cause, l’Afrique de l’Ouest souffre d’un manque de recherches, tant sur le plan archéologique que paléoenvironnemental : très peu nombreux sont les gisements paléolithiques ou néolithiques bien datés, et les données paléoenvironnementales reposent souvent sur l’étude de carottages marins ou lacustres, dont la pertinence pour la période étudiée à l’échelle ouest-africaine reste discutable. Les recherches préliminaires menées dans la vallée de la Falémé, à l’est du Sénégal, ont cependant montré le potentiel de cette région pour la réalisation d’une étude intégrant à la fois des données paléolithiques et néolithiques nouvelles et des données paléoenvironnementales locales : l’enregistrement stratigraphique de la vallée, quoique complexe, est bien conservé et les datations préliminaires effectuées par OSL et radiocarbone indiquent qu’il couvre l’ensemble du Pléistocène Supérieur et de l’Holocène. L’alternance de dépôts silto-limoneux et de chenaux grossiers qui le caractérise reste à expliquer d’un point de vue paléoclimatique. Les dépôts liés au stade isotopique 2 (OIS 2, 24-12 ka), pour partie contemporains de « l’Aride Ogolien » (20-12 ka), sont particulièrement développés et permettront une étude fine de cette période. Les assemblages archéologiques sont présents sur toute la puissance de la séquence stratigraphique, et tout particulièrement dans les niveaux préliminairement datés du OIS 2, période encore très mal connue au sud du Sahara. A cette époque, les populations humaines semblent disparaître subitement, hypothétiquement décimées par la sécheresse ou réfugiées dans des zones plus favorables. Notre projet vise donc à coupler des études archéologiques, paléoenvironnementales et géochronologiques (OSL et C14) sur un tronçon de la vallée de la Falémé de plus de 100 km de longueur. Les principaux objectifs sont les suivants : 1) Etablir un nouveau cadre chrono-culturel pour le Pléistocène final et le début de l’Holocène en Afrique de l’Ouest, qui pourra compléter et être comparé à celui d’Ounjougou (Mali), à 950 km au Nord-Est, dans une région actuellement plus aride ; 2) Retracer l’évolution climatique et environnementale, au moins sur les derniers 70 ka. Il s’agira notamment de voir comment les évènements de type Heinrich à la fin du Pléistocène et les différents épisodes de sécheresse de l’Holocène ancien et moyen se sont traduits dans la vallée sur le plan environnemental (précipitations, hydrologie, apports éoliens, végétation…) et de déterminer leur impact éventuel sur le plan humain (dynamique de peuplement, changements techniques et culturels). Notre projet, prévu sur 3 ans, s’appuiera sur les compétences complémentaires des quatre équipes françaises et suisses formant le consortium, en collaboration avec l’IFAN (Université de Dakar, Sénégal): l’IRAMAT-CRP2A (CNRS-Université Bordeaux Montaigne, France) en charge des datations OSL, le LPG (CNRS- Université Paris-Est Créteil, France) qui réalisera les analyses paléoenvironnementales, le Laboratoire APA (Université de Genève, Suisse) qui a la maîtrise du volet archéologique, et enfin l’IBP (ETH Zürich), pour les datations radiocarbones. Le budget s’élève à 390 k€ HT pour les équipes françaises et 468 k€ HT pour les équipes suisses.

ANR

2015

HANC — Influence de la topologie urbaine sur le réseau social et la santé des personnes âgées

La façon dont les personnes sont connectées entre elles et dont nos villes sont construites influencent fortement la santé, particulièrement son évolution avec l’âge. Cependant, nous ne connaissons pas encore exactement comment l’urbanisation, la mobilité ou le réseau social favorisent ou entravent cette santé. De nouveaux détecteurs portables tels que les GPS ou les accéléromètres permettent toutefois d’enregistrer des données précises et multiples sur la mobilité et l’activité des personnes. Combiner une telle méthodologie avec des mesures des réseaux sociaux ouvrent de nouvelles voies pour mieux comprendre les inégalités de la santé des personnes âgées. A travers des méthodes statistiques et de théorie des graphes, nous identifierons quelles propriétés de l’environnement urbain ou du réseau social influence le bien-être et l’activité de ces personnes. Ce projet aidera à fournir des recommandations concrètes pour améliorer les plans d’urbanisation et les stratégies de santé publique.